ÉPIPHANIE DU SEIGNEUR Dimanche 4 janvier 2026
4 janvier 2026
-
Frère Yves FRÉMONT
Toute la célébration est disponible sur Youtube
ACCUEIL
En cette solennité de l’Épiphanie, nous célébrons cette manifestation du Christ, à toutes les nations. Les mages nous représentent, nous, les païens, qui sommes associés, au même héritage, que le peuple juif, et, nous venons, nous aussi, adorer le Seigneur, à la crèche. Louons le Seigneur, d’être ainsi, appelés à partager, un si beau, et, si grand héritage, d’être les enfants de Dieu.
HOMÉLIE
Isaïe, dans la première lecture, évoque une situation, qui pourrait être la nôtre, aujourd’hui : le peuple d’Israël est dans la morosité, dans un long tunnel. Le retour de l’exil de Babylone ne porte pas tous les fruits attendus. On pensait pouvoir reconstruire, rapidement, le temple, mais des obstacles nombreux s’y opposent. Et puis, Jérusalem a changé, ce n’est plus la ville, que nous avons connue, il y a 50 ans. La population a bien changé. Tout est à reconstruire. L’ambiance est pesante.
Pour remonter le moral des troupes, le prophète n’a qu’un argument, mais il est de taille : Jérusalem est la Ville Sainte, la Ville choisie par Dieu, pour y faire demeurer le signe de sa Présence. « Debout, Jérusalem ! Resplendis : elle est venue, ta lumière, et la gloire du Seigneur s’est levée sur toi. Regarde : l’obscurité recouvre la terre, mais, sur toi, se lève le Seigneur, et sa gloire brille sur toi ». La promesse ne vise évidemment pas un triomphe politique. Le triomphe, entrevu ici, est celui de Dieu, et, de l’humanité enfin réunis. Progressivement, se dessine, dans le lointain, le mystère de l’Incarnation
A la fin du texte d’Isaïe, les nations rassemblées ne s’y trompent pas : elles chantent les louanges, non pas, de la Ville Sainte ou du peuple, mais de l’action du Seigneur lui-même : « tous les gens de Saba viendront, apportant l’or et l’encens et proclamant les louanges du Seigneur ». À nous, de discerner, les pas de Dieu dans nos histoires. Année après année, la célébration de l’Épiphanie nous rappelle ce projet grandiose de Dieu, le Christ, vrai Dieu et vrai homme, sera révélé comme le Sauveur de tout le genre humain.
Le psaume du jour qualifie ce projet grandiose de Dieu par ces mots : « Dieu, donne ses pouvoirs au roi qu’il s’est choisi … ce roi fera droit aux malheureux !… Tous les pays le serviront… Béni soit le Seigneur, le Dieu d’Israël, lui seul fait des merveilles ! ». Ces vœux, ces prières, concernent le roi qu’on attend, que Dieu a promis, le roi Messie. Et, puisqu’il s’agit d’une promesse de Dieu, on est sûr de la réalisation.
Saint Paul dans sa lettre aux Éphésiens nous révèle que ce projet grandiose de Dieu se réalise en Jésus-Christ, et, qu’il n’est pas seulement pour le peuple d’Israël, mais, pour tous les hommes de tous les temps : « Les païens sont associés au même héritage, dit-il, au même corps, au partage de la même promesse, dans le Christ Jésus, par l’annonce de l’Évangile ».
Justement, l’évangéliste Saint Mathieu, met en scène cette réalité, ce face-à-face surprenant : d’un côté, les mages, qui sont des païens ; de l’autre, les autorités religieuses du peuple juif, ceux qui savent les affaires de Dieu, qui connaissent les promesses de Dieu, qui peuvent citer, sans se tromper, les prophéties…
Eh bien, ce sont les païens qui seront les premiers à reconnaître la venue du Messie et qui sauront se mettre en route vers lui. Mieux encore, par leurs cadeaux, ces mages, ces païens, révèlent le mystère de la personne du Christ.
En effet, l’or, nous dit qu’il est roi. L’or, est le métal précieux, qu’on offrait aux rois. L’encens, nous dit qu’il est Dieu. On brûlait de l’encens devant les autels. La myrrhe enfin, avec laquelle on embaumait les morts, nous dit qu’il est aussi homme, destiné à mourir. Parmi tout ce que St Mathieu nous dit dans ce récit, nous pouvons noter, qu’il peut arriver que la vérité sorte de la bouche des païens !
« Les païens sont associés au même héritage que les juifs » : Saint Paul résume, en une phrase, la révolution qui s’allume à l’Épiphanie, et, qui explose à la Pentecôte. Tous les peuples sont appelés à devenir enfants de Dieu comme l’est Israël, depuis l’Alliance avec Abraham. Chacun, quel qu’il soit, son origine, est appelé à être divinisé par le Christ dans l’Esprit Saint. Aujourd’hui, en cette solennité de l’Épiphanie, le caractère universel de la mission de Jésus devient manifeste. Jésus, est bien le Rédempteur de toute l’humanité, et, c’est Lui, que nous sommes en train d’accueillir dans cette célébration, dans l’humilité d’une hostie.