HOMÉLIE PRONONCÉES EN DIVERSES CIRCONSTANCES en 2018 (Année B)


LISTE DES HOMÉLIES

 HOMÉLIE DE FRÈRE JEAN-FRANÇOIS

2 Février 2017

PRÉSENTATION DE JÉSUS AU TEMPLE,  Sol.

HOMÉLIE DU  PÈRE PAUL PAGEAUD, sma

Eucharistie du Mercredi 15  août 2018

ASSOMPTION DE LA B.VIERGE MARIE

HOMÉLIE DU  PÈRE PAUL PAGEAUD, sma

lundi 19 mars 2018

Solennité de SAINT JOSEPH

HOMÉLIE DE FRÈRE JEAN-FRANÇOIS

Vêpres du Mercredi 15  août 2018

ASSOMPTION DE LA B.VIERGE MARIE

HOMÉLIE DU  PÈRE PAUL PAGEAUD, sma

Dimanche 27 mai 2018

Solennité de LA SAINTE TRINITÉ (B)

HOMÉLIE DE FRÈRE MARIE-JEAN

Mardi 28  août 2018

Solennité de notre Père SAINT AUGUSTIN

HOMÉLIE DE MGR HUGUES PAULZE D'YVOY

Eucharistie Dimanche 3 juin

Messe SAINT-SACREMENT (FÊTE-DIEU) (B)

HOMÉLIE DE FRÈRE JEAN-FRANÇOIS

Mardi 11 septembre 2018

DÉDICACE DE NOTRE ÉGLISE CANONIALE, Sol.

HOMÉLIE DE MGR HUGUES PAULZE D'YVOY

Vêpres-Procession  Dimanche 3 juin

Vêpres  SAINT-SACREMENT (FÊTE-DIEU)


HOMÉLIE DE FRÈRE PHILIPPE-MARIE

Vendredi  8 juin 2018

Solennité du SACRÉ-CŒUR DE JÉSUS (B)


 HOMÉLIE DE FRÈRE JEAN-FRANÇOIS

Dimanche 24 juin 2018

NATIVITÉ DE SAINT JEAN-BAPTISTE,  Sol.


HOMÉLIE DE FRÈRE JEAN-FRANÇOIS

Vendredi 29 juin 2018

SAINTS PIERRE ET PAUL, Apôtres,  Sol.








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HOMÉLIE DE FRÈRE JEAN-FRANÇOIS
Le    2 février 2018
PRÉSENTATION DE JÉSUS AU TEMPLE ET PURIFICATION DE MARIE, Solennité patronale


Ml 3, 1-4 ; Ps 23/7-10 ; He 2, 14-18 ; Lc 2, 22-40


Homélie : à venir



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HOMÉLIE DU PÈRE PAUL PAGEAUD, sma
Le lundi 19 mars 2018
Solennité de SAINT JOSEPH, Protecteur de l'Église universelle
,


Introduction : Aujourd'hui c'est une grande Fête surtout pour les familles, la fête de  Saint Joseph, chaste époux de la Vierge Marie, père de l'Enfant Jésus, son éducateur, qui en a fait un homme; Père nourricier de la Sainte Famille, homme juste, toujours à l'écoute de Dieu. Eh bien, au ciel, Jésus est toujours à l'écoute de son Père, il l'a aimé, ils se sont aimés, et aujourd'hui il lui donne la clé des grâces du Paradis; à nous de le prier ; et commençons par demander pardon à Dieu de tous nos péchés.


Homélie : La Fête de Saint Joseph c'est un jour de grâce, car Dieu lui donne les clés de grâce de son Paradis. Benoît XVI a dit de lui « qu'il est dans l'histoire de l'homme celui qui a donné à Dieu la plus grande preuve de confiance », et Sainte Mechtilde a compris, dans une de ses révélations, que Dieu confère aux Saints le privilège de donner tout ce que Le Seigneur a opéré en eux, avec tout ce qu'ils ont souffert pour son Amour, à tous ceux de leurs dévots, et de leurs amis, qui louent Le Seigneur pour eux, leur rendre grâce et aiment les dons que Dieu leur a fait, c'est très important de le savoir. Si on remercie Le Seigneur pour les grâces que Joseph a reçu, nous pourrons recevoir les mêmes grâces.

 Saint Joseph fut un homme juste, chaste, époux parfait, modèle des papas, soucieux de nourrir sa famille, homme silencieux, éducateur de Jésus dont il a fait un homme, et toujours à l'écoute du Seigneur. C'était un homme silencieux mais toujours très actif, qui obéit au moindre signe de Dieu, et très délicat, car c'est  un songe qui va transformer sa vie. Il était donc l'époux de Marie, n'avait pas eu de relation avec elle, et il se rend compte qu'elle est enceinte; ce fut un drame d'abord pour lui ! Sainte Catherine Emmerich dit que « ses cheveux en ont blanchi ». Et plein de délicatesse, il ne fait aucun reproche à la Vierge et ne veut même pas la dénoncer publiquement, car ce serait un risque très dangereux, car elle risquait d'être lapidée selon la loi des Juifs; seulement, il veut la répudier en secret. Alors c'est dans un songe qu'un ange vient lui dire : « Ne crains pas de prendre Marie pour épouse, puisque l'enfant qui est en elle vient de l'Esprit-Saint; elle enfantera un Fils, tu lui donneras le nom de Jésus », c'est toi le père. « Quand Joseph se réveille, il fit ce que l'ange du Seigneur lui avait prescrit », sans se poser de question, tout de suite !

 Remarquez, un songe ce n'est pas un rêve, un songe, la façon de le reconnaître c'est qu'il est fidèle à la Parole de Dieu, il n'y a pas de contradiction, il procure une grande joie, une grande sécurité ; un songe, on s'en souvient parfaitement quand on est réveillé. Eh bien! Joseph, sitôt son réveil, a accompli ce geste de prendre Marie chez lui, pour épouse. Fidèle à Dieu, même à travers la loi des hommes, l'empereur César commande un recensement qui doit se faire dans le lieu où habite la famille, et bien que Marie soit sur le point d'enfanter, il part pour un long voyage, vers l'inconnu, et là-bas, il est mal reçu, mal accueilli; l'Enfant-Jésus, eh bien, il lui a trouvé une étable, une crèche, une grotte, pour la naissance.

 Et après, voici qu'Hérode jaloux, c'est encore en songe que Dieu va lui parler, Il lui dit, il l'avertit : « Lève toi, fuis en Egypte car Hérode va rechercher l'enfant pour le faire mourir ». L'évangile nous dit : « il obéit aussitôt ». C'est de nuit, qu'il prend l'enfant et sa mère pour fuir en Egypte. Il obéit aussitôt, de nuit, et là, il agit en chef de famille, c'est lui le responsable; et pour le retour, il sera aussi, à l'écoute de l'appel de l'ange.

 A Nazareth, Joseph fut un modèle d'époux, de père de famille et de travailleur. C'est lui qui a éduqué l'Enfant-Jésus, qui en a fait un homme ! La maman a pour but de donner un équilibre affectif à l'enfant, le papa a pour mission d'en faire un homme ouvert au monde ; il en a fait aussi un enfant de Dieu, bien qu'il soit enfant de Dieu déjà, mais peu importe, dans sa nature humaine, il avait besoin d'être éduqué, c'est lui qui l'a emmené à la synagogue, à la prière; comme aujourd'hui ce sont les papas qui devraient emmener leurs enfants à l'église, à la messe !

 Mais à sa mort, Jésus est à côté de lui, Jésus a veillé auprès de lui; Maria Valtorta dit que « c'est une grande tristesse pour Jésus de voir perdre son père de famille » lui qui avait travaillé pour faire vivre sa famille. Il paraît que c'était assez pauvre de vivre , charpentier, il n'était pas toujours bien payé pour les ouvrages qu'il avait fait. Eh bien, au ciel, puisqu' il avait été protecteur de la famille, il devient protecteur de l'Eglise, au point de vue aussi bien matériel que spirituel. Combien de communautés ont eu confiance en lui pour obtenir les besoins matériels qui leur étaient nécessaires ? Dans combien de communautés Il y a une statue de Joseph avec un petit papier au pied : « voilà ce dont on a besoin » et quelquefois, on retourne la statue tant qu'il n'a pas donné la grâce demandée !

 Sainte Thérèse d'Avila fut une fervente de Saint Joseph, il y en a d'autres ! Mais particulièrement Thérèse ; et aussi le Petit Frère André, au Canada qui guérissait tout le monde avec l'huile des sanctuaires de St Joseph. Pour Thérèse d'Avila, voilà ce qu'elle dit, à 23 ans elle était très malade et a subi un traitement, Thérèse raconte : « Je souffrais de grande torture car le traitement était trop rude pour mon tempérament, au bout de deux mois, à force de médecine on m'avait presque ôté la vie elle-même, j'étais épuisée car je ne prenais aucune nourriture, je me contentais d'un peu de liquide, j'étais dégoûtée de tout, ô mon Dieu. Seigneur, je désirais la santé pour mieux vous servir! Et considérant l'état où m'avait réduit les médecins de la terre, je résolus de recourir à ceux du ciel. Pour obtenir ma guérison; je commençais donc mes dévotions qui consistaient à faire dire des messes, à réciter des prières -approuvées-, j'ai pris pour avocat et patron le glorieux Saint Joseph, je me recommandais instamment à lui ; grâce à lui, j'ai pu enfin me lever, marcher et être délivrée de ma paralysie . Notre Seigneur veut nous faire comprendre que s'il a été soumis sur la terre, à celui qu'il appelait son père, parce que c'était son gouverneur, il pouvait aussi lui commander ! Il répond également au ciel à toutes ces suppliques. »

 Eh bien voilà, Jésus obéit à Saint Joseph sur terre. Comme c'est un homme parfait il lui obéit dans le ciel, mais il faut être dévot à Saint Joseph, pas seulement profiter d'une petite occasion, d'un petit problème, et après Saint Joseph on l'oublie !! il faut être dévot, louer, bénir le Seigneur, qui nous a donné St Joseph. Amen.


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HOMÉLIE DU PÈRE PAUL PAGEAUD, sma
Le Dimanche 27 mai 2018
Solennité de LA SAINTE TRINITÉ (B)


Introduction : Aujourd’hui, c’est la fête de la Sainte Trinité. Et nous commençons par faire le signe de la Croix qui rappelle notre Baptême. Faisons-le lentement, avec conscience. Au Nom du Père…

Aujourd’hui, nous accueillons, au Prieuré, à cette Messe, des enfants de Précigné, dans la Sarthe, qui préparent la Profession de Foi avec le Père Jacques-Vianney de Notre-Dame du Chêne. Il y a aussi une équipe Notre Dame, d’Alençon.

Et puis aujourd’hui, c’est la fête des Mères. La Maman, c’est la flamme dans le foyer. Pendant cette Messe, demandons que cette flamme soit une flamme chrétienne.

Commençons par demander pardon à Dieu de tous nos péchés.


Homélie : Aujourd’hui donc, l’Eglise célèbre la fête de la Sainte Trinité. Un seul et même Dieu en trois personnes. C’est un grand mystère. Si Jésus ne l’avait pas révélé, on ne l’aurait pas connu. A l’opposé de toutes les religions non chrétiennes, avec le concile de Latran, en 1215, nous croyons fermement et confessons avec simplicité « qu'il n'y a qu’un seul et unique vrai Dieu, éternel et immense, tout-puissant, immuable, qui ne peut être ni saisi ni dit, (tellement il nous dépasse), qui est Père, Fils et Saint-Esprit, en trois personnes, mais une seule essence, ou nature absolument simple. » Heureusement que c’est le Concile qui nous dit ça.

Ces trois personnes sont distinctes et pourtant ne font qu’une seule divinité, qui n'a pas eu de commencement et qui n’aura pas de fin. Eternellement, le Père engendre son Fils dans un amour mutuel et éternel, qui est l’Esprit Saint, troisième personne de la Sainte Trinité. »

Je pense qu’on pourrait dire que la Sainte Trinite c’est le feu de l’Amour, car Dieu est Amour, n’est qu’Amour, source de tout amour, qu’il soit paternel, maternel ou fraternel. Et c’est l’Esprit Saint qui donne ce bonheur au Père et au Fils, car Il est le trait d’union entre le Père et le Fils. Et Il nous donne ce bonheur aussi. Mais, comme la Trinité est une, ce que fait l’une des personnes est fait aussi par les autres.

C’est parce qu’Il est l’Amour que Dieu a créé l’Homme, pour le faire participer à son Amour. Voilà. Il faudrait que le monde moderne se rappelle cela. Et c’est parce que Dieu est l’Amour qu’Il a créé l’Homme pour le faire participer à son Amour. Et cela dès la conception, Il créé une âme immortelle, tellement Dieu nous veut auprès de Lui, participant à son Bonheur d’Amour éternel.

C’est le péché de nos premiers parents qui a tout brouillé. Par leur désobéissance, Adam et Eve se sont coupés de l’Amour de Dieu et ensuite ont eu peur de Dieu. Et ils ont laissé cet héritage.

Mais Dieu, qui aime tant sa créature, a eu pitié de nous. Alors, Il a envoyé son Fils Bien-Aimé prendre chair dans le sein de le Vierge Marie. Dieu s’est ainsi fait homme en Jésus. Et Jésus s’est fait solidaire de tous les Hommes. C’est pourquoi, Il a pris sur Lui tous nos péchés, -je dis bien tous nos péchés,- quelque bandit que ce soit, tous nos péchés, Il les a pris, pour les expier sur la croix et obtenir ainsi le pardon de Dieu. « Il n’y a pas de plus grande preuve d’amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime », nous a dit Jésus.

