La Cotellerie LE DERNIER CHEMIN DE CROIX

page mise à jour le 03 avril 2026 à 22h55.

Texte médité le vendredi-SAINT 3 avril 2026 :

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CHEMIN DE CROIX (anonyme)

         Sur la route du Calvaire, Jésus n’est pas seul : il y a les foules de ceux qui ont intérêt à ce qu’il meure, et les soldats qui exécutent une sentence de mort ; il y a aussi Symon de Cyrène, Marie-Madeleine, les femmes qui pleurent et Jean. Et Marie, sa Mère. A la suite de Marie et avec elle, nous y sommes, sur le chemin de la croix, au gré de nos avancées et de nos reculs dans la foi et l’amour.

         Avançons maintenant sur le chemin du Christ.

1ère Station : Jésus est condamné à mort

À chaque station : V/ Nous t’adorons, ô Christ, et nous te bénissons,

R/ car tu as racheté le monde par ta sainte Croix.

         Nous pénétrons avec le Christ dans le tribunal de l’histoire. Devant Jésus le condamné silencieux, d’un côté il y a la foule vociférant des slogans hurlés et répétés : « A mort, crucifie-le ! », dominée et guidée par des manœuvres occultes, victime de la démagogie, complice d’un délit par sa lâcheté. De l’autre côté, il y a Pilate qui incarne un pouvoir plus raffiné ; bien qu’étant conscient de condamner un innocent, Pilate cèdera complètement et « il livra Jésus à leur bon plaisir ».

         Tout au long de l’histoire, la raison d’Etat, les intérêts à protéger les équilibres politiques et autres infamies enrobées de nobles raisons ont allongé à l’infini la liste des victimes innocentes, torturées, humiliées et assassinées.

« Le Christ insulté ne rendait pas l’insulte, maltraité ne menaçait pas, mais s’en remettait à Celui qui juge avec justice » (1 P.2/23)

« Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice : ils seront rassasiés » (Mt 5/6)

Seigneur, la passion de la justice ne brûle pas en nous, nous n’avons pas faim et soif d’accomplir ta volonté sur terre.

Seigneur, nous vivons dans un monde injuste et nous en sommes trop souvent complices parce que nous ne cherchons pas avant tout ton règne de justice.

Seigneur, avec un cœur repentant nous le confessons : nous ne sommes pas justes et nous permettons que le juste soit rejeté.

2ème Station : Jésus est chargé de sa croix

         Les portes du palais du prétoire, le siège du pouvoir romain, se sont fermées. Dehors, la foule attend le lugubre cortège, avec le condamné à mort. Jésus de Nazareth s’avance, portant l’instrument de son supplice. Un geste est en train de s’accomplir, qui se répètera tout au long des siècles sous mille formes diverses, dans l’obscurité des cellules, dans des endroits cachés aux regards indiscrets, en des lieux lointains ou au cœur des villes : la torture du prisonnier.

Jésus, on m’a dit que tu étais roi. Et pourtant tu chancelles sous le fardeau, méprisé… Tu n’as pas les armes des soldats, tu n’as pas la force de l’arrogance, tu n’as pas la puissance des grands. Si tu es dépouillé de toute défense, c’est peut-être pour que ne resplendisse que la puissance de ta douceur, nourrie de la confiance totale dans le Père. Aide-moi, moi qui vis aujourd’hui dans une terre encore marquée par l’inimitié, aide-moi à me revêtir de ta douce force.

« Heureux les doux, ils obtiendront la terre promise » (Mt 5/4)

Jésus, doux et humble de cœur, auprès de toi nous trouvons la paix pour nos vies.

Jésus, roi doux et humble, avec toi devenons capables de justice et de paix.

Jésus, doux et miséricordieux, en te regardant nous devenons indulgents et doux.

