La Cotellerie J’adore ! J’ai adoré !

Voici le « mot du Père Prieur » paru dans le dernier bulletin « Vivre Marie » du mois de mai 2020*.

Être réceptif

Qui n’a déjà entendu cette exclamation ! Une personne, ayant lu notre dernier bulletin, s’est exclamé : « J’ai adoré ! » Tout est dans l’exclamation, l’accent, la tonalité, la conviction. En véhiculant ces mots chocs, la voix émet une information étonnante qui révèle une passion vibrante.
Tout est-il adorable ? Il est bon de réentendre la pensée de Dieu à ce sujet lorsqu’il nous demande : « Tu adoreras Dieu seul et c’est à lui seul que tu rendras un culte. » Et pourtant, il est des réalités qui s’imposent et qui s’exposent à notre admiration, et pour lesquelles nous disons spontanément: « j’adore ! » Tout vivant quel qu’il soit a besoin d’être en communion, mais en communion de tout son être, de toute son âme, de toutes ses forces. De façon sentie ou non sentie, pour être en communion avec Dieu, il faut y aller de tout son être, totalement, car c’est une communion unique et personnelle.
Et que faire pour se mettre en communion avec Dieu ? Il n’y a rien à faire, rien… si ce n’est se mettre dans un état de réceptivité totale. Il n’y a qu’une manière de communier à Dieu, c’est de le recevoir, de l’accueillir. Dieu ne se vend pas, ne s’achète pas, ne se gagne pas, il se donne. « Je viens, Seigneur, les mains vides, ne comptant que sur vous, mon Dieu, je vous attends… »
Quelle posture utiliser en communion d’adoration ? Soyons réalistes, le tonus musculaire des français est en chute libre. Les animateurs sportifs l’observent depuis quelque temps, et ce dès l’école maternelle. Enfants et jeunes ne marchent plus suffisamment. Les positions assises, allongées ou en relaxation sont habituelles.
Concernant les adultes, ils ont peu d’occasion de développer leurs capacités physiques. Ils se fatiguent plus vite… et donc l’écoute est moins attentive. Alors, employons une posture au meilleur de notre convenance, soyons à la fois simples et respectueux de la présence de Dieu.
Adorer Dieu, sans voir, ni entendre ? L’adoration est avant tout une affaire
de cœur qui s’expose à un amour qui s’impose avec discrétion. Et le silence est le langage privilégié de la disponibilité et de la gratuité. Découvrir la force du silence comme une présence… Maeterlinck disait : « Je ne reconnaîtrai comme ami seulement quelqu’un qui peut demeurer vingt minutes à côté de moi sans parler… » Le silence offre une ampleur étonnante de présence, il informe souvent plus que les mots, justement pour ce que les mots ne parviennent pas toujours à faire exister.
Alors me direz-vous, le Seigneur adore être adoré ? Je crois surtout qu’il attend d’être aimé comme un Père qui aime ses enfants et attend d’en être aimé. Ce Vivre Marie nous aidera, par le témoignage et l’enseignement, à nous conforter dans la nécessité vitale d’adorer le Seigneur qui est présent aussi dans le secret des cœurs, particulièrement en ce temps d’épreuve de la pandémie du covid 19.

Frère Jean-François Croizé,
Prieur

*Vous pouvez retrouver cet article dans le Bulletin de l’Amicale « Vivre Marie » qui paraît une fois par trimestre, voir boutique du Prieuré :