Et par sa résurrection, Jésus nous a fait solidaires de ses grâces et nous a rendus notre dignité de Fils de Dieu. « La preuve que nous sommes Fils de Dieu, c’est qu’Il a envoyé dans nos cœurs l’Esprit Saint, lequel crie Abba ! Père ! » Jésus nous l’a envoyé pour qu’Il soit notre force dans les luttes de la vie, afin que nous puissions être son témoin, en particulier témoins de l’Amour.

C’est donc l’Esprit Saint qui nous donne la force de proclamer : Jésus, notre Sauveur. C’est lui qui remplit nos cœurs de charité, de joie, de paix, d’affabilité, de fidélite, de douceur, de tempérance. Au fond, c’est l‘Esprit Saint qui nous rend heureux d’être Homme, d’être chrétien, même quand survient la souffrance. Mais l’Eprit Saint ne peut pas cohabiter avec le péché.

Lors du baptême, c’est toute la Trinite qui vient faire sa demeure dans le baptisé, et rien ne peut le chasser de notre cœur sinon le péché. « Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole et mon Père l’aimera, et nous viendrons à lui et nous ferons chez lui notre demeure. » C’est Jésus qui nous dit cela. Heureusement, le sacrement du pardon peut redonner cette amitié de Dieu à celui qui l’aurait perdue. C’est un sacrement très précieux, très important. Il est bon de le recevoir fréquemment pour nous donner une foi vive en l’Amour de Dieu.

Celui qui reçoit le baptême reçoit en même temps, en lui, les vertus de foi, d’espérance et de charité... Elles sont infuses. C’est vrai même pour le petit enfant qui est baptisé. Mais chez lui, ces vertus sont déposées en germes et ne demandent qu’à s’épanouir. C’est là une grande responsabilité pour les parents.

Quand les parents font baptiser leurs petits enfants, vous comprenez maintenant, que Dieu vient habiter en eux, avec en germe, les vertus de foi, d’espérance et de charité. C’est un devoir impérieux pour eux, qui veulent le bonheur de leurs enfants, de les former tout petits à la prière, pour que ces vertus de foi, d’espérance et d’amour puissent se développer.

L’enfant, tant qu’il est innocent, est capable de Dieu, puisqu’il est sans péché, donc il est de plein pied avec Dieu. C’est d’abord par son sentiment qu’il entre en contact avec Dieu. Le sommet du sentiment religieux c’est à trois ans. Si sa maman lui a parlé avec amour de Dieu, cela aura une profonde résonance chez lui. Si elle lui explique, avec affection, le crucifix ou bien une image ou encore une icône, de Jésus, de maman Marie, l’enfant aimera Jésus et Maman Marie, car le petit enfant est une éponge absorbante des sentiments de sa mère. Alors, sa foi d’enfant se développera à sa façon d’enfant. Il n’y aura aucun blocage entre lui et Dieu. La Sainte Trinité se réjouira d’habiter cet enfant et la maison familiale deviendra une église domestique. On pourrait presque dire que le Saint Sacrement est présent dans cette maison.

Une fois, en confessant des enfants, j’ai été émerveillé par la confession d’un petit garçon de cinq ans. Il m’a dit que c’était pour la deuxième fois qu’il se confessait, et que, lors de la première fois, il était accompagné de sa maman. Il m’a demandé si j’étais prêtre, car, par mégarde, j’avais oublié mon aube. Il m’a demandé : « Vous n’avez pas de robe ? » J’avais oublié mon aube.

Il connaissait par cœur le « Notre Père… » et le « Je vous salue, Marie… » à cinq ans. Je fus surpris par ses petites questions. Visiblement, je voyais la bonne influence de sa maman, qui est la flamme du foyer, et qui permettait à la grâce de s’épanouir chez cet enfant. Je vous avoue, ce fut une grande douceur pour mon cœur de prêtre. Et combien plus, sans doute, certainement même, cela devait réjouir le cœur de Dieu.

La Vierge Marie, lorsqu’elle est apparue à la Salette à Mélanie et à Mesmin, deux enfants, elle leur a demandé s’ils faisaient bien leur prière chaque jour, ce qui n’était pas le cas. Alors elle leur a demandé de faire leur prière chaque jour et de réciter chaque matin et chaque soir au moins un « Notre Père… » et un « Je vous salue, Marie… ». La Maman du Ciel, voilà ce qu’elle demande. Elle leur a montré ainsi le minimum.

Et nous, adultes, à chacun de nous de voir si nous faisons ce minimum, chaque matin et chaque soir, de tout notre cœur. Un « Notre Père… » et un « Je vous salue, Marie… ». C’est indispensable pour rester Chrétien. Oui, je le redis, c’est indispensable pour rester Chrétien. Amen


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HOMÉLIE DE MONSEIGNEUR HUGUES PAULZE D'YVOY, crsv
Le Dimanche 3 juin 2018
Eucharistie de la Solennité du SAINT-SACREMENT (ou Festival FÊTE-DIEU) (B)


Introduction de Frère Jean-François : Merci à vous d’être venus ce matin, pour honorer le Seigneur. Vous savez, ce matin, nous sommes au cœur du Festival. Nous sommes aussi entrés dans le Synode diocésain, qui a pour thème : « Tu as du prix à mes yeux ! » C’est une parole du Seigneur, que nous avons accueillie, que nous accueillons aussi en ce jour.

Festival de la Fête-Dieu. Toute la journée d’hier, avec les jeunes, les personnes bénévoles et le groupe Sinaï, nous avons formé « un seul cœur, une seule âme », si cher à Saint Augustin. Nous avons célébré le Seigneur dans une magnifique veillée de louange et d’adoration.

C’est une joie pour Dieu, pour toute l’Eglise et pour nous de célébrer la Solennité du Très Saint Sacrement du Corps et du sang du Christ, notre Seigneur et notre Sauveur, en communion avec le Saint Père et l’Eglise universelle. Vous nous aidez à célébrer dignement, à honorer, à adorer le Christ Seigneur, dans son mystère d’Amour.

Nous avons la joie d’accueillir un confrère Chanoine Régulier, Monseigneur Hugues Paulze d’Ivoy, Père abbé de la congrégation canoniale de Saint Victor. C’est un jeune Père abbé, depuis 2015, qui a déjà plein d’expérience. C’est une congrégation qui a des fondations en Afrique et en Asie.

Cher Père Hugues, vous avez pour devise canoniale ou abbatiale : « Spiritus accendit in dilectionem. » Nous traduisons : « L’Esprit Saint nous embrase dans la dilection. » L’Esprit Saint. Comme pasteur, cher Père, aidez-nous à grandir dans la Foi, la ferveur, dans l’amour de l’Eucharistie, sacrement d’unité et de charité, pour en recueillir les fruits de salut et nous donner le goût de la vie de Dieu.

Oui, chers frères et sœurs, que notre louange, que notre chant, avec les anges et les saints, fassent vibrer les murs de cette église pour la gloire de Dieu. Amen. Paix et joie! Amen.


Introduction de Monseigneur Paulze d’Ivoy : Cher Père Prieur, chers confrères, chers frères et sœurs, merci beaucoup de votre accueil. C’est une très grande joie de célébrer ensemble le Seigneur dans la Fête de son Corps et de son Sang eucharistique.

Et ensemble, nous sommes sur la route, avec Lui, unis à votre Eglise diocésaine qui est en route missionnaire, à travers son synode, unis à votre évêque et à ses intentions.

Au début de la célébration de l’Eucharistie, en ce jour de fête et de joie, nous nous reconnaissons pauvres et pécheurs. Il y a des ombres, des péchés, des ténèbres en nous. Humblement faisons silence, reconnaissons-nous pécheurs, implorons le pardon du Dieu vivant.


Homélie : « Partager la Parole et célébrer ensemble l’Eucharistie fait davantage de nous des frères et nous convertit progressivement en communauté sainte et missionnaire. » C’est ainsi, chers confrères, chers frères et sœurs, que le Saint Père François s’exprime dans son exhortation à la sainteté dans le monde moderne, où, évidemment, l’Eucharistie nous est offerte comme une source vitale de transformation dans la sainteté.

 Le sacrement de l’Eucharistie, que nous adorons, célébrons, fêtons, honorons de manière plus particulière aujourd’hui, comporte de multiples richesses. Je voudrais, avec vous, en retenir trois, pour que notre Foi en l’Eucharistie grandisse et pour que notre transformation dans le Christ en résulte plus forte, plus entière, plus sainte et plus missionnaire.

 La première chose pour laquelle cette Fête-Dieu a été instituée par l’Eglise sous l’impulsion d’une sainte mystique, de notre ordre canonial, Sainte Julienne du Mont-Cornillon, en Belgique, c’est que, en ce jour, et c’est ce que vous faites, non seulement aujourd’hui, mais déjà depuis hier, nous prenions le temps et les moyens de faire jaillir de notre cœur, pour le Seigneur Jésus, présent dans l’Eucharistie, notre admiration, notre reconnaissance, notre action de grâce, notre louange, notre adoration.

 Comme il est bon, frères et sœurs, d’être en présence du Seigneur et de laisser jaillir du plus profond de nous un cri de joie, de lumière, de paix. En reprenant les paroles de l’Ecriture : « Voici le Sang de l’Alliance. » Voici le Christ, le Grand Prêtre des biens à venir, qui s’est offert Lui-même poussé par l’Esprit. « Ceci est mon Corps. Ceci est mon Sang, le Sang de l’Alliance. » Quel mystère ! Quelle grâce !

 Alors, dans notre vie, dans notre monde, le plus souvent sans doute, c’est la grisaille, les difficultés, les peines, les épreuves, la fatigue du chemin. Aujourd’hui, c’est la joie, la louange, la lumière. L’Eucharistie fait de nous et fait de notre vie, non pas un cri de désespoir, mais un cri d’espérance et de joie.

L’Eucharistie appelle de nous ce qu’il y a de plus profond en nous, la faim de Dieu Lui-même. Aucun bien sur terre ne peut combler notre cœur. Un seul, Dieu Lui-même, est l’Eucharistie, est le pain où Dieu se donne à nous pour combler notre faim et faire grandir encore notre faim de Dieu Lui-même, jusqu’à ce que dans le Christ, avec le Christ, nous buvions un vin nouveau dans le Royaume de Dieu.

Il est bon, ici, en célébrant l’Eucharistie, en l’adorant cet après-midi, de reprendre les paroles merveilleuses de notre père saint Augustin au début de ses Confessions, où toute cette spiritualité merveilleuse nous est offerte pour que nous ayons faim de Dieu, pour que notre vie soit une louange vers Dieu : « Tu es grand, Seigneur, et très digne de louange. Ta puissance est grande et ta sagesse innombrable et l’homme veut Te louer. » Voilà notre vie, frères et sœurs, aimer, désirer, louer Dieu, avoir faim de Lui.

Mais qui sommes-nous ? « L’homme, poursuit Augustin, est une petite partie de ta Création. Il porte en lui le témoignage de sa mortalité, le témoignage de son péché, le témoignage que Tu résistes aux superbes. Et cependant, l’homme veut Te louer, car c’est Toi-même, Seigneur, qui l’y incite, qui l’y pousse. Tu lui donnes de se délecter à Te louer, car -vous connaissez ces paroles- « notre cœur est sans repos, tant qu’il ne repose en Toi. » L’Eucharistie, frères et sœurs, est le pain, désir de Dieu et du repos en Dieu Lui-même.

Demandons au Seigneur, aujourd’hui, de reprendre toute notre vie pour qu’elle ne soit plus qu’aimantée par la faim de Dieu. Demandons au Seigneur que toute notre Foi chrétienne revienne en Dieu Trinité, jusqu’au Christ présent dans l’Eucharistie. Nous souvenant, comme disait merveilleusement Benoit XVI, « qu’à l’origine du fait d’être chrétien, il n’y a pas une grande idée, ou même une grande morale, mais la rencontre avec quelqu’un, le Christ, qui vient vers nous, qui vient habiter et transformer notre vie. »

Le deuxième aspect, la deuxième facette de ce mystère lumineux de l’Eucharistie, frères et sœurs, que je voudrais contempler avec vous, c’est que le sacrement du Corps et du Sang du Christ est pour nous, pour chacun de nous, comme religieux, comme consacré, comme prêtre, comme fidèle laïc, pour la mission, la transformation du monde, comme jeunes qui cherchent leur vocation, pour chacun de nous, l’Eucharistie est la nourriture de notre sainteté, c’est-à-dire du Christ Lui-même en nous, qui veut faire de nous, par la puissance sa Pâque, comme nous l’a dit la lettre aux Hébreux, qui veut faire de notre vie un "culte au Dieu vivant."

Il est bon, en célébrant l’Eucharistie, d’entendre de nouveau les paroles du Saint Père François qui nous invite à vivre l’appel à la sainteté comme l’union même avec le Christ. « La sainteté, dit-il, c’est vivre les mystères de sa vie en union avec Lui, le Christ. C’est reproduire dans notre existence personnelle divers aspects de la vie terrestre de Jésus, sa vie cachée, sa vie communautaire, sa proximité avec les derniers, sa pauvreté et d’autres manifestations du don de Lui-même par Amour. La contemplation de ces mystères nous amène à les faire « chairs » dans nos choix et dans nos attitudes. »

Etre saints, frères et sœurs, c'est notre vocation à chacun de nous, c’est, au fond, puiser le Christ dans l’Eucharistie pour que notre vie devienne la sienne, pour qu’Il vive en nous ses propres mystères. C’est cela être baptisé. C’est cela être Chrétien. C’est cela être membre du Christ.

