HOMÉLIE PRONONCÉES EN DIVERSES CIRCONSTANCES en 2019 (Année C)


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 HOMÉLIE DE FRÈRE JEAN-FRANÇOIS

samedi 2 Février 2019

PRÉSENTATION DE JÉSUS AU TEMPLE,  Sol.










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HOMÉLIE DE FRÈRE JEAN-FRANÇOIS
Le samedi 2 février 2019
PRÉSENTATION DE JÉSUS AU TEMPLE ET PURIFICATION DE MARIE, Solennité patronale


Ml 3, 1-4 ; Ps 23/7-10 ; He 2, 14-18 ; Lc 2, 22-40


Homélie : En cette merveilleuse Fête du Seigneur, car c'est une Fête du Seigneur d'abord, nous est révélée à la fois cette lumière, "lumière pour les Nations, gloire d'Israël", car Il vient sauver, sauver le monde, et Il vient pour notre Salut. Et aujourd'hui, c'est vraiment un jour de joie pour l'Eglise et, au service de l'Eglise, pour la vie consacrée.

 La Présentation de Jésus au Temple est bien sûr notre Fête patronale. Jésus est présenté au Temple par Marie et Joseph, c'est donc une montée vers Jérusalem. Et cette montée est l'annonce déjà de l'ultime montée de Jésus à Jérusalem. Jésus, le Fils du Père, entre dans son Temple. Syméon et Anne, à la lumière de la foi, poussés par l'Esprit-Saint, viennent au Temple. Nous-mêmes, munis de la lumière et guidés par l'Esprit-Saint, eh bien, nous sommes conduits dans le sanctuaire à la rencontre du Seigneur à la suite de Marie et de Joseph. Et sous l'action de l'Esprit-Saint, notre rencontre avec le Seigneur se fait devant l'autel, l'autel de l'offrande.

 La Fête de la Présentation au Temple se réalise à l'autel, à l'heure de l'offrande, pour la purification. Par Marie et Joseph, Jésus s'offre pour la purification, pour le Salut du monde, Il est venu pour cela. Ce n'est pas Lui qui est purifié, c'est nous. A cet instant, il n'y a qu'une seule offrande, une seule prière, un seul sacrifice, celui de Jésus. Et j'aime à penser que, dans notre cœur, il doit y avoir aussi cette disposition à accueillir cette réconciliation, ce pardon de Dieu, ce salut de Dieu, qui doit s'étendre, bien sûr, à nous-mêmes et à tous ceux avec qui nous vivons, tous ceux que nous côtoyons. Nous avons une démarche intérieure à faire, justement d'offrande de ce que nous sommes pour accueillir cette miséricorde, ce don de Dieu.

 Syméon et Joseph n'offrent pas Jésus au Temple, ils le présentent. Marie, elle, elle entre dans l'offrande de Jésus. Syméon bénit Dieu, il est dans l'action de grâce : « Mes yeux ont vu ton salut ». Syméon, Marie, Joseph, Anne sont les pauvres du Seigneur. Il faut un cœur de pauvre, un cœur de pauvre est ouvert ! Et parce que leur cœur est ouvert dans un oui de disponibilité, « Ecce, me voici », l'amour de Dieu agit en eux et ils participent ainsi à l'offrande de Jésus à son Père, à la prière de Jésus, au sacrifice de Jésus. C'est le même Esprit-Saint qui en eux prie, sanctifie, purifie, pardonne, répare. Jésus dans son Temple est déjà l'autel, le prêtre, la victime, la lumière du monde et la gloire d'Israël. Pourtant, ce ne sont pas les prêtres chargés du culte, ni les docteurs chargés de l'interprétation de la Torah qui viennent l'accueillir, mais deux anawims. Ces pauvres que Dieu aime, précisément en raison de leur humilité de cœur, c'est parce qu'ils ont le cœur pur, purifié de tout orgueil, qu'ils peuvent voir Dieu (« Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu ») et reconnaître la présence du Messie dans l'enfant qui est présenté ce jour là, au Temple.

 Le contraste est étonnant. La Présentation de Jésus au Temple est le point de rencontre de la perfection et de la limite humaine avec la sainteté et la simplicité de Dieu. Les hommes pouvaient-ils offrir à Dieu une splendeur plus achevée que leur Temple de Jérusalem qui avait demandé près de 50 années de labeur, avec la contribution de millier d'ouvriers ? Pouvait-il y avoir une perfection humaine plus grande que celle de Marie, de Joseph, de ces Saints, Syméon, Anne ? Et pourtant ce Temple de pierre sera détruit. Syméon et Anne, très âgés, sont en fin de vie, leur mission est accomplie. Syméon va dire : « Le Seigneur a entendu ».

