SAINT JOSEPH, 19 mars 2026

19 mars 2026

  • Frère Marie-Jean BONNET Frère Marie-Jean BONNET

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Nous sommes heureux d’accueillir parmi nous les enfants de l’école Sainte Thérèse qui se préparent à la Profession de Foi. Bienvenue aussi au groupe des femmes qui viennent pour la lectio divina. Et bienvenue à vous tous pour fêter le protecteur de l’Église universelle.

Nous venons de chanter que le Christ enfant a remis sa vie entre ses mains. Confiance du Père des Cieux donnée à Saint Joseph, pour cette mission si extraordinaire. Il est le plus grand saint, après la Vierge Marie, qui est cité justement dans toutes les messes, dans toutes les prières eucharistiques. Parce qu’après la Vierge Marie, c’est celui qui a eu la mission la plus haute et qui continue, fidèle comme il est, à veiller sur le Christ total que nous sommes, nous l’Église, membres du corps du Christ.

Préparons-nous à entrer dans ce mystère de l’Eucharistie où Jésus nous convoque, nous attend, pour nous vivifier par sa Parole et son Corps, en demandant à Saint Joseph d’ajuster notre cœur au cœur de Dieu, au cœur du Père des Cieux.

 

HOMÉLIE

Un Évangile, à la fois dramatique et riche d’enseignements tant pour les parents que pour les jeunes. Je voudrais retenir trois mots, trois idées : être avec le Père, être chez mon Père, être avec le Père, écouter et obéir.

Mais d’abord souligner que, chaque année, comme nous dit Saint Luc : « Les parents de Jésus se rendaient à Jérusalem, pour la fête de la Pâque. » Peut-être vous le savez ou vous ne le savez pas encore, chers jeunes, les Juifs, les hommes en tous cas, étaient tenus à honorer les trois grandes principales fêtes juives : la Pâque – qui est maintenant devenue, pour nous, la Pâques chrétienne, puisque justement la résurrection de Jésus correspond à cette fête aussi de Pâque juive, libération – la Pâque, la Pentecôte, cinquante jours après Pâque et puis ce qu’on appelle la Fête des Tentes qui fait mémoire de cette longue période du peuple hébreu au désert et de la protection de Dieu pendant cette période.

J’ai lu ce matin, je pensais que tous les hommes étaient tenus de faire trois fois par an ce pèlerinage. C’est ce qui était prévu primitivement. Mais finalement, quand on habitait assez loin de Jérusalem, ce qui était le cas de Nazareth… C’était quand même à plus d’une centaine de kilomètres. Il fallait environ quatre jours, au moins, pour venir, avec les moyens de l’époque, et surtout quand on était accompagné des épouses qui souvent n’étaient pas tenues à faire le pèlerinage, mais souvent accompagnaient leur mari, et tant mieux, et les enfants aussi donc, au moins à partir de douze ans. A partir de douze ans, les garçons étaient tenus de faire le pèlerinage une fois par an au moins donc. Et c’est ce qu’il se passe ici.

Pourquoi douze ans ? Mais parce justement à douze ans – c’est à peu près votre âge pour beaucoup, onze ou douze ans – les garçons faisaient une cérémonie qui s’appelait la Bar-mitzvah, c’est-à-dire c’était une Profession de foi. Et à partir de ce moment-là, le jeune garçon était considéré comme mûr et responsable religieusement. Et donc, il pouvait en particulier lire la Loi, la Parole de Dieu, dans la synagogue.

Et voilà, justement, ce n’est pas par hasard que c’est lors de ce pèlerinage, où Jésus vient célébrer aussi sa Bar-mitzvah, sa maturité religieuse, qu’il reste au Temple, à l’insu de ses parents. C’est quand même assez mystérieux bien sûr. Et puis Joseph et Marie n’avaient jamais eu de problème avec cet enfant sage et obéissant, et puis voilà qu’il disparaît. On devine l’angoisse des parents.

C’est vrai que c’est un texte qui est, je dirais, un texte de référence pour tant et tant de parents, qui pourrait l’être en tous cas, pour tant de parents qui vivent parfois des angoisses vis-à-vis de leurs enfants. Mais, le Père du Ciel veille sur eux aussi, ils ne sont pas les seuls. Mais, ce silence de Dieu qu’ont vécu Marie et Joseph, aussi, pendant ces trois jours de recherche, a dû être terrible. Eux aussi, ils ont fait cette expérience, cette épreuve de ce que l’on appelle parfois le silence de Dieu. Oui, cette permission d’une impression de silence. Mais Dieu a entendu leurs pleurs, entendu leurs cris, entendu leur angoisse. Et évidemment, il va leur rendre Jésus. Je terminerai tout à l’heure, par ce qui est dit à la fin de cet Évangile.

