HOMÉLIE PRONONCÉES PENDANT LE TEMPS ORDINAIRE 2017

(Année A)


LISTE DES HOMÉLIES


HOMÉLIE DU FRÈRE MARIE-JEAN

Le 15 janvier 2017

2ème Dimanche du Temps Ordinaire A

HOMÉLIE DE FRÈRE MARIE-FRANÇOIS

Le 3 septembre 2017

22ème Dimanche du Temps Ordinaire A

HOMÉLIE DU FRÈRE PHILIPPE-MARIE

Le 22 janvier 2017

3ème Dimanche du Temps Ordinaire A


HOMÉLIE DU DIACRE JEAN VILLEMINOT

Le 29 janvier 2017

4ème Dimanche du Temps Ordinaire A


HOMÉLIE DU FRÈRE JEAN-FRANÇOIS

Le 5 février 2017

5ème Dimanche du Temps Ordinaire A


HOMÉLIE DU FRÈRE MARIE-JEAN

Le 12 février 2017

6ème Dimanche du Temps Ordinaire A


HOMÉLIE DU FRÈRE PHILIPPE-MARIE

Le 19 février 2017

7ème Dimanche du Temps Ordinaire A


HOMÉLIE DU PÈRE PAUL PAGEAUD

Le 26 février 2017

8ème Dimanche du Temps Ordinaire A


HOMÉLIE DU PÈRE PAUL PAGEAUD

Le 25 juin 2017

12ème Dimanche du Temps Ordinaire A


HOMÉLIE DU FRÈRE MARIE-JEAN

Le 09 juillet 2017

14ème Dimanche du Temps Ordinaire A


HOMÉLIE DU FRÈRE PHILIPPE-MARIE

Le 16 juillet 2017

15ème Dimanche du Temps Ordinaire A


HOMÉLIE DU FRÈRE JEAN-FRANÇOIS

Le 23 juillet 2017

16ème Dimanche du Temps Ordinaire A


HOMÉLIE DU FRÈRE MARIE-JEAN

Le 30 juillet 2017

19ème Dimanche du Temps Ordinaire A


HOMÉLIE DU FRÈRE MARIE-JEAN

Le 13 août 2017

19ème Dimanche du Temps Ordinaire A


HOMÉLIE DU PÈRE PAUL PAGEAUD

Le 20 août 2017

20ème Dimanche du Temps Ordinaire A


HOMÉLIE DU PÈRE ROGATIEN MADOKPON, du Bénin

Le 27 août 2017

21ème Dimanche du Temps Ordinaire A


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HOMÉLIE DU FRÈRE MARIE-JEAN
Le 15 janvier 2017
2ème Dimanche du Temps Ordinaire A


Introduction à l’Eucharistie (Père Paul Pageaud) : Dans l’Evangile de ce jour, nous avons cette phrase merveilleuse : « Voici l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde ». Nous chrétiens, nous avons cette chance extraordinaire, de savoir que notre péché peut être enlevé, effacé. A nous de le donner au Seigneur, et il n’y a plus de péché. Et ensuite, on lui demande son Esprit Saint, et Il nous donne son Esprit Saint. C’est une  chance extraordinaire. Combien de gens peinent sous le poids de leurs fautes, qui ne connaissent pas Jésus qui pardonne, qui sont écrasés par leurs péchés. Alors que nous, nous pouvons le donner au Seigneur et nous en sommes délivrés, purifiés. Au début de cette messe, donnons au Seigneur nos péchés, surtout ceux qui nous oppressent.


Homélie de Frère Marie-Jean : Cela fait plaisir de voir une église si pleine. Il est vrai que nous sommes heureux d’accueillir plusieurs groupes aujourd’hui, les guides et scouts unitaires de France de la région de Rennes, qui sont venus en force, un groupe de communauté de Vie Chrétienne, et puis des retraitants qui ensemble appellent l’Esprit Saint.

Lorsque j’étais encore à l’école primaire, ce qui remonte donc à quelques années, c’était pourtant  l’école publique, la maîtresse avait eu la bonne idée, une après-midi, de nous emmener découvrir la cathédrale Notre-Dame de Paris, parce ce que je suis parisien. L’Éducation nationale savait encore que la culture religieuse est une partie essentielle de notre culture. Et nous voulions tous, enfants de sept-huit ans peut être, je ne sais plus, nous voulions tous ramener un petit souvenir de cette visite évidemment. Et le choix de la plupart d’entre nous, s’est porté sur une petite statuette de Notre-Dame de Paris, cette belle Vierge gothique bien connue, à l’entrée du chœur de Notre Dame. Une petite statuette en plastique phosphorescent, ce n’était pas du meilleur goût artistique, mais enfin, cela a conquis le cœur des enfants que nous étions et surtout cela a conquis notre petite bourse, notre petite cagnotte, puisque je me souviens encore du prix, c’était un franc la statuette et c’était dans nos possibilités d’enfants ; les plus fortunés prenaient une statuette dorée qui coûtait trois francs. La plupart d’entre nous, nous nous sommes contentés de cette statuette  phosphorescente et d’ailleurs je crois que nous en étions très heureux parce que je crois que la phosphorescence, surtout chez les enfants mais pas seulement, a quelque chose d’un peu magique comme on dit, c’est-à-dire d’un peu étonnant et merveilleux. Alors cette petite statuette, eh bien, je vous la laisse dans votre cœur parce qu’elle nous dit finalement quelque chose de très important de notre vocation chrétienne.

Et je crois que, un des messages de notre liturgie d’aujourd’hui le dit justement. Chacun de nous a vocation à être phosphorescent, c’est-à-dire, vous le savez bien, porteur de lumière, (de celle du Christ, bien sûr.) Peut-être certains d’entre vous sont-ils des lumières et tant mieux, mais nous avons vocation à être porteurs de la lumière du Christ. Déjà le livre d’Isaïe, six siècles environ avant le Christ, révèle à Israël sa vocation à être un peuple-lumière pour les autres peuples ; nous l’avons entendu dans la première lecture : « Tu es mon serviteur Israël, en toi je manifesterai ma splendeur… Je fais de toi la lumière des nations, pour que mon salut parvienne jusqu’aux extrémités de la terre ». Cette vocation d’Israël est toujours actuelle car « les dons de Dieu et son appel sont sans repentance, » nous dit Saint Paul, dans la lettre aux Romains (11, 29). Le peuple de la première Alliance, oui, est choisi pour témoigner de l’existence d’un Dieu unique, seul créateur et seul sauveur de l’homme.

Face à toutes les tentations d’hier mais aussi d’aujourd’hui, face à toutes les idoles du monde moderne, de tout ce qui prend la place de Dieu, explicitement ou implicitement, dans nos vies, face à toutes les idoles du monde moderne façonnées par l’orgueil humain, en particulier les prétentions totalitaires des médias et des lobbys, le peuple juif continue d’éclairer les nations par sa foi en un Dieu personnel, vivant, qui œuvre dans l’histoire des hommes, offrant à l’homme, à chaque homme, à chaque homme qui est son enfant, de vivre en alliance avec lui dans la justice et l’amour. Voilà, une religion qui n’est pas déconnectée de la morale, d’une vie droite, d’une vie dans la justice et l’amour.

L’Église se sait héritière de la vocation d’Israël. Maintenant, elle aussi, est ce peuple de lumière, peuple de lumière baptisé, pour témoigner, comme nous le chantons, pour témoigner de la lumière du Christ. A tel point que le premier document du Concile Vatican II s’ouvre par les mots mêmes d’Isaïe : « Lumière des nations. Lumen Gentium » et il affirme : « Le Christ est la lumière des nations ; réuni dans l’Esprit Saint, le Saint Concile souhaite donc ardemment, en annonçant à toutes créatures la Bonne Nouvelle de l’Évangile, répandre sur tous les hommes la clarté du Christ qui resplendit sur le visage de l’Eglise. Les Pères de l’Eglise prenaient volontiers l’image, -la phosphorescence existait certainement déjà ne serait-ce que sur les vers luisants-, Les Pères de l’Eglise prenaient volontiers l’image de la lune et du soleil pour exprimer cette relation entre le Christ et l’Église : la lune, ici l’Église, ne peut éclairer par elle-même, mais parce qu’elle reflète la lumière du soleil, à savoir le Christ. Le Christ n’étant plus visiblement présent devant nos yeux depuis l’Ascension, nous sommes comme dans la nuit qui nous prépare sa venue, à ce soleil levant. Et l’Eglise peut refléter pour tous les chercheurs de Dieu la lumière du Christ, dans la mesure où elle en vit, où elle l’accueille, (et refléter,) les aidant, ces chercheurs de Dieu, à cheminer dans cette nuit.

Or, l’Eglise c’est nous. « Nous sommes le corps du Christ. Chacun de nous est un membre de ce corps, » nous venons de le chanter, il y a quelques minutes, et chaque membre du corps doit être phosphorescent parce que s’il y a des parties de la statuette qui ne répondent plus à la phosphorescence, la statuette est défectueuse pour une part. Et il en est de même pour l’Eglise. Chaque membre du corps doit être phosphorescent, porteur de la lumière qui est le Christ, pour que le corps tout entier soit phosphorescent, pour le monde entier. Et cette vocation, notre vocation à être porteur de la lumière du Christ, le Christ lui-même nous l’a confirmé : « Vous êtes la lumière du monde... Votre lumière doit briller devant les hommes afin qu’ils voient vos bonnes œuvres et glorifie votre Père qui est dans les cieux. » (Mt 5, 16)

Et vous savez bien, vous les enfants et chacun de nous, nous savons bien que notre petite statuette de la Vierge que nous avons acheté tous quelque part en France, si nous la laissons moisir, j’allais dire vulgairement, dans un… sur une étagère, elle ne va plus beaucoup éclairer la nuit. Il faut la mettre régulièrement devant une lampe pour qu’elle se recharge en lumière. Et c’était le bonheur de l’enfant que j’étais de mettre la petite statuette bien tout contre la lampe, le soir pour qu’elle brille avec intensité dans la nuit. Eh bien, il en est de même pour chacun de nous.

Nous ne sommes pas la source de la lumière véritable qui est le Christ seul mais seulement son reflet et nous devons comme une petite statuette donc nous remettre souvent sous la lumière du Christ et de son Esprit, sous la lumière de sa Parole, qui est lumière, nous le chantons aussi « Ta parole est la lumière de mes pas ». Est-ce que ce sont des mots ou est-ce qu’on y  croit ? Est-ce qu’on en vit ? Nous remettre sous la lumière de sa Parole, nous remettre sous la lumière de son pardon, de faire accepter cette lumière de l’Esprit Saint qui fait la vérité dans notre cœur, qui nous pousse, comme nous le disait le Père Paul tout à l’heure, qui nous pousse à donner nos péchés, à faire la vérité dans notre cœur. Nous remettre sous la lumière du Christ et de son Esprit en nous mettant sous le rayonnement de son Eucharistie ; ce n’est pas par hasard que les ostensoirs ressemblent à des soleils. Et de fait, il y a quelque chose de cela lorsque nous durons devant l’Eucharistie célébrée puis adorée. Eh bien, oui, ce soleil spirituel qu’est le Christ illumine notre cœur qui devient plus rayonnant de sa présence, tout comme Moïse après ses longs entretiens avec le Seigneur, eh bien, son visage rayonnait.

Alors, je termine par quelques mots, qui vont, je pense, dans le même sens, si ce n’est pas les mêmes images que le Pape emploie, mais vous savez peut-être qu’il a adressé un message aux jeunes, vendredi dernier, c’est donc tout récent. Comme je ne suis pas sûr que vous aurez l’occasion de lire ce message, je vais en extraire quelques mots, puisque c’est dans le cadre de la préparation du synode pour les jeunes, enfin sur les jeunes, « Les jeunes, la foi et le discernement vocationnel », ce synode qui aura lieu en 2018 mais qui se prépare à l’avance.

Alors le Pape s’adresse à vous, les jeunes : « Chers jeunes, je vous porte dans mon cœur » on reconnait notre Pape, « et je vous invite », il évoque Abraham qui a reçu cet appel, cette vocation : Quitte, quitte… «Ces paroles s’adressent aujourd’hui aussi à vous » Ce n’est pas seulement pour les jeunes, nous avons tellement de choses à quitter et à re-quitter. « Ces paroles s’adressent aussi à vous. Ce sont les paroles d’un Père qui vous invite à sortir pour vous lancer vers un futur vers lequel lui-même vous accompagne. Je vous invite à écouter la voix de Dieu qui résonne dans vos cœurs à travers le souffle de l’Esprit Saint.

« Chers jeunes, je vous souhaite aussi que vous vous rappeliez les paroles de Jésus un jour à ses disciples : Venez et voyez. Vers vous aussi, Jésus tourne son regard et vous invite à aller chez Lui, adorer. Chers Jeunes, avez-vous rencontré ce regard, avez-vous entendu cette voix, avez-vous ressenti cette ardeur à vous mettre en route. Cet appel, je suis sûr dit-il, ce n’est pas la lumière, c’est le vacarme ici, je suis sûr que même si le vacarme et la confusion semblent, semblent régner dans le monde, cet appel du Christ : Venez et voyez, continue à résonner dans votre âme pour l’ouvrir à la joie complète. Ceci sera possible dans la mesure où, également avec l’accompagnement de guides experts, vous saurez entreprendre un itinéraire de discernement pour découvrir le projet de Dieu sur votre vie ».

Il évoque les journées mondiales de la jeunesse auxquelles vous étiez sans doute plusieurs d’entre vous, je l’espère. « A Cracovie, lors de l’ouverture de la dernière journée mondiale, à plusieurs reprises, je vous ai demandé : peut-on changer les choses, et vous avez crié ensemble un retentissant « oui ! » Ce cri naît de votre cœur juvénile qui ne supporte pas l’injustice et ne peut se plier à la culture du déchet ni céder à la globalisation de l’indifférence. Ecoutez ce cri qui monte du plus profond de vous. Dieu vous encourage à allez là où Il vous envoie. "N’aie aucune crainte car Je suis avec toi pour te délivrer" (Jr 1, 8).

Je termine : « Un monde meilleur se construit aussi grâce à vous, à votre désir de changement, à votre générosité. N’ayez pas peur d’écouter l’Esprit qui vous suggère des choix audacieux, ne temporisez pas quand la conscience vous demande d’oser, -vous demande d’oser- pour suivre le Maître. Je vous confie à Marie de Nazareth, une jeune comme vous, vers qui Dieu a tourné son regard plein d’amour, pour qu’elle vous prenne par la main et vous guide à la joie d’un "me voici" total et généreux ». Amen.


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HOMÉLIE DU FRÈRE PHILIPPE-MARIE
Le 22 janvier 2017
3ème Dimanche du Temps Ordinaire A


Introduction à l’Eucharistie : Bienvenue aux familles de l’École de prière,

Voilà, nous portons bien des intentions dans notre prière, d’abord celle de l’unité des chrétiens puisque nous sommes dans la semaine de prières pour l’unité des chrétiens, que tous soient un, ça doit être un vrai désir qui nous habite… Et cette unité commence au plus proche, précisément dans nos familles, apprendre à se réconcilier, apprendre à s’aimer, non seulement pour les petits enfants mais même pour les adultes, que de querelles de familles, notamment avec les successions, les choses comme ça, on ne se parle plus, on ne se voit plus, et donc, si entre catholiques d’une même famille on ne peut plus se parler, combien il sera encore plus difficile entre chrétiens de différentes confessions de vivre en communion, et donc nous voyons que ça passe par une conversion déjà personnelle…

Et aujourd’hui, nous sommes unis à tous ceux qui marchent défendre la vie, à Paris, voilà, nous les portons dans notre prière, nous portons cette intention dans notre prière…

Aujourd’hui également, l’Église du Diocèse de Laval se souvient des martyrs de Laval, et notre foi, nous nous rappelons qu’elle est fondée sur le Christ et sur ce témoignage des martyrs.

Voilà, que cette Eucharistie que nous vivons soit vraiment un témoignage de foi, et dans notre Eucharistie nous porterons également notre Evêque dont c’est l’anniversaire aujourd’hui…

Voilà, plein d’intentions…

Au seuil de cette Eucharistie, tournons-nous vers le Cœur grand ouvert de Jésus, devant sa miséricorde et confessons nos péchés.


Homélie : « Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière ; (sur le pays,) sur les habitants du pays de l’ombre, une lumière a resplendi. »

 Nous avons entendu ce texte d’Isaïe, il n’y a pas si longtemps, c’était dans la nuit de Noël. Et pour ceux qui étaient à Pontmain le 17 janvier, ils l’ont encore entendu cette semaine. Saint Matthieu, citant cette prophétie, à propos des débuts du ministère de Jésus, veut montrer que Jésus accomplit les Écritures. Saint Matthieu attire notre attention sur le fait que Jésus commence son ministère dans un contexte de ténèbres, d’ombre, de trouble. Jean le Baptiste vient d’être jeté en prison.

Matthieu présente l’époque de Jésus comme un temps marqué par la violence, et d’abord par la violence politique : Hérode le Grand avait fait massacrer les Innocents de Bethléem pour être bien sûr de tuer l’Enfant-Jésus. Son fils qui s’appelle également Hérode fera décapiter Jean le Baptiste et livrera Jésus aux Romains. Autrement dit, lorsque nous comparons notre époque à celle de Jésus, nous voyons que notre époque, marquée de bien des violences, a pas mal de points communs avec l’époque à laquelle vivait Jésus.

Alors, que va faire Jésus ? : Va-t-il se calfeutrer ? Se mettre à l’abri ? Passer inaperçu ? Non, Bien au contraire, il va sortir, il va se lever, il va répandre la lumière. Il s’installe à Capharnaüm, ville de brassage de populations, ville frontière où passent les caravanes, les commerçants, ville où se brassent juifs et païens, ville de garnison romaine. Autrement dit, Jésus s’expose.

Et nous ? Dans notre monde de plus en plus marqué par la violence, par la fragmentation, par les forces de division, comment nous situons-nous ? Osons-nous rendre compte de l’espérance qui est en nous, ou bien nous réfugions-nous dans le silence ? Sommes-nous porteurs de la lumière et de la joie que nous avons reçues au jour de notre baptême ?

C’est bien à cela que le Pape François nous appelle lorsqu’il dit que l’Eglise doit être en sortie, lorsqu’il nous presse à aller vers les périphéries.

En quelques versets, Saint Matthieu nous présente plusieurs sorties de Jésus : il quitte Nazareth pour aller s’établir à Capharnaüm ; il sort marcher au bord du lac de Galilée ; et il parcourt toute la Galilée. Au désert, ce sont les foules qui venaient à Jean le Baptiste, Jésus, lui, sort, part, va à la rencontre de tous les hommes, en particulier les pécheurs et des malades. Le mouvement est inversé. Dans cette inversion tient tout le christianisme. Depuis l’Annonciation, Dieu ne cesse d’être en sortie pour sauver les hommes. Le baptême, qui nous fait vivre du Christ, Fait de nous des missionnaires. Pas seulement ceux qui sont envoyés par l’Eglise pour être missionnaires, mais chaque baptisé a reçu cette vocation missionnaire. Avons-nous au cœur le zèle d’annoncer l’urgence du Royaume, l’urgence de la conversion ?

