2e DIMANCHE de l’AVENT A 7 décembre 2025

7 décembre 2025

  • Frère Yves  FRÉMONT Frère Yves FRÉMONT

Toute la célébration est disponible sur Youtube

HOMELIE

Dans le livre d’Isaïe : « Un rameau sortira de la souche de Jessé ».

Avec Jessé, nous sommes vers l’an 1000 av. Jésus-Christ.

David, son fils, va devenir le plus grand roi d’Israël. Samuel, le prophète, annonce à David une longue lignée de descendants qui régneront à sa suite et pour toujours. La réalité, à échelle humaine, sera tout autre. Avec l’exil à Babylone, il n’y aura même plus de roi en Israël. De déception en désillusion, à travers les siècles, l’attente du roi-messie se creuse. Pour nous aussi, l’attente d’un changement se creuse.

« Un rameau sortira de la souche de Jessé, père de David, un rejeton sortira de ses racines ». D’un arbre mort et coupé, c’est-à-dire d’une souche, peut surgir un rejeton inattendu. Soyez-en sûrs, tôt ou tard, le Messie viendra. Dieu tient toujours ses promesses. Nous aussi, soyons-en sûrs, un changement inattendu se produira. La venue du Christ, le roi-messie, nous l’attendons dans ce mouvement liturgique, de l’Avent vers Noël. Notre prière nourrit notre espérance.

La Bible, toute entière, est traversée par cette espérance indestructible : notre histoire personnelle et communautaire a un but, un sens. Or le mot sens veut dire deux choses : à la fois « signification » et « direction ». Dieu a un projet. Ce projet inspire toutes les lignes de la Bible, Ancien et Nouveau Testaments. Il porte des noms différents selon les auteurs : « jour de Dieu », « Royaume des cieux », « dessein bienveillant », et c’est toujours du même projet qu’il s’agit. Comme un amoureux qui répète inlassablement les mêmes mots d’amour. Dieu propose inlassablement son projet de bonheur à l’humanité. C’est ce que nous avons entendu dans le psaume :

« Dieu donne au roi tes pouvoirs… Qu’il fasse droit au malheureux… En lui, qu’elles soient bénies, toutes les familles de la terre ; que tous les pays le disent bienheureux ! ». Jésus vient à nous, revêtu de la puissance de Dieu, pour nous libérer de tout ce qui entrave notre soif de justice et de paix. La Bible a cette force incroyable, cette audace d’affirmer contre vents et marées, et contre toutes les apparences contraires, que le jour de la paix viendra. La Bible, nous invite à regarder le monde avec les yeux de Dieu, à nous replacer devant le projet de Dieu pour, raviver notre espérance et pour trouver la force de travailler, à l’accomplissement de la promesse divine.

Saint-Paul dans sa lettre aux Romains nous dit une phrase qui confirme ce que nous venons de dire : « frères, dit-il, tout ce que les livres saints ont dit avant nous est écrit pour nous instruire afin que nous possédions l’espérance grâce à la persévérance et au courage que donne l’Écriture ». Oui, la Parole de Dieu n’a qu’un but, celui de nous instruire d’une manière positive. L’Écriture va toujours dans le sens d’une Bonne Nouvelle et nous oriente vers notre union à Jésus-Christ. C’est lui, en effet, que nous attendons. C’est lui, le Roi-Messie. C’est lui, qui réalise la promesse faite à David. Et Jésus, désormais, règne pour toujours.

Jean-Baptiste annonce cette venue imminente du Messie. « Convertissez-vous, car le royaume des cieux est tout proche ! ». Dans sa prédication, comme beaucoup de prophètes, Jean-Baptiste a un double langage. Il est doux et encourageant pour les humbles, dur et menaçant pour les orgueilleux. Le but, c’est de rassurer les petits, et de réveiller les autres. Cette prédication nous interroge sur notre manière d’être : tout ce qui est mort, desséché dans nos comportements, sera coupé, brûlé, cela permettra aux branches bonnes de se développer. Autre image : le grain sera amassé dans le grenier, la paille sera brûlée. Autrement dit, ce qui est bon en chacun de nous, même si c’est très peu, sera précieusement engrangé. Cela aussi est une bonne nouvelle : il y a, en chacun de nous des comportements, des manières d’être, dont nous ne sommes pas très fiers… Cela, nous en serons débarrassés, il y aura ainsi plus de place pour l’action de l’Esprit-Saint en nous.

Jean-Baptiste nous invite donc, aujourd’hui, à la conversion, à la confiance, à l’espérance car le Royaume de Dieu est tout proche ». De ce qui semble mort, un rejeton de vie peut surgir, avec la puissance que Dieu donne à ceux qui l’écoutent. Terminons, avec cette prière que l’Église nous propose en ce jour : « Seigneur tout-puissant et miséricordieux, ne laisse pas le souci, de nos tâches présentes, entraver notre marche à la rencontre de ton Fils ».

AMEN.