« Etre chez le Père », voilà pourquoi Jésus reste au Temple. Il a atteint, je viens de le dire, sa maturité religieuse. Il est responsable de sa vie religieuse, de sa relation avec le Père, avec Dieu, en tant que jeune Juif. Et il comprend dans son cœur, éclairé par l’Esprit-Saint, que le moment est venu de commencer sa mission de lumière, au milieu des hommes, mystérieusement. Il est quand même très jeune, mais Jésus était toujours obéissant à l’Esprit-Saint qui était pleinement en lui. Il a compris qu’à ce moment-là, lors de cet évènement-là, il avait quelque chose à vivre pour manifester qu’il venait du Père et qu’il était sa priorité. Sa mission première, c’est d’être à l’écoute du Père, pour devenir aussi, lui, lumière et Sauveur.

Du reste, Joseph, son père adoptif, son père qui a eu la mission de l’élever humainement, était le modèle parfait ce cette obéissance intérieure, de cette écoute du Père du Ciel intérieur. Joseph, chaque fois qu’il est question de lui dans l’Évangile, il n’y a pas beaucoup d’épisodes où on parle de lui, mais on voit un homme qui est silencieux, mais qui écoute intérieurement Dieu.

Et c’est le deuxième point que je voulais dire : écouter. Avant que Jésus ne prenne la parole, je dirais, dans le Temple, auprès des docteurs de la Loi, les premières mentions qui sont faites de lui, c’est justement l’écoute. « Ils le trouvèrent dans le Temple, assis au milieu des docteurs : il les écoutait et leur posait des questions. » Première chose que Jésus fait, c’est d’écouter, lui aussi, écouter et poser des questions.

Alors je ne sais pas si c’est toujours ce que vous faites quand vous êtes au cours de catéchisme, d’écouter. D’avoir ce souci d’écouter d’abord, vos aînés qui essayent de vous transmettre la foi dont ils vivent et qui fait leur bonheur. D’écouter et de poser des questions. Ça c’est important aussi. On a le droit et c’est même le devoir, d’essayer d’éclairer, de comprendre sa foi, de comprendre ces vérités de foi. Ecouter et poser des questions.

Mais ensuite, évidemment, Jésus a pris la parole puisqu’il est dit aussi : « Tous ceux qui l’entendaient s’extasiaient sur son intelligence et sur ses réponses. » Donc on lui a posé des questions. On a perçu que ce jeune était particulièrement lucide, et bien sûr on comprend pourquoi : lui, le Fils du Dieu vivant, le Fils unique venu du Père pour, justement, être lumière qui brille au milieu de nos ténèbres. Ecouter.

Alors, vous les jeunes, justement, vous avez aussi un exemple éloquent, parmi notre assemblée, puisqu’il y a tout un groupe de dames qui viennent, une fois par mois, passer toute une journée ou presque, à scruter la Parole de Dieu, à écouter l’Évangile ou d’autres écrits de la Bible qui sont Paroles de Dieu, se mettre à l’écoute de cette Parole.

Ah, je ne sais pas si vous avez un Évangile, au moins un Évangile, les Évangiles, chez vous. En tous cas, votre Profession de Foi, c’est vraiment l’occasion d’oser demander, si on cherche à vous faire des cadeaux. La chose la plus précieuse, c’est de demander le cadeau des Évangiles et peut-être même de la Bible, en tous cas déjà des Évangiles, pour prendre ce pli, comme ces dames qui viennent, comme je vous le disais, une fois par mois. Mais, je pense qu’elles ne font pas ça seulement une fois par mois. Je pense que plus souvent, très souvent, elles ouvrent la Parole de Dieu, pour se mettre à l’écoute du Seigneur, et ajuster ensuite leur vie à cette Parole de vie. Ecouter.

Et puis, plus on est à l’écoute de notre Père du Ciel, plus on est à l’écoute de Dieu, ça ne nous met pas sur un petit nuage. Et Jésus, quand il retrouve ses parents et qu’il redescend avec eux à Nazareth, il nous est dit qu’il leur était soumis. Obéissance de Jésus à Joseph. Lui, le Dieu fait homme, il obéit à Joseph et Marie. Quelle leçon pour nous ! Voilà, plus on est uni à Dieu, ça ne nous éloigne pas des autres. Et si ça nous éloigne des autres, c’est qu’on est sur son petit nuage et qu’on n’écoute pas vraiment le Seigneur. Le Seigneur, il nous renvoie toujours au service, à l’attention, à l’amour des autres. « Il leur était soumis. »

Alors, demandons, les uns pour les autres, par l’intercession, par la prière, la bienveillance de Saint Joseph, nous aussi d’être, comme lui et comme Jésus, fidèle à être à l’écoute de notre Père du Ciel, dans notre cœur, par la Parole de Dieu et dans les autres, parce que Dieu nous parle aussi par les autres. Et puis, effectivement, empressés comme Joseph à obéir aux invitations de Dieu, à la volonté de Dieu.

AMEN.