 Or Jésus, le Fils de Dieu, assume les limites humaines en prenant chair de la Vierge Marie, en étant accueilli dans ce Temple de pierre par les pauvres du Seigneur. C'est dans ce Temple, maison du Père, dans la présence de l'Esprit-Saint, que le mystère de Jésus se révèle. Syméon reçoit dans le sanctuaire, il reçoit l'enfant dans ses bras. Plus tard, un autre juste, Joseph, Joseph d'Arimathie recevra de la Croix le corps de Jésus pour le déposer au sépulcre. Syméon et Joseph d'Arimathie attendaient la consolation d'Israël. Syméon prononce un double oracle sur Jésus et Marie et sur la multitude. Oracle du salut et de jugement, d'acceptation et de refus, de foi et d'incrédulité.

 Et on se trouve là, à la jointure, et c'est cette jointure qui nous rejoint au fond de nous-mêmes dans notre cœur. Le Seigneur vient visiter cette jointure, justement, pour la purifier. Un oracle de division : « Cet enfant doit amener la chute et le relèvement d'un grand nombre en Israël, il doit être un signe en butte à la contradiction, afin que se révèlent les pensées intimes de bien des cœurs ». Et nous-mêmes, nous ne sommes pas épargnés. Cette révélation intime, elle trouve son point de guérison dans ces sacrements d'Eucharistie et de Réconciliation. Un jour, Jésus dira : « Pensez-vous que je suis venu pour apporter la paix sur la terre ? ».

 Jésus est la pierre angulaire, et je traduirai volontiers, la pierre d'autel, pierre d'autel « qu'ont rejeté les bâtisseurs, qui est devenue la pierre d'angle » selon le psaume 117 (118). Le « Nunc dimittis » de Syméon est aussi le chant du Salut universel : « Le Salut que tu as préparé à la face de tous les peuples ». « Tous les confins de la terre ont vu le salut de Dieu », proclament Isaïe et le psaume 98. Il faut ré-entendre cette béatitude : « Heureux les yeux qui voient ce que vous voyez ». Et pour voir, il faut un cœur pur : « Car je vous le dis : beaucoup de prophètes et de rois ont voulu voir ce que vous voyez, et ne l'ont pas vu, entendre ce que vous entendez, et ne l'ont pas entendu ».

 Comment entendre et voir la révélation du mystère de Jésus dans le Temple ? Y a-t-il une autre approche que la médiation de Marie, sa disposition de cœur et la limpidité de son regard, sa docilité, son effacement ? De qui Syméon reçut-il l'enfant ? C'est bien des mains de Marie ! Joseph avait apporté les deux colombes. Les mains de Marie étaient ouvertes parce que son cœur était donné. L'Ecce était accompli dans ce Fiat. C'est l'offrande de Marie dans celle de Jésus à son Père. Ayant reçu de Marie son Fils, Jésus, Syméon s'adresse à Marie : « Ton Fils, dit-il, lumière des Nations, sera un signe de contradiction ». Puisque tu participes à son mystère, tu participeras à sa gloire par la Passion. Car au moment où l'enfant est proclamé lumière du monde se profile l'ombre de la croix : « Cet enfant sera signe de contradiction ». Tous ceux qui accueilleront Jésus comme sauveur et Marie la Mère du Rédempteur seront associés à son mystère de vie et de résurrection par la traversée du Fiat. Encore faut-il dire Fiat.

 Puis Syméon chante son Nunc Dimittis. Ce n'est pas un adieu mélancolique parce que la charge confiée est désormais conclue ; c'est au contraire une salutation joyeuse à la Parole de Dieu qui s'accomplit maintenant. Ces sentiments sont ceux de la béatitude : «  Heureux les yeux qui voient ce que vous voyez, car je vous dis : beaucoup de prophètes et de rois ont voulu voir ce que vous voyez, et ne l'ont pas vu, entendre ce que vous entendez, et ne l'ont pas entendu ». C'est les yeux du cœur, les oreilles du cœur. Un chant de foi et d'espérance certes, non pas un rêve mélancolique, c'est cela le sens de l'existence chrétienne.

 Aujourd'hui, nous nous tenons dans le sanctuaire du Seigneur pour proclamer les louanges de Dieu comme Anne la prophétesse qui servait le Seigneur de jour et de nuit dans le jeûne et la prière. Et avec Marie et Joseph, Syméon et Anne, entrons maintenant dans l'offrande eucharistique de Jésus pour laquelle Il est venu à la louange de gloire de son Père pour le Salut du monde afin de chanter avec Marie notre Magnificat. Oui, marchons dans la lumière du Seigneur, nous deviendrons fils de lumière. Amen


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