Car tel est le message de Jésus. Ce message est même un cri : « Convertissez-vous, car le Royaume de Dieu est tout proche. » Ce message de Jésus est le même que celui de Jean-Baptiste ; et ce sera encore celui de Saint Pierre au jour de la Pentecôte.

Se convertir, c’est se tourner vers Dieu, c’est changer de mentalité pour entrer dans la mentalité de Dieu, quitter la mentalité du monde pour entrer dans la mentalité de Dieu, pour discerner ce qui est vraiment bon, ce qui est capable de plaire à Dieu, ce qui est parfait, comme nous dit St Paul. (cf. Rm c2, 2). Alors à quelle conversion le Seigneur m’appelle-t-il aujourd’hui, maintenant ? Quel est le pas que je suis invité à faire ?

En même temps qu’il appelle à la conversion, Jésus appelle certains à le suivre : « Venez à ma suite, et je vous ferai pêcheurs d’hommes. » Remarquons ce point capital : Jésus « appelle » ses apôtres non pas dans le cadre d’une activité spirituelle, dans une synagogue par exemple, mais au cœur de leur vie quotidienne, dans leur travail, dans leur profession ! Pierre, André, Jacques et Jean dans leur travail de pêcheurs du lac, Lévi le sera à son comptoir de collecteur d’impôts.

« Aussitôt… ils le suivirent. »

Jésus en appelle aujourd’hui, Jésus appelle maintenant… Que ceux et celles qui entendent cet appel dans leur cœur ne ferment pas leur cœur mais au contraire tendent et répondent généreusement, comme les apôtres qui, eux aussi avaient leurs limites et leurs défauts. Jésus n’appelle pas des gens parfaits, il n’appelle pas des gens capables, mais il rend capable ceux qu’il appelle.

« Jésus parcourait toute la Galilée ; il enseignait, il proclamait, il guérissait, » nous a dit Saint Matthieu. Jésus n’a pas ménagé sa peine, apportant à chacun ce dont il avait besoin : l’admonestation qui réveille, l’enseignement qui nourrit le cœur, la santé du corps ; Jésus se fait thérapeute.

Quels sont mes besoins ? Jésus est encore aujourd’hui au milieu de nous ; il est ressuscité donc il est vivant, et s’il est vivant il est là réellement, présent, maintenant, à cet instant au milieu de nous. Alors, allons à Lui, allons à ceux que Jésus nous envoie pour continuer sa mission, pour qu’ils soient sa voix, ses mains son cœur…

Laissons-nous toucher par Jésus pour vivre de Lui et pour devenir ses témoins, Amen.


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HOMÉLIE DE JEAN VILLEMINOT, diacre permanent de Paris

Le 29 janvier 2017
4ème Dimanche du Temps Ordinaire A


Introduction à l’Eucharistie par le Père Paul Pageaud : Aujourd’hui, dans l’Evangile, nous avons la règle du bonheur. Il y a une phrase, en particulier, dont on peut se souvenir avant cette Messe : « Bienheureux les miséricordieux, ils obtiendront miséricorde. » Alors, s’il y a de la rancune, s’il y a de la haine dans notre cœur, pardonnons, car toute rancune, toute haine bloque toute prière. Demandons pardon à Dieu de tous nos péchés.


Homélie du diacre Jean Villeminot : Entre les deux guerres du vingtième siècle, s’est développée la philosophie du soupçon qui reprochait aux Chrétiens ceci : « Pourquoi réserver au Ciel, ce qui appartient à la terre ? » Il faut écouter ce qu’ils nous disent avant de les juger pour voir en quoi c’est un appel à la conversion des Chrétiens. Mais il faut reconnaître aussi que cette philosophie du soupçon a donné naissance à deux idéologies anti-théistes, athées peut-être, mais peut-être aussi anti-théistes, le nazisme et le communisme, qui ont voulu construire un homme nouveau avec le bonheur, qui ont voulu construire à la force du poignet le bonheur de l’homme. Le résultat c’est des dizaines de millions de morts.

Et donc il faut nous poser la question : « Mais qu’est-ce que le bonheur ? »

Alors Saint Augustin nous dit que : « le bonheur, c’est un bien que je possède. Etre heureux c’est posséder un bien qui est bon pour moi, que j’aime et que personne ne peut m’enlever. » Si bien qu’il arrive à la conclusion que le bonheur c’est de posséder Dieu, au sens juste du terme, c’est-à-dire d’être Dieu en l’accueillant de Dieu Lui-même. Etre divinisé, partager la gloire de Dieu parce qu’Il me la donne. Et donc il n’y a pas de bonheur plénier sur terre. J’attends ce jour béni où je verrais Dieu face à face et où je serais semblable à Lui parce que je Le verrais tel qu’Il est.

Si bien que les Béatitudes, me semble-t-il, sont une parole de bénédiction que prononce Jésus et en même temps une révélation de ce qu’est l’histoire sainte de l’humanité au cours de laquelle Dieu construit patiemment le bonheur de l’Homme. Pourquoi patiemment ? Parce qu’il faut l’intervention de la liberté de l’Homme pour ce bonheur.

L’histoire chrétienne, l’histoire du Salut, est l’histoire de l’Alliance entre la grâce et notre liberté. Je dis : « l’histoire du Salut », parce que les Béatitudes, c’est l’histoire du bonheur de l’humanité toute entière et je ne crois pas qu’il faille prendre cette bénédiction du Seigneur pour moi, de façon individuelle, mais de la prendre personnellement en communion avec tous mes frères humains.

En même temps, je constate que ce bonheur, parce qu’il est l’alliance entre la grâce et la liberté, est à la fois déjà là et pas manifesté, c’est-à-dire en futur. Il y a deux Béatitudes qui sont au présent. Toutes les autres sont au futur.

Alors les pauvres de cœur, eh bien, c’est le petit « reste d’Israël », dont nous a parlé Sophonie. Ce sont les chercheurs de Dieu. Heureux sont-ils, le Royaume des Cieux est à eux ! C’est une bénédiction de l’histoire sainte d’Israël que Jésus commence et qu’Il continue.

Heureux ceux qui pleurent, ils seront consolés ! On remonte dans le temps. Heureux ceux qui ont été en exil ! Le Seigneur ressuscitera le peuple d’Israël par le retour d’exil. Le Seigneur les comblera de consolations, comme le dit Isaïe dans ce qu’on appelle le Livre de la Consolation d’Israël. Heureux ceux qui pleurent, ils seront consolés ! Bénédiction de l’histoire sainte d’Israël.

Heureux les doux, ils recevront la terre en héritage ! Jésus, me semble-t-il, nous parle de Moïse qui était l’homme le plus doux que la terre n’ait jamais porté. C’est l’histoire sainte d’Israël qui est notre histoire sainte et que Jésus nous présente comme une bénédiction de Dieu.

Et puis vient le centre de ce septénaire : la venue du Christ, celui qui est notre justice, notre justification, c’est-à-dire Celui qui nous ajuste à Dieu. Etre juste, c’est être ajusté à Dieu. Heureux ceux qui ont faim et soif du Christ, ils seront rassasiés ! Et si nous sommes là, tous ensemble, chacun en communion avec tous ses frères, c’est justement pour être rassasiés à la table du Seigneur. C’est une bénédiction que le Seigneur prononce sur vous qui êtes là aujourd’hui à l’Eucharistie.

Et puis dans les trois Béatitudes suivantes, Jésus bénit l’histoire de la Nouvelle Alliance. Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde ! Parce que le Christ nous a fait miséricorde, parce que le Père nous a fait miséricorde en Jésus, nous devons nous aussi, qui sommes dans le temps de la Nouvelle Alliance, faire miséricorde à nos frères. Au début de la Messe, il nous a été rappelé ce qui, me semble-t-il, est la caractéristique essentielle de la vie chrétienne : soyez miséricordieux, comme le Père est miséricordieux.

Heureux les cœurs purs, c’est-à-dire heureux ceux qui n’ont pas un cœur partagé entre les bien d’ici-bas et les biens à venir. Que nous fassions un bon usage des biens qui passent pour nous attacher fermement dans ceux qui ne passent pas. Ça c’est le secret d’une charité inventive. C’est le secret d’un partage fraternel. C’est peut-être la conversion qui nous est demandée à travers ce drame des philosophies du soupçon. C’est trop facile de dire à quelqu’un, qui est dans le besoin ou dans la détresse : « ne t’inquiète pas, au Ciel tu seras heureux. » C’est même une injure faite à Dieu de faire ça.

Heureux les artisans de paix ! Mais nous savons qui est la Paix ! C’est Jésus. Et celui qui est dans la Nouvelle Alliance est, par essence, missionnaire. Par essence, le Chrétien est missionnaire. Malheur à moi si je n’annonce pas l’Evangile ! Heureux ceux qui transpirent, qui se retroussent les manches, pour aller annoncer l’Evangile ! pour aller dans les périphéries annoncer l’Evangile ; pour aller vers ceux qui ne connaissent pas Dieu et qui attendent avec impatience, comme toute la création, avoir la révélation du Fils de Dieu.

Et ces Béatitudes de la Nouvelle Alliance, cette bénédiction de l’histoire sainte de la Nouvelle Alliance se termine, en réciprocité, par une Béatitude au présent, mais qui n’est pas la même que celle de l’Ancienne Alliance. Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice ! Heureux ceux qui sont persécuté à cause du Christ, parce qu’ils sont unis au Christ ! Heureux ceux qui sont persécutés, car le Royaume des Cieux est à eux ! Je ne peux pas être missionnaire, je ne peux pas être miséricordieux, pardonner à ses frères, c’est toujours crucifiant. Etre missionnaire, c’est toujours très risqué. Etre attaché aux biens qui ne passent pas suppose de mourir à nos richesses, à nos soi-disant richesses actuelles pour nous attacher à celles qui sont sûres.

Alors, mes frères, si vous lisez ces Béatitudes comme une bénédiction prononcée par Jésus, qui contient la révélation de l’histoire sainte de toute l’humanité que Dieu construit avec patience, bien entendu, vous serez dans la joie, parce que vous pourrez discerner cette œuvre de Dieu qu’Il fait au cours de notre histoire.

Je vous invite à vous attacher aux trois Béatitudes de la Nouvelle Alliance en vous posant ces questions : à qui j’ai refusé de pardonner ? Où est mon cœur ? Dans quelles richesses est mon cœur ? Et est-ce que j’ai le souci d’annoncer le Christ à tous ceux qui sont autour de moi : ma famille, mes enfants, ceux que je rencontre dans la vie associative ou ma vie professionnelle ? Amen.


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HOMÉLIE DU FRÈRE JEAN-FRANÇOIS
Le 5 février 2017
5ème Dimanche du Temps Ordinaire A

Is 58,7-10; Ps 111; 1 Co 2,1-5; Mt 5,13-16


Introduction à l’Eucharistie : Jeudi dernier, c’était la Fête de la Présentation de Jésus au Temple, où Jésus est révélé comme la lumière et la gloire des nations. Aujourd’hui, il nous est demandé d’accueillir, de recevoir cette lumière et d’en témoigner, c’est l’évangile. Témoigner de cette lumière, cet amour de Dieu qui est diffusif.

Pendant ce week-end, nous avons la joie d’accueillir la Famille spirituelle qui se réunit, chaque année, à l’occasion de la Fête de la Présentation de Jésus au Temple qui est la Fête patronale de notre Famille spirituelle de Mère Marie de la Croix ; vous avez la présence des Petites Sœurs et des Messagers, et des Petits Frères. Nous aurons la joie aussi d’accueillir les actes d’offrande de deux Messagers, aujourd’hui ; et nous avons aussi la joie d’accueillir le Père Jimmy, du Diocèse, qui nous est proche, et aussi des scouts qui sont là et qui vivent ce week-end.

Eh bien, mettons-nous en présence du Seigneur ; reconnaissons-nous pauvres avec cette capacité (en remettant justement notre cœur dans le Cœur de Dieu avec ses joies, ses peines, ses péchés) d’accueillir le pardon du Seigneur, d’accueillir son Amour qui sera la lumière de notre vie, le sel qui donne de la saveur. Que l’Esprit-Saint nous aide à vivre aujourd’hui de cette vie de Dieu.


Homélie : Chers Frères et Sœurs, le Christ a dit : « Moi, je suis la Lumière du monde, celui qui me suit ne marche pas dans les ténèbres. » Aujourd’hui, le Seigneur nous propose justement d’être cette lumière du monde.

Les chrétiens peuvent-ils être au régime sans Sel et sans être exposé au témoignage de la lumière qui les habite ? C’est une question.

Les chrétiens persécutés des premiers siècles étaient emmenés au Colisée pour être donnés en spectacle aux Romains qui voulaient des émotions fortes. Dévorés par des lions, les martyrs devenaient du « sel » pour le palais avide de saveurs fortes du peuple romain, des spectateurs ; crucifiés sur des bois en flamme, ils étaient des torches de « lumière » pour les yeux avides du public. Les païens de l’époque, mais d’aujourd’hui aussi, revendiquent l’artifice du spectacle avec des saveurs et des flammes excitantes.

Les Empereurs romains n’hésitaient pas à mettre en « scène » les chrétiens afin que leur mort divertisse le peuple, mais les chrétiens entraient alors « en scène » non pas comme acteurs, mais comme martyrs en sachant qu’ils étaient en « spectacle pour les anges et pour le monde. » Saint Paul écrit aux Corinthiens : « il me semble que Dieu nous a exposés au dernier rang comme en vue d’une mise à mort, car nous sommes donnés en spectacle au monde, aux anges et aux hommes. » (1 Cor 4, 9), Dieu «regarde les justes », donc en premier lieu les martyrs, dont le sang fut semence pour d’autres chrétiens ; ainsi Tertullien écrit : « Nous nous multiplions à chaque fois que nous sommes moissonnés par vous : le sang des chrétiens est une semence. » (Apol., 50,13: CCL 1,171). Le martyre est l’offrande de la liberté et signe d’espérance.

En effet, les martyrs sont, par excellence, le sel et la lumière du monde. Certes, ils le furent de manière héroïque, mais nous sommes appelés nous aussi à être des témoins (c’est le sens du mot « martyr »), sans nous préoccuper du lendemain. Il ne s’agit pas de faire des choses extraordinaires mais d’être donné. Etre sel de la terre, c’est le signe de l’Alliance, avoir le goût de Dieu. Le sel montre une foi adulte, qui ne fuit pas devant la croix, qui a de la patience dans les souffrances, qui comprend leur sens, qui voit, qui, dans la mort, devient résurrection et vie. Jésus nous dit deux choses avec l’image du sel et de la lumière : Il nous dit effectivement d’être sel et lumière dans le monde et en même temps de demeurer sel et lumière.

La méthode du témoignage chrétien est dictée et illustrée par le cœur transpercé du Christ qui répond immédiatement par le sang et par l’eau, par un amour qui va jusqu’au bout. C’est pourquoi, le martyre est le paradigme et l’accomplissement du témoignage chrétien. Le martyr contredit la logique du monde, parce qu’il répond à la peur de la mort par un amour de la vie qui ne craint point de mourir pour elle, parce que la vie du martyr est le Christ Ressuscité, le Christ qui a vaincu la mort et le péché. Aujourd’hui comme toujours, le martyre est la plus grande révolution culturelle que l’on puisse faire. Le martyr est en soi un témoin éliminé, un témoin supprimé. Mais, dans la logique de la croix, l’élimination accentue la force du témoignage et l’expression de la charité. Le martyr chrétien est l’icône du Christ qui, haï et transpercé, est sans limite dans la charité, le pardon, le don de la vie, la miséricorde. Le martyr devient alors témoin non seulement de l’amour du Christ, mais de l’excès de cet amour, dans une surabondance de charité, de gratuité, qui déborde des limites étroites de la mort et de la haine.

Contemplons, le plus souvent possible, Jésus en Croix et si nous ne sommes pas au pied de la Croix comme Marie et Jean, le Christ crucifié n’est pas moins présent à nous, sous nos yeux, par nos crucifix et, dans notre cœur, par l’Eucharistie et par la foi.

Notre vie de tous les jours, avec cette acceptation de la croix quotidienne, lime, élague, coupe tout ce qui constitue en nous une entrave à Le suivre. Aussi, c’est dans les faiblesses, dans les difficultés, dans les échecs, que s’accomplit en nous la mission pour laquelle nous sommes nés. C’est précisément quand nous ne sommes rien qu’explose en nous la puissance de Dieu. Ne méprisons en rien nos souffrances, nos angoisses, nos échecs et nos fragilités. C’est dans ces moments que nous sommes « sel » et « lumière », et « levain, dans la pâte». Nous le sommes parce que nous sommes ce que nous sommes : un peu de sel et un peu de lumière dans les mains créatrices de Dieu : un total et constant abandon à l’amour de Dieu suffit, car cet amour agit en nous et allume, avec nos petites et grandes souffrances offertes, la lumière pour le monde.

Jésus parle simplement. Il part d’expériences quotidiennes que tous peuvent comprendre et se sert des images du sel et de la lumière. Le sel, à son époque, à toute époque, permet de conserver plus longtemps la nourriture. Il est le symbole de fidélité et de continuité ; la lumière rend possible la vie, et elle en est le symbole.

Sel et lumière sont-ils notre identité chrétienne ?

« Vous êtes le sel..., vous êtes la lumière... ». Jésus annonçait d’abord la nouvelle identité, donnée par Dieu à ceux qui l’écoutent et le suivent. Ses disciples, tous les chrétiens, sont déjà, non par choix ou mérite, lumière et sel pour l’humanité entière.

Dans notre identité chrétienne est inscrite un devoir, une mission ; non comme un devoir qui s’ajoute de l’extérieur, mais comme la conséquence naturelle de ce que nous sommes. Comme ce l’est pour le sel et pour la lumière, nous le sommes pour le monde entier, signe que Dieu existe et qu’il est notre Père, et que le Christ est notre Lumière faite homme, qui rend à l’homme la lumière des yeux et celle du cœur.

‪ En disant : « soyez le sel de la terre », Jésus nous explique que toute la nature humaine, corrompue par le péché, est devenue insipide, mais que la grâce de l’Esprit Saint, en notre témoignage qui est notre ministère, régénèrera et conservera le monde. Alors, le Rédempteur nous enseigne la saveur des vertus des Béatitudes, celles qui sont les plus nécessaires, les plus efficaces pour nous qui voulons Lui ressembler. Les doux, les humbles, les miséricordieux, les justes, ne renferment pas en eux les bonnes œuvres qu’ils ont accomplies. Ils veillent au contraire à ce que ces belles sources jaillissent aussi pour le bien des autres. Les cœurs purs, les artisans de paix, ceux qui souffrent de persécution pour la vérité, voilà des personnes qui consacrent leur vie au bien de tous. Si nous fondons comme le sel, nous donnons du goût à la vie du monde, nous édifions une culture de la vie et une civilisation de l’amour.

Quand le sel agrémente la nourriture, celle-ci acquiert du goût. Quand le Christ meurt, l’humanité est réconciliée avec Dieu qui donne du sens et goût à la vie.

Un chrétien, qui devient témoin et donc martyr, de lui le monde reçoit un signe crédible de la vie éternelle (on ne peut en effet pas accepter la mort si on n’a pas en soi la plénitude de la vie) et chaque œuvre et action de l’homme se trouvent purifiées. La vie du chrétien devient donc une liturgie dans laquelle le Christ, par son sacrifice, offre les hommes à Dieu, après les avoir éclairés et après avoir purifié leurs actions.

Le Martyr est lumière qui témoigne de la vraie Lumière.

C’est vrai : on dirait apparemment que la violence, les totalitarismes, la persécution, la brutalité aveugle se révèlent plus forts, en faisant taire la voix des témoins de la foi, qui peuvent donner humainement l’impression d’être des vaincus de l’histoire. Mais Jésus ressuscité illumine notre fragile témoignage et nous fait comprendre le sens du martyre.

Dans la défaite, dans l’humiliation de tous ceux qui souffrent à cause de l’Evangile, agit une force que le monde ignore : « Lorsque je suis faible - s’exclame saint Paul -c’est alors que je suis fort » (2 Cor 12,10).

C’est la force de l’amour, désarmée et victorieuse aussi dans l’apparente défaite. C’est la force qui défie et triomphe de la mort.

« Vous êtes la lumière du monde », disait Jésus à ses disciples, et il le redit à nous, ses disciples d’aujourd’hui. On n’est pas lumière, si on n’est pas dans l’amour : « Celui qui aime son frère demeure dans la lumière », nous dit saint Jean et, si nous sommes dans la lumière, celle-ci éclaire beaucoup plus les besoins de nos frères. Jésus s’est identifié aux pauvres, donnant ainsi la possibilité aux chrétiens de voir la réalité des pauvres sous un autre jour. Jésus, qui prononce sur le pain les paroles : « Ceci est mon Corps », a dit des pauvres la même chose : « C’est à moi que vous l’avez fait ». Et il a dit : « Ce mendiant, qui a besoin d’un peu de pain, ce pauvre qui tend la main, c’est moi ». Jésus nous demande d’avoir cette attitude : aider celui qui est dans le besoin pour être lumière du monde, ainsi que nous l’avons entendu dans Isaïe, dans la première lecture. Dans un monde dominé par l’indifférence, l’égoïsme, Jésus nous demande d’aimer pour être « lumière ». Personne ne mange une cuillerée de sel toute seule, mais insère cette cuillerée dans la nourriture pour la rendre plus savoureuse. Ainsi notre amour ne doit pas se concentrer sur nous-mêmes de façon égocentrique, mais sur les autres. C’est avec l’amour réciproque que la vie acquiert du goût, reçoit un sens, transmet joie et bonheur.

Déjà, dans l’Ancien Testament, le prophète Isaïe révèle de manière concrète que le disciple est « lumière » à travers une charité bien ordonnée, active et concrète qui s’incline sur le pauvre et le souffrant : «  Si tu fais disparaître de chez toi le joug, le geste accusateur, la parole malfaisante, si tu donnes à celui qui a faim ce que toi tu désires, et si tu combles les désirs du malheureux, ta lumière se lèvera dans les ténèbres et ton obscurité sera lumière de midi » (Is 58, 9-10).

Dans la lumière des chrétiens, les hommes trouvent la vraie lumière, la lumière de la vraie vie. Nos lumières s’allument dans le rayonnement du martyre, particulièrement celui de la Vierge Marie au pied de la croix et, naturellement, dans le martyre de celui qui en fut la source, le Christ-Lumière.

Tout le monde est appelé par le Christ à ce témoignage de vie. Une vie dans laquelle chaque instant, voire le plus caché, simple et banal, est une bonne œuvre, une belle œuvre de Dieu en nous, pour que les hommes, en nous regardant, puissent rendre gloire à Dieu, pour que les blasphèmes contre le nom de Dieu prononcés par tant de personnes face à la mort, se transforment en bénédiction.

Que le Christ eucharistique soit pour nous cette nourriture qui nous donne de témoigner de la lumière du Christ. Amen.

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HOMÉLIE DU FRÈRE MARIE-JEAN
Le 12 février 2017
6ème Dimanche du Temps Ordinaire A


Introduction à l’Eucharistie : Bienvenue aux cheftaines qui viennent se former. Nous prions pour vous, pour que vous receviez beaucoup, cette semaine, afin de pouvoir donner beaucoup aussi à ces jeunes que vous encadrez.

Nous venons de chanter avec bonheur, j’espère : « Le Seigneur pour le don de sa Parole ». La liturgie de ce jour nous redit en effet, combien cette Parole de Dieu nous est vitale, au milieu d’un monde si souvent aveuglé par le mensonge et la violence. Demandons au Seigneur, les uns pour les autres, la grâce de goûter sa Parole, -ce qu’on fait avec plaisir, on le fait mieux- la grâce de trouver savoureuse sa Parole et de la faire goûter aussi à ces enfants que vous encadrez. Faire goûter la Parole de Dieu, afin qu’elle devienne vraiment notre lumière quotidienne, notre pain quotidien pour nous donner la vie éternelle, dès aujourd’hui.

Mais reconnaissons que nous prêtons peut-être plus l’oreille, parfois ou souvent, je ne sais, aux slogans et au vacarme du monde qu’à la Parole de Dieu. Reconnaissons que nous sommes pécheurs.


Homélie : La liturgie de dimanche dernier nous offrait les symboles de la lumière et du sel, pour exprimer notre mission de chrétiens au milieu du monde. Aujourd’hui, ce sont les symboles de l’eau et du feu qui nous sont donnés. Eléments fondamentaux, bien sûr, de la création, qui sont symboliques dans toutes les cultures, je pense. Tous les deux peuvent avoir des effets positifs et négatifs.

C’est un auteur biblique, Ben Sirac le Sage, dans la première lecture que nous avons entendue, qui nous offre ces symboles et, dans l’univers de la Bible, il est clair, dans ce pays plutôt aride, que l’eau est quand même fondamentalement un symbole positif, symbole de vie, alors que le feu, au contraire, est plutôt symbole de destruction, donc de mort. Même si nous le savons bien, le symbole du feu est employé aussi pour signifier justement la présence de Dieu, parce que Dieu veut consumer, détruire le mal, détruire le péché. Il est un feu dévorant. Mais ici, il est clair que c’est  l’eau qui symbolise la vie et le feu la mort. « Le Seigneur, dit Ben Sirac, a mis devant toi l’eau et le feu », la vie et la mort sont proposées aux hommes, l’une ou l’autre leur est donnée selon leur choix. Et l’auteur biblique de nous dire bien justement qu’observer les commandements de Dieu et lui rester fidèle, voilà qui est source de vie, comme l’eau. Par contre, être impie est péché, engendre la destruction et la mort, comme le feu.

Et la Parole de Dieu d’ajouter : « il dépend de ton choix, de rester fidèle ». Autrement dit, l’homme est libre, libre de choisir le bien ou le mal. Et c’est ce qui fait, nous le savons, notre dignité. C’est ce qui fait que nous sommes à l’image de Dieu, cette capacité de choisir entre le bien et le mal, de choisir librement le bien ; nous sommes à l’image de Dieu et à sa ressemblance si nous choisissons librement de faire ce qui est bien. Oui, à moins d’être profondément aliéné (ce qui peut arriver évidemment, mais c’est une pathologie), tout homme, c’est ce que nous dit la Parole de Dieu, quels que soient les conditionnements qui peuvent, c’est vrai, blesser partiellement cette liberté, il reste toujours une part de liberté dans un cœur humain, et c’est ce qui fait sa grandeur, sa dignité.

Dans notre contexte d’aujourd’hui, où les puissants de ce monde, dont parle Saint Paul, tentent souvent d’aliéner précisément notre liberté d’homme au moyen même (c’est le comble) de lois, -c’est-à-dire ce qui devrait exprimer ce qui est droit-, tentent d’aliéner notre liberté au moyen même de lois iniques, où ils nient notre droit à la liberté de conscience et à la liberté de parole, il est important de nous rappeler que rien ni personne ne peut nous ôter cette liberté intérieure fondamentale, don de Dieu, qui nous fait, encore une fois, à son image.

Comme nous l’entendions déjà dimanche dernier, les martyrs d’hier et d’aujourd’hui, et tout spécialement parmi eux les enfants et les jeunes, sont le signe le plus éloquent de cette liberté, qui est le fruit de l’action de Dieu dans un cœur humain. Je pense en particulier aux petits voyants de Fatima puisque c’est l’année du centenaire, cette année ; ces petits voyants qui, de neuf, sept et six ans, ont préféré mourir puisqu’ils étaient menacés d’être plongés dans l’huile bouillante, ont préféré mourir plutôt que de prétendre qu’ils avaient menti. Voilà la force de Dieu à l’œuvre dans un cœur d’homme, dans un cœur humain, même un petit.

Saint Paul, en écho à la première lecture, oppose la sagesse du mystère de Dieu à la sagesse de ce monde. « La sagesse de Dieu est prévue par lui, dit-il, pour nous donner la gloire », autrement dit les chemins de vie éternelle. « La sagesse » ou plutôt la pseudo-sagesse « de ce monde est celle, dit Paul, de ceux qui dominent le monde et qui déjà se détruisent. » Il n’est que de lire ou regarder nos médias pour en avoir une illustration quotidienne. A nous de choisir donc. Etre sans cesse à l’écoute du vacarme du monde, vacarme mensonger et violent, ou choisir d’écouter sans cesse le Bien Aimé, Celui qui nous aime plus que personne et qui conséquemment en nous aimant nous fait du bien, nous donne la vie. Oui, choisir plutôt de l’écouter, Lui, et de vivre selon sa parole et sa sagesse.

Le psaume 118 à son tour proclame, nous l’avons chanté : « Heureux ceux qui marchent suivant la loi du Seigneur. Heureux ceux qui gardent ses exigences ». Le psalmiste, dans son amour -on sent quelqu’un d’amoureux de Dieu et de ses commandements-, le psalmiste demande au Seigneur, il se sait fragile, il fait l’expérience comme nous de son péché, demande au Seigneur, de lui ouvrir les yeux, aveuglés que nous sommes si souvent par les mensonges du monde, de lui ouvrir les yeux pour reconnaître « les merveilles de sa loi ».

Car pour un ami de Dieu, ses commandements ne sont pas subis comme une domination, un carcan, mais sont reçus comme un cadeau que Dieu fait à son peuple et Israël ne cesse de chanter la loi du Seigneur. Justement ce psaume 118 qui est le plus long de la Bible et qui ne fait que répéter : ta loi est merveilleuse, Seigneur. Merci pour ce cadeau ! Si nous pouvions aussi être habités par cela. Oui comme un cadeau que Dieu fait à son peuple, le mettant en garde contre toutes les fausses routes, comme le ferait la sollicitude d’un père pour ses enfants ; les commandements du Seigneur sont donc l’expression de son amour pour son peuple.

Voilà pourquoi Jésus déclare être venu non pour abolir la loi mais pour la mener au contraire à sa plénitude, à sa perfection. Il ne supprime pas les acquis précédents, Il les affine encore : « on vous a dit…, eh bien, Moi je vous dis… ». Pas question de gommer les étapes précédentes qui sont des étapes éducatives de Dieu envers les hommes. Dieu pratiquait déjà la loi de gradualité. Il savait qu’il faut du temps pour éduquer les hommes, comme il faut du temps pour éduquer un fils d’homme, un enfant. Eh oui, vis-à-vis de Dieu, nous restons toujours ses enfants à la tête dure. Pas question de gommer les étapes précédentes, il s’agit au contraire d’en franchir d’autres et Jésus de nous donner trois exemples, trois terrains d’application de cela :

Première étape : « Tu ne tueras pas », minimum vital évidemment, mais cela ne suffit pas pour être un homme, un homme comme Dieu le rêve, comme Dieu le veut, et pour notre bien.

Deuxième étape : « Tu t’interdiras même la colère et tu iras jusqu’au pardon ».

Première étape : « Tu ne commettras pas l’adultère en acte ».

Deuxième étape : « Tu t’interdiras même d’y penser, et tu éduqueras ton regard à la pureté ».

Première étape : « Pas de faux serments » Bien sûr minimum vital.

Deuxième étape : « Pas de serment du tout ». Que toute parole de ta bouche soit vraie. Allez plus loin toujours plus loin dans l’amour. Voilà la vraie sagesse.

Certes, je l’évoquais à l’instant, nous savons bien hélas notre fragilité et qu’il nous arrive de céder parfois à l’esprit du monde et à ses pièges. Mais la Parole de Dieu nous redit avec force aujourd’hui que nous ne sommes jamais définitivement prisonniers, même après de mauvais choix. Par le baptême, nous avons été greffés sur Jésus Christ qui à chaque instant nous donne la force de choisir, de re-choisir le bon chemin. C’est bien pour cela que nous l’appelons notre Rédempteur, c’est-à-dire Celui qui nous libère.

Ben Sirac nous disait : « Il dépend de ton choix de rester fidèle ». Et c’est vrai. Mais nous savons aujourd’hui, voilà la plénitude de lumière qui nous est donnée en Jésus, nous savons que cette fidélité oui, nous l’obtenons par la seule grâce de Jésus Christ, que nous venons puiser cette grâce dans les sacrements et tout spécialement en chaque Eucharistie. Eh bien, que notre cœur se fasse mendiant de cette grâce de fidélité qui est notre bonheur. Amen.


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HOMÉLIE DU FRÈRE PHILIPPE-MARIE
Le 19 février 2017
7ème Dimanche du Temps Ordinaire A


Introduction à l’Eucharistie : « Pour avancer ensemble sur le même chemin, Pour bâtir avec Dieu un monde plus humain, … ouvrons nos cœurs au même souffle, » au souffle de l’Esprit Saint, c’est-à-dire ouvrons nos cœurs à l’amour de Dieu. Seul Dieu peut rendre l’homme plus humain. Seul Dieu peut rendre notre monde plus humain. Vouloir le faire sans Dieu, c’est une illusion. Et on va à l’échec assuré.

Eh bien, au seuil de cette Eucharistie, faisons-nous les mendiants de cet amour de Dieu, de ce souffle divin, et confessons toutes nos fermetures à cet amour et à tout amour. Confessons humblement notre péché.


Homélie : Les lectures de ce jour nous livrent le message sans doute le plus difficile de la Sainte Ecriture. Cette difficulté ne tient pas tant dans la compréhension du message que dans sa mise en pratique.

Déjà le livre du Lévitique mettait la barre très haut : « Soyez saints, car moi, le Seigneur votre Dieu, je suis Saint. » C’est ce qu’on appelle la loi ou le code de sainteté. Et chacune des prescriptions de cette loi se termine avec cette parole d’autorité : « Je suis Adonaï ; le Seigneur », c’est-à-dire le nom propre de Dieu.

Cette loi de sainteté rappelle à Israël qu’il est un peuple de Prêtres, c’est-à-dire un peuple chargé de se tenir devant Dieu au nom de toute la création pour offrir à Dieu la louange de toute la création. Cette vocation est une vocation magnifique, mais combien exigeante. Dieu a créé l’homme à son image pour qu’il vive selon sa ressemblance, et donc pour qu’il soit saint, devant Dieu et comme Dieu.

Pour cela, l’Israélite n’aura pas de pensée de haine contre son frère ; il devra reprendre son frère qui s’égare. Il ne devra pas garder rancune mais il devra aimer son prochain comme lui-même.

Ce prochain, qui est-il ? c’est l’Israélite, ce n’est pas le païen. Israël est comme le laboratoire de l’amour au milieu des hommes, au milieu des nations païennes. Cet amour s’apprend d’abord à l’intérieur du peuple saint.

Jésus, dans son enseignement et dans sa vie, va faire éclater ce cadre trop étroit : Pour Jésus, le prochain, ce n’est plus seulement l’homme d’Israël, le coreligionnaire, mais c’est tout homme et même l’ennemi !

Alors, déjà que Dieu avait mis déjà la barre haute, Jésus la met plus haute encore !…

Dans le sermon sur la Montagne que nous entendons en ces dimanches, Jésus est d’une audace inouïe. Car en déclarant : « Il a été dit…Eh bien, moi je vous dis », Jésus emploie une tournure hébraïque qui évite de prononcer le nom de Dieu, par respect pour Lui, mais qui le désigne à travers cette forme passive : « Il a été dit ». Autrement dit, Jésus affirme : « Dieu a dit… Eh bien, moi je vous dis ! ».

Je ne sais pas si vous réalisez un petit peu : « Dieu vous a dit… Eh bien, moi je vous dis ! ».

Jamais aucun prophète n’avait parlé ainsi ! Et jamais aucun prophète n’aurait osé parler ainsi ! On comprend que les auditeurs de Jésus aient été stupéfaits, complètement interdits, choqués, et que certains aient accusé Jésus de blasphème…

Mais la suite de son discours va nous montrer que son message est vraiment surhumain, un message proprement divin !

Jésus nous demande, en effet, de ne pas riposter au méchant. Déjà la « loi du talion » limitait la vengeance : « Œil pour œil, dent pour dent », mais pas plus ! Si seulement on respectait cette « loi du talion » ! Combien de villes bombardées en « représailles », combien de luttes ethniques, sociales, nationales, religieuses, où s’applique le contraire de la « loi du talion », c’est-à-dire l’escalade de la violence.

Eh bien, Jésus nous appelle au dépassement : ne pas nous venger du tout, ne pas riposter au méchant.

Par quatre exemples concrets : celui de la gifle, celui du procès, celui des 1000 pas et celui de l’emprunt financier, Jésus nous invite non pas à la démission ou au laisser-aller, mais il nous invite à vaincre en nous l’instinct de vengeance.

Ce n’est jamais le mal qui permettra de mettre fin au mal. Jésus veut ouvrir une autre voie à l’humanité : vaincre le mal par le bien, répondre à la haine par un surcroît d’amour.

Ainsi Jésus nous invite-t-il à aimer nos ennemis, à prier pour ceux qui nous persécutent, afin d’être vraiment à la ressemblance de notre Père des Cieux qui donne les bienfaits du soleil et de la pluie aux justes et aux injustes.

Lorsque Jésus nous dit : « Vous serez parfaits comme votre Père céleste est parfait », ce n’est pas à une perfection morale qu’il nous appelle. Il nous appelle à aller jusqu’au bout de l’amour. Le mot parfait, « téleios » en grec, veut dire : « jusqu’au bout, jusqu’à la fin ». Et Saint Jean nous dira que « Jésus, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, il les aima jusqu’à la fin », (eis télos), jusqu’au bout de l’amour ; c’est-à-dire jusqu’à en mourir.

Et Saint Paul de remarquer avec réalisme : « C’est à peine si quelqu’un voudrait mourir pour un homme juste (…). Mais en ceci Dieu prouve son amour pour nous : le Christ est mort pour nous alors que nous étions encore pécheurs », c’est-à-dire ses ennemis !…

Jésus ne s’est pas contenté de prêcher, il a vécu ce qu’il a enseigné. (Alors, svp, priez pour moi, pour que je puisse vivre ce que je vous dis.) Il a vécu cet amour qui va jusqu’à mourir pour ses ennemis. Cela n’est pas humain, c’est proprement divin. Et c’est précisément à cela que Jésus nous appelle… Jésus a acquis sur la croix le droit de nous dire ses exigences : Il est celui qui reçoit les gifles… Il est celui à qui on arrache le manteau et la tunique… Il est celui qu’on a réquisitionné pour un procès injuste… Il est celui qu’on a traîné à faire 2000 pas sur le chemin du Calvaire… Il est le Crucifié sans haine !

Devant des situations difficiles, ou impossibles humainement à vivre, nous ne pouvons plus rester seulement au plan de la psychologie, de la morale ou de la sociologie… Il est nécessaire de nous mettre devant un Crucifix, pour puiser en Jésus en croix sa force d’aimer.

L’amour des ennemis est le sommet de la vie chrétienne et ne s’obtient qu’à genoux, dans l’humilité devant Jésus en croix, pour qu’il nous en donne la grâce.

Cette sainteté, cette perfection de l’amour consiste en deux choses : A aimer inconditionnellement et à aimer jusqu’au bout.

Chaque Eucharistie nous remet réellement devant Jésus en croix, devant Jésus immolé. Lorsque le prêtre élèvera le Corps sacré et le Sang Précieux de Jésus, humblement, à genoux, demandons-lui de changer notre cœur ; et j’élèverai le Calice un petit peu plus longtemps que d’habitude, pour que nous puissions mettre dans le Précieux Sang de Jésus toutes les personnes que nous avons du mal à aimer, toutes celles qui nous ont fait du tort, n’hésitons pas à les nommer et à les mettre dans le Sang Précieux de Jésus. Et demandons à Jésus la force d’aimer comme il nous a aimés. Amen.


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HOMÉLIE DU PÈRE PAUL PAGEAUD, sma
Le 26 février 2017
8ème Dimanche du Temps Ordinaire A


Introduction à l’Eucharistie : Dans l’Evangile de ce jour, Dieu nous avertit : « vous ne pouvez pas servir Dieu et l’argent. » L’argent doit être un serviteur et pas un maître, sinon c’est Mammon qui devient notre Dieu, et quand Mammon est notre Dieu, on oublie que Dieu c’est notre Père et c’est lui qui s’occupe de nous, c’est notre Providence. Eh bien, au début de cette messe, demandons pardon à Dieu notre Père de tous nos péchés, je crois qu’on l’a oublié.

Homélie : « Vous ne pouvez pas servir deux maîtres : Dieu et l'argent. » nous affirme Jésus. En effet, quand l'argent est maître, Dieu n'a plus de place dans notre cœur. Et la vie de prière, la messe, les commandements n'auront plus de sens pour nous. Alors, nous risquons de nous engager sur un chemin de perdition et toute la vie sera perdue. L'argent, qui est nécessaire, doit rester un serviteur et pas un maître. Alors que nous propose Jésus ? " Cherchez d'abord le Royaume de Dieu et sa justice et tout le reste vous sera donné par surcroit ". C'est le mot "d'abord" qui compte. Jésus nous demande donc, de compter sur Dieu qui est Providence, qui est un Père, qui sait s'occuper de nous et compter sur Dieu, mais pas d'une façon paresseuse, mais pour tous les problèmes qui peuvent nous dépasser, car Dieu est un bon Père qui nous aime et qui veut que nous prenions le chemin du ciel pour devenir heureux avec Lui.

Jésus a dit à Sainte Mechtilde au XIIIe siècle, une bénédictine : "Celui qui Lui dit merci déjà pour le ciel qu'Il lui donnera aura beaucoup plus que ce qu'il a demandé ou espéré ; il ne sera déçu en rien." Donc, il faut que notre vie soit orientée vers Dieu et vers le ciel. Et cela commence quand ? A la toute petite enfance. C'est Dieu qui a créé l'âme d'un enfant et l'enfant ressent le besoin de Dieu, tout petit, surtout s'il est baptisé. Pourquoi ? Car un enfant baptisé est plein de Dieu, plein de l'Esprit Saint. Je dirais ....il est "ruisselant" de Dieu. Et Dieu a déposé en lui, on l'oublie trop souvent, en germe, les vertus de foi, d'espérance et de charité, mais c'est en germe, et c'est les parents qui ont vocation de faire germer, dès le début de la vie des tout-petits la foi, l'espérance et l'amour. C'est capital. Rappelez-vous cela : un enfant baptisé est plein d'Esprit-Saint et a reçu en lui les germes de la foi, de l'espérance et de la charité, mais en germe.

Et comment les parents vont développer ce germe ? Par le sentiment religieux, car l'enfant n'est pas un intellectuel, le rationnel n'a pas encore pouvoir sur lui, il faudra attendre après trois ans. Il est très sensible au sentiment religieux. C'est très important que sa maman lui parle de Jésus, de Marie. Cela aura une répercussion chez lui puisqu'il est plein de l'Esprit Saint, à notre surprise. Quand la maman parle avec affection de Jésus, embrasse avec affection la croix de Jésus, l'enfant sera heureux d'embrasser cette croix. Je me souviens d'une réflexion d'une grand mère qui arrivait chez sa petite fille qui avait un an et demi, deux ans. Elle lui présente la croix de Jésus puis elle lui dit : "bisous Jésus, bobos Jésus". L'enfant est très sensible aux symboles religieux, icônes de la Vierge… C'est très important que, tout petit, avec la maman, l'enfant fasse une toute petite prière : "Jésus, je vous aime." ou bien "Jésus, bénissez papa et maman, bénis papa et maman". Encore une autre anecdote, même chose, c'est une catéchiste qui raconte ça : La maman avait fait une petite prière avec son enfant, lui avait fait embrasser la croix, et le papa ne voulait pas assister aux prières. Eh bien, c'est l'enfant qui est allé dire à son papa : "papa, bisous Jésus!" et papa n'a pas pu s'empêcher d'embrasser Jésus, ne voulant pas décevoir son petit qu'il aimait beaucoup.

L'enfant est sensible aux choses de Dieu si on sait le lui exprimer avec des paroles simples et affectueuses. Et au fur et à mesure qu'il va grandir, le sentiment religieux va se développer et aura son sommet à trois ans et il va rester marqué. "L'enfant sera marqué", et personne ne pourra lui arracher ce qu'un enfant a reçu entre zéro et 6 ans. Ce sont les étapes les plus importantes de la formation humaine et chrétienne. Si un enfant n'a pas été aimé petit, il sera blessé pour la vie. Si un enfant n'a pas eu ce départ de la vie chrétienne, il sera difficile plus tard, beaucoup plus difficile. Il a aussi besoin de l'exemple de ses parents car un enfant est un imitateur.

Lorsqu'il va avoir trois ans, c'est la rationalité qui va prendre la place du sentiment religieux, et, peu à peu, il va poser des questions, ces éternels "Pourquoi ? Pourquoi? Pourquoi?" Il faut les écouter et y répondre à la mesure de la connaissance de l'enfant. Et quand il va grandir, il posera des questions plus importantes sur la sexualité, il ne faudra pas en être ému. Il faudra lui répondre simplement, comme s’il avait posé des questions sur la pluie et le beau temps. Et l'enfant repartira satisfait de ce qu'il a entendu et compris. Et au fur et à mesure qu'il grandira, il faudra continuer à le former, à bien l'éclairer afin qu'avant d'arriver à la préadolescence, il ait une juste connaissance de la sexualité. Un enfant est toujours plein de Dieu et de n'avoir pas fait de péché, il sera toujours tourné vers Dieu. Et s'il ne pose plus de questions, les parents doivent prendre le devant, c'est leur devoir, ils ont la grâce pour cela, de la part du sacrement de mariage d'instruire l’enfant sur les problèmes de la vie. Sinon, c'est la rue qui prendra la relève avec des façons tordues et des mauvaises habitudes.

Et après, il aura un combat pour internet, la porno, les revues. Et s'il a été formé, et si on lui a appris à prier pour s'appuyer sur la prière, si on lui a appris à être fidèle à la messe, cet enfant respirera Dieu, il sera vainqueur de ses problèmes. Il faut toujours l'exemple des parents car l'exemple des parents soutient. Ils sont solides. Mais aussi il faudra lui apprendre, à ce moment-là, la Miséricorde de Dieu car personne n'est né saint. Il peut y avoir la chute à un moment ou l'autre mais si l'enfant a vu son papa se confesser, sa maman se confesser, il trouvera normal, même nécessaire, d'aller se confesser, tout petit d'ailleurs. Je me souviens, après des baptêmes de jeunes gens, de jeunes filles qui avaient peut être, je ne sais pas moi, enfin, ils étaient tout jeunes encore, eh bien, le dimanche suivant, ils étaient tous à confesse, heureux de venir à confesse car ils sortent épanouis de la confession, et ça c'est bon. Et voilà, si ainsi le bon départ est pris, après, les commandements de Jésus deviennent plus facilement assimilables. "Cherchez d'abord le Royaume de Dieu et sa justice et le ciel vous sera donné par surcroit." Tout commence, donc, à la petite enfance, c'est très important, et c'est un devoir que les parents chrétiens doivent se former dans ce sens là. Amen.


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HOMÉLIE DU PÈRE PAUL PAGEAUD, sma
Le 25 juin 2017
12ème Dimanche du Temps Ordinaire A


Introduction : Les textes de la messe de ce jour nous disent l’importance de vivre sur terre avec Jésus. Là, nous sommes sans crainte, nous sommes en sécurité. Il sera alors notre bouclier. Des grâces abondantes seront répandues sur nous. Et le jour de notre mort, Il se déclarera pour  nous devant son Père. Mais Il nous avertit aussi, que celui qui l’abandonnera, jusqu’au dernier moment de sa vie, risque gros. Alors, confions-nous à sa miséricorde, en lui demandant pardon de tous nos péchés.


Homélie : Jésus sait qu’Il va être condamné à mort et mourir sur une croix, pour obtenir le pardon de tous nos péchés et nous ouvrir ainsi les portes du Ciel. C’est parce que Dieu nous aime, qu’Il nous a créés par amour. Il nous aime tellement, qu’Il a donné son Fils Jésus afin que nous soyons sauvés. Mais sauvés de quoi ? Sauvés de l’enfer.

Jésus veut que tous les hommes puissent connaître cette merveilleuse nouvelle. Alors, Il dit à ses Apôtres d’une façon impérative : « Ce que je vous ai dit dans les ténèbres, dites-le en pleine lumière. Ce que vous entendez au creux de l’oreille, annoncez-le sur les toits ? Soyez sans crainte je prends soin de vous. Craignez seulement ceux qui peuvent vous faire périr dans la géhenne ». La géhenne, c’est le symbole de l’enfer. C’était la vallée maudite où dans les temps anciens on immolait des enfants : on les déposait vivants sur les bras, chauffés au rouge, de la statue de Moloch. Puis, au temps de Jésus, c’était l’immense poubelle nauséabonde de Jérusalem où l’on brûlait les détritus et les cadavres d’animaux.

Jésus nous met donc en garde contre ce qui peut souiller, spécialement l’âme. Et nous savons, par d’autres passages de l’évangile, ce qui tient le plus à cœur à Jésus, c’est de protéger l’âme la plus innocente, mais aussi la plus faible, celle des enfants. Aujourd’hui, il y a une trop grande liberté morale, même parfois à l’école, surtout une liberté sexuelle. Les chrétiens doivent être vigilants pour ne pas se laisser contaminer et surtout ne pas laisser contaminer leurs enfants.

La tâche est rude, car notre monde d’aujourd’hui a perdu le sens du sacré. Il a oublié Dieu ou même il l’a renié. Il y a des lois qui peuvent nous conduire dans cette Géhenne. Prenons conscience de cette évolution anti-évangélique. Il y a des parents qui aujourd’hui refusent aux grands-parents, le droit de parler de Dieu à leurs petits enfants ! C’est les empêcher de leur donner le vrai sens de la vie. Alors, c’est l’argent qui devient Dieu. Ce qui compte, c’est d’avoir une bonne situation, le confort, la réussite humaine, jouir de son corps sans remord puisque tout finit à la mort. Mais une inquiétude reste.

Il n’y a pas de vrai bonheur sans Jésus. Alors, il ne faut pas être surpris de voir des déprimés qui remplissent les hôpitaux psychiatriques, des hommes en pleine force de l’âge, de 30 ans et plus, qui n’ont goût à rien et qui vivent encore au crochet de leurs parents, scotchés à leurs ordinateurs, des jeunes, des adultes déçus de la vie qui se refugient dans la boisson, la drogue, le sexe, certains même le suicide. Les divorces se multiplient pour le malheur des enfants et de leur équilibre humain. L’homme devient alors inquiet, un malheureux qui cherche des compensations n’importe où : dans l’ésotérisme, dans les sectes. Certains même vont jusque dans le satanisme. 3 % des adolescents y ont touché et 1,5 % s’y sont engagés. C’est le résultat d’une enquête. L’homme ainsi perd la paix intérieure. Il se révolte. Et quand il y a trop de révoltés, cela mène à la révolution. Alors Satan jouit de son triomphe. Ce n’est plus la civilisation de l’Amour prônée par le Christianisme.

Mais Dieu est plus fort que Satan. Il aime l’homme, Il ne l’abandonne pas, c’est pourquoi il veut le sauver, le délivrer de l’emprise de Satan. Et c’est pourquoi, Il nous dit : « Soyez sans crainte : Je prends soin de vous. »

Pour cela, il veut que son Evangile, chemin du vrai bonheur, soit annoncé partout. Il a besoin d’apôtres pour le proclamer, par leur vie d’abord, puis par leurs paroles. Il a besoin de chrétiens qui n’aient par peur de témoigner de leur foi. Aujourd’hui, comme aux premiers temps de l’Église, heureusement, il y a encore des prêtres, des religieux, des religieuses, des laïcs, et même des jeunes, qui vont jusqu’à risquer leur vie pour annoncer Jésus et son évangile. Les musulmans convertis font partie de ceux-là tellement ils sont heureux d’avoir trouvé la Vérité en Jésus-Christ. Cela doit nous faire réfléchir et stimuler notre foi.

Notre compassion pour les pauvres doit d’abord être d’abord pour les plus pauvres, c'est-à-dire les pécheurs. Jésus respecte la liberté de chacun car Il ne veut être aimé que par des hommes libres. Mais, si un pécheur se convertit, Il est prêt à lui pardonner et Il le fait avec joie. Un jour, le saint curé d’Ars a eu cette grâce de savoir que le plus grand pécheur du monde venait de se convertir. Il en a remercié Dieu. Mais si le pécheur s’obstine à rejeter la miséricorde divine jusqu’au tout dernier moment, il risque gros, il risque l’enfer, car l’enfer existe. Jésus a demandé à sainte Faustine de le rappeler aux hommes et Il lui a fait savoir qu’il y a en enfer des personnes qui ne voulaient pas croire à son existence.

Que nous faut-il donc pour pouvoir rester fidèles au Christ ? Il nous faut au moins deux choses.

D’abord la prière, qui nous permet de compter sur le Seigneur, sur sa miséricorde. A la Salette, la Vierge a demandé aux deux petits voyants, s’ils faisaient bien leur prière chaque jour, et elle leur a demandé un minimum d’un "Notre Père" et d’un "Je vous salue, Marie" chaque matin et chaque soir.

La deuxième chose qui nous est indispensable, c’est le sacrement du pardon ; la confession nous purifie de tous nos péchés. Le démon en a tellement peur qu’il fait tout pour nous décourager d’y aller. Avant le péché, il nous dit : "ce n’est pas grave", et après le péché, il nous dit :" c’est trop grave, tu ne peux pas en parler." Car la confession est un grand acte d’humilité et le démon se sait noyé dans un goutte d’humilité. Donc, il a peur de la confession. Il est bon très bon, pour les chrétiens, de se confesser plusieurs fois par an, et même chaque mois pour un chrétien bien engagé dans sa foi, préconisait la stigmatisée Marthe Robin.

Jésus lui-même a dit saint Faustine : « Le monde ne trouvera pas la paix tant qu’il ne reviendra pas à la source de ma miséricorde ». Et cette source coule principalement dans le sacrement du Pardon. Chrétiens, sachons donc profiter de cette immense grâce sortie du cœur de Jésus : le sacrement  du Pardon qui nous lave de tous nos péchés, si on le reçoit avec foi. Amen.


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HOMÉLIE DU FRÈRE MARIE-JEAN
Le 09 juillet 2017
14ème Dimanche du Temps Ordinaire A


Introduction à l’Eucharistie (par Frère Jean-François) : Le Seigneur aujourd’hui oriente notre regard vers son Père. Les lectures de ce jour vont nous inviter à l’humilité du cœur, c’est-à-dire se reconnaître Enfants de Dieu, des enfants qui ont besoin de tourner leurs regards vers leur Père, pour accueillir Son amour dans Son Pardon.

Nous demandons au Seigneur d’ouvrir notre cœur, de le disposer à accueillir cette Miséricorde de Dieu, pour que nous puissions nous reconnaître Frères les uns des autres.

Et nous sommes heureux d’accueillir les Louveteaux et Jeannettes des Scouts et Guides de France, avec leurs accompagnateurs, et nos amis de la Communauté Saint Martin : Antoine, Paul et Jean, ainsi que des membres responsables des régions des Equipes Notre-Dame qui sont venus ce week-end, voilà, préparer leurs « points concrets d’efforts » à travers l’écoute de la Parole de Dieu.

Et je crois que c’est un point concret d’effort aussi que nous devons tous partager, non pas par volonté écouter la Parole de Dieu, mais plutôt dans une disposition d’accueil d’ouverture, d’humilité, pour recevoir cette Parole de Dieu.

Et c’est cette Parole qui nous configure au Seigneur, que nous allons recevoir dans l’Eucharistie.


Homélie de Frère Marie-Jean : Je voudrais m’adresser spécialement aux enfants puisque nous avons le bonheur de vous avoir parmi nous aujourd’hui, sachant que je m’adresse aussi à tous les Enfants de Dieu, à ces petits que nous sommes appelés à être, selon l’Evangile d’aujourd’hui.

Quand commencent les grandes vacances, c’est enthousiasmant, je pense, n’est-ce pas ? On a plein de projets dans la tête, plein de désirs, et d’abord celui de faire autre chose que le travail scolaire habituel. Quel repos de ne plus avoir de travail scolaire à faire le soir !…

Eh bien, l’Evangile tombe bien puisque, il nous parle aussi de repos. Jésus nous parle de repos. « Venez à moi, dit Jésus, (…) et Je vous procurerai le repos. »

On en rêve toujours, qu’on soit enfant ou adulte, ce repos qui nous refait.

Seulement, il y a repos et repos. Il y a la détente physique, ce que vous vivez dans ce camp, et la détente physique qui n’est pas forcément rester dans sa chaise longue toute la journée d’ailleurs, c’est pas interdit, mais toute la journée les muscles vont s’atrophier si on passe toutes ses vacances dans la chaise longue.

On peut faire du vélo par exemple, à la manière "Tour de France", ou de manière plus cool, donc de tout repos. Détente physique, repos, physique.

Mais le repos physique ne suffit pas. Si je suis dans ma chaise longue ou sur l’herbe, mais que je suis en colère contre quelqu’un, ou avec plein de soucis dans la tête, eh bien, mon cœur, lui, n’est pas en repos. Et on sent bien que, voilà, il y a quelque chose qui ne va pas. Ce repos qu’on avait tant désiré tant attendu, il ne vient pas parce que notre cœur, lui, il n’est pas en repos.

Et Jésus sait bien que c’est ce repos du cœur qui est le plus important, le plus nécessaire. Et que, le reste, eh bien, voilà, ça nous laisse sur notre faim, sur notre faim de vrai repos, de vrai recréation.

« Venez à Moi (…) et vous trouverez le repos pour votre âme. » Voilà, le repos du cœur, de l’âme que Jésus souhaite pour nous, et Il nous donne la méthode, la recette : « Venez à Moi. »

Alors, retenons ce précieux conseil de Jésus au seuil de ces vacances : « Venez à Moi. » Et Jésus ajoute : « vous qui peinez… », donc, particulièrement recommandé lorsque notre cœur justement est lourd, lourd de soucis, lourd de péchés, lourd de tracas, de contrariétés, de heurts : « Venez à Moi, et JE vous procurerai le repos. »

Alors, les enfants et nous tous, si vous voulez vous reposer vraiment, profondément cet été, alors venez souvent à Jésus, rejoignez Le, - mais où est-Il ? - eh bien, Il est là, dans votre cœur, au fond de votre cœur. Et, nous rendre présents à Sa Présence continuelle, prendre conscience qu’Il est là, - nous sommes les Tabernacles de Dieu, toujours - nous fait prendre conscience, nous calmer, nous poser pour être simplement avec Lui, ça nous fait le plus grand bien.

Voilà pourquoi Jésus poursuit la même idée, malgré les apparences, en ajoutant ceci : « Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples. »

Alors, je ne sais pas si vous savez ce que c’est qu’un joug, les enfants. Qui est-ce qui sait ce que c’est qu’un joug, pas une joue, un joug, qui est-ce qui sait ce que c’est ? Personne, apparemment. Eh bien, avez-vous jamais vu des bœufs ou des chevaux de trait, comme on dit, des lourds chevaux, des Percherons, attelés avec une pièce de bois sur la nuque ? Voilà, c’est ça un joug. C’est peut-être pas très agréable pour les bœufs et pour les chevaux, enfin c’est efficace pour qu’ils marchent à peu près au même pas. Voilà, pour labourer. Alors, on n’en voit plus, on n’en voit plus en France, enfin je crois, mais il y a une centaine d’années, on en voyait beaucoup dans les champs, qui travaillaient.

Alors quel paradoxe, Jésus nous dit : « Je vous procurerai le repos » en faisant quoi, « en prenant mon joug. » C’est bizarre quand même ! Se reposer en prenant un joug, une pièce de bois, lourde !

Mais, comme dit très justement le Père de Menthière que vous avez peut-être lu, « prendre le joug du Christ, ce n’est pas accomplir un fardeau, une besogne, comme si Jésus était le bouvier, c’est-à-dire le fermier qui, avec son fouet, fait avancer les bœufs quand ils traînent la patte, quand ils n’ont plus envie d’avancer. » Non, Jésus n’est pas comme ça. Jésus est sous le joug avec nous. C’est-à-dire que prendre le joug du Christ, comme écrit si bien ce Père de Menthière, c’est plutôt, son idée à Lui c’est, que nous soyons attelés, avec Lui, à la même tâche, que tout ce que nous avons à faire, nous le faisions avec Lui. Et ça change tout…

Rester, en toutes circonstances, attaché, uni à Lui, à Celui qui nous aime le plus, ce n’est pas un fardeau, ce n’est pas pesant de rester toujours avec quelqu’un qui nous aime et qu’on aime, au contraire, cela allège tout ce qu’on a à faire, cela rend plus léger tout ce que nous avons à vivre. Eh bien, c’est tout simplement cela que Jésus nous offre.

«  Prenez mon joug, devenez mes disciples », vivez avec moi. Je marche à votre pas, n’ayez pas peur, Je ne vais pas vous brusquer, Je ne vais pas vous taper dessus pour vous faire avancer, Je m’adapte Moi, Je m’ajuste.

Voilà, le premier conseil de Jésus, et je voudrais quand même m’arrêter aussi sur un deuxième point :

Pourquoi venir à Jésus nous fait toujours du bien, nous procure le repos du cœur ?

*Aussi, parce que Jésus nous apprend la louange, Il nous entraîne dans Sa louange : c'est ce que nous avons-nous entendu :

* « Je Te loue, Je proclame Ta louange, Père, Je Te bénis d’avoir caché ces choses aux sages et aux savants, et de les avoir révélées aux tout petits. »

Jésus a essuyé beaucoup d’échecs, contrairement à ce qu’on a peut-être dans la tête, Jésus a essuyé beaucoup d’échecs dans Sa prédication, parce que, eh bien justement, ceux qui, normalement, auraient dû davantage L’écouter et mettre en œuvre ce qu’Il disait, devenir Ses disciples, ceux-là, les plus doués, les plus performants, les plus sûrs d’eux-mêmes, ceux-là se sont éloignés de Lui, et finalement, non seulement cela, mais L’ont mis à mort, les Chefs du peuple, les Prêtres, tous ceux qui, normalement étaient le plus préparés à accueillir son message. Eh bien, face à tous ces échecs, Jésus ne déprime pas.

Parce qu’Il voit, en même temps, eh bien, tout, justement, toute cette foule qui l’entoure, ces petits et ces pauvres, tous ceux qui sont les blessés de la vie, tous ceux qui sont limités, qui ne sont pas des surdoués, qui sont même en échec peut-être aussi, mais justement qui accueillent Son message, qui se sentent rejoints, compris, aimés, eh bien, ça, Jésus le voit. Et malgré la déception sans doute, certainement même, de voir beaucoup s’éloigner de Lui, Son Cœur est rempli de joie de voir tous ces pauvres, oui, ceux qui sont en manque de quelque chose, ceux qui souffrent, il y a eux, le recevoir à plein, à plein cœur, à flots, Son Message de Vie, et de voir que ça les remet debout, ça les remet en vie, c’est ça que Jésus veut pour nous aussi.

Alors, bienheureux sommes-nous si, justement, ce matin, et souvent, nous nous sentons des pauvres, des misérables je dirais, parce que, voilà, on sent bien, on touche bien du doigt nos limites. On n’y arrive pas à faire ça, on voudrait tout le temps tant faire ça, tant faire bien. Nos limites mais aussi nos péchés, ça nous fait de la peine finalement, on se laisse entraîner mais après on est triste d’avoir été si mesquin envers l’autre, d’avoir été orgueilleux, d’avoir tenu tête, d’avoir peiné, d’avoir, oui bref, été égoïste aussi, de s’être enfermé sur son petit bonheur quand on avait besoin de nous, de nos bras, de notre cœur, que sais-je ?

Et c’est tant mieux si nous reconnaissons, et si nous avons faim et soif de la justice, d’être rendu meilleur, d’être soigné, d’être sauvé par Jésus. Alors là, on est en état de recevoir ce qu’Il veut nous donner, tant mieux.

Et c’est la Bonne Nouvelle que Jésus nous laisse : « Je Te bénis, Père, » parce que je vois que les cœurs, les cœurs de tous ces petits, blessés, souffrants, qui reçoivent, eux, Ta Lumière et Ta Vie.

- Face à cette louange de Jésus, sa joie, on peut se poser aussi encore cette question :

*Et moi ? Et nous ? est-ce que je sais m’émerveiller d’abord de cet Amour de Dieu, du Père, que je découvre dans sa création ? En cet été, nous avons normalement plus de contacts avec toute cette création qui est un cadeau merveilleux de Dieu. Mais aussi, quand je découvre la beauté de toutes les relations avec les autres qui sont cadeaux de Dieu aussi. Oui.

Ou est-ce que je passe mes journées à me plaindre, à gémir sur les autres, sur ces services qu’on me demande, et c’est toujours à moi, et ceci et cela. Oui, on peut s’enfermer dans la critique, bref, les plaintes. Mais ce n’est pas ça qui nous rend heureux.

Ce qui nous rend heureux, c’est justement de regarder les cadeaux que Dieu nous fait, et qu’Il nous fait par les autres, qui sont différents de nous. Ils font mieux que nous, eh bien tant mieux, réjouissons-nous, ils font mieux ici ou là que nous. Nous avons besoin les uns des autres, de nous offrir justement les dons, différents, que le Seigneur nous a faits.

Est-ce que ma prière, c’est du troc avec le Seigneur, donnant-donnant ? je Te dirai quelques « Je Vous salue Marie… » si j’obtiens ça…

Ou est-ce que ma prière est fondamentalement comme celle de Jésus, la louange, la bénédiction, c’est super, Seigneur, ce que Tu nous donnes tous les jours. Oui, je suis un pauvre, je suis un pécheur, pardon aussi pour toutes ces misères de chaque jour, mais merci parce que Ton Amour ne se lasse pas de nous.

Eh bien, demandons, les uns pour les autres, justement, cette grâce de vivre cet été, chacun diversement, en venant à Jésus souvent, pour nous laisser recréer, nous refaire, nous laisser reposer dans Son Amour, et aussi, justement, Le laisser mettre notre cœur dans la louange, dans la bénédiction aussi des autres. Amen.


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HOMÉLIE DU FRÈRE PHILIPPE-MARIE
Le 16 juillet 2017
15ème Dimanche du Temps Ordinaire A


Introduction de Frère Jean-François : Ce jour du Seigneur nous rappelle que nous sommes faits pour Lui. Si nous sommes faits pour Lui, nous devons tendre à Lui. Et le chemin pour être avec Lui, dans l’éternité, demande du temps. Il nous accompagne. Et ce temps, c’est le temps de l’enfouissement, de la Foi.

Et dans ce temps de la Foi, nous sommes confrontés à notre monde. Le monde est en nous, comme nous sommes dans le monde, même si nous ne sommes pas du monde. Et ce temps, c’est un temps de travail laborieux, un temps de souffrance. Et pour cela, le Seigneur nous donne son Esprit-Saint. C’est Lui qui nous donne sa lumière, justement pour que nous puissions faire un travail d’humilité. C’est-à-dire, cette humilité c’est la condition pour accueillir le Seigneur pour qu’Il puisse grandir en nous.

Demandons au Seigneur cette grâce d’humilité, d’accueil, d’ouverture pour que nous puissions porter du fruit et le fruit que le Seigneur attend de nous, c’est tout simplement, nous-mêmes.

En ce jour, c’est aussi l‘anniversaire de la première Messe ici. L’anniversaire correspond, si vous voulez comme à une fondation dans ce lieu, il y a déjà, c’était en 1971. C’est aussi le 10e anniversaire de la consécration de Frère Ronan. Et puis, nous avons accueilli hier soir, par cette entrée du noviciat, Frère Ambroise, Frère Paul-Marie-Ambroise.

Soyons dans l’action de grâce. Remercions le Seigneur pour justement ces grâces qui nous sont données comme des points de mémoire. Faire mémoire des passages de Dieu dans notre vie. Reconnaissons-nous pécheurs.


Homélie : [Frère Philippe-Marie] Nous venons d’entendre la Parabole du Semeur. Il s’agit bien de la Parabole du Semeur et non pas d’un semeur. Et qui est ce semeur ? C’est Jésus, bien sûr.  Cette parabole laisse percevoir toute une série d’échecs avant que ce pourquoi était sorti le semeur ne réussisse. Le grain semé porte du fruit à raison de 100, de 60 ou de 30 pour un.

 Autrement dit, Jésus fait la relecture de sa propre mission apostolique. Et de toute évidence, les résultats ne sont pas au rendez-vous. Lui, le Fils de Dieu, le Verbe fait chair, n’arrive pas, en tous les cas n’arrive pas toujours, à faire prendre la Parole qu’Il sème dans les cœurs.

 En effet, les foules nombreuses l’ont suivi lorsqu’elles ont été émerveillées par les libérations que Jésus à opérées, les guérisons, le miracle des pains multipliés, etc. Mais quand ils ont compris que Jésus ne venait  pas pour leur offrir une vie plus facile, mais pour les amener à un changement de vie leur permettant d’accueillir le Royaume de Dieu, alors les défections se sont multipliées.

Et pourtant Jésus ne cesse de sortir, de se fatiguer à semer la Parole dans les cœurs, attendant dans l’Espérance de trouver des cœurs bien disposés.

C’est donc une extraordinaire leçon d’Espérance que Jésus nous donne :

Quand nous regardons notre pauvre vie, quand nous regardons l’Eglise ou le monde, nous pouvons nous sentir découragés. Mais Jésus nous dit : « malgré tous les échecs, une récolte se fera. »

Aussi, Papas et Mamans, qui constatez tant de difficultés en vos enfants, ne renoncez pas à lancer la semence ! Catéchistes, qui avez l’impression de labourer la mer tant les enfants sont peu soutenus par leur milieu familial, continuez à semer ! Jeunes, qui n’avez pas encore réussi telle ou telle de vos entreprises, ne vous découragez pas ! Ecoutez le message réaliste et plein d’espérance, de Jésus.

Dans notre Evangile, Jésus distingue nettement deux catégories d’auditeurs. Il y a ceux qui écoutent, qui sont attentifs et qui comprennent… et il y a ceux qui ne sont pas attentifs et qui n’écoutent pas. Dans l’Evangile selon Saint Jean, on voit nettement des personnes qui ne veulent pas voir, qui ne veulent pas entendre, qui se ferment et dont le péché demeure.

Jésus n’a pas choisi d’être obscur dans sa Parole. Sa prédication révèle des réalités qui dépassent infiniment l’homme et qui ne peuvent être que suggérées, évoquées par des images, des comparaisons. Le Royaume de Dieu, dans toute sa richesse, est au-delà d’une simple évidence ou d’un simple raisonnement. Il se révèle à travers une Parole qu’il faut accueillir, laisser pénétrer, chercher, désirer. Il faut du temps et de la persévérance!...

Nous sentons la souffrance de Jésus devant ces gens qui sont devenus durs d’oreille, qui se sont bouché les yeux pour ne pas voir, qui se sont enfermés dans leur opinion et qui ne se convertissent pas. Jésus en souffre. Mais Il ne peut, ni ne veut nous forcer. Il respecte notre liberté.

Dans ce chemin que la Parole parcourt dans notre cœur, cherche dans notre cœur, dans cet enracinement de la Parole dans notre cœur, il y a des dispositions plus ou moins bonnes de notre cœur. Mais il y a aussi, nous dit Jésus, l’action de l’Ennemi qui non seulement jette l’ivraie au milieu du bon grain, mais qui vient encore s’emparer de ce qui as été semé dans le cœur.

Nous sommes l’enjeu d’un combat spirituel entre Dieu et Satan. Et Saint Paul nous disait, dans la deuxième lecture, que la création toute entière est soumise au pouvoir du néant à cause de Satan. En connaissance de cause, Jésus a alors ajouté à la prière qu’Il nous a enseignée : « délivre-nous du Mauvais. » Délivre-nous du Mauvais.

Si la Parole est accueillie, cultivée dans notre cœur, alors elle portera du fruit et un fruit très abondant, annonce Jésus. Car la Parole de Dieu est vivante et efficace. C’est une Parole différente de toutes les autres paroles. Et la Parole de Dieu fait ce qu’elle dit. En toute personne qui l’accueille vraiment, la Parole produit un fruit de vie. « Comme la pluie et la neige qui descendent des cieux, n’y retournent pas sans avoir abreuvé la terre, sans l’avoir fécondée et l’avoir fait germer », ainsi la Parole de Dieu accomplit son œuvre de vie en nous.

Alors demandons la grâce d’avoir faim et soif de la Parole de Dieu. Que nous sachions nous en nourrir. Et exerçons nous à l’accueillir chaque jour. C’est chaque jour qu’il nous faut nous nourrir de la Parole de Dieu si nous voulons qu’elle germe en nous et qu’elle porte un fruit de vie. Amen


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HOMÉLIE DU FRÈRE JEAN-FRANÇOIS
Le 23 juillet 2017
16ème Dimanche du Temps Ordinaire A

Sg 12,13.,16-19 ; Rm 8, 26-27 Mt. 13, 24-43


Introduction à l’Eucharistie : Dimanche dernier, nous avions confié à votre prière cette semaine de « Marie Espérance », semaine familiale où des familles se sont retrouvées, pour vivre communautairement l’Amour de Dieu. Et aujourd’hui, nous voulons aussi vous remercier et faire monter en action de grâce au Seigneur cette bénédiction qu’Il nous a donnée. Nous avons vécu un temps de joie, de prières, de joie partagée, de détente familiale.

En méditant l’Exhortation Apostolique : « La joie de l’amour, » le Pape François nous invitait, dès le début, à ouvrir le grand livre de la vie, y entrer et franchir le seuil de la maison. Cette maison, laquelle nous invitait à pénétrer, c’est cette maison que Dieu a Lui-Même façonnée, façonnée dans le cœur de l’homme. Lui-Même y repose. Et nous avons été invités à vivre de la joie de l’Amour de Dieu, à travers, voilà, l’amour humain. Ça s’est traduit le matin, d’abord par un temps de louange parce qu’on élève son cœur à Dieu, et puis, dans la journée, les enfants et les jeunes ont pratiqué cette patience qui construit l’amour, notamment à travers ce façonnage des œuvres d’art, qu’eux-mêmes amèneront à l’Offertoire, pour les présenter au Seigneur afin qu’Il les bénisse.

Eh bien, entrons dans cette Eucharistie qui est le sommet de l’action de Grâce, c’est l’Action de Grâce de Jésus à Son Père, dans laquelle nous entrons, Il nous offre à Son Père, et demandons qu’Il fasse vraiment demeurer dans notre cœur cet Amour de Dieu, afin qu’Il puisse se répandre à travers, j’allais dire, l’ivraie du monde. C’est l’Evangile.

 Demandons au Seigneur Sa Miséricorde, Son Pardon, car chaque jour, autant nous louons le Seigneur, nous Le bénissons, autant aussi, nous péchons. Demandons pardon au Seigneur pour nos pécehs, entrons résolument avec confiance dans cette célébration de l’Eucharistie.


Homélie : Chers Frères et Sœurs, L’Evangile de ce jour est bien long ! En fait, il y a à la fois l’Evangile et l’homélie. C’est l’homélie la plus courte ! Elle est claire, tout le monde a compris. J’espère que ce que je vais vous dire, ça ne va pas compliquer les affaires. Et qu’à la fin, vous n’ayez pas oublié l’Evangile. C’est un peu le risque.

Jésus parle de bon grain, d’ivraie et de la terre. La terre est la même pour tous. La difficulté c’est que, dans la nature des choses, elles sont fixées en leur état, elles ne peuvent pas changer. Le bon grain restera du bon grain, l’ivraie restera de l’ivraie. Le risque, c’est de faire comme dans les films de "cow-boys" : il y a les bons d’un côté, les mauvais… de toute façon, ils seront toujours mauvais et les autres seront toujours bons. C’est un peu le risque que nous avons, dans la façon de juger, des choses et des personnes, nous considérant toujours du côté des bons. Alors, est-ce bien cela que le Seigneur veut nous dire aujourd’hui ? Je crois que ce qu’il faut retenir ; c’est la grande patience de Dieu, qui est un autre mot qui veut dire Miséricorde.

Or, notre monde aujourd’hui n’est pas dans la patience. Il est dans l’instantané. On le voit bien dans les révolution numériques : tous ces modèles qu’on nous propose, qui ont l’air d’être tout-puissants, qui ont l’air de vouloir dépasser le cerveau humain, c’est un trompe-l’œil, n’y croyez rien.

La patience, c’est, je crois, une des premières qualités de l’amour. Je crois que c’est ça. Et le passage qui est tiré du Livre de la Sagesse et qui est proposé comme première lecture, rappelle justement cette patience de Dieu. Celui-ci exerce son pouvoir avec une douce patience, une clémence indulgente, délicate et lente à la colère. Tout à fait l’opposé de nous. Grâce à cette, je vais dire, « lenteur de Dieu, » eh bien, Dieu se différencie de toutes les autres divinités païennes anciennes et aussi des puissants de ce monde qui exercent leurs pouvoirs sans la modération de l’amour. Mais avec la violence de la force. Et non avec celle de l’amour vrai qui est toujours délicat, prévenant. La prévenance, c’est la première forme de l’amour. Entre autre, selon l’auteur du Livre de la Sagesse, le peuple de Dieu devrait se comporter comme son Dieu, en se montrant ami des hommes. Il devrait toujours se souvenir que, même pécheur, il peut compter chaque jour sur la Miséricorde de Dieu. Ne l’oublions pas.

Dans la 2ème lecture, Saint Paul s’adresse aux Romains : il nous est rappelé que seul et sans la prière c’est-à-dire sans l’assistance de l’Esprit-Saint qui travaille dans le profond de notre cœur, dans la discrétion, la patience, beaucoup d’amour, nous sommes incapables de rejoindre le Salut offert par la Miséricorde. L’Esprit donc, qui est en nous, du Baptême, nous aide à formuler cette juste prière qui selon Dieu, c’est-à-dire selon son plan de salut, et qui a pour objet finalité, le Salut. Et qui s’adresse à un Père.

A travers, donc, la Parole du bon grain et de l’ivraie, l’Evangile parle aussi de la patience de Dieu. Et dans la Parabole de l’ivraie ; on trouve substantiellement le même déroulement que dans la Parabole du semeur qui précède celle de l’ivraie. On y décrit la sorte de semence, c’est-à-dire la Parole de Jésus et Jésus qui se révèle comme Parole. Nous avons bien 5 sens, vous savez ces langages d’amour qui sont faits comme des sens d’accueil. Et la parole que nous disons justement, elle n’a de vérité, de poids, que si elle a passé à travers ces 5 portes d’entrée, mais il n’y en a qu’un qui s’appelle la Parole avec un grand P, c’est Jésus. On n’a pas un 6ème sens qui s’appelle la Parole. Il n’y en a qu’un c’est Jésus. Tout ce que nous disons qui n’est pas, j’allais dire, en lien avec Lui, je ne sais pas ce que ça vaut. Nous nous disons nous-même oui, mais est-ce qu’on dit quelque chose de Dieu, je ne sais pas ! je ne crois pas. Eh oui ! Et donc cette semence, la parole de Jésus, et Jésus qui est la Parole, dont la croissance dans le monde peut être entravé par l’action de l’Ennemi, Il s’amuserait, cette mauvaise herbe qui s’accroche au blé. L’ivraie n’a de consistance que si on lui en donne, tout simplement.

Et la présence de l’ivraie dans le champ de blé - même si les servants, les serviteurs montrent qu’ils en sont surpris - n’est pas en réalité le trait le plus imprévu et surprenant de la parabole de l’ivraie. C’est d’ailleurs vrai car, aux serviteurs qui lui demandent des explications, le maître répond simplement : « L’Ennemi a fait ceci, c’est l’ennemi qui a fait ça. Je n’en fais pas plus de cas. »

L’affirmation qu’au temps de la moisson le grain et l’ivraie seront soigneusement séparés, n’est pas inattendue non plus : le grain sera récolté dans le grenier et l’ivraie jetée au feu. L’étonnement de l’auditeur - étonnement qui, comme il arrive souvent, indique le point où il faut se concentrer - c’est la pointe! Et dans le fait que l’ivraie ne doit pas être arracehe maintenant mais doit plutôt pousser avec le grain jusqu’au moment de la récolte. « Autrement, il y a le risque » - ajoute ironiquement le maître - « d’arracher le grain et de laisser l’ivraie. »

Ce qu’Il veut nous faire comprendre c’est que, bien sûr, l’ivraie ça restera de l’ivraie mais pour nous, le cœur humain, il y a une possible conversion. Et Jésus ne se sépare pas des pécheurs, mais Il va jusque chez eux, chez nous. Il ne les abandonne pas et ne nous abandonne pas. Eh bien, accueillons-le, Lui la bonté infinie, et avant d’extirper l’ivraie chez les autres, efforçons-nous de l’enlever dans notre cœur en « profitant » de la patience de Dieu.

Nous sommes, immergés dans ce monde, Il n’y a rien à faire, on est dedans ! on pourra mettre toutes les barrières qu’on veut, enfin on est dedans !

Alors, trois mots à retenir : patience, fidélité, confiance. Ces trois mots traduisent le mot foi, fides, la Foi, oui, la confiance, c’est ce qui ouvre le cœur et lorsqu’il y a la confiance, la fidélité, elle tient. Mais lorsque la confiance fiche le camp, eh bien, la fidélité part avec.

Le centre de la parabole se situe donc ici, dans cette patiente miséricorde de Dieu, fait étrange pour nous, dans sa longanimité, c’est-à-dire, c’est sa politique d’attente, si vous voulez . Toutefois, ce passage de l’Evangile n’est pas uniquement une invitation à la patience mais aussi une invitation à la fidélité. Le Christ explique clairement que la vraie justice arrivera à la fin des temps. Ce n’est pas à nous de la rendre. Jusqu’à présent, nous devons vivre avec l’ivraie, en évitant que le bon grain ne soit endommagé. Si cela montre la fidélité à ce bon grain qui nous nourrit, la Parole de Dieu, la patience est indiquée par le fait que celui qui représente l’ivraie doit être identifié en espérant qu’il se convertisse. Et ça fait partie de notre prière, de notre intercession. Mais laissons Dieu juger à la fin. Ce n’est pas à nous de faire justice. C’est à nous de témoigner dans la charité en priant pour que notre foi augmente. C’est notre foi qui doit continuellement se confirmer et croître. C’est la croissance intérieure. Il faut qu’elle soit nourrie pour qu’elle grandisse.

Et chaque indécision peut être risquée et peut permettre à l’ennemi de jeter de la mauvaise semence, même dans un champ très bien cultivé. Le Seigneur Lui-même nous avertit, « pendant que tous les hommes dormaient » dit-Il… S’endormir, vous savez ces vierges dites folles, mais enfin, qui n’ont pas pris assez d’huile et qui s’endorment, il n’y a rien de pire. Ceci est un avertissement pour tous, non seulement pour ceux qui doivent veiller sur l’intégrité du champ, veiller même lorsqu’il n’y a pas de danger. C’est une attention sans tension. On ne reconnaît, en effet, seulement l’ivraie que lorsqu’elle a grandi et que l’arracher peut être dangereux pour le blé. Il s’agit là d’une invitation claire à la sagesse prévoyante.

D’autre part, la parabole de l’ivraie est un message de confiance pour les disciples d’hier et d’aujourd’hui. Même si dans le monde, la présence du mal existe, elle est identifiable aussi, Dieu est déjà en train de réaliser Son œuvre de Salut.

A travers la prédication de Jésus, Dieu répand et fait grandir dans les cœurs de tous les hommes la bonne semence, jusqu’à la fin du monde, quand Dieu séparera les justes des mauvais. Le temps durant lequel la Parole semble suffoquer par l’action de l’ennemi est le temps de la patience athlétique de Dieu. Or il ne faut pas oublier, et je crois qu’on oublie ça souvent, nous sommes déjà sauvés.

On entend dire : « Mais qu’est-ce qu’il faut faire, à quoi ça sert la pratique, la Parole de Dieu, mais nous sommes déjà sauvés ! » Si vous voulez, comme dit le Père Marie -Eugène de l’Enfant Jésus : « Qu’est-ce que c’est que ce passage de la Terre au Ciel ? Si vous vous trouvez dans une chambre noire sur la terre, tout est là. Simplement on ne le voit pas. » Eh bien, ce passage si tout d’un coup, on appuie sur le commutateur, la lumière se fait, et on y est. Eh bien, sur terre nous sommes déjà sauvés, il faut le croire, il faut vivre comme des sauvés. Le danger c’est d’oublier ça, en disant « à quoi ça sert prier, à quoi ça sert de faire des efforts etc. » Mais c’est une participation pour que d’autres soient sauvés, c’est ça la communion des Saints. Alors n’oubliez jamais ça.

C’est seulement à Dieu de juger. Nous les croyants, devons imiter la bonté du Sauveur et prier pour que les pécheurs se convertissent. Prier signifie demander dans la charité, la moisson finale par laquelle le bien triomphera définitivement sur le mal. Prier c’est s’unir à Dieu, riche de Miséricorde. Prier, c’est un langage, c’est une relation. C’est le seul verbe qui demande, enfin ça n’est pas le seul mais c’est le verbe qui demande une relation. Vous ne pouvez pas dire ça à un toutou ou à un chat, je te prie, essuie-toi les pattes. Ça ne marche pas. Il ne va pas comprendre. C’est fait pour les humains. Oui, riches en miséricorde qui cherchent à ramener la brebis égarée dans la bergerie. Prier en Dieu, c’est avoir confiance dans l’annonce de la Parole qui reste même dans le mal. Prier enfin c’est finalement se laisser pénétrer par l’Esprit « qui nous vient aide dans nos faiblesses. » Ayons foi dans la présence de l’Esprit-Saint.

Ainsi, dans la 2ème parabole de l’Evangile, Jésus nous invite-t-Il fortement à avoir confiance en Ses actions : Lui a vaincu la mort et le péché et, en instaurant le Règne avec Sa prédication et Sa présence, nous fait participer à Sa vie divine.

La 3ème parabole est semblable à la 2ème. Jésus souligne la disproportion entre la pincée de levain, avec laquelle la femme pétrit la farine et la quantité énorme de pâte levée qui en dérive. Un tout petit peu de foi, c’est ça la puissance de Dieu. Cette comparaison explique l’activité du Fils de Dieu, qui, aux yeux des humains d’hier et d’aujourd’hui, apparaît sans importance et, la force silencieuse et spectaculaire avec laquelle Dieu transforme le monde et sauve l’homme. Le levain représente donc la force de l’Evangile qui, même si elle est cachée et silencieuse aux yeux de l’histoire, fermente dans les cœurs des croyants jusqu’à la fin des siècles.

Eh bien, pour que la Parole de Jésus puisse travailler, transformer nos cœurs, nous devons être disponibles, à son écoute : méditer tous les jours les Ecritures Saintes, participer assidûment aux sacrements, c’est-à-dire être en contact avec Dieu. En fait, nous devons laisser entrer le Sauveur dans notre maison, oui, dans le « champ » de notre âme.

Alors au fond, cette terre, c’est notre cœur. Notre cœur, c’est-à-dire, est un petit grumeau de terre où la bonne semence a été semée, mais qui est assiégé évidemment par l’ivraie, par le monde. Avec nos manières, souvent ça arrive, peu bienveillantes envers les autres et envers nous-mêmes, nous voudrions arracher tout ce qui est immature, erroné, puéril et méchant. Ça, on sait faire. Le Seigneur dit : « Soyez patients, n’agissez pas avec violence, car votre cœur est capable de grandes choses. Il est doux et humble, non pas quand il a de grandes réactions immédiates. » Autrement dit, il ne faut pas se durcir.

Vous savez c’est comme les cornichons quand ils sont dans le bocal de vinaigre, se durcir, c’est quand on les sort du bocal, ils « pissent » le vinaigre partout où ils passent. C’est ça se durcir. Il ne faut pas pourrir non plus. Il faut mûrir, mûrir.

Mettons-nous sur le chemin sur lequel Dieu agit, adoptons son mode d’agir : pour vaincre la nuit, Il fait apparaître le matin ; pour faire fleurir le champ, Il jette une infinité de semences de vie ; pour faire lever la farine immobile, Il y met une pincée de levain. Il est le Semeur de l’Amour, Il porte sur Lui le péché pour transfigurer le pécheur. Il ne détruit pas l’homme ancien pour construire l’homme nouveau : Il le rachète et Il le sauve.

L’important c’est de regarder la vie comme Dieu la regarde. Les serviteurs voient surtout les mauvaises herbes, le négatif, le danger. Le Christ et les personnes proches de Dieu fixent leur regard sur le bon grain, l’ivraie est secondaire, elle montre que nous ne sommes pas créés à l’image de l’ennemi et de sa nuit, mais à l’image du Créateur et de Son jour.

Aucun être humain ne coïncide avec son péché et avec ses ombres. Mais si nous ne voyons pas la lumière en nous, nous ne la verrons en personne. Eh bien, les saints et les saintes, que nous sommes tous puisque nous sommes sauvés, ne se préoccupent pas de l’ivraie, des défauts, des faiblesses, mais elles se préoccupent de cultiver une vénération profonde pour les forces que sont la bonté, la générosité, l’attention, l’accueil, enfin tout ce que Saint Paul nous dit : 1 Corinthiens, chapitre 13 : Il parle de l’Amour, l’amour est ceci, puis il décline en neuf, j’allais dire qualités, ouvertures. En fait, c’est l’amour qu’il décline, c’est ça.

Oui, elles incarnent le message de la Parole d’aujourd’hui : elles vénèrent la vie que Dieu leur a préparé. Elles la protègent pour elles et pour les autres. Avec la prière constante, elles pensent au bon grain, aiment les germes de vie que Dieu leur donne, gardent chaque bon bourgeon, sont indulgentes envers toutes les créatures et envers elles-mêmes.

Eh bien, prenons Marie comme modèle. Elle a fleuri dans le champ de Dieu, et c’est Elle qui a porté dans cette bonne terre qu’Elle est, eh bien, ce Verbe, ce Verbe fait chair, et Auquel nous communions dans l’Eucharistie. Puisse ce Verbe nous transformer de l’intérieur, pour être chacun, les uns pour les autres, et pour notre monde, le Christ. Amen.


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HOMÉLIE DU FRÈRE MARIE-JEAN
Le 30 juillet 2017
17ème Dimanche du Temps Ordinaire A


Introduction à l’Eucharistie : Nous sommes heureux d’accueillir le Père Serge Simple, Vice-Chancelier du Diocèse de Port-Gentil au Gabon. Des noms qui sonnent bien. Et puis le Père Guillaume Camillerapp, que beaucoup connaissent bien de vue.

Je crois que le message central que Jésus veut nous laisser aujourd’hui est dans le 2ème couplet de ce chant et le refrain. Si on pouvait déjà bien penser à ce qu’on chante, ce serait formidable. Et on aurait déjà une catéchèse profonde dans nos chants : Laissez-vous prendre par l’Esprit,/ Cherchez Sa Présence au-dedans de vous, / Tenez-vous devant Lui dans la Foi, / Soyez abandonnés à Sa Volonté.

En cette période où, nos activités habituelles peut-être, notre travail habituel, ou, pour d’autres, un temps de détente, tout cela nous emmène bien souvent à l’extérieur de nous-mêmes. Il est salutaire, il est bon de vivre ce rendez-vous dominical pour chercher la présence du Seigneur, Son Esprit au-dedans de nous. Il est au milieu de nous qui sommes rassemblés en Son Nom, Il est aussi en chacun de nous, et c’est ce Trésor que nos cœurs cherchent si souvent à l’extérieur, alors qu’Il est à l’intérieur.

Et demandons la Grâce de mieux voir clair, demandons la Lumière de l’Esprit-Saint au cœur de cette célébration, pour justement re-choisir la poursuite de ce trésor qui est au-dedans de nous.

Entrons dans cette Eucharistie en demandant au Seigneur déjà de, effectivement purifier notre cœur, purifier notre regard intérieur, et nous livrer à Son Pardon.


Homélie : « Le Royaume des Cieux est semblable à un trésor. »

Se constituer un magot, un bon magot, ou gagner le gros lot, c’est encore le rêve de beaucoup, je crois, à voir le succès du loto, du PMU et des casinos.

Plus couramment, notre société de consommation nous met sans cesse devant les yeux les bonnes affaires à ne pas manquer : L’affaire du jour et les promos du mois dans les grands magasins ; l’affaire de la semaine au garage…

Et Monsieur Tout le monde se précipite sur la bonne affaire en question puisque qu’on l’a convaincu qu’il économise en dépensant.

Souvent, la bonne affaire se révèle décevante : on s’est fait avoir, comme on dit : c’était du toc. Cependant, rare est celui qui ne se fera pas encore avoir bien des fois.

Jésus, Lui, ne nous propose pas l’affaire du siècle, mais celle de l’éternité, la seule qui ne peut décevoir, un trésor authentique et éternel, durable, qu’aucun gouvernement ne pourra jamais toucher, et à l’abri de tout crack international.

Ce trésor n’est pas quelque chose, c’est Quelqu’un : C’est Dieu Père, Fils et Esprit-Saint.

* Dieu Père qui nous aime d’un amour éternel, comme Il ne cesse de nous le crier dans la Bible, (Jér. 31,3),

* Le Fils, Jésus, Son Fils, venu nous dire cet amour, et prendre les grands moyens pour qu’on y croit un petit peu, nous L’offrir, nous Le partager,

* Et puis l’Esprit- Saint, source inépuisable de vie, de lumière, de joie et d’amour.

Mais ce trésor est caché, dit Jésus.

Oui, parce que ce trésor est caché dans notre cœur profond. Et nous sommes si souvent dans l’extérieur. J’y reviendrai.

Il est caché, oui, dans notre cœur : « Si quelqu’un m’aime, dit Jésus, mon Père l’aimera, nous viendrons à lui et nous ferons chez lui notre demeure. » (Jn 14, 23).

Et Saint Paul lui aussi de nous dire : « Vous êtes le temple de Dieu (1 Co 3,16), du Dieu vivant (1 Co 6,16) ». Ce trésor, nous le trouvons aussi dans l’Eucharistie, que nous vivons. Ce mystère de Foi qui « contient tout le trésor spirituel de l’Eglise. » nous dit le Concile Vatican II.

Pour toucher ce trésor, il y a une condition, une seule que Jésus répète dans les 2 premières paraboles : l’homme va vendre tout ce qu’il possède, tout ce qu’il possède.

Et c’est d’ailleurs la même condition que Jésus révèle au jeune homme qui Lui demande : « Que dois-je faire pour recevoir en partage la Vie Eternelle ? » Jésus lui répond : « Une seule chose te manque, une seule ; va, ce que tu as, vends-le, donne-le aux pauvres et tu auras un trésor dans le Ciel, puis viens, suis-Moi. » (Mc 10, 18-21).

Sans doute cette vente, ce lâcher-prise, ce renoncement seront différents selon les situations que nous vivons, et les vocations personnelles…

Mais si nous regardons honnêtement notre vie, nous verrons certainement, assez vite, je pense, ce que nous avons à lâcher, à savoir ce qui nous empêche de préférer Jésus à tout le reste, à nous-même d’abord, ce qui entrave mon écoute et ma suite de Jésus.

Ce peut être mes préoccupations matérielles excessives, mon égoïsme, oui sans doute, je me préfère si souvent à Jésus subrepticement sans me l’avouer, sans me le dire, quand je résiste à ses appels intérieurs, je me préfère à Jésus. Ce peut être aussi mes désirs désordonnés, ma paresse, etc… Et la litanie est longue, pourrait être longue…

Le jeune homme riche avait devant les yeux son trésor véritable, Jésus ; mais il n’a pas su Le reconnaître comme tel, et n’a pu récolter alors que de la tristesse. Il est passé à côté de son bonheur profond.

Et Saint Augustin, dans un passage très célèbre des Confessions, nous décrit ce tiraillement ou plutôt ce cheminement, si long, où il a été effectivement, cette soif de Celui qu’il cherchait, eh bien, elle se cherchait dans des impasses. Il lui a fallu du temps, mais Dieu est patient, pour découvrir que ce Trésor qu’il cherchait partout sauf là où Il était, était au fond de lui-même. Et je vous remet ces belles paroles si, oui, si justes et qui je pense, nous rejoignent tellement, dans les oreilles :

« Je t’ai aimée bien tard, Beauté si ancienne et si nouvelle, je t’ai aimée bien tard ! Mais voilà : tu étais au dedans de moi quand j’étais au dehors, et c’est dehors que je te cherchais ; dans ma laideur, je me précipitais sur la grâce de tes créatures. Tu étais avec moi, et je n’étais pas avec Toi. Elles me retenaient loin de Toi, ces choses qui n’existeraient pas si elles n’existaient en Toi. »

Et puis, Augustin de décrire combien la Lumière, avec un grand "L", ce Dieu qui est Lumière, a réussi à gagner : « Tu m’as appelé , Tu as crié, Tu as vaincu ma surdité. » Tous ses sens qui se précipitaient sur les créatures, eh bien, il va découvrir que, il cherchait en fait, eh bien, Celui qui, seul peut combler tout notre être, y compris notre sensibilité.

« Tu m’as appelé, Tu as crié, Tu as vaincu ma surdité, Tu as brillé, Tu as resplendi, et Tu as dissipé mon aveuglement, ; Tu as répandu Ton parfum, je l’ai respiré et je soupire maintenant pour Toi ; je T’ai goûté, et j’ai faim et soif de Toi, Tu m’as touché et je me suis enflammé pour obtenir la paix qui est en Toi. (L.H. Tome 3 p. 1270-1272) (?).

Je pense que, nous vivons peut-être ces cheminements, ces tiraillements, alors la question à me poser, à me reposer aujourd’hui comme hier et comme toujours, jusqu’au bout de la route est peut-être celle-ci : Vers quoi, vers qui va mon Désir ? Quelle perle je cherche ?

Et si nous reconnaissons que bien des choses encore nous éloignent du vrai trésor, alors faisons nôtre la prière de Salomon qui plut au Seigneur, que dit la Parole de Dieu, cette prière :

« Donne à ton serviteur un cœur attentif pour (…) discerner le bien et le mal. »

Et puis, j’ai découvert cet été, cette prière de Saint Nicolas de Flüe : un homme assez étonnant par sa vocation, puisqu’il a conjugué une vocation d’époux, de père de famille de dix enfants, d’agriculteur, et à la cinquantaine, il devient ermite sur l’appel du Seigneur. Et il aura une influence décisive, quoique reclus, pendant tout le reste de sa vie, c’est-à-dire encore une vingtaine d’années, je crois, quoique reclus, tout entier dans la prière et le jeûne parfait, il va avoir une influence décisive sur son pays, et c’est pourquoi, il sera dans le sens de la Paix, et de la Foi, et c’est pourquoi, il a été choisi et reconnu comme le patron de la Confédération Helvétique. Cette prière, oui, qui nous rejoint je pense bien aussi : « Seigneur Dieu, enlevez-moi tout ce qui m’éloigne de Vous ! Seigneur Dieu, donnez-moi tout ce qui me rapproche de Vous ! Prenez-moi à moi-même et donnez-moi tout à vous, Ainsi soit-il ! »


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HOMÉLIE DU FRÈRE MARIE-JEAN
Le 13 août 2017
19ème Dimanche du Temps Ordinaire A


Introduction à la Célébration : "Libre. Liberté". Les mots magiques. Quelque part, parce que, oui ils résonnent profondément dans notre cœur. Ils rejoignent un désir, un être, profond, notre être profond. Nous sommes faits pour la vraie liberté puisque nous sommes à l’image de ce Dieu libre, appelés à être libérés de tout ce qui entrave cette vraie liberté. Nos peurs, nos péchés, la mort. Dieu est libre. Il nous a prouvé sa liberté en Jésus qui traverse ses peurs, car Il en a eu, qui traverse tout le mal qui s’est déchaîné sur Lui, qui traverse la mort. Et c’est pourquoi, en entrant dans son offrande, comme nous l’avons chanté, en Le suivant, Lui qui est libre, nous sommes sur le chemin de la liberté. Nous sommes sûrs d’être conduits par Lui, ce Dieu libre, a la liberté, a la vraie. Eh bien, entrons dans son sillage, mettons-nous à son écoute, à son école, pour nous laisser libérer par sa grâce. Nous nous reconnaissons enchaînés par le péché, demandons sa miséricorde.


Homélie : Dieu est surprenant. C’est le 1er enseignement que je retiens des lectures de ce jour. Le prophète Elie et l’apôtre Pierre en font l’expérience. Elie, ce prophète fidèle et zélé, qui seul contre tous, a mis au défi les 450 faux prophètes de Baal, et Dieu a répondu à ce défi de manière éclatante, quand même ; voilà à présent, qu’il est condamné à fuir devant la colère de la reine et il a touché le désespoir. Réconforté une 1ère fois par l’ange du Seigneur, il marche vers l’Horeb, le Sinaï, pour rencontrer le Seigneur. Sans doute, attend-il une tehophanie grandiose, comme avait vécue Moïse dans ce même lieu, des siècles avant, pour être confirmé dans sa mission. Et voilà que Dieu va répondre à son attente mais non pas comme il l’avait prévu, mais dans le murmure d’une brise. Et c’est dans cette intimité, cette douceur que le prophète va recevoir la grâce et la force de poursuivre sa mission. Voilà, Dieu répond mais non pas comme il l’avait prévu.

 Pierre et les apôtres eux aussi sont déconcertés par Jésus. Pourquoi celui qui vient de nourrir une foule entière les a-t-il livrés. Il les obligea à monter dans la barque. Pourquoi les a-t-il livrés au danger et à leurs peurs ? Plus tard, plus tard seulement, vers la fin de la nuit, Jésus les laisse galérer toute la nuit. Plus tard, lorsque le vent sera tombé, et surtout bien sûr après la résurrection du Seigneur, ils commenceront alors à comprendre les desseins surprenants de Jésus : « Vraiment, Tu es le Fils de Dieu ! » Oui, il fallait que justement, la puissance divine à l’œuvre dans Jésus se manifeste peu à peu et se manifeste par ces évènements, par cet évènement particulier.

 Combien de fois nous aussi, nous sommes déconcertés par le silence apparent de Dieu, dans nos vies, dans la vie du monde, silence apparent de Dieu face à nos prières, silence apparent dans nos combats et les combats de ce monde. Il ne semble pas là où nous L’attendions, où nous Le désirions.

 Mais Jésus lui-même a connu, souvenez-vous, cette même épreuve : « Mon Dieu, Mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » Mystérieuse parole de Jésus, Il a voulu communier à nos pourquoi, à nos nuits.

 Ce Dieu surprenant n’en est pas moins un Dieu fidèle. Si Dieu n’est pas toujours là, loin s’en faut, si Dieu n’est pas toujours là où nous L’attendions, où nous Le voulions, et comme nous Le voulions surtout, Il est toujours là. Tout simplement Il est là, avec nous tous les jours comme Il nous l’a promis, parce qu’Il est le Dieu fidèle.

 Il est toujours là pour ouvrir, ré-ouvrir un chemin dans nos impasses, Il est là pour sauver. Il ne sait faire que cela. C’est son métier, au moins par rapport à nous.

A Elie, désespéré, Il ouvre à nouveau le chemin et l’envoie en mission. Beaucoup de prophètes sont passés par la dépression. Il y a un livre qui s’intitule : « La dépression chez les prophètes ». Je ne l’ai pas lu, mais j’en ai entendu parlé. J’aimerais bien le lire. Si quelqu’un a le bonheur de le trouver. Dépression chez les prophètes. Dieu les a recyclés pour qu’ils continuent leur mission de prophète. Mais il a fallu qu’ils passent par là, eux-aussi.

 A Pierre qui s’agite et sombre, il tend la main qui sauve. Plus tard, lorsque Pierre aura renié Jésus, noyade plus profonde encore, Eh bien, Jésus ne permettra pas que Pierre sombre dans les remords et le désespoir mais le sauvera, une seconde fois par son pardon inconditionnel et la confirmation de sa mission.

 Lorsque le poids des épreuves, des combats, des peurs, de mes fautes, m’entraîne et m’enfonce, est-ce-que je pense à crier d’abord, à crier vers Jésus, mais pas seulement à crier, à saisir la main que Jésus me tend. Jésus me tend toujours la main, mais où est-elle cette main ? Mais spécialement dans le sacrement du pardon. Là, Jésus me tend la main. Quel que soit le poids de mes fragilités et de mes fautes. Jésus me tend la main, toujours et toujours… Est-ce-que je vais la saisir cette main ? Là où elle est ? Est-ce-que je crois vraiment qu’Il est mon sauveur ? Comme dit Marie. Non pas « sauveur » mais « Mon sauveur ».

 Dieu est surprenant, Dieu est discret, mais Dieu est fidèle. Il veut le plus souvent nous rencontrer, dans le murmure de sa parole, le murmure de sa parole, la parole de Dieu ne fait pas la une des journaux, hélas ! Certains journaux et encore ce n’est pas la une…, la parole de Dieu est un murmure qui s’offre à celui qui la cherche, à celui qui tend l’oreille, Dieu murmure toujours… Il ne crie pas habituellement. Il n’est pas dans les médias justement. Mais Il est dans la « com », une « com » d’intimité, à celui qui se prête à cela. A Celui qui cherche Dieu, qui cherche son murmure, Il s’offre. Il est dans le murmure de sa parole. A nous de la chercher, à nous de l’ouvrir, à nous de l’écouter.

 Il est aussi dans l’humilité de l’Eucharistie. A nous de reconnaître et d’accueillir avec foi sa présence discrète, mais qui sauve. Présence discrète mais qui sauve. Et puis, retenons, enfin, bien sûr, le centre de cette scène, le message central de cette scène. Ce qui était impossible à l’homme, à Pierre, eh bien, devient possible, tant qu’il est centré sur Jésus. Tant que nous centrons notre vie, notre regard, notre cœur, sur Jésus, Il nous permet d’avancer, quelles que soient nos fragilités. Il nous permet de faire ce qui dépasse nos forces, notre courage, notre ceci, notre cela. Il nous permet d’avancer là où nous pensions ne plus pouvoir avancer, là où nous ne voyions plus que des impasses.

 Si nous sommes centrés sur Jésus, Il nous permet d’avancer, même contre vents et marées. Mais si comme Pierre, notre cœur se centre à nouveau sur nous-mêmes, sur nos peurs, sur nos plaisirs, sur notre moi. Si Jésus, on lui donne une petite place le dimanche mais que tout le reste de la semaine on est centré sur son moi, alors on va sombrer. Cela est sûr. Si on est centré sur son moi, ou sur le monde qui nous entoure, si on passe son temps à écouter le fracas du monde, la vanité du monde, le brouhaha du monde, on va sombrer. Si on écoute plus longuement le murmure de la parole, alors on va avancer, on va traverser nos peurs, le mal, le péché et la mort.

 Eh bien, c’est aussi l’enseignement que donne cet Epître aux Hébreux, que je cite de mémoire : «Courons notre épreuve, les yeux fixés sur Jésus qui est à l’origine et au terme de la foi ». Courons notre épreuve. Eh oui, on en a tous. Les yeux fixés sur Jésus, comme Pierre, alors nous irons de l’avant. Je termine par cette parole de Mère Marie de la Croix, notre fondatrice, qui je pense vient bien éclairer, ou du moins confirmer, ce que la parole de Dieu nous a offert : « Dans nos difficultés, dans nos tentations et dans nos peines, adressons-nous à Jésus par Marie. Quelle est l’âme qui a un moment ou à un autre de sa vie n’est pas envahie par les bourrasques ou tempêtes, peines intérieures, tentations, souffrances physiques et humiliations. Que faire alors ? Perdre courage, oh non. N’oublions pas que la lutte fait partie ici-bas de notre vie. Prions, puis allons vers notre Seigneur. Viens, dit Jésus. Allons vers notre Seigneur et demandons-Lui humblement de nous guérir de nos infirmités, de nos peines, de nous éclairer, de nous donner la force de Lui demeurer fidèles en toutes choses. Mettons dans nos supplications, dans nos prières, beaucoup d’humilité et de foi, puis attendons de Jésus la parole qui sauve ». Amen.


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HOMÉLIE DU PÈRE PAUL PAGEAUD, sma
Le 20 août 2017
20ème Dimanche du Temps Ordinaire A


Introduction : Cette semaine, nous avons eu la grande grâce de célébrer la fête de l’Assomption de la Vierge Marie, source de bénédiction. Nous avons aussi eu la peine d’avoir des nouvelles très tristes des évènements de Barcelone. Une autre fois, c’était à Paris, c’était à Londres, en Finlande, en Allemagne.

 Et devant ces évènements pénibles, quelle est notre attitude ? Est-ce que c’est notre curiosité, simplement, qui est intéressée ? Si c’est cela, ce n’est pas Chrétien.

Quand on se trouve devant des évènements pénibles de ce genre, comme ceux de Barcelone, nous avons un devoir de Chrétien. D’abord de prier pour les morts, ceux qui ont été tués. Et puis, le devoir de prier pour les persécuteurs, pour que le Seigneur change leur âme. C’est ça la Charité. Sinon, nous avons eu une curiosité païenne.

Demandons pardon à Dieu si nous avons oublié de prier pour ces défunts, nous avons oublié de prier pour ces persécuteurs.


Homélie : Jésus, c’est un grand marcheur. De Génésareth, sur le bord du lac de Galilée, à la région de Tyr et Sidon, sur le bord de la Mer Méditerranée, il y a plus de 80 kilomètres. Jésus n’a pas de demeure à lui, où se reposer. Il est continuellement en marche sur les chemins, pas des routes, c’est des chemins, avec ses apôtres pour évangéliser. Il finit donc par être bien connu.

Donc arrivé dans la région de Tyr et Sidon, qui est un pays païen, voici qu’une Cananéenne vient vers lui, en criant : « Prends pitié de moi, Seigneur, fils de David : ma fille est tourmentée par un démon. » Jésus, il y a peu de temps, vient d’avoir une controverse avec les scribes et les pharisiens, venus de Jérusalem. Et voici maintenant, qu’en plein territoire païen, il reçoit une femme, une femme pleine de foi.

Cependant, Jésus fait semblant de ne pas entendre. Prudent, Il ne veut pas faire des miracles uniquement pour passer comme un faiseur de miracles. Il ne répond pas un mot à cette femme. Mais celle-ci croit en la puissance et en la bonté de Jésus. Alors, elle ne se décourage pas. Elle continue d’importuner Jésus par ses cris.

Ses Apôtres, agacés, s’approchent de Jésus pour lui demander : « Renvoie-la, car elle nous poursuit de ses cris. » Jésus répond seulement : «  Je n’ai été envoyé qu’aux brebis perdues de la maison d’Israël. », comme pour dire : « C’est vrai, ma mission en ce moment se limite au pays d’Israël. Après ma résurrection, elle s’étendra au monde entier. »

Cette femme qui ne se décourage pas, vient maintenant se prosterner devant Jésus. Elle crie sa douleur : « Seigneur, viens à mon secours! » Jésus répond simplement : « Il n’est pas bien de prendre le pain des enfants et de le jeter aux petits chiens. » Humble et confiante, cette femme répond : « Oui, Seigneur, mais justement les petits chiens mangent les miettes qui tombent sous la table de leur maître. » Alors Jésus s’émerveille devant cette foi. "Il lui répond : « Femme, ta foi est grande, que tout se passe pour toi comme tu le veux! »  Et à l’heure même, sa fille fut guérie."

C’est tout simple : « Ta foi est grande, que tout se passe pour toi comme tu le veux.  Et à l’instant même, sa fille fut guérie.» C’est une parole qu’il faut retenir.

Devant une grande foi, Jésus s’émerveille toujours, même aujourd’hui et accorde toujours la grâce demandée. Et si ce n’est pas celle qu’on demande, Il en donne une supérieure. On n’est jamais perdant avec Jésus. Ça doit être pour nous une grande consolation.

Il faut le savoir, l’ennemi de l’homme c’est le démon. Il veut notre malheur, à chacun. C’est lui qui nous pousse à l’égoïsme, à la jalousie, à l’impureté, à la médisance, à la calomnie, à la rancune, à la haine, à toute sorte de méchanceté.

Mais par la prière, faite avec foi, un simple « Notre Père » ou un « Je vous Salue, Marie », nous obtenons le secours de Dieu et (de) sa sainte Mère, la Vierge Marie et nous pouvons triompher du démon.

Le démon voudrait surtout nous conduire au désespoir, à perdre confiance en Dieu, alors, il se sentirait le maître, pour nous emmener avec lui dans son pays infernal.

Voici un témoignage. Je viens d'en prendre connaissance. C’est une Maman qui parle:

« Lorsque nous avons vu notre fils Claude sur son lit d’hôpital, dans le coma, nous étions effondrés. Nous avons prié pour lui. Le Seigneur, alors, nous a fait la grâce d’accomplir pleinement notre vocation de parents. Nous avons compris ce que Claude attendait de nous à son heure ultime : le laisser partir en paix vers le Père. Je m’explique.

À cause de son implication tragique dans la mort de sa petite sœur Elodie, plusieurs années auparavant ; à, cause aussi de ce dernier accident où il savait son frère Sylvain gravement blessé par sa faute, Claude était dans l’angoisse et la culpabilité. Nous le sentions clairement à son chevet.

Nous avons donc décidé de prier en invoquant sur lui la puissance salvifique du Nom de Jésus. Nous avons cru à la puissance d’une telle prière de libération. Nous lui avons dit : « Vas-y, Claude ! Remets toi complètement en la bonté de Dieu. Ne t’en fais pas pour nous. »

Nous espérions quand même un miracle, un retournement soudain des choses. Mais nous avions fait ce que nous devions faire : aider notre enfant à naitre au Ciel.

Deux jours après son décès, une amie m’a raconté un songe. » C’est différent d’un rêve, un songe. « Elle a vu Claude bondissant de joie dans une grande lumière et criant : « Victoire ! Le Nom de Jésus m’a sauvé de tous mes péchés. » Elle ne savait rien de la prière que nous avions faite pour lui. »

Voilà comment est récompensée la confiance en Jésus. Amen.


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HOMÉLIE DU PÈRE ROGATIEN MADOKPON
Le 27 août 2017
21ème Dimanche du Temps Ordinaire A


Introduction à l'Eucharistie (par Frère Marie-Jean) : Nous sommes heureux d'accueillir le Père Rogatien Madokpon, qui arrive du Bénin, du diocèse de Lokossa, à côté de Cotonou, qui a été supérieur de plusieurs séminaires et qui aujourd'hui est curé-fondateur d'une paroisse dans ce diocèse. Et il nous donnera l'homélie tout à l'heure, il nous partagera son ministère ,là-bas.

 Et puis nous entourons spécialement de notre prière Maximilien, qui est au premier rang, qui a le bonheur, et c'est le bonheur de Jésus d'abord, de vivre sa première communion, aujourd'hui. Nous l'accompagnons de notre prière.

 "Pour vous, qui suis-je?" Nous sommes le 27 août, ça sent la rentrée. Plusieurs d'entre nous, sans doute, ont eu l'occasion de bouger un peu, et même sans bouger au loin, de vivre des rencontres. Eh bien, c'est le cœur, j'allais dire, rempli, gonflé de tous ces cadeaux que le Seigneur a pu nous faire dans cet été, de toutes ces découvertes, de toutes ces rencontres, de toutes ces grâces, que nous venons rencontrer Jésus, et je pense que de tout cela notre foi peut se nourrir pour grandir; et Jésus nous pose cette question "mais, pour toi, qui suis-je?" "pour toi, aujourd'hui, qui suis-je?" Eh bien, parce qu'il a soif, il mendie notre réponse, une réponse de confiance, une réponse de foi, une réponse d'amour, finalement.

 Eh bien, demandons au Seigneur la grâce de sa lumière pour mieux découvrir qui Il est, ce qu'il nous fait et ce qu'il est pour nous, pour que nous puissions lui donner la réponse qu'il attend de nous.

 Entrons dans cette rencontre qui nous sauve, qui nous guérit, qui nous nourrit, en nous reconnaissant pécheur…


Homélie du Père Rogatien : Révérend Père Marie-Jean, président de la présente Eucharistie, révérend Père Jean-François, prieur de cette auguste communauté, révérends Frères, chers amis, servants de l’autel du Seigneur, fils et filles bien-aimés de Dieu, je vous salue.

 Je remercie les responsables de cette communauté de m’accueillir et de me permettre de dire un petit mot sur la Parole de Dieu de ce jour et aussi de faire un petit témoignage sur l’expérience que je fais avec les petits enfants, au Bénin.

 Les textes de ce 21ème Dimanche de l’année A nous parlent essentiellement du pouvoir. Que ce soit le pouvoir temporel des rois, des chefs d’état, des puissants de ce monde ou le pouvoir spirituel dans l’Eglise ; tout pouvoir vient de Dieu. Aussi, comprenons-nous que le Seigneur, le Roi des rois, le Roi de l’univers, préside lui-même à l’alternance politique dans la société civile en faisant succéder Éliakim à Shebna. C’est aussi lui qui confie à Pierre le pouvoir des clés qui est un pouvoir spirituel dans l’Eglise, un pouvoir hiérarchisé, fondé sur les vertus théologales : la foi, l’espérance et la charité.

 Les pouvoirs temporels et spirituels sont les deux facettes d’une même réalité et loin d’être géré dans l’indifférence de l’un vis-à-vis de l’autre ou dans le mépris de l’un pour l’autre, ils sont appelés à collaborer harmonieusement dans le service du peuple qu’il leur est confié. Ces deux pouvoirs qui descendent de Dieu doivent tirer de leurs sources communes la sagesse nécessaire à la gestion des hommes. Quelle profondeur dans la richesse, la sagesse et la science de Dieu !

 La séparation de l’Eglise et de l’Etat permet de distinguer pour unir. Ces deux institutions ne doivent pas se comporter en ennemi l’une de l’autre mais doivent plutôt se donner la main pour travailler à la prospérité et au salut de toute la famille humaine. De cette famille humaine, Dieu m’a fait la grâce de m’intéresser à cette couche vulnérable et fragile que constituent les petits enfants.

 Il y a six ans, en Novembre 2011, j’ai fondé un orphelinat dans le Nord du Bénin, plus précisément, dans la ville de Parakou, où j’étais recteur du séminaire. J’étais poussé à initier une telle œuvre parce que j’ai vu la souffrance des enfants, j’ai vu la souffrance de Dieu aussi à travers ces enfants. Nous avons chanté tout à l’heure en rentrant dans cette célébration : "Que chante pour toi la bouche des enfants…" mais la bouche de beaucoup d’enfants pleure aujourd’hui, chers amis. Et, moi-même ayant été enfant d’une famille modeste, j’ai connu la précarité, j’ai connu le manque, j’ai souffert de la pauvreté ; peut-être pas de la grande misère mais... j’ai touché un peu à la pauvreté et j’en sais un peu ce que c’est. Alors, j’ai été appelé par le Seigneur à rassembler quelques enfants - selon les moyens qui sont les miens - pour les tirer de la misère humaine, de la précarité et leur donner quelques chances de réussite, non pas seulement quelques réussites dans la vie, mais de réussite de leur vie.

 Et en commençant cette œuvre, j’ai découvert une souffrance plus profonde qui est au-delà du matériel : c’est que la plupart de ces enfants étaient sous l’emprise de l’ennemi, c’est-à-dire de Satan. Ils étaient envoutés ou ils étaient fait sorciers pour nuire à l’humanité. On les voit enfants mais ils ne sont pas enfants à tout point de vue. Dans le monde invisible, ils sont de grands sorciers. Cette réalité est nouvelle dans la société et dans l’Eglise. Quand nous étions petits, c’était une grande personne que l’on traitait comme une sorcière et qu’on essayait d’éviter comme on pouvait. Mais depuis un passé très récent, la sorcellerie se distribue comme de petits pains et les enfants vont à l’école et reviennent avec la sorcellerie. Le mal se diffuse, le mal se vulgarise et c’est la nouvelle stratégie de l’ennemi : mettre la méchanceté, le mal, à la portée des enfants.

 Nous sommes donc confrontés à ce combat qui est le combat même de Dieu. Oui, les Hommes sont chers au cœur de Dieu et nous savons que les enfants le sont encore davantage.  Dieu aime les enfants ! Au point même de les donner en exemple aux adultes. ‘ Si vous ne changez pas pour devenir comme ces petits enfants, vous n'entrerez pas dans le royaume des Cieux’. Oui, le défi est grand, au sujet de toute l’humanité ! Mais c’est encore plus grand au sujet des enfants qui sont l’espoir de demain, la prunelle des yeux de notre Dieu.

 Et le combat est difficile parce que il ne s’agit pas de lutter contre des hommes, ni de lutter contre des pays ; il s’agit d’affronter le Démon. Nous savons que ce combat n’est pas du ressort de l’homme : c’est le combat de Dieu lui-même. C’est lui qui remporte la victoire dans nos combats et surtout quand il s’agit du Démon, c’est Dieu qui, seul, peut affronter cet ennemi. Alors, nous faisons ce combat, avec les moyens qui sont les nôtres : assurer le bien-être de ces enfants, pourvoir à leurs besoins naturels et élémentaires, se nourrir, se vêtir, s’instruire, se soigner, etc… Mais au-delà de ce niveau, il y a le devoir de délivrer ces enfants, de les affranchir du pouvoir de Satan et de les conduire au Christ.

 ‘Pour vous qui suis-je ?’ demandait Jésus à ses apôtres. Si on interroge beaucoup d’enfants aujourd’hui : « Qui est Jésus ? », combien trouveront la bonne réponse ? Tout part de l’enfance et nous disons, en psychologie, que l’enfant est le père de l’adulte. Ce qu’on a fait des enfants, c'est ce qui les suit et les poursuit jusqu’à la vieillesse. Alors ces enfants, qui sont entre les bras et les griffes de Satan, il est urgent et nécessaire de les délivrer. Et c’est l’œuvre à laquelle nous nous attelons depuis six ans. Vous le savez, je suis prêtre, je n’ai pas de femme, je n’ai pas d’enfants mais je suis sensible à la cause de ces enfants laissés pour compte, de ces enfants abandonnés, de ces enfants sans références et sans repères, de ces enfants paumés de la société !

 Ici en Europe, les parents sont tellement conscient de ce qu’est ‘avoir un enfant et l’éduquer’, que certains réduisent le nombre d’enfants à engendrer ou renoncent complètement à cette vocation. Mais chez nous, en Afrique, l’enfant est la première richesse. Qu’on ait de l’argent ou pas, l’enfant est la première richesse et …on en fait, parfois, sans beaucoup de calcul. Oui, Dieu nous a dit de procréer, de remplir la terre, mais il y a une mesure. C’est bien de procréer mais il faut encore faire de ses enfants des hommes et des femmes dignes de ce nom. C’est ce que nous essayons de faire avec ces petits enfants qui sont laissés à eux-mêmes.

 Nous sommes donc à une tâche assez difficile mais exaltante parce qu’il s’agit de sauver l’Homme et de sauver des hommes ! Car quand nous travaillons à la délivrance d’un enfant sorcier, nous sauvons toutes les victimes potentielles de ce sorcier. Quand un sorcier détruit l’homme, personne ne le sait ! Quand il y a la guerre, les mitraillettes pètent, les bombes grondent, les armes se font entendre, et tout le monde est alerté. Mais quand la sorcellerie sévit : c’est ni vu ni su. Et quand je parle de sorcellerie, ce n’est pas une réalité à limiter à l’Afrique ou aux pays noirs ; c’est une réalité universelle ! Il est bon de la reconnaitre et de lui donner son nom car il est dit que la plus grande victoire de Satan au XIXème siècle, c’est d’avoir fait croire qu’il n’existait pas. Aujourd’hui, nous voyons les œuvres de Satan, ces œuvres crèvent l’œil et nous forcent à reconnaitre leur auteur. Satan est présent, Satan est agissant dans le repli de chaque culture. Que ce soit en Afrique ou ailleurs.

 Le défi qui est le nôtre est un défi universel et il est bon que nous nous appuyons sur notre Foi, comme Saint Pierre a eu la grâce d’en professer pour mener ce combat jusqu’à la victoire. Oui, il y a six ans, c’est ce que nous avons commencé, et nous faisons notre petit bonhomme de chemin. Le Seigneur nous dit aujourd’hui que ces enfants sont des enfants de l’humanité entière. Ce sont vos enfants aussi, car celui qui élève un enfant, gagne un homme. Que tous ces enfants soient gagnés pour Dieu et que le monde entier reconnaisse que Dieu est le Roi des rois, le Seigneur des seigneurs, le Dieu de notre salut éternel. Amen.


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HOMÉLIE DE FRÈRE MARIE-FRANÇOIS
Le 3 septembre 2017
22ème Dimanche du Temps Ordinaire


Introduction à l'Eucharistie : Bienvenue à chacun, chacune d'entre vous. Je salue le Père Dieudonné Bambara, du Burkina, qui est au service de notre diocèse à la Providence de Mayenne. Je salue vraiment chacun et particulièrement quelques pèlerins qui se retrouvent aujourd'hui, Pèlerins de lourdes. Nous aurons la joie de partager les merveilles que le Seigneur a faites.

 Nous allons entrer avec bonheur dans cette célébration de l'Eucharistie en traçant sur nos corps de Baptisés le Signe de la Croix. Au nom du Père…

Pour être capable de suivre le Christ comme nous l'avons chanté, il faut nous laisser séduire par Lui. C’est l’enjeu de notre vie chrétienne.

Au seuil de cette Eucharistie, nous allons reconnaître toutes les fois où nous baissons le regard devant Jésus, où nous nous dérobons à sa volonté d'Amour sur nous.


Homélie : Mes bien-aimés, savez-vous que ce que nous sommes en train de vivre est le moment le plus important de nos semaines. Nous sommes ces sentinelles de l'Espérance pour notre monde. Et nous sommes tellement convaincus que le Seigneur, non pas viendra plus tard, mais que le Seigneur vient, là, ici, maintenant, pour rendre à chacun, pour donner à chacun ce qui lui convient.

Toute l'Ecriture qui nous est partagée ce matin, nous parle de la séduction. Dieu, et c’est cela votre audace, Dieu veut séduire chacun de nous, séduire à nouveau chacun de nous, non pas d'une séduction qui nous enchaîne, qui fait que nous ne sommes plus complètement nous-mêmes; mais Jésus, il veut nous conduire vers le Père.

Et c'est cela, le but de notre vie chrétienne. C'est de nous laisser séduire, regarder, aimer, transformer pour retourner au Père, faire retour de tout ce qu'Il nous a donné.

Le prophète Jérémie en a fait une sérieuse expérience : « Tu m'as séduit, Seigneur, et j'ai été séduit. » Il a dit oui. C'est une question de liberté et donc d'amour.

Et le prophète ajoute, ce n’est pas rien : « Tu m'as saisi. » C'est le signe de la toute-puissance de l'amour qui relève. C’est le signe de la Résurrection, signe de l'Esprit Saint qui peut agir enfin dans ma vie.

« Et tu as réussi. » Vous ne trouvez pas que c’est merveilleux que le Seigneur nous dise ce matin qu'Il réussit dans nos existences quelque peu cabossées, Il réussit ? Moi, je trouve que c'est une bonne nouvelle ça, parce que on n'y croit pas toujours. C’est pas pour moi. Peut-être pour l'autre, là, qui est tellement bien. Le Seigneur réussit toujours lorsqu'on se laisse regarder, aimer.

C'est tellement vrai que nous l'avons chanté : « Mon âme a soif de toi, Seigneur mon Dieu. Je suis, oui, comme une terre altérée, sans eau. Mais Ton Amour vaut mieux que la vie. » C'est le cri de notre cœur et pour y répondre nous avons cette invitation de Saint Paul aux Romains. C'est plus qu'une invitation : « Je vous exhorte mes frères, par la tendresse de Dieu à Lui présenter votre corps. »

Ça rejoint la séduction quand même. « Votre corps », parce que Dieu s'adresse, bien sûr, à notre intelligence, à notre volonté, à notre liberté, mais aussi à nos sens, à notre corps. Et Saint Paul nous invite à nous présenter à Dieu : notre corps, notre personne tout entière, désireux de Lui plaire en toute chose.

Et il ajoute, parce que nous avons tellement besoin de l'entendre : « Ça sera votre manière juste de lui rendre un culte, de l'adorer. » Parce qu’on a encore tendance à isoler ce culte de Dieu au moment de nos assemblées. Non, c’est tout le temps, dans les actes les plus humbles et les plus cachés, que nous pouvons manifester cet amour que Dieu attend de nous.

Et il nous invite, Jésus, dans l'Évangile, pour être capable de répondre à Son attente, de renoncer à nous-mêmes, d'accueillir les événements de nos vies et de Le suivre. Et nous avons l'exemple de Saint Pierre qui a évité, ce jour-là, de se laisser séduire par Jésus. Il a cessé de Le regarder. Il s’est regardé lui-même. Il a regardé sa propre peur de la souffrance et de la mort. Pas celle de Jésus.

Et Jésus, terrible, a besoin d'exorciser le premier de ses Apôtres : « Passe derrière moi, Satan. » Je ne sais pas si vous avez entendu ça de la part de Jésus, pour vous : « Passe derrière moi, Satan. » Satan, celui qui fait chuter, nous détourne de la voie que le Seigneur veut pour nous. Il n'a pas voulu se laisser séduire, notre bon Pierre.

Est-ce que ça nous arrive pas de temps en temps de regarder nos projets, de suivre nos idées, d'être à la remorque de ce que les médias nous disent, trois quarts de mensonge ? Et du coup, eh bien, je subis ma vie. Je subis les événements. Et je suis triste alors que Jésus m’invite à donner ma vie.

Et comment je vais la donner, au seuil de cette rentrée ? On a tant d'occasions de repartir à neuf. Est-ce que je vais, un tant soit peu, mettre de mon temps, de mes compétences, de mes charismes au service d'une association ? Et n'oubliez pas aussi de votre paroisse. Faites un cadeau merveilleux à votre curé, allez vous présenter à lui pour lui dire : « moi, j'sais pas quoi faire. Alors j'aimerais dans telle situation, j'aimerais rendre service dans tel domaine. » Puis lui, il vous dira qu'elle sera la meilleure place. Faites-lui ce cadeau. Vous serez heureux et le Seigneur et lui aussi.

Pour réussir, je vous invite à vous confier à celle qui, par excellence, s'est laissée séduire par le Père, donnant chair au Fils dans le feu de l'Esprit, Marie, Marie qui ne s'est jamais regardée, qui a toujours plongé son regard de Foi dans celui du Père. Et ainsi, nous serons vraiment capables d'accueillir ce retour de Jésus, instant après instant, jour après jour, pour que nous puissions répandre ce bonheur, cette certitude d'être aimés jusque dans notre faiblesse.


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