Et le Saint Père François insiste : « Le dessein du Père, dit-il, c’est le Christ et nous en Lui. C’est le Christ aimant en nous. » Le Christ aimant en nous.

Frères et sœurs, l’Eucharistie est la source, le modèle, le moteur même de notre sainteté. Quelle que soit notre vie, quel que soit notre parcours, quelle que soit notre vocation, le Christ veut faire de nous des saints, en venant vivre sa prière, son offrande, sa charité, en chacun de nous, pour que chacun de nous Le porte et Le rayonne dans le monde.

La troisième facette de la Sainte Eucharistie que je vous propose de méditer, frères et sœurs, est de comprendre, dans la dynamique du Synode de votre Eglise diocésaine, que l’Eucharistie est le pain de la route. Préfiguré déjà depuis la manne au désert, il fallait une nourriture quotidienne pour avancer sur la route avec le Seigneur et vers le Seigneur.

L’Eucharistie est le pain de la route, la force pour aller de l’avant, pour suivre le Christ, pour sortir avec Lui dans la mission. « La mission, écrit votre évêque, c’est d’ouvrir en ce monde des chemins de joie. C’est vivre au quotidien l’exode de la sortie de soi, se lancer dans des relations empreintes de gratuité et d’amour. C’est tendre la main aux petits, aux abandonnés, aux mal aimés. »

Que fait le Christ, frères et sœurs, dans l’Eucharistie ? Il sort vers nous. Et ensuite, Il vient en nous pour que nous sortions avec Lui vers nos frères qui ont besoin de Lui. Et ce n’est pas une option, frères et sœurs. C’est le sens même de l’Eucharistie qui nous transforme dans le Christ en don de notre vie à Dieu pour nos frères.

« La mission, écrit votre évêque, c’est donner un nouveau sens à notre vie, en l’enrichissant du potentiel d’Amour que Dieu, en Jésus, offre à l’humanité toute entière. » Quelle belle expression, frères et sœurs ! Notre vie prend un nouveau sens à cause de ce potentiel d’Amour que Dieu, en Jésus, offre à l’humanité toute entière.

Ce potentiel infini d’Amour, frères et sœurs, est présent tout entier, tout entier, plus grand que le monde, en chaque Eucharistie. En chaque Eucharistie, Il veut, en la pauvreté et le silence, venir et reposer en nous. Et chaque jour, Il veut nous entrainer au don de nous-mêmes.

Que la Vierge Marie, frères et sœurs, elle qui a porté le corps de chair du Christ, elle qui l’a offert et s’est offerte avec Lui, que la Vierge Marie nous aide à accueillir le Christ, à Le célébrer, à nous offrir avec Lui. Amen.


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HOMÉLIE DE MONSEIGNEUR HUGUES PAULZE D'YVOY, crsv
Le Dimanche 3 juin 2018
Vêpres-Procession de la Solennité du SAINT-SACREMENT (ou Festival FÊTE-DIEU)


Homélie : L’exhortation apostolique « L’appel à la sainteté dans le monde actuel », du Pape François, est centrée sur une très belle présentation des Béatitudes.

Le Saint Père François a, à propos de l’Eucharistie, écrit ceci (le premier point nous rappelle le rapport entre Parole de Dieu et l’Eucharistie) : « La rencontre avec Jésus, dans les Ecritures, nous conduit à l’Eucharistie, où cette même Parole atteint son efficacité maximale, car elle est présence réelle de Celui qui est la Parole vivante. »

 C’est un mystère, pour nous, très étonnant. Le Christ, que nous adorons dans l’Eucharistie, est parfaitement silencieux. Et pourtant, Il est le Verbe qui jaillit éternellement du Père pour exprimer, révéler, nous donner le Père dans son Amour de Père.

 Et le Christ s’exprime pour nous de bien des manières : dans la Création, dans notre vie, dans la Parole de Dieu. « Toute la Parole de Dieu parle du Christ, -disait Saint Augustin,- et enseigne la charité. » Toute l’Ecriture Sainte est relative au Christ qui est Lui-même, comme personne divine, le Verbe, c’est-à-dire la Parole du Père. Mais cette Parole s’achève dans l’Eucharistie. La Parole de Dieu, qui est le Christ, atteint son efficacité maximale dans l’Eucharistie, présence réelle de Celui qui est la Parole vivante.

Combien de fois, en célébrant l’Eucharistie, en participant à l’Eucharistie, en recevant l’Eucharistie, nous passons plus de temps à parler qu’à écouter, alors que le Christ est la Parole vivante du Père. C’est une grâce que nous pouvons peut-être demander aujourd’hui, à l’Esprit Saint, de rendre notre cœur, notre esprit davantage à l’écoute de Celui qui est la Parole divine même et qui nous parle encore plus au fond de nous-mêmes, dans le silence de l’Eucharistie.

Bien souvent, nous sommes tentés de nous plaindre, vous comme nous (je vous rassure, nous sommes de la même pâte), pensant que Dieu ne répond pas à nos questions, à nos demandes : Alors, que fais-Tu ? Que dis-Tu ? Où es-Tu ? Il est là. Il est là et Il nous aime. Il se donne à nous, Il s’offre pour nous.

Dans notre vie, le plus souvent, nous n’avons pas besoin qu’on résolve toutes nos affaires à notre place, mais nous avons surtout besoin de quelqu’un qui nous aime. Et Il est là. Et c’est Dieu-même.

Le Saint Père poursuit : « Là, (dans l’Eucharistie), l’unique Absolu (avec un A majuscule, Dieu) reçoit la plus grande adoration que puisse lui rendre cette terre, car c’est le Christ qui s’offre. » L’Eucharistie, c’est d’abord l’adoration, la louange, l’action de grâce, l’offrande, le sacrifice du Christ dans son humanité sainte à son Père.

C’est une chose que nous avons du mal à réaliser. C’est une chose si grande, qui nous dépasse tellement. Mais en participant à l’Eucharistie, en l’adorant, en la recevant, nous entrons dans l’adoration du Fils de Dieu dans son humanité sainte à son propre Père. Et c’est pourquoi le Saint Père peut écrire que c’est l’adoration la plus grande que la terre puisse rendre à l’Unique Absolu, à Dieu. Le Christ vient au nom de nous-mêmes, comme le premier d’entre nous, notre frère, notre chef, notre tête, adorer le Père pour nous.

Quelquefois nous nous disons au bout d’un moment : je ne sais plus quoi dire en adorant le Seigneur. Il ne nous demande pas forcément de dire des choses, vous savez. Nous ne savons plus comment prier quelquefois. Eh bien, il n’y a pas à chercher ailleurs. Dans l’Eucharistie, nous sommes face et dans l’adoration du Fils à son Père, dans son humanité sainte.

Appartenir au Christ, c’est rentrer dans sa prière à Lui, et c’est la sienne qui entre en nous. C’est tellement grand et simple à la fois que, peut-être, nous n’osons pas y croire. Et pourtant, c’est bien cela. Il y a tant de misères, de souffrances, d’indifférence pour Dieu, de drames petits ou grands, dans notre monde. Quelle réponse d’amour ? Nous ne pouvons pas l’apporter. La réponse de l’Amour, c’est le Christ qui l’apporte sans cesse. Lui seul peut répondre pour la terre à l’Amour de son Père. Lui seul. Et dans l’Eucharistie, Il nous invite à participer à sa réponse d’Amour à son Père.

Le Saint Père poursuit encore ce petit paragraphe, avec cette phrase : « Et quand nous Le recevons dans la communion, nous renouvelons notre alliance avec Lui et nous Lui permettons de réaliser toujours davantage son œuvre de transformation. »

Renouveler notre alliance avec Lui. Comment une alliance d’Amour se renouvelle-t-elle ? Par un contact d’Amour, par un don mutuel. Il vient en nous comme l’Epoux de l’Eglise, comme Celui qui se donne à nous, parce qu’Il nous aime.

« Tu as du prix à mes yeux. » dit le chemin de votre synode. Dieu nous aime éternellement, infiniment. C’est la clé de tout. Tout est là. Nous ne sommes pas chrétiens pour autre chose. Nous renouvelons notre alliance avec Lui et nous le Lui permettons.

Voilà, nous avons aussi à nous convertir, à ouvrir davantage encore un peu notre cœur, un peu ou beaucoup. Nous Lui permettons de réaliser toujours davantage son œuvre de transformation. C’est Lui qui vient agir en nous. C’est Lui qui vient nous transformer.

Devant l’appel à la sainteté, devant la charité à accomplir, devant nos vocations à approfondir, quelles forces avons-nous par nous-mêmes ? Aucune. Au début de notre vie, nous avons sans doute quelques beaux idéaux qui ne sont pas sans valeur, mais qui ne nous permettent aucunement d’aller au fond des choses. Et nous constatons nos faiblesses, nos limites, qui sont grandes. Mais Lui veut et peut venir, agir en nous.

Alors, ce que nous pouvons Lui demander ce soir : la grâce, sa grâce, pour que nous disions « oui » à son œuvre d’Amour en nous, pour que nous Lui permettions de réaliser toujours davantage son œuvre de transformation. Quelle est cette transformation ? Que nous devenions Lui-même, qu’Il nous unisse à Lui et qu’en Lui, Il nous unisse entre nous.


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HOMÉLIE DE FRÈRE PHILIPPE-MARIE
Le Vendredi 8 juin 2018
Solennité du SACRÉ-CŒUR DE JÉSUS (B)

1ère communion d'Augustin Collongues


Introduction du Père Paul Pageaud : Aujourd'hui c'est la Fête du Cœur de Jésus, ce Cœur transpercé source de toutes les grâces, parce qu'il est le trône de l'Esprit-Saint.

Aujourd'hui le jeune Augustin Collongues va faire sa première communion; c'est une très grande grâce : Jésus va venir en lui, et pas seulement Jésus, quand Jésus est là, il y a Dieu le Père qui est là, il y a l'Esprit-Saint qui est là, il y a aussi tous les Anges du ciel qui sont là, pour accompagner, Dieu le Père, Dieu le Fils, et Dieu l'Esprit-Saint. Et un enfant qui reçoit pour la première fois sa communion, ressemble à la Vierge Marie qui a été enceinte de l'Enfant-Jésus, c'est une très grande grâce. Et il est important pour le Papa et la Maman d'aider cet enfant à rester vraiment chrétien, d'abord par la prière et ensuite par les actes, car tant qu'un enfant reste fidèle à Dieu, Jésus demeure en lui.

Au début de cette messe, demandons pardon à Dieu pour tous nos péchés.


Homélie de Frère Philippe-Marie : Augustin, tu vas faire ta première communion en cette Fête du Cœur de Jésus qu'on appelle le Sacré-Cœur, Sacré-Cœur ! parce que le Cœur de Jésus est totalement saint, totalement tourné vers Dieu, totalement consacré à Dieu, et c'est un très beau jour pour faire ta première communion.

 Pourquoi ? Eh bien, parce que ton cœur à toi aussi est consacré à Dieu, depuis le jour de ton baptême. Tu vois, tu as voulu que ton cierge de Baptême soit présent au jour de ta première communion. Cette lumière qui a été allumée dans ton cœur, la lumière de Jésus, et qui doit sans cesse grandir dans ta vie.

 Ton cœur à toi aussi est saint. Oh ! Il n'est pas aussi saint que le Cœur de Jésus, mais le but de ta vie chrétienne, c'est précisément que ton cœur devienne de plus en plus saint, de plus en plus ressemblant au Cœur de Jésus, et donc, cette Fête du Cœur-Sacré de Jésus, eh bien, t'invite à entrer dans un cœur à cœur avec Jésus. Cette Fête t'invite à entrer toujours plus dans l'intimité du Cœur de Jésus, à être vraiment l'ami du Cœur de Jésus.

 Alors, comment faire pour entrer dans l'intimité du Cœur de Jésus ? Eh bien, c'est d'abord en écoutant sa Parole. Tu sais que des amis, ça se rencontrent, ça se parlent, ça s'écoutent, eh bien, pour Jésus c'est pareil, c'est en écoutant Jésus, c'est en laissant descendre sa Parole au plus profond de ton cœur que tu entreras, dans ce cœur à cœur avec Jésus.

 Je t'invite, maintenant que tu auras fait ta première communion, à ne pas laisser passer une semaine, sans lire l'évangile du dimanche suivant, sans laisser descendre dans ton cœur ce que Jésus voudra te dire, même si tu ne comprends pas tout, ce n'est pas grave, ça n'empêchera pas Jésus de parler à ton cœur.

 Et puis, le deuxième moyen pour entrer dans l'intimité du Cœur de Jésus, c'est la Communion. Par la Communion, c'est Jésus en personne qui vient habiter ton cœur et te remplir de son Amour et de sa Vie Divine. Ce n'est pas rien cela ! Mais cette Communion ne portera son fruit de grâce en toi, que si tu as d'abord ouvert la porte de ton cœur en écoutant sa Parole dans l'évangile. C'est important de lier les deux : l'écoute de l'évangile et puis la communion.

 Les Lectures de la Parole de Dieu, en cette messe du Sacré-Cœur, nous apprennent justement à mieux connaître le Cœur de Jésus, et ces Lectures nous disent que le Cœur de Jésus est un Cœur transpercé, et donc un Cœur qui a connu la mort, c'est un Cœur incompris, rejeté, et puis c'est un Cœur qui nous donne accès à Dieu le Père en toute confiance.