3ème Station : Jésus tombe pour la première fois

         Aujourd’hui, la croix se lève sur toutes les églises, c’est un signe porté presque comme un titre honorifique, parfois ciselée dans un métal précieux. Mais à cette époque, dans cette province perdue de l’empire romain, c’était un emblème terrible et infâme. Le supplice des rebelles et des esclaves. C’est pour cette raison que Saint Paul n’hésitait pas à reconnaître que le Christ crucifié était « scandale pour les Juifs et folie pour les païens » (1 Co 1/23).

         Jésus, visage incarné de la bonté et de la patience, épuisé, tombe sous le poids de la croix. Jésus, précipité dans l’humiliation amère devient le frère de tous les derniers de la terre.

Jésus, je suis si souvent orgueilleux, j’ai confiance seulement en moi-même, dans ma force et dans mes raisons. En vérité, dans le secret de mon cœur, moi aussi, j’ai peur de te suivre : ton amour me semble exagéré, ton alliance avec ceux qui souffrent me semble trop exigeante. Je t’en prie : lorsque je suis faible, fais-moi rencontrer ton regard, que je n’aie jamais honte de toi. Comble-moi de ta miséricorde pour que je retrouve la joie d’être libéré de tout péché d’orgueil.

« Heureux les miséricordieux car ils obtiendront miséricorde ».

Jésus miséricordieux, compatissant, lent à la colère et plein d’amour, prends pitié de nous.

Jésus, tu désires la miséricorde et non le sacrifice : rends-nous miséricordieux les uns envers les autres. Seigneur Jésus, riche en miséricorde, que tous connaissent ton amour.

4ème Station : Jésus rencontre sa Mère

         Depuis ce jour lointain où Marie avait chanté son Magnificat, depuis cet autre jour où Marie avait offert son enfant au Temple, et depuis ce jour où Jésus, âgé de douze ans, lui avait avoué, dans le temple de Jérusalem, avoir une autre mission à accomplir, Marie avait entamé un lent parcours de détachement de son Fils. Il était complètement consacré à son Père céleste et Marie l’avait suivi à distance, presque toujours en silence en parcourant le chemin de la foi. Nous sommes avec elle, nous marchons tous avec Marie le long de la route de la foi.

Quand Dieu se cache au moment de l’épreuve, quand les hommes nous abandonnent, même les amis les plus chers, quand nos propres forces semblent aussi nous trahir, il nous reste Marie.

Seigneur, fais que nous sachions faire place dans notre cœur à Marie qui nous accueille comme ses enfants.

5ème Station : Jésus rencontre Symon de Cyrène

         Sur le chemin qui mène à la colline de la crucifixion, il y a la foule bigarrée d’une ville d’Orient. Parmi elle, il y a un certain Symon ; le centurion romain dirige son regard vers lui et le choisit pour soutenir la croix que Jésus n’est plus en mesure de porter seul. Ainsi, sans le vouloir ni le savoir, Symon devient le symbole du disciple qui met en pratique ces paroles que Jésus prononça un jour : « Si quelqu’un veut venir à ma suite, qu’il se renie lui-même, qu’il se charge de sa croix et qu’il me suive » (Mt 16/24).

Jésus, nous te prions pour ceux qui, dès leur plus jeune âge, sont contraints de travailler dans des conditions dures et pénibles, pour ceux qui sont exploités dès leur tendre enfance. Toi qui as pris sur Toi les fardeaux de tous, soulage, à travers notre solidarité, leur humanité fragile et fais que toujours la vie des pauvres, des faibles et de tous soit accueillie, respectée et aimée.

« Il a porté secours à Israël son serviteur, se souvenant de sa miséricorde » (Magnificat)

6ème Station : Véronique essuie la face de Jésus

         L’amour est plus fort que la mort. Véronique, dans un geste de compassion, un geste sans réserve, ni pudeur feinte, ni hésitation, redonne à Jésus un visage plus humain, le visage du Dieu fait Homme.

         La face de Jésus s’était depuis longtemps imprimée en sa Mère plus profondément que dans le linge de Véronique.

