NATIVITÉ DU SEIGNEUR Messe du JOUR 25 décembre 2025

25 décembre 2025

  • Frère Jean François	CROIZÉ Frère Jean François CROIZÉ

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HOMÉLIE

Frères et sœurs, en ce Noël, nous sommes touchés par la profondeur, l’émotion, de ce qu’il y a de plus beau, une naissance, la naissance de Jésus, dans une crèche, entouré de Marie, de Joseph, et des petits.

Peut-être, avez-vous été étonnés, que, dans cet évangile du jour de Noël, le décor de la nuit, a, comme disparu ! Plus de ciel étoilé, d’anges en fête, plus d’étable avec l’enfant, qui repose entre le bœuf et l’âne gris, autour de sa mère Marie, et de Joseph, plus de bergers avec leurs troupeaux… tout ce qui fait le charme authentique de cette Nativité.

Et, notre étonnement est complet, devant le contraste, entre la grandeur du mystère que nous venons d’entendre et les circonstances, touchantes, émouvantes, de cette naissance, que la liturgie de la nuit nous rapportait, Joseph et Marie, l’enfant Jésus, déposé dans une mangeoire, les bergers convoqués comme premiers invités du nouveau-né. Cette nuit, nous avons contemplé l’humanité de Jésus, dans la simplicité d’un nouveau-né. Ce matin, nous sommes élevés à la contemplation du mystère de sa divinité.

L’Église, nous propose, en lieu et place, un évangile, certes, moins poétique : le prologue de Saint Jean.

Que nous faut-il comprendre ? Tout simplement, il nous proclame, avec force, le même mystère que nous devons accueillir et méditer : « Le Verbe s’est fait chair et il a habité parmi nous. » Le Verbe, c’est Jésus, le Fils de Dieu.

Cette Parole, nous fait entrer dans la compréhension, de ce qu’est, la très grande prévenance et bienveillance de l’amour de Dieu pour nous : il s’est fait l’un de nous, tout proche, tout petit, pour nous visiter, et nous sauver. Nous comprenons, que, la toute-puissance de l’amour de Dieu pour nous, n’est pas un acte de domination, mais d’abaissement ; Dieu ne se manifeste pas, ici dans la grandeur, ni la splendeur, mais, dans l’humilité, la petitesse, et la tendresse d’un enfant.

Ce qu’il y a de faible, de pauvre dans le monde, c’est ce que Dieu a choisi, pour nous manifester son amour, nous dit Saint Paul. La toute-puissance de l’amour de Dieu pour nous, se manifeste dans le don total de lui-même, il ne garde rien pour lui, il donne tout. « Pour nous, les hommes, et pour notre salut, il descendit du ciel » … Dieu se fait homme, le maître se fait serviteur, le bon Pasteur se fait petit agneau.

Nous comprenons, qu’il y a un double abaissement de Dieu, à Noël ; cet abaissement de Dieu se réalise dans l’incarnation de Jésus à la crèche ; à Pâques, cet abaissement de Dieu, se fera dans la passion de Jésus sur la croix. « De la crèche au crucifiement, Dieu nous livre un profond mystère », dit le cantique. Le Verbe était Dieu, il est venu habiter chez les siens, devenu semblable aux hommes…Puis, il s’est abaissé, davantage encore, se faisant obéissant, jusqu’à la mort, et, la mort sur la croix, et les siens ne l’ont pas reçu.

Savons-nous encore, nous émerveiller, de cette prodigieuse et progressive descente de Dieu, dans une personnalisation et une intériorisation, de plus en plus profonde ? Pensons-y, ce très grand amour de Dieu pour nous, est un don qu’il nous faut accueillir avec, la confiance humble et profonde de la Vierge Marie et de Saint Joseph : c’est-à-dire, par la foi en Jésus-Christ, Fils de Dieu.

Dans ce prologue, il n’y a donc pas d’annonce de la Nativité aux bergers, dans l’effervescence et la joie du chœur des anges, mais, le motif de l’incarnation, est très clairement exprimé dans une phrase très forte, qu’il nous faut encore méditer : « A tous ceux qui l’ont reçu, il leur a donné le pouvoir de devenir enfant de Dieu », pas moins !

Voilà, la raison d’être de ce grand mystère de la Nativité : faire de nous des enfants de Dieu ! Et Saint Jean ajoute : « ils ne sont pas nés de la chair et du sang, ni d’une volonté humaine ; ils sont nés de Dieu », oui, nous sommes nés de Dieu par le baptême.

Il y a là quelque chose de très nouveau dans l’histoire de l’humanité, c’est la nouveauté chrétienne par excellence, le don de Dieu, ne se manifeste pas seulement par son incarnation, mais, aussi par son habitation en nous, par la grâce du Saint-Esprit répandue dans nos âmes. Saint Paul affirme : « la grâce de Dieu s’est manifestée pour le salut de tous les hommes ».

Enfant de Dieu, c’est notre dignité, notre identité la plus profonde. Nous sommes faits pour être enfants de Dieu, exister et vivre en enfants de Dieu est une nécessité qui nous incombe, aussi naturellement et aussi vitalement que nous avons besoin de respirer pour vivre.

A cette dignité, est lié immédiatement, le don de la joie : « Éclate en cris de joie, Jérusalem, car le Seigneur console son peuple ».  Qu’est-ce qui est cause de la joie ? C’est la certitude, d’être consolés, aimés, sauvés. Nous savons bien que, l’enfant, qui ne se sent pas aimé de ses parents ou de son entourage sera ou se rendra malheureux. Et, il en va de même, pour chacun d’entre nous. Accéder à notre dignité d’enfants de Dieu, nous fait entrer dans la joie d’être aimé de Dieu. Il est bon de se le rappeler, durant ces fêtes de Noël.

Nous entendons souvent : pourquoi, notre société est devenue si déshumanisante ? Pourquoi, elle s’enfonce dans une tristesse, une désespérance et une violence sans fin ?  C’est, sans doute, parce qu’elle ne reconnaît plus en son âme la présence de l’amour de Dieu. Aujourd’hui, soyons dans l’action de grâce, de notre joie, d’être enfants de Dieu, non seulement, dans un acte de foi et d’adoration. Nous nous inclinons, en esprit et en vérité, devant l’enfant-Dieu de Bethléem, et, nous lui disons notre adoration véritable, comme nous le chantons si bien… “ Oui, un enfant nous est né, un fils nous est donné. Fort est son amour pour nous. Venez, adorons !

AMEN.