 Le Cœur de Jésus, c'est un Cœur transpercé, nous l'avons entendu dans l'évangile : « Quand les soldats arrivèrent à Jésus, voyant qu'Il était déjà mort, ils ne Lui brisèrent pas les jambes, (pour le faire mourir, pour qu'Il ne puisse plus respirer) mais un des soldat avec sa lance, lui perça le côté, et aussitôt, il en sortit du sang et de l'eau. »

 Le Cœur de Jésus est un Cœur qui s'est livré totalement pour nous, jusqu'à en mourir : « Il m'a aimé et s'est livré pour moi. » a dit saint Paul. Même mort, le Cœur de Jésus continue à être une source d'eau vive. Tu as vu que du côté ouvert de Jésus ont coulé du sang et de l'eau. c' est devenu une source. Le Cœur de Jésus qui nous a aimé jusque là, attend alors de nous quelque chose.

 Le Cœur de Jésus attend la réciprocité de l'amour. L'amour n'attend qu'une chose, c'est qu'on l'aime à notre tour. Et lorsque nous venons à Jésus avec un cœur plein d'amour pour Lui, eh bien, nous Lui apportons une grande consolation, un grand réconfort.

 Mais ce Cœur de Jésus est souvent incompris, et parfois rejeté. C'est ce qui s'est passé autrefois entre le peuple d'Israël et Dieu, et nous continuons à faire la même chose. A travers le prophète Osée, le Seigneur montre tout ce qu'Il a fait pour son peuple, pour le libérer, -le peuple de Dieu était esclave en Egypte,- et le Seigneur l'a libéré, il l'a éduqué pendant 40 ans dans le désert, et le Seigneur dit : « Et il n'a pas compris que je venais à son secours. »

 On ne comprend pas ce que Dieu fait pour nous. « Mais ils ont refusé de revenir à moi»; » il y a l'incompréhension et plus grave encore, le refus. Et aujourd'hui encore, beaucoup ont abandonné Dieu, beaucoup de chrétiens ont abandonné Jésus, parce qu'ils n'ont pas compris de quel Amour ils sont aimés par Jésus. Beaucoup de chrétiens, de baptisés ne vont plus communier, ou bien même, communient mais sans s'être préparé le Cœur par la confession, -comme tu l'as fait,- et ils attristent le Cœur de Jésus. Jésus a besoin d'être consolé.

 Et enfin, le Cœur de Jésus est la porte qui nous permet d'accéder au Cœur du Père. Le Cœur de Jésus nous permet d'accéder auprès de Dieu en toute confiance, et c'est pour cela que nous disons à Jésus : « Jésus, j'ai confiance en Toi! » et c'est une prière que tu peux faire souvent : « Jésus, j'ai confiance en Toi! »

 Eh bien, Augustin, cette communion va être ta première communion, et elle sera suivie de beaucoup d'autres communions, je l'espère ! Eh bien, que chaque communion te fasse découvrir toujours plus la profondeur de l'Amour du Cœur de Jésus pour toi. Que chaque communion te fasse entrer dans un cœur à cœur avec Jésus pour que tu puisses aimer les autres avec l'Amour du Cœur de Jésus, et pour que Jésus te conduise au Cœur du Père. Amen.


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HOMÉLIE DE FRÈRE JEAN-FRANÇOIS
Le Dimanche  24  juin 2018
Solennité de la NATIVITÉ DE SAINT JEAN-BAPTISTE


Introduction : Aujourd'hui, nous fêtons la Nativité de Saint Jean-Baptiste. Saint Jean-Baptiste a été voulu par Dieu et pour Dieu. Saint Jean-Baptiste comme la Sainte Vierge Marie sont pour Dieu. Marie pour donner naissance à Jésus, et Jean-Baptiste pour lui tracer sa route, et tout cela pour nous, pour notre salut.

 Je crois qu'il faut admirer la grande prévenance du Seigneur qui vient Lui-même chez Elisabeth et Zacharie visiter Jean-Baptiste dans le sein de sa mère. Et en même temps la grande délicatesse de Jésus qui s'adresse d'abord par sa mère à Elisabeth, pour toucher Jean-Baptiste. Prévenance et délicatesse que le Seigneur nous offre, en nous donnant de fêter cette Nativité de Saint Jean-Baptiste, qui précède de six mois, d'ailleurs, la naissance de Jésus à Noël.

 Saint Jean-Baptiste est venu apporter un feu, le feu de la conversion par le baptême de pénitence. Il annoncera ce feu de l'Esprit-Saint dans le baptême que nous recevrons. Et ce fait nous est communiqué à chaque fois que nous communions à l'Eucharistie, dans l'Eucharistie nous recevons Dieu, le feu de Dieu, l'Amour de Dieu, la Miséricorde de Dieu. Eh bien, plongeons dans cette Miséricorde, en remettant à Dieu tous nos péchés, nos joies, nos grâces aussi, dans l'action de grâce à Jésus  pour notre salut.


Homélie : Chers Frères et Sœurs, cette Solennité de la Nativité, de la naissance de Jean-Baptiste, et la grande joie qui en découle, me fait penser à deux choses :

 Pendant que je voyais une maman qui portait son enfant dans le fond de l'église avec beaucoup d'amour, je pensais à toutes ces mamans qui nous confient qu'elles attendent un bébé, un enfant, et la joie que ça leur donne. De même, tous ces faire-part de naissance que nous recevons, et cette joie qui est diffusive, et qui me fait penser aussi à cette Parole du Seigneur, lorsqu'Il tressaille de joie et qu'Il dit : « Je te loue, je te bénis, Père, d'avoir révélé cela aux tout-petits. »

 Les tout-petits, Elisabeth et Zacharie en faisaient partie, ils ont connus cette joie pendant l'enfantement, pendant qu'Elisabeth portait Jean, Jean-Baptiste, le « Petit-Jean », cette joie intime, très intérieure, qui n'est pas accessible au monde, et cette grande Joie que Dieu a ressentie aussi, dans le sein de Marie, d'être accueilli par une mère, et de le faire partager aussi à Elisabeth par Marie. Ce sont des joies qui relèvent du mystère caché qui est révélé aux Petits. Il faut demander au Seigneur cette grâce qui vient de la Miséricorde du Seigneur, cela ne nous appartient pas, cela nous permet de vivre quelque chose, cette Joie créatrice de Dieu, dans le secret. Et pour accueillir le Christ-Sauveur, eh bien, il nous faut aussi accueillir ce message de la nativité de Jean-Baptiste.

 « Elisabeth mit au monde un fils. Ses voisins et sa famille apprirent que le Seigneur lui avait prodigué sa miséricorde, et ils se réjouirent avec elle. » La joie de Dieu qui vient de la miséricorde donnée. Dieu est miséricorde et Il fait miséricorde. Elisabeth est bénéficiaire de la miséricorde du Seigneur, car elle était stérile et avancée en âge. Quelque part, elle était morte à la nature. Elisabeth est de lignée sacerdotale; Jean-Baptiste est le fruit de la miséricorde, la miséricorde est dans son nom, c'est son nom : « Dieu fait grâce ». Et la miséricorde s'inscrit dans le ministère sacerdotal.

 C'est la mission de Jean-Baptiste, telle que Zacharie la prophétise : « Et Toi, petit-enfant, tu seras appelé prophète du Très-Haut, tu marcheras devant la face du Seigneur, et tu prépareras ses chemins, pour donner à son peuple de connaître le salut, par la rémission de ses péchés, grâce à la tendresse, à la miséricorde du Seigneur. » Sa mission est déjà tracée. Et la miséricorde en personne, bien sûr, c'est Jésus. Dieu sauve et Il sauve son peuple de ses péchés. Il lui redonne la joie de vivre, de croire, d'être sauvé et d'aimer. C'est ce qui s'est réalisé. Dieu a fait grâce à Elisabeth qui était stérile.

 Et Zacharie n'est pas moins bénéficiaire de la miséricorde, lui dont le nom signifie : « Dieu se souvient. » Si nous nous souvenons, à l'annonce de l'ange, Zacharie n'avait pas cru à sa parole, par manque de mémoire, de mémoire de la miséricorde du Seigneur. En perdant la mémoire, il perd la parole et il perd la joie. Or faire mémoire, et célébrer la miséricorde du Seigneur, c'est la définition de la vocation sacerdotale. « Vous ferez cela en mémoire de moi, » dira Jésus lors de l'institution de l'Eucharistie et du sacerdoce. C'est aussi la vocation de Jean-Baptiste, précurseur du Seigneur d'annoncer la miséricorde en désignant le Christ, et en étant associé à son sacrifice et martyre.

 Puisque Jean-Baptiste est un don imprévu, et un don de Dieu pour ses parents en vue de la joie, et en vue d'une mission précise, quel enseignement pour nous, concernant le don de la vie !! Peut-être, pourrions-nous en tirer quelques considérations vitales :

 D'abord, Tout enfant est un don de Dieu. Dieu fait l' honneur aux créatures que nous sommes, que ce soit pour nous, que d'autres êtres humains soient amenés à l'existence, ou que ce soit par nous, que les dons  divins leur soient transmis.

  De notre nature humaine, bien sûr, nous n'en sommes pas les inventeurs, même avec la plus haute technologie. C'est Dieu qui lui a donné ses caractéristiques. Mais il a voulu que ce soit par la coopération d'un père et d'une mère, que puissent éclore et se développer toutes les potentialités, qu'en tant que Créateur, Il met en germe en notre nature. C'est le rôle d'abord des parents, mais aussi de toute la société humaine, d'aider chaque enfant à faire éclore en lui, et à développer toutes les facultés que Dieu lui a données.

 Chaque enfant naît dans une communauté humaine qui a cultivé, au long des siècles, les possibilités de connaissance, de réflexion, de valeur, de savoir-faire, dont le Créateur a rendu l'homme capable, j'allais dire « co-créateur » au lieu d'avoir, à chaque génération, à tout retrouver ou réinventer, chaque être humain, dans la société où il naît peut s'approprier, de façon personnelle, cet héritage culturel, spirituel, et construire sur cette base sa personnalité propre.

 Le développement d'une riche personnalité, comme celle de Jean-Baptiste, suppose donc, chez l'enfant d'abord, puis chez l'adulte, de consentir à notre nature humaine, et d'en acquérir une connaissance précise et juste, d'avoir des éducateurs, qui nous transmettent le mieux possible, les richesses culturelles élaborées par l'humanité; et que le jeune d'abord, puis l'adulte, fasse un travail personnel pour s'approprier cette richesse, et en développer personnellement certaines dimensions, afin de réaliser plus pleinement ce dont Dieu le rend capable.

 La Révélation divine a ajouté à cette vision, la perspective de la vocation :

- vocation générale que Dieu donne à tout son peuple,

- vocation particulière que Dieu donne à chacun,

- pour les uns, dans le cadre de la vocation commune, pour d'autres selon une modalité particulière, peut-être plus spécifique.

 Dans l'évangile de ce jour, il nous est indiqué que la parenté du petit-enfant voulait : « l'appeler Zacharie, comme son père ». Mais dans la perspective divine, si nous avons certes, à recevoir, par notre parenté, l'héritage reçu de Dieu et cultivé par une famille humaine, nous n'en sommes pas le simple prolongement d'une lignée familiale. Nous sommes aimés personnellement par Dieu. Il a sur nous un projet aimant et particulier. Dans le cas de Saint Jean-Baptiste, il s'agissait même d'une vocation, tout à fait spéciale. Et Dieu, pour marquer qu'il entendait lui conférer une vocation particulière, avait indiqué quel nom, Il choisissait pour lui. A l'annonce de ce nom par Elisabeth, les voisins s'écrient : « Mais personne dans ta famille ne porte ce nom là ! » Il n'y a pas de récupération possible. C'est que justement cet enfant ne sera pas simplement le prolongement d'une famille. Il reçoit de Dieu, une vocation personnelle. Il est voulu pour lui-même.

 Ce qui est vrai, d'une façon extraordinaire, de Jean-Baptiste, l'est aussi, de façon plus commune, pour chaque enfant. Certes, chaque enfant est un don de Dieu à sa famille. Certes, chaque famille a à transmettre à ses enfants les richesses culturelles, et notamment religieuses, cultivées par le groupe familial. Mais la finalité de la vie de chaque enfant n'est pas simplement d'agrandir et prolonger sa famille. La finalité de la vie de chaque enfant est de réaliser le mieux possible le projet aimant de Dieu sur lui. Nous sommes faits pour Dieu.

 Et ce projet de Dieu sur chaque enfant est bien plus élevé qu'une simple perspective terrestre. Dieu a doté cet enfant d'une âme spirituelle, créée à l'image et à la ressemblance de Dieu, intelligente, capable d'aimer, capable d'entrer en relation de connaissance, de consentement, d'oblation, de communion avec Dieu.

 Et selon les dons reçus de Dieu, selon les richesses particulières, que les circonstances lui auront permis de cultiver, selon les besoins de la société dont il fera partie, selon aussi telle vocation particulière que Dieu pourra lui adresser, cet enfant est appelé à prendre une place singulière dans le soin des biens terrestres qui facilitent la vie humaine, et dans la construction du Royaume de Dieu destiné à conduire, le mieux possible, le plus grand nombre d'hommes à l'union de Dieu. C' est le but pour lequel Dieu nous a dotés d'une âme spirituelle.