Marie, Tu possédais ce visage en ton âme pour l’avoir contemplé sans cesse durant de longues années. A l’exemple de Véronique, donne-nous le courage d’un témoignage vivant d’amour et d’entraide pour toute personne souffrante, malheureuse, et agonisante. Aide-nous à construire notre vie en regardant vers toi, que ton amour désintéressé oriente nos choix en ce monde et que nous sentions ton regard aimant se poser sur nous.

« Mon esprit tressaille de joie en Dieu mon Sauveur

Parce qu’il a jeté les yeux sur son humble servante » (Magnificat).

7ème Station : Jésus tombe pour la deuxième fois

         Malgré la rencontre avec sa mère, sa maman, la présence de Symon et la tendresse de Véronique, Jésus tombe une deuxième fois sous le poids de la cruauté des hommes ; il tombe devant ceux qui se moquent de lui car ils veulent un messie fort.

Marie, toi qui n’es jamais tombée dans le péché et qui as toujours gardé ta sainteté immaculée, lorsque nous sommes offensés ou accablés et que la tentation nous vient d’accuser la méchanceté d’autrui, apprends-nous à réagir par la douceur et le pardon, apprends-nous à nous libérer du mal

         « Il a dispersé les hommes au cœur superbe ;

         Il a renversé les potentats de leurs trônes et élevé les humbles » (Magnificat)

8ème Station : Jésus rencontre les femmes de Jérusalem

         « Heureux ceux qui pleurent, ils seront consolés » (Mt 5/5)

         Parmi cette foule qui se presse sur les bords du chemin marqué par les pas saignants du Christ, il y a aussi une autre présence : un groupe de femmes s’approche de Jésus.

Jésus, devant toi, nous voulons nous rappeler, en faisant nôtres les larmes de nombreuses mères en ce monde, la vie d’innombrables petits, d’enfants qui, dans bien des endroits, sont chargés de fardeaux qu’ils ne méritent pas. Sur ce chemin de souffrance, il est possible de rencontrer l’amour en aimant les autres ou en recevant leur amour.

Heureux sommes-nous si nous savons pleurer avec ceux qui pleurent, car nous connaîtrons la communion des cœurs qui découle de la compassion.

Seigneur, Tu aimes la vérité au fond du cœur

Instruis-moi des profondeurs de la sagesse. » (Psaume 50)

9ème Station : Jésus tombe pour la troisième fois

         « Le propre de l’amour est de s’abaisser », nous dit Sainte Thérèse. Le cœur de Jésus, déchiré par les blocages de peur et de haine qui nous habitent et nous empêchent d’accueillir l’amour, sombre dans les affres de la douleur. Cette troisième chute est un nouveau coup porté au cœur maternel de sa Mère.

Dans un monde qui n’aime pas, celui qui aime est refusé ; dans un monde qui n’est pas juste, les justes sont persécutés ; dans un monde qui ne croit pas, les croyants sont outragés.

                   « Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice : le royaume des cieux est à eux » (Mt 5/10).

                   Quand arrive la persécution à cause de ton Nom, confirme la parole semée en nous.

         Quand l’incompréhension de notre foi nous fait souffrir, que l’Esprit Saint nous console et parle en nous.

10ème Station : Jésus est dépouillé de ses vêtements

         D’abord trahi, puis vendu enfin livré, maintenant Jésus est dépouillé, dépouillé d’énergie, de tout mouvement, dépouillé de ses amis et de ses disciples, dépouillé d’honneur et de dignité, et finalement dépouillé de ses vêtements. Il est là, nu, livré à la vue et à la moquerie des hommes.

Jésus, suivant ta parole : « Tout ce que vous aurez fait aux plus petits, c’est à moi que vous l’aurez fait », donne-nous le courage et la force de vêtir ceux qui sont nus, dépouillés de leur dignité, de les couvrir de notre respