Arquenay LES PETITES SŒURS DÉCONFINÉES

  • Le mois dernier nous partagions avec vous comment nous vivions au mieux le temps du confinement ; maintenant c’est avec joie que nous sommes invitées à en sortir progressivement, comme tout le monde d’ailleurs ! 

L’Eglise vient de célébrer la grande fête de Pentecôte et le Pape François a invité les prêtres de Rome à se laisser surprendre par le Ressuscité ! En effet, « Le Seigneur est en mesure de transformer toute logique et de donner un nouveau sens à l’histoire et aux événements » insiste-t-il. Et il ajoute qu’en cette nouvelle phase, « la foi nous permet une imagination réaliste et créative ».

Ainsi, avec la grâce de l’Esprit Saint nous voulons accueillir « le Seigneur qui… donne un nouveau sens à l’histoire et aux événements ».

« Comment cela peut-il se faire ? » N’est-ce pas la question de la Vierge Marie face aux imprévus de Dieu ? Eh bien, comme Saint Joseph à Nazareth, comme Saint Jean au pied de la Croix prenons Marie chez nous, elle, notre Mère et Maîtresse ; oui, c’est Elle qui nous enseigne et nous conduit. De même que Marie peut s’inviter chez tout baptisé, en toute « église domestique », en toute communauté chrétienne, ainsi nous l’accueillons particulièrement dans notre Communauté Notre Dame de Nazareth.

  • Suite à cette pandémie et toutes ses conséquences, le Pape invite à vivre autrement car tous, ayant vécu cette épreuve, ne peuvent qu’être transformés par l’Esprit Saint qui agit dans les cœurs et la vie des personnes. Donc, à chacun de répondre ; à nous aussi de le faire…

Le temps du confinement, si facile ou si difficile soit-il, nous a tous obligés à « marcher ensemble », à vivre ensemble. Et pour que cela se réalise vraiment, nous avons fait le choix, avec l’aide de Dieu, de construire notre petite fraternité « ici et maintenant » et pour le bien de tous ! Merci Seigneur pour cette grâce qui fait grandir dans l’Amour !

Entre autres choses, le Pape François, pendant tout le temps du confinement, a beaucoup insisté sur la communion spirituelle, disant chaque jour, au nom de tous ceux qui ne pouvaient pas communier sacramentellement, la prière du cardinal espagnol, Rafael Merry del Val (1865-1930) :

« À tes pieds, ô mon Jésus, je me prosterne et je t’offre le repentir de mon cœur contrit qui s’abîme dans son néant en ta sainte présence.  Je t’adore dans le sacrement de ton amour, l’Eucharistie. Je désire te recevoir dans la pauvre demeure que t’offre mon cœur ; dans l’attente du bonheur de la communion sacramentelle, je veux te posséder en esprit.Viens à moi, ô mon Jésus, pour que je vienne à toi. Puisse ton amour enflammer tout mon être pour la vie et pour la mort. Je crois en toi, j’espère en toi, je t’aime. Ainsi soit-il. »

Merci au Pape François de nous avoir aidés à grandir dans la foi, l’espérance et l’amour, de nous avoir montré comment cheminer pour combler le désir de Dieu en nous…

Finalement avec du recul, cette période de confinement peut nous paraître aujourd’hui comme un temps de grâces ; à nous de découvrir ces grâces, de les reconnaître et d’en remercier Dieu !

  • Maintenant, nous reprenons le chemin de La Cotellerie et celui de l’église de Meslay du Maine pour vivre les célébrations eucharistiques et cela n’est peut-être pas tout à fait comme avant, car Dieu a pu nous transformer intérieurement…

En tout cas, sur un plan concret, nous sommes tous un peu bousculés à cause des changements : le port du masque, la distanciation, le respect des règles sanitaires…En particulier en ce qui concerne la forme de la communion eucharistique, l’Eglise nous demande temporairement de communier en présentant nos deux mains, l’une servant de Trône et l’autre pour prendre l’Hostie et la déposer dans notre bouche…Nous n’avons pas forcément l’habitude de communier ainsi, tout en sachant que depuis la réforme liturgique les deux manières de communier sont autorisées. Quoi qu’il en soit, Dieu regarde le cœur profond d’où viennent nos motivations et nos désirs authentiques ; or Dieu recherche avant tout un cœur pur qui lui soit agréable et ce qui est agréable à Dieu, c’est la docilité, l’obéissance à ce que demande l’Eglise, qui fait aussi appel à notre sens de l’unité.

  • En approfondissant tout cela, il est très intéressant de noter que la tradition de la communion dans la main est clairement attestée dans la littérature des premiers siècles. Il suffit de consulter les catéchèses d’Augustin, d’Ambroise de Milan, de Jean Chrysostome, de Théodore de Mopsueste ou de Cyrille de Jérusalem.

À titre d’exemple, ce dernier rappelle à ceux qui se présentent pour la première fois à la communion : « Ne t’avance pas les paumes des mains étendues, ni les doigts écartés : mais fais de ta main gauche un trône pour ta main droite, puisqu’elle doit recevoir le Roi, et dans le creux de ta main, reçois le Corps du Christ, disant ‘Amen’ ».

Ailleurs on parlera d’une symbolique qui s’établit entre les mains qui accueillent le Sauveur et la crèche de Bethléem. Souvenons-nous aussi qu’une décision du Concile In Trullo tenu à Constantinople en l’an 692 en présence de plus de 200 évêques l’affirme clairement : «On doit recevoir la sainte communion sur les mains tenues en forme de croix… » (Canon 101).

Pour nous le choix est d’être en communion avec l’Eglise donc d’être tout simplement en accord avec ce qu’elle demande…

Et quand nous recevons le Corps du Christ, puissions-nous chanter comme le psalmiste : «Mon cœur est prêt, mon Dieu, mon cœur est prêt !…Ton amour est plus grand que les cieux, ta vérité, plus haute que les nues ! », psaume 56.

  • Le Pape François dit encore que la première communauté apostolique a aussi vécu des moments de confinement, d’isolement, de peur et d’incertitude…Si ces « hommes peureux ont été capables d’initier un courant nouveau, une annonce vivante de Dieu avec nous, alors il ne faut pas avoir peur de rechercher la sainteté en vivant les Béatitudes et les règles de comportement à tenir face à la perspective du Jugement dernier. »

Eh bien, nous tous avons été enfermées, confinées, et maintenant nous avons reçu les Dons de l’Esprit Saint, ainsi nous sommes comme « propulsés », nous sommes invités à sortir, comme les Apôtres et comme la Vierge Marie. D’ailleurs, le dimanche 31 mai dernier en célébrant la Pentecôte, intérieurement nous avons fait mémoire de Notre Dame de la Visitation qui est partie à la rencontre de sa cousine Elisabeth tout en portant en elle, Jésus, Lumière pour tous les peuples !

Enfin, nous remercions notre Fondatrice, Mère Marie de la Croix, qui affirme que « depuis les Apôtres le Saint Esprit continue d’agir, de venir dans les âmes dociles à son impulsion », alors, nous vous souhaitons un beau mois de Juin sous le souffle de l’Esprit de Pentecôte !

Ecce, Fiat, Magnificat !

Ecce, nous voici !

Fiat, nous acceptons !

Magnificat, avec Marie nous adorons et bénissons le Seigneur !

Les Petites Sœurs de Marie