 Mais il faut bien comprendre que la vocation personnelle de chaque être humain n'est pas déterminée par Dieu, indépendamment des libres choix des personnes qui l'entourent, c'est là notre responsabilité, ainsi que des choix de cette personne. Si Abraham, Moïse, David, Isaïe et tous les prophètes n'avaient pas accueilli la Révélation divine, et ne l'avaient transmise à tout leur peuple; si des centaines de milliers de membres du peuple hébreu n'avaient pas accueilli, vécu et cultivé cet héritage spirituel, il n'y aurait pas de peuple de Dieu en attente du Messie.

 Si Elisabeth et Zacharie n'avaient pas été des juifs pieux, ils n'eussent pas été capables d'élever l'enfant que Dieu leur donnait dans la disponibilité à sa vocation. Si Jean-Baptiste n'avait pas reçu d'abord de ses parents, puis à l'école de la synagogue, la connaissance de la Révélation de Dieu dans l'Ancien Testament, il eût été bien incapable de prêcher à ses contemporains. Si au lieu de chercher Dieu et sa gloire, il avait cherché d'abord sa petite commodité, il ne fût pas allé au désert, et à la première menace d'Hérode ou des Romains, il eût interrompu son ministère.

 Une vocation exceptionnelle, ou la simple réponse personnelle d'un chrétien ordinaire aux inspirations de Dieu dans la vie courante ne se réalise pas indépendamment d'un contexte d'accueil ou de refus de Dieu et de ses dons, dans la société ambiante, et chez le sujet lui-même.

 « Que sera donc cet enfant ? » nous nous le demandons pour nos enfants et c'est aussi se que se demandait l'entourage du petit Jean-Baptiste. C'est la question que se posent tous ceux qui aiment un enfant. Et la question subsidiaire doit-être : « Que pouvons nous faire pour que cet enfant ait la plus grande liberté possible, de comprendre et de réaliser le projet de Dieu aimant sur lui ? » projet qui n'est d'ailleurs pas prédéterminé, mais qui se formera en fonction des acquis de l'enfant, et des circonstances.

 Il faut d'abord faire vivre chaque enfant, autant que possible, dans un milieu qui cultive toutes les richesses intellectuelles, morales, spirituelles, que Dieu a rendu l'homme capable de développer. Car l'enfant se forme en s'imprégnant des richesses vécues dans le milieu ambiant. Si un enfant vit dans un milieu où on est attentif les uns aux autres, où l'on réfléchi , où l'on travaille, où on apprend à jouer ensemble, où l'on prie en famille, il aura des dispositions, une aisance à développer ces aptitudes.

 Mais plus l'enfant grandit, plus il a besoin, pour continuer à cultiver un domaine de l'esprit, d'en percevoir explicitement le bien-fondé, l'utilité, la valeur, d'acquérir des convictions réfléchies, et des connaissances approfondies, c'est sa responsabilité, qui lui permettent de résoudre les questions qui se présentent à sa conscience. Au plan moral et religieux, le bon exemple ambiant ne suffit plus. Par ailleurs, les qualités morales et spirituelles ne s'acquiert pas en se contentant de regarder les autres, mais en s'y exerçant soi-même. Eduquer une personne, c'est fondamentalement l'aider à développer un grand nombre de vertus, c'est-à-dire des dynamismes orientés qui rendent aisés les actes correspondants : être attentif aux autres, bienveillant, généreux, loyal, courageux.

 Et tout naturellement, dans les petits comme dans les grands choix de vie, au lieu d'être esclave de pulsions intérieures ou de pressions extérieures, nous avons aisance à voir le bien à faire et nous avons le dynamisme pour le réaliser. Si nous sommes habitués, par la prière fréquente et la méditation régulière, à tendre vers Dieu et à accueillir sa lumière, nous laisserons la grâce divine éclairer notre regard et susciter en nous de nobles sentiments. Nous verrons le bien à réaliser; et nous sentirons l'appel intérieur de Dieu.

 Et si Dieu daigne faire entendre à tel jeune homme, ou à telle jeune fille, un appel plus spécifique, ce jeune qui vit chaque jour à l'écoute de Dieu, sera apte à percevoir cet appel et capable d'y répondre comme Jean-Baptiste, s'il est bien guidé.

 A la suite de Saint Jean-Baptiste, nous sommes tous appelés à préparer la venue du Sauveur dans nos vies. Préparez les chemins du Seigneur, c'est aplanir toutes les montagnes d'égoïsme, c'est combler tous les fossés creusés par l'indifférence.

 Fêter la naissance de Jean-Baptiste nous prépare à fêter celle de Jésus. C'est ce qui se passera à Noël. Nous pensons que c'est en nous, dans nos vies que le Christ veut naître. Et Il nous envoie dans le monde pour annoncer à tous que Dieu fait grâce. Nous sommes nés pour être disciples de Jésus et pour préparer le cœur des hommes à l'accueillir.

 A l'exemple de Jean-Baptiste et de la Vierge Marie, nous sommes appelés à donner le meilleur de nous-mêmes. Amen.


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HOMÉLIE DE FRÈRE JEAN-FRANÇOIS
Le vendredi  29  juin 2018
Solennité des SAINTS APÔTRES PIERRE ET PAUL


Introduction : Extraordinaire ! D'entendre tout le chœur de l'assemblée chanter. Et je vous remercie beaucoup. C'est vraiment encourageant et ça rend gloire au Seigneur. Et c'est là que l'on sent, qu'il y a un seul cœur et une seule âme.

 Ne vous inquiétez pas, le cri des enfants fait partie de la louange ! Ils sont bien vivants!

Alors, nous fêtons Saint Pierre et Saint Paul, eh bien, bonne fête à tous ceux qui sont sous son patronage : le Père Paul, Frère Pierre, et nous n'oublions pas que c'est aussi la Fête de l'Eglise.

Depuis le début de l'Eglise, innombrables ceux qui ont été ordonnés à la Saint Pierre et Saint Paul. Deux colonnes de l'Eglise, deux pierres de fondation très importantes, qui ont fait cette expérience extraordinaire de la rencontre du Christ dans sa gloire. Pierre, au mont Thabor, en entendant la voix du Père, Paul sur le chemin de Damas. Deux grâces particulières. Il nous faut demander au Seigneur de faire cette expérience, peut-être différente certainement, l'expérience du Seigneur ressuscité, pour pouvoir témoigner justement de son amour, de sa miséricorde.

Recommandons-nous à la miséricorde du Seigneur, le Christ glorieux qui a traversé aussi l'épreuve de la mort. Demandons pardon  au Seigneur pour tous nos péchés.


Homélie : Eh bien, bonjour aux enfants de l'école Anne de Guigné, et à leurs enseignantes et aux parents.

J'avais écrit trois pages pour Saint Pierre, Saint Paul, et puis je me suis dit que ce n'était pas une bonne idée ! Parce que vous vous seriez ennuyés. Alors, je vais vous raconter comment j'ai fait connaissance de Saint Pierre et Saint Paul.

 Quand j'étais gamin, j'allais à l'église. J'étais même servant d'autel. Et puis, il y avaient six énormes statues sur les piliers, qui faisaient peut-être 2 m de haut. Quand on est gamin, c'est drôlement impressionnant, et je me disais : « pourvu qu'elles tiennent et qu'elles ne tombent pas ! »

 Ma première approche était d'abord de voir les statues, et à force de les voir, de regarder les détails des statues, il y en avaient six. Alors, elles avaient quelque chose en commun. Ces six Statues avaient un livre à la main; J'étais intrigué. Et puis, il y avait un autre signe particulier à chaque statue. Il m'a fallut du temps, beaucoup de temps pour comprendre, en fait, on me l'a expliqué, parce que je n'aurais pas deviné tout seul, qu'il était question des 4 évangélistes, ceux qui ont écrit les évangiles que vous connaissez.

 Et puis deux autres Statues, qui étaient impressionnantes; il y en avait une, qui avait un glaive à la main, puis l'autre, une paire de clés. Et là on m'a expliqué que celui qui avait la paire de clés, c'était Saint Pierre, celui qui avait un grand glaive, c'était Saint Paul. J'ai pensé quand j'étais gamin : « Il a un glaive, ce ne doit pas être un gentil, celui là ! » Et on m'a expliqué que Saint Pierre et Saint Paul, c'étaient les  colonnes de l'Eglise !!! Et il y a Benoît XVI qui fait une comparaison très intéressante, je vais juste m'arrêtez sur cette comparaison. Si vous retenez cela , je crois que cela ne sera pas mal !!

 Il dit que Saint Pierre et Saint Paul, ce n'étaient pas deux frères de sang, c'étaient deux hommes qui avaient été choisi par le Christ, appelé, qui avaient une culture tellement différente l'un de l'autre, deux tempéraments tellement différents , deux personnalités tellement différentes, qu'ils n'étaient pas faits pour s'entendre selon le monde, ni pour se fréquenter. Eh bien, c'est le Seigneur qui les a réunis, à travers aussi bien des difficultés de caractère, de tempérament.

 Et non seulement, le Seigneur les a rapprochés, mais les a rapprochés dans son témoignage à Lui, par une grâce très particulière. Tous les deux ont combattu le bon combat de la foi, jusqu'à donner leur vie. Il fait cette comparaison, il dit : «  Regardez bien, Saint Pierre et Saint Paul sont devenus deux frères dans le Christ » alors que c'est eux qui ont fondé l'Eglise de Rome. Alors, si on regarde ceux qui ont fondé la cité de Rome, la cité antique, ils s'appelaient Romulus et Remus, frères de sang, deux jumeaux, eh bien, il y a eu un fratricide; l'un a tué l'autre par jalousie de pouvoir.

 Et il dit : si maintenant on regarde la fondation dans l'Ancien Testament, les enfants, Caïn et Abel qui étaient deux frères de sang, cela finit par un meurtre ! Eh bien, il dit : « Voilà, la puissance du Christ est capable de faire ce que le monde ne peut pas faire », c'est-à-dire de faire en sorte que nous devenions Frères et Sœurs dans le Christ, c'est là que se trouve la vraie fraternité, et qui dure, qui est capable de donner sa vie, et non pas de verser le sang, mais de donner son sang et sa vie pour le Christ.

 Et c'est le Seigneur Lui-même qui va les garder, les protéger, jusque dans leur combat contre les forces du mal. Et à un moment donné, Benoît XVI dit : « Si vous regardez les prophètes dans l'Ancien Testament, leurs propres ennemis, c'étaient souvent leurs propres frères, mais ils luttaient contre des hommes, tandis que les apôtres Pierre et Paul luttaient contre les puissances du mal. Et c'est par la puissance du Christ qu'ils ont vaincu les puissances du mal. Et c'est sur leur témoignage que l'Eglise a été fondée ».

 Et si vous retenez cela, que tant que vous demeurez fondé sur la Parole de Dieu, sur le Christ dans les sacrements, dans la prière, il n'y pas de crainte à avoir quant à votre avenir et votre salut. Alors, on va prier très fort pour l'Eglise qui connaît aussi des tribulations, elle est éprouvée aussi ! Demandons au Seigneur, par l'intercession de Saint Pierre et Saint Paul et des apôtres, que le Seigneur bénisse son Eglise et lui donne les successeurs dont elle a besoin, les apôtres, les prêtres, les religieux et religieuses, et aussi des bons pères et mères de famille, pour que cela fassent de bons enfants. Amen


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HOMÉLIE DU PÈRE PAUL PAGEAUD, sma
Le Mercredi  15  août  2018
Eucharistie : Solennité de L'ASSOMPTION de la B. VIERGE MARIE


Introduction : Aujourd'hui, l'Église célèbre l'Assomption de la Vierge Marie, et je souhaite : bonne fête à toutes les « Marie ». Et puis je souhaite une bonne fête à tout le monde aussi, parce que la Vierge Marie c'est notre Maman ; donc, c'est notre fête à nous tous.

Donc, aujourd'hui, la Vierge Marie a été enlevée par les anges, Elle a été enlevée au ciel, avec son âme et son corps ressuscité glorieux. Elle a été couronnée Reine du ciel et Reine de la terre. Et en France, le Roi Louis XIII lui a consacré son royaume en 1736, elle est devenue Reine de France, et elle est toujours Reine de France. Avec le Pape Jean-Paul II, lors de son 1er voyage en France, nous pouvons poser cette question : « France, fille aînée de l'église et éducatrice des peuples, es-tu fidèle, pour le bien de l'homme, à l'alliance avec la sagesse éternelle ? » Pour que l'homme puisse aller vers sa destinée du ciel ? Nous pouvons aussi nous demander : « France, et si c'était l'heure de ton réveil? » car Marie nous dit que tu es miséricordieux ?

Eh bien, nous te prions, avec les pèlerins de tous les sanctuaires du monde, Notre-Dame de Guadalupe, Notre-Dame de Lourdes, Notre-Dame d'Issia en Côte d'Ivoire, et tous les sanctuaires, nous te prions pour le renouvellement de ce monde, afin qu'il appartienne à ton Fils et suive ton Fils. Et nous commençons à demander pardon à Dieu de tous nos péchés.


Homélie : Mes Frères, « Un grand signe apparut dans le ciel : une femme ayant le soleil pour manteau, la lune sous les pieds, et sur la tête une couronne de douze étoiles... Un autre signe apparut dans le ciel : un dragon, rouge feu, avec sept têtes et dix cornes, et sur chaque tête, un diadème -symbole de l'orgueil- ... Le dragon mit ses pattes devant la femme qui allait enfanter, afin de dévorer l'enfant dès sa naissance. La femme mit au monde un fils, un enfant mâle, celui qui sera le berger de toutes les nations... Alors, j'entendis une voix forte qui proclamait : "Maintenant, voici le salut, la puissance et le règne de notre Dieu, voici le pouvoir de son Christ." »

Ce texte de l'Apocalypse a été écrit au début de la vie de l'Eglise, pour redonner courage aux chrétiens tentés de se décourager devant les grandes persécutions qu'ils subissaient. Mais ce texte reste très actuel aujourd'hui. Le démon paraît triompher dans tous les domaines. Il triomphe par l'argent, l'oppression des plus forts, la haine, le divorce, l'avortement, les unions libres, l'homosexualité, la théorie du genre, l'abandon de la pratique religieuse surtout chez les jeunes et les enfants.

La Vierge Marie qui a été enlevée au ciel par les anges, avec son âme et son corps ressuscité, est devenue maintenant Reine du ciel et de la terre. Elle est terrible pour les démons ! Même son image, lorsqu'elle est vénérée avec foi, les remplit de frayeur. Quand elle est apparue à Sœur Catherine Labouré, rue du Bac à Paris, Elle lui a demandé de faire frapper une médaille, sur laquelle on voit la Vierge Marie écraser la tête du serpent de son pied. Et cette image, vénérée avec foi et amour, portée sur soi, accomplit tant de merveilles, qu'on l'a appelée : la médaille miraculeuse.

Voici un autre fait. A la fin du XVIIème siècle, un bon ermite qui vivait dans le nord de la France était accablé de tentations. Le démon lui dit un jour : « Les tourments que je te cause ne sont rien en comparaison de ce que tu me fais souffrir. Jure-moi de garder le secret, et je te dirai ce qu'il faut que tu ne fasses pas pour que je te laisse tranquille ». Le bon ermite ayant donné son accord, Satan lui dit : « Je veux que tu ne regardes plus l'image que tu as dans ta cellule ». C'était l'image de la Vierge Marie, devant laquelle le solitaire faisait ses prières. Dès lors, c'est avec une ferveur plus grande encore que le bon ermite continua à prier Marie, au pied de son image ! Le démon, découragé, l'abandonna.

La Vierge Marie a pour mission de préparer le triomphe de son Fils. Marthe Robin, -je ne sais pas si elle est déjà déclarée « Vénérable », mais elle était stigmatisée,- a prédit pour la France : « Lorsque tout semblera perdu, c'est alors que tout sera sauvé. Le Christ triomphera de son ennemi, le Diable ». Comme il est dit dans la lecture : « Il mettra sous ses pieds ».

Pour combler le terrible vide religieux chez les enfants, qui sont pourtant l'avenir de notre pays, il est très important que dans chaque maison de chrétiens convaincus, il y ait une icône, ou une image de la Vierge Marie. Si la maman prie avec foi et amour devant cette image, l'enfant qui est une éponge absorbante des sentiments de sa mère aimera lui aussi prier la Vierge Marie. Tel fut le cas du curé d'Ars, il disait, une fois grand : « Ma plus vieille amitié, c'est la Vierge Marie. C'est à deux ans que j'ai appris à la prier sur les genoux de ma mère. »

Mais la Vierge Marie serait gênée de voir son image honorée, seule, sans celle de son Fils, en particulier, le crucifix. C'est sur la croix que Jésus a triomphé du démon et l'a vaincu. Le prophète Zacharie a d'ailleurs prophétisé à ce sujet : « Ils regarderont vers Celui qu'ils ont transpercé. » Za 12,10. Et Jésus a complété ces paroles, en disant : « Quand j'aurai été élevé de terre, j'attirerai tout le monde à moi. » Jn 12,32. Et il a rappelé une autre prophétie qui parle de lui : « De son sein couleront des fleuves d'eau vive » Jn 7,38. Il parlait de l'Esprit-Saint que devaient recevoir ceux qui l'invoqueront. Regarder avec foi, tous les jours, l'icône de la Vierge Marie, et Jésus en croix, devient un moyen très fort pour rester fidèle au Seigneur, et vivre de son amour.

Ce peut être très précieux pour les enfants, si peu éveillés dans leur foi. Cela peut être une présence dans leur inconscient souvent vide de références religieuses, et c'est une grande prudence pour leur avenir ! Saint Alphonse de Liguori n'a pas craint de dire : « Celui qui prie, se sauve, celui qui ne prie pas, se damne. »

Conclusion : Il est très précieux d'avoir en place d'honneur, dans sa maison, une icône de la Vierge Marie et un beau crucifix. Ils vont nous aider à prier et à nous sauver pour l'éternité. Amen.


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HOMÉLIE DE FRÈRE JEAN-FRANÇOIS
Le mercredi 15 août 2018

VÊPRES : Solennité de L'ASSOMPTION de la B. VIERGE MARIE


 Ce matin, nous avons contemplé Marie dans la gloire de son assomption, dans la gloire de Dieu. Et peut-être, ce soir, pourrions-nous nous demander mais quel fût ce chemin, qu'est-ce qui a animé le cœur de Marie pendant sa vie pour arriver à un tel degré d'intimité, de perfection, de gloire? Car notre chemin à nous, nous le connaissons, c'est une vie laborieuse.

 Je crois que ce qui a animé Marie, depuis son plus jeune âge, c'est le désir de Dieu. Bien sûr, elle est immaculée depuis sa conception, l'Esprit-Saint l'a révélée progressivement à l'Eglise. Bien sûr, Marie pressentait quelque chose, mais que savait-elle, elle, de son Immaculée Conception ? Elle se savait fille d'Eve et elle voyait bien, parce qu'en plus elle avait une telle perception des choses spirituelles, que les hommes gémissaient sous le poids des péchés et elle se savait solidaire de tout ce monde là. Elle a été éprouvée comme portant le péché de tous les hommes, comme son Fils. Et elle a si ardemment désiré le Salut, et un salut gratuit. Nous avons à redécouvrir le don de notre Salut que Dieu nous offre en Jésus Sauveur, et le don de Marie comme notre Mère.

 Nous, nous avons mérité la séparation de Dieu. Oui, mérité ! Cela nous est dû en justice. Plus que tout autre, la Sainte Vierge a connu cela et Elle a éprouvé le Salut de Dieu comme pure gratuité, ce sur quoi nous ne pouvons pas mettre la main, mais Elle a ardemment désiré le Salut de Dieu, gratuitement. Le Bon Dieu n'est pas obligé de faire tout ce qu'il a fait. Comprenons qu'il y a là une attitude d'esprit, de cœur, et nous pourrions être tentés de penser ou de dire : «  De toutes façons nous sommes baptisés, nous sommes sauvés, pas de souci à se faire » ! ou encore : « A quoi bon pratiquer la religion, ça sert à quoi ? » Malheureusement c'est bien ce que nous entendons. Ce n'est pas ajusté.

 Est-ce que nous sommes capables de considérer que le Salut de Dieu est quelque chose de complètement gratuit, que le Bon Dieu n'est pas obligé, mais que ça relève de sa bonté et que nous avons mérité tout à fait autre chose ? Mais nous ne comprenons pas tout cela, ce qui fait que nous ne désirons pas, et c'est ce à quoi je voulais en venir, nous ne désirons pas suffisamment le Salut et le Sauveur, nous ne savons pas désirer Jésus. Et Marie, qui, j'allais dire, n'en avait pas besoin, a ardemment désiré la venue du Sauveur, et cela ça change tout. Et le Seigneur a exaucé sa demande, les premières années de sa vie, les douze ou quinze années peut-être ? de sa vie ont été toutes tendues vers l'avènement de ce Sauveur promis par Dieu. Et puis ensuite, c'est le contact de son être avec la chair de Dieu, avec la Gloire de Dieu rendue accessible par le corps de son Fils. C'est encore des choses sur lesquelles nous ne méditons pas suffisamment.

 Depuis le péché d'Adam et Eve les cieux sont fermés. Il y a des chérubins qui sont placés devant les portes pour en garder l'accès, les cieux sont fermés. Les hommes n'ont plus accès à la Gloire de Dieu, or il faut que le Seigneur vienne et le Verbe de Dieu se fait chair en Marie et la Gloire de Dieu s'est révélée par Marie.

 Malgré les pressions extérieures pendant la vie publique de son Fils et contre son Fils qui l'ont atteint, lorsque celui-ci a commencé son ministère, qu'est-ce qui a donné à Marie la force de rester fidèle jusqu'au bout, à son appel à la sainteté, comme nous aussi nous sommes appelés à la sainteté, c'est ce que nous a rappelé Saint Paul.

 Avec la grâce, je pense, je crois, qu'il y a quatre dispositions intérieures, me semble-t-il, qui lui ont permis de rester fidèle. Bien sûr, nous ne connaissons pas très bien sa vie intérieure, c'est un mystère, et cela reste très personnel, mais enfin nous pouvons en percevoir quelque chose.

 La première disposition, c'est son intimité intérieure : Elle n'a jamais oublié l'Annonciation et le choix de Dieu. Dans les moments les plus difficiles, elle a redit son OUI, elle s'est souvenue : « Le Seigneur m'a dit : « je suis avec toi » Elle a été choisie pour être Mère du Messie. Elle maintiendra jusqu'au bout. De même, il est important pour chacun de nous, que nous ayons le sens de notre responsabilité dans l'Eglise et dans le monde, qui que nous soyons, pères ou mères de famille, religieux, prêtres, nous devons pouvoir nous redire dans les périodes de turbulences qui ne manquent pas de venir et qui viendront un jour ou l'autre : « Le Seigneur a besoin de moi, là où je suis. L'Eglise et les hommes comptent sur ma fidélité. »

 La deuxième disposition intérieure de Marie, c'est sa prière et sa prière persévérante ! C'est ce qui est le plus difficile pour nous. Marie a connu une vie de prière continue depuis son enfance. Cette prière qui s'enracine dans la prière du peuple élu. Prière imprégnée par les psaumes que nous avons chantés. Son Magnificat, que nous entendrons, et que nous chantons chaque jour, nous livre le fond de son cœur. En lui dans ce cantique, se manifeste son être envahi par la louange de Dieu. Est-ce que nous, nous louons Dieu ? Ce n'est pas si facile... Dans sa méditation, Elle a compris combien la miséricorde de Dieu se fait proche de chacun. Cette prière lui a certainement été transmise par l'éducation de ses parents, par la méditation profonde aussi des psaumes, et cela a façonné son cœur et son dialogue continuel avec Dieu.

 La troisième disposition dans la vie de Marie, c'est son accueil de l'Esprit-Saint. L'Esprit-Saint, qui était sur elle depuis sa conception. Il lui a été donné d'une manière nouvelle et plus spéciale à l'Annonciation pour qu'elle puisse accomplir sa mission de mère, de Mère de Dieu. Puis il est descendu à nouveau sur elle sous forme de langues de feu au milieu des apôtres, à la Pentecôte, pour qu'elle puisse remplir sa mission de Mère de l'Eglise. Tout au long de sa vie, Marie s'est efforcée de vivre à l'écoute de l'Esprit-Saint. En elle, nous voyons se manifester les fruits de l'Esprit : Amour, Joie, Paix. Elle est le modèle achevé de tous les chrétiens qui s'efforcent de se laisser conduire par l'Esprit-Saint. Et pas seulement le modèle, celle qui nous aide, qui vient nous rejoindre sur nos chemins, pour que nous puissions redécouvrir le Seigneur. A chaque fois que nous avons une pensée négative, une critique, etc ... demandons-nous si c'est bien l'Esprit que nous avons. Le jugement est facile;

 Enfin, la quatrième disposition, importante et nous sommes appelés à faire de chacune de ses quatre dispositions un pilier de notre vie : c'est son amour de la Parole de Dieu. La première béatitude de l'Evangile s'adresse à Marie. La première Béatitude c'est celle qui était prononcée par Elisabeth, le jour de la Visitation, quand elle dit à Marie : « Heureuse celle qui a cru à l'accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur ». Nous l'avons entendu ce matin. C'est la première de toutes les Béatitudes : « Heureux ceux qui gardent ma parole et qui la mettent en pratique ». Cela s'adresse d'abord à Marie. Et il nous faut l'entendre.

 Jean-Paul II avait dit : « Marie est l'expression la plus pleine de la plus parfaite fidélité à l'Esprit-Saint et à son action. Elle nous fait comprendre que si nous aussi nous avions confiance en la Parole de Dieu, l'Esprit-Saint pourrait renouveler ainsi notre humanité. Et pas seulement la nôtre, mais l'humanité tout entière.

 Demandons à Marie, pendant ce court pèlerinage, cette procession que nous allons faire, d'intercéder auprès de son Fils, pour qu'Il nous envoie l'Esprit-Saint, nous en avons tant besoin. L'Esprit-Saint et ses dons pour que nous nous laissions conduire par Lui, agir par Lui : « Ceux-là sont enfants de Dieu qui se laissent conduire par l'Esprit-Saint ». Qu'Elle nous obtienne ces yeux illuminés du cœur pour que nous connaissions Jésus. Il n'y a pas de vie chrétienne sans connaissance profonde du Christ, sans amour profond du Christ, afin que nous aussi, un jour, en voyant et en étant accueilli par le Père céleste, nous puissions voir dans ses yeux la joie qu'Il a à nous regarder, comme Il a regardé Marie ! Amen.


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HOMÉLIE DE FRÈRE MARIE-JEAN
Le mardi 28 août 2018
Solennité de Notre Père SAINT AUGUSTIN

Ac 4/32-35; Ps 132/1-3; 1 Jn 4/7-16; Jn 17/11b,14-21  ou  Mt 23/8-12.


Introduction de Frère Jean-François:

 Un grand merci aux cheftaines de nous aider à chanter et à prier.

 Saint Augustin, que nous fêtons, que nous célébrons aujourd'hui dans cette Eucharistie, est un don de Dieu pour l'Eglise, a chanté la miséricorde du Seigneur toute sa vie. Il a confessé la miséricorde de Dieu dans sa vie. Son livre, « Les Confessions » en sont le témoignage, il a rendu gloire à Dieu pour ce qu'il a fait dans sa vie.

 D'abord, il a remercié le Seigneur de lui avoir donné des parents, une mère chrétienne ; il a confessé aussi ses errances dans sa jeunesse, et puis l'action de Dieu, l'intervention, la miséricorde du Seigneur à Milan. Il avait écouté volontiers Saint Ambroise, et c'est ainsi qu'il s'est apprivoisé avec l'Ecriture Sainte qu'il méprisait. Le Seigneur a fait de grandes choses, parce qu'Augustin a eu cette démarche d'humilité d'accepter ce travail de Dieu dans son cœur. C'est le Docteur de l'amour, le Docteur de la grâce, celui qui a pénétré le cœur humain dans ses profondeurs avec l'Esprit-Saint. Il est "Père de l'Eglise", Docteur de l'Eglise, et il a fondé une forme de vie, la forme de vie canoniale, pour faire "un seul cœur, une seule âme, tendus vers Dieu", au service de l'Eglise. Aujourd'hui, beaucoup de Congrégations se reconnaissent de lui, et vivent de sa règle de vie.

 Eh bien, demandons, par l'intercession de Saint Augustin, demandons au Seigneur des vocations passionnées pour le salut des âmes, pour le service des Frères, "un seul cœur, une seule âme, tournés vers le Seigneur." La pierre de touche pour nous, c'est la charité fraternelle, et bien demandons pardon au Seigneur, pour tous ces manquements, ses péchés contre la charité, qui sont des péchés contre Dieu.


Homélie de Frère Marie-Jean : Augustin est un génie, et il est surtout un grand saint. Un grand pécheur, devenu un grand saint, un grand converti, « un des plus grands convertis de l'histoire chrétienne », a écrit le Pape Benoît XVI. Et, ce que le Frère Prieur évoquait à l'instant, ses « Confessions », qui sont, j'allais dire, un prototype dans le genre, son autobiographie profonde, une autobiographie qui est, plus fondamentalement encore, une confession de louange envers le Dieu de miséricorde. Les Confessions sont parmi les livres les plus lus encore au monde, ce qui est le signe qu'il a, aidé par l'Esprit-Saint, bien sûr, il a touché, il a compris profondément, et le cœur humain, et le cœur de Dieu dans ce dialogue d'amour qui se cherche. Le Pape Benoît XVI qui nous a donné ce cadeau, et je vous invite à le découvrir, quand vous le pourrez, ce cadeau de catéchèse, sur tous les grands "Pères de l'Eglise", sur tous les grands saints même aussi plus largement de l'histoire de l'église, nous a donné 4 catéchèses, au moins ! Car certainement, il y en a d'autres au cours de son pontificat, mais il a donné 4 catéchèses suivies sur Augustin, et je voudrais m'arrêter sur l'une d'elle, parce que je pense qu'elle nous rejoint tout particulièrement, une catéchèse sur son itinéraire intérieur.

 On connaît, on sait qu'Augustin effectivement a vécu une conversion, mais on a peut-être trop tendance à en faire quelque chose d'une conversion à «  la Saint Paul », quoique saint Paul a certainement eu aussi tout un itinéraire après cette rencontre sur le chemin de Damas qui a été un coup de foudre, mais Augustin, c'est un peu différent son chemin. Benoît XVI disait : « que la conversion de saint Augustin n'a pas eu lieu à l'improviste, et n'a pas été pleinement réalisée dès le début, mais que l'on peut plutôt la définir comme un véritable et propre chemin, qui reste un modèle pour chacun de nous », et c'est dans ce sens que, voilà, méditer sur son itinéraire de conversion qui a duré jusqu'au bout de sa vie, eh bien, a quelque chose à nous dire encore aujourd'hui, à chacun de nous.

 Cet itinéraire de conversion atteint son sommet, dans cette scène du jardin, que je vais évoquer à l'instant, mais, et lors du baptême, bien sûr, de son « baptême, mais il ne se conclut pas là, lors de la veillée pascale de l'année 387 … Le chemin de conversion d'Augustin continua en effet, humblement jusqu'à la fin de sa vie, si bien, que l'on peut vraiment dire que ces différentes étapes, on peut facilement en distinguer trois, dit-il, sont une unique et grande conversion ».

 Et alors, je vais reprendre une image, que l'on connaît bien par ses chants gestués, que nous pratiquons ici, un peu. Augustin a vécu ses trois étapes, passer de la tête au cœur, du cœur aux mains et des mains aux genoux. En ce sens, vous savez que « Saint Augustin a été un chercheur passionné de la vérité », dit Benoît XVI, et c'est ça la clef foncière de sa conversion, de toute sa vie. C'est qu'il a toujours cherché la vérité, à faire la vérité découverte, ça c'est fondamental. Si on étouffe la vérité dans notre cœur, la vérité que l'on pressent, si on l'étouffe, alors on est foutu ! Il faut être « des chercheurs passionnés de vérité », et ensuite chercher à faire la vérité, à l'incarner. Alors, bien sûr, il avait reçu de sa mère Monique, une sainte, qu'on a fêtée hier, toute une éducation chrétienne, puis il a vécu ses années de jeunesse, une vie dissipée, mais il a ressenti, toujours, dit-il, une attraction profonde pour le Christ, voilà. « Ayant bu l'amour pour le Nom du Seigneur, avec le lait maternel », dit-il.

 Je passe les étapes, on ne peut pas tout dire, il a erré effectivement dans des chemins d'erreurs intellectuelles, avec les manichéens en particulier, mais, parce qu'il était exigeant de vérité, il s'est rendu compte, que ça ne tenait pas la route, tous leurs discours, et c'est là qu'il s'est mis à l'école, peu à peu de saint Ambroise, et que saint Ambroise a été le médiateur, la médiation par laquelle il a pu comprendre, que l'écriture s'est ouverte à lui, à son intelligence, et finalement, donc, à son cœur, en ce jour où, vous vous souvenez, c'est une voix d'enfant qu'il entend et qui lui dit : « Prends, lis, prends, lis », et alors, il a sous la main les épîtres de saint Paul, qu'il ouvre, et il tombe sur ce passage : « Cela suffit, votre vie dissolue, votre vie d'orgie, de débauche, revêtez le Seigneur Jésus, prenez les armes de la lumière », ça fait tilt, comme on dit, ça veut dire que cette parole qu'il avait peut-être lu des dizaines de fois, eh bien, ce jour là, percute son cœur, et il se laisse percuter, il sent que cette parole est pour lui. « Il se rappela, dit Benoît XVI, alors de la conversion d'Antoine, » Saint Antoine le Grand, le Père des moines d'Egypte, qui lui aussi, entrant dans une église, entend cette parole de l'évangile, "Si tu veux être parfait, va, vend tout ce que tu as, donne-le aux pauvres". Et Antoine a compris que cette parole était pour lui, ce jour là, et il s'est laissé percuter par cette parole, et il a mis en acte cette parole.

 Eh bien, Augustin vit une même expérience, il se rappela alors de la conversion d'Antoine, avec attention, -bref, je passe-... « il avait compris que cette parole lui était personnellement adressée, provenait de Dieu à travers l'apôtre Paul et lui indiquait ce qu'il fallait faire à ce moment ». Il écrit : « Tu avais converti mon être à toi ».

 Passer de la tête au cœur ! Hier j'écoutais une personne, qui me disait : « je m'ennuie profondément à la messe, c'est tout le temps la même chose, c'est des évangiles qu'on a entendu 100 fois, ça m'ennuie ! ». Eh bien, oui, pourquoi ? Parce que ça restait là (geste montrant la tête), et que cette brave personne, qui j'espère va faire cette expérience, qu'il ne s'agit pas de comprendre seulement l'évangile, il s'agit de se laisser toucher par une parole que Dieu, que Jésus, nous adresse personnellement, aujourd'hui, ça change tout ! Quand des amoureux se disent : « Je t'aime », l'autre ne va pas lui dit dire : « tu me l'as dit 10 fois, je sais bien, je sais bien, tu me l'as dit », mais non, ça a toujours un parfum de nouveauté quand on se dit : «  je t'aime », entre amoureux, et entre époux, j'espère, encore. Eh bien, c'est ça, Dieu passe son temps à nous dire : « Je t'aime », de bien des façons, même en nous corrigeant  en nous disant : « Reviens, ne sois pas bête, ne sois pas idiot, convertis-toi, je t'aime ». Eh bien, c'est ça, passer de la tête au cœur. Et cette conversion n'est jamais achevée, parce que, précisément, nous qui venons si souvent écouter la Parole, entendre ! Puissions-nous l'écouter, c'est-à-dire effectivement nous dire : « Mais, Seigneur, qu'est-ce que tu veux me dire aujourd'hui ? ».

 Passer de la tête au cœur, mais la conversion n'était pas finie, il s'agissait de passer du cœur aux mains, parce qu'Augustin était un homme passionné de vérité, donc, et, un intello !, on dirait, pas seulement un intello, c'est-à-dire c'était un homme très sensible, il a parlé du chant justement, ça a contribué à son chemin de conversion, le chant d'église, c'était, c'est vrai, un grand intellectuel, il l'a prouvé, et il avait la soif de se rassembler des amis, comme lui, qui voulaient aussi, enfin, passer leur vie, leur temps à chercher Dieu, à chercher la vérité, à... voilà, à la lecture, à la méditation, et c'est très bien !

 C'est très bien, c'est un projet magnifique, et il a commencé à faire cela, mais il a compris que le Seigneur voulait autre chose, du moins quelque chose de plus, que ce qu'il découvrait dans la méditation et la prière, il fallait qu'il le donne, que ce n'était pas pour lui, il fallait qu'il le partage ! Et c'est cette deuxième conversion, passer du cœur aux mains, je vais lire quand même ce que dit Benoît XVI parce c'est mieux dit que je ne le dis : «  il était appelé à vivre totalement pour la vérité, avec la vérité, dans l'amitié du Christ qui est la vérité. Un beau rêve qui dura trois ans, jusqu'à ce qu'il soit, malgré lui, consacré prêtre à Hippone et destiné à servir les fidèles, en continuant certes à vivre avec le Christ, et pour le Christ, mais au service de tous. Cela lui était très difficile, mais il comprit dès le début que ce n'est qu'en vivant pour les autres, et pas seulement pour sa contemplation privée, qu'il pouvait réellement vivre avec le Christ et pour le Christ. Ainsi renonçant à une vie uniquement de méditation, Augustin apprit, souvent avec difficulté, à mettre à disposition le fruit de son intelligence au bénéfice des autres. Il apprit à communiquer sa foi aux personnes simples, et à vivre ainsi pour elles ».

 Voilà, deuxième conversion d'Augustin. Passer du cœur, oui, de cette découverte amoureuse du Christ, l'offrir, la partager, l'ouvrir aux autres, passer du cœur aux mains. C'est pourquoi, le Pape François nous appelle si souvent aussi à une église «  en sortie », une église de disciples missionnaires, on ne peut pas rester confiné. Ce trésor qui nous est donné gratuitement et gracieusement, on a l'impératif devoir de le partager. Et si on a pas ce feu missionnaire, il faut le demander !  Mais la conversion n'est pas finie. D'ailleurs, ces deux premières conversions sont toujours à faire pour nous, nous le savons bien. Passer de notre consommation spirituelle à de la dispensation spirituelle, à l'offrande spirituelle de ce que l'on reçoit.

 Troisième conversion : eh bien, Augustin, qui se nourrissant avec ses amis, avec ses disciples, et le partageant aux fidèles, le trésor de la Parole de Dieu, de la vie et des sacrements, eh bien, pense que, voilà, on peut devenir saint tout simplement à lire les Ecritures, à les méditer, à fréquenter les sacrements, et que les Béatitudes, ben oui, pas de problème, maintenant on a le code de la route, c'est bon, mais il fait l'expérience que ça ne marche pas comme cela, et que tout amoureux de Dieu, que tout en fréquentant le Christ, eh bien, il reste un pécheur, il reste fragile. « Seul le Christ lui-même réalise vraiment et complètement le discours de la montagne, -les béatitudes-. Nous avons toujours besoin d'être lavés par le Christ, qu'il nous lave les pieds et qu'il nous renouvelle. Nous avons besoin d'une conversion permanente. Jusqu'à la fin nous avons besoin de cette humilité qui reconnaît que nous sommes des pécheurs en chemin, jusqu'à ce que le Seigneur nous donne la main définitivement et nous introduise dans la vie éternelle. Augustin est mort dans cette dernière attitude d'humilité vécue jour après jour. » ( je me perds dans mes feuilles). « Toute l'église, écrit Augustin, toute l'église, -nous tous, y compris les apôtres- doit prier chaque jour : pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés. »

 Il s'agit de passer des mains offertes, ouvertes, aux genoux, c'est-à-dire tomber à genoux, croiser les doigts, comme on dit aujourd'hui pudiquement, on ferait mieux de dire prier, mais enfin, voilà, prier, oui, et se mettre à genoux comme dit Saint Paul : « Je tombe à genoux devant le Père, de qui vient toute paternité ». Tout est à recevoir, tout est grâce, tout est don. Docteur de la grâce, Augustin a compris, face aux erreurs qui étaient de son temps de faire la sainteté à la force du poignet, en se donnant justement, simplement un code de la route, non, ça ne marche pas. Notre volonté est blessée, notre volonté est fragilisée, nous avons besoin d'être des mendiants de la grâce de Dieu, c'est-à-dire de son action en nous, « des mendiants de Dieu », c'est une expression que j'aime beaucoup, elle est de Saint Augustin, nous sommes « des mendiants de Dieu » et ça, il faut l'accepter jusqu'au bout. Et Augustin l'a tellement accepté cette humilité profonde de tout son être devant Dieu, qu'il en est même venu à écrire des ouvrages pour corriger ses premiers écrits dans lesquels il sentait justement qu'il y avaient des erreurs, des choses imparfaites, ou même erronées dans cette compréhension du mystère de la grâce, de ce dialogue d'amour entre Dieu et l'homme. Eh bien, demandons à Augustin de nous aider nous aussi à vivre cette conversion permanente qui est sans cesse à re-choisir, passer de la tête au cœur, du cœur aux mains, des mains aux genoux. Amen


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HOMÉLIE DE FRÈRE JEAN-FRANÇOIS
Le mardi 11 septembre 2018
Solennité de l'anniversaire de la DÉDICACE de NOTRE ÉGLISE canoniale SAINTE MARIE, MÈRE DU RÉDEMPTEUR


1 Rois 8/22-23, 27-30 ; Ps 121/1-9 ; 1 Pi 2/4-9 ; Luc 19/1-10.


Introduction : Le Dimanche 11 septembre 1994, Monseigneur Louis-Marie Billé, alors évêque de Laval, consacrait notre église canoniale sous le vocable : « Sainte Marie Mère du Rédempteur ». 4000 personnes étaient présentes à cet événement.

 Aujourd'hui, nous célébrons l'anniversaire de la Dédicace de cette église, bâtie en l'honneur de Sainte Marie Mère du Rédempteur. Il est bon de ré-entendre l'exhortation de l'évêque consécrateur de notre église canoniale : « Cet édifice, on l'appelle une église où votre communauté sait que sa prière liturgique accomplit une mission reçue et constitue une responsabilité qui vous est confiée, où votre communauté recevra de l'Esprit-Saint cette communion missionnaire que le même Esprit-Saint donne au peuple de Dieu tout entier. Dans ce lieu, la nécessité rencontre le mystère. Et voilà le paradoxe : le Peuple de Dieu que nous sommes ne peut se passer d'une habitation de pierres pour aller vers son Dieu. En même temps, l'habitation de Dieu, c'est son peuple. Dès lors la maison de pierres n'est plus une maison parmi d'autres. Elle est la maison du Peuple que Dieu habite, elle est la maison de Dieu. Elle nous renvoie à la construction que nous sommes, à la construction qui nous est donnée d'être, au Temple de l'Esprit, à l'église vivante. Nous ne construisons d'églises que pour nous laisser construire en Église. Et la table de l'autel, ce n'est plus seulement celle de notre offrande, c'est la table autour de laquelle le Christ Ressuscité se donne à reconnaître au partage du Pain qui est son Corps ».

 Eh bien, après cette longue introduction, entrons dans la célébration, comme Corps du Christ, renouvelé dans sa miséricorde, avec l'aide de la Vierge Marie et de tous les saints; reconnaissons que nous sommes pécheurs.


Homélie : Jésus traverse la ville de Jéricho, cette ville du bas-fonds du monde, pour chercher et sauver ce qui est perdu en la personne de Zachée, et quelque part, nous pouvons nous reconnaître en ce personnage afin que Zachée trouve sa demeure, d'abord que Dieu trouve sa demeure en lui, et que Zachée trouve sa joie en Dieu. Qu'il devienne cette demeure sainte ! C'est un peu notre histoire :

 Ce sanctuaire qui a 14 ans (24 ans), avant qu'il fût, il n'y avait rien, puis ce fut le chantier, puis ensuite la consécration, et 14 (24) années de prière intense dans ce lieu, ce lieu sanctifié, ce lieu où repose le nom de Dieu, ce lieu consacré à Marie. Pour nous, c'est pareil, notre vie est un chantier de sainteté, la 1ère pierre c'est le sacrement du baptême. Ensuite, il y a tout un cheminement d'approfondissement, de construction, d'élévation, par l'Esprit-Saint, pour qu'un jour nous puissions entrer dans la demeure de Dieu, dans le sanctuaire de Dieu, dans le cœur de Dieu.

 Pour la gloire de Dieu, aujourd'hui, nous célébrons cet anniversaire de la dédicace de notre église canoniale « Sainte Marie, Mère du Rédempteur », bien sûr, avec une reconnaissance particulière à Mère Marie de la Croix à qui nous devons tant.

 Dans la vie de Jésus, le temple tient une grande place. Jésus en a éprouvé l'attirance. Bien sûr, il a dit: « C'est la maison de mon Père », « maison de prière ». Et à Gethsémani, dans le jardin des oliviers, Jésus déclare à ses bourreaux aussi : « Chaque jour, j'étais assis dans le Temple à enseigner ».

 Si le sanctuaire du corps de Marie a été préservé de toute souillure, Sainte Marie Mère du Rédempteur, il n'en est pas de même du Temple de Jérusalem qui a été souillé et instrumentalisé par les hommes, ainsi voudront-ils souiller et assujettir celui du Corps du Christ. Et nous ne sommes pas épargnés aussi en cela, par nous-mêmes d'abord.

 Eh bien, pour la solennité de la Dédicace, cette année, la liturgie nous propose une surprenante rencontre entre Jésus et Zachée. Étonnant Zachée ! Il n'est pas grand; il doit être encore jeune car il court vite; il est souple car il monte aux arbres; il a la parole facile, il est même prolixe; il est débrouillard car il est devenu le chef des collecteurs d'impôts pour les Romains. A Jéricho, lieu de douane, sa réputation est bien établie, c'est le chef de la mafia locale, il est influent et très riche, et sans doute redouté et méprisé.

 Au jardin d'Eden, Dieu cherche l'homme qui s'est caché dans les feuillages. Aujourd'hui, Jésus, le Fils de Dieu, le trouve perché dans un arbre poussé par le désir de la curiosité et non de la conversion. Or Jésus nous a dit qu'un bon arbre ne peut pas porter de mauvais fruits, alors Jésus va dire à Zachée : « Descends de cet arbre, ce n'est pas ta place », car celui qui sera élevé sur l'arbre de la croix, c'est Jésus lui-même qui donnera son fruit : la miséricorde. Cet homme perché sur un sycomore à l'entrée de Jéricho, c'est Zachée, dont le nom signifie curieusement : « le justifié », comprenons sans doute, celui qui s'auto-justifie. C'est le pécheur à qui le Christ vient offrir sa miséricorde, sa justification. Sans le savoir, c'est le quêteur de Dieu que la lumière vient éclairer. Car l'homme mû par l'élan de son âme, avide de vérité, il sort de l'anonymat de la foule, pour voir le visage du Sauveur, dès l'instant où il apprends qu'il doit passer par là. « Et il cherchait à voir qui était Jésus, mais il ne le pouvait pas à cause de la foule, car il était de petite taille », nous dit l'Écriture.

 Jusqu'ici, Zachée a vécu l'expérience du publicain qui s'enrichit aux dépens d'autrui; du pécheur qui se distrait au contact du quotidien. Mais Jésus voit en lui quelqu'un en quête d'autre chose. Il va fermer les yeux sur ce qui crève les yeux de tout le monde en choisissant d'aller loger chez ce pécheur. Car c'est la sagesse de Dieu qui se révèle : « Tu as pitié de tous les hommes, parce que tu peux tout. Tu fermes les yeux sur les péchés, pour qu'ils se convertissent ». Ce qui fera dire à Saint Jean Chrysostome : « Quelle vigueur envers les justes, quelle indulgence envers les pécheurs », admirant combien, en évitant tout à la fois d'effrayer le pécheur et de flatter le juste, il conduit l'un et l'autre aux portes du salut.

 Ainsi en est-il de chacun de nous que le Christ regarde sans cesse de ses yeux plein de miséricorde, quand nous nous reconnaissons pécheurs, et à qui il parle de sa voix pleine d'exigence quand nous nous croyons justes.

 Zachée, lui, ne craint ni la raillerie, ni les moqueries ! Il dépasse ce qui le plus souvent nous empêche de nous élever au-dessus de nous-mêmes, pour rencontrer le Seigneur : la peur du « Qu'en dira-t-on ». Nous avons parfois, en effet, tellement peur de nous faire remarquer dans notre quête de Dieu ! Et ce n'est pas la moindre astuce du Malin que de nous maintenir à distance du Seigneur, non pas tellement à cause de l'attrait du mal, ou de la rude exigence du bien, mais plus banalement, plus sottement, par crainte du ridicule. Comme si le jugement des hommes nous importait plus que la joie de plaire à Dieu. Nous nous arrêtons à ce que nous savons être vain, et nous restons ainsi, arrêtés, immobilisés, au seuil du pas libérateur.

 « Zachée, descend vite ! Il me faut aujourd'hui demeurer chez toi ». Et vite, il descendit et le reçut avec joie ». En dépassant son amour-propre, Zachée se libère, d'un coup, de toute dépendance à l'égard de l'opinion publique. Il ne raisonne plus. Il ne s'écoute plus, il abdique, il ne cherche pas à comprendre, il entend la voix, il descend ! Quand Dieu quitte la majesté des cieux pour venir frapper au seuil de notre demeure, nous ne pouvons pas rester les bras ballants, statiques et muets. Il faut descendre, il faut ouvrir. Et dans la foi, et l'humilité, s'accorder la grâce incomparable de laisser Dieu entrer. Alors Zachée, résolument dit au Seigneur : « Oui, Seigneur, je vais donner la moitié de mes biens aux pauvres, la moitié, et si j'ai fait du tort à quelqu'un, je lui rendrai le quadruple ». Il se confesse sur le seuil et communie à la table du Seigneur. La découverte du Seigneur l'ouvre à la rencontre des autres. En se livrant à l'amour du Christ, il se livre à l'amour des hommes. Zachée, enfin, se sait aimé, et à son tour, il peut aimer, se donner. Il est sauvé ! La bonté du regard du Seigneur, accompagnée de sa parole de miséricorde, ouvre et transforme le cœur de Zachée qui ne s'appartient plus, et se livre dans une confession publique en se reconnaissant pécheur, et, dans la grâce du pardon, va œuvrer à la réconciliation et à la réparation du mal qu'il a commis.

 La conclusion sera donnée par Jésus lui-même : « Aujourd'hui, le salut est arrivé à cette maison, car le Fils de l'homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu ». Cette merveilleuse rencontre du Christ et de Zachée nous révèle quelque chose d'essentiel, par delà les contingences aménagées par la providence, l'essentiel, la rencontre la plus authentique de Dieu se fait dans le cœur de chacun, quand l'intelligence pratique en quête de Dieu se laisse illuminer par son amour.

 Le dépassement du raisonnable, de l'intelligible, du sensible, est la condition nécessaire de l'approche du Seigneur, ce qui fait dire à Saint Grégoire de Nysse : « Celui qui a purifié son cœur voit Dieu, non pas dans un face à face, mais imprimé en lui, comme en un reflet. Celui qui se purifie retrouve Dieu en lui ».

 « Zachée, descend vite ! Aujourd'hui, il me faut demeurer chez toi ». Zachée devient ce bon larron auquel le Seigneur dit : « Aujourd'hui, tu es avec moi chez toi, demain tu le seras en mon paradis, chez moi ! Le Seigneur apparaît dans la transparence de notre vie, quand est levé le voile qui embuait le miroir de notre âme, et l'image gravée en elle, depuis le premier jour, se laisse voir. L'acte de l'humilité de l'intelligence qui s'est heurtée à l'incompréhensible fait place à l'illumination intérieure qui remonte du cœur. Une voix se fait entendre, une Présence se laisse reconnaître, un chemin s'ouvre, mais il faut descendre de sa tour d'ivoire, et ôter ses sandales et ses assurances humaines, car nous découvrons que nous sommes en Terre Sainte.

 Ce que nous célébrons en ce moment, c'est la rencontre du Zachée que nous sommes avec le Seigneur qui dit à chacun : « Heureux es-tu, toi qui es invité à mon repas eucharistique, te voici en présence de l'Agneau de Dieu qui enlève ton péché, et celui du monde ». Répondons-nous en vérité ? : « Seigneur, je ne suis pas digne de te recevoir, mais dis seulement une parole, et je serai guéri ! » Zachée, en accueillant chez lui le Seigneur, est devenu une demeure de Dieu.

 Selon l'exemple de Zachée : « Que Dieu nous trouve digne de l'appel qu'il nous adresse, dans l'humilité, l'obéissance et particulièrement, l'obéissance à l'Eglise, par sa puissance, qu'il nous donne d'accomplir tout le bien que nous désirons et qu'il rende active notre foi ».

 Dans ce temple, l'Eglise du Christ que nous sommes, et dans laquelle nous sommes, Saint Bernard nous exhorte à y pénétrer en nous revêtant des deux ailes des anges brûlants que sont les chérubins : l'une est admiration, louange, l'autre vénération. Admiration et louange de la beauté de Dieu. Vénération, qui est adoration, et n'est accessible que par les vertus mariales d'humilité et de charité.

 Ainsi, levons nos regards pleins d'admiration, et inclinons nos cœurs en adoration à chaque élévation du Corps et du Sang du Seigneur, notre Rédempteur.

 Que Marie, Temple de l'Esprit-Saint, Reine de tous les saints, notre Mère, nous accompagne sur le chemin de la miséricorde et de la joie du Seigneur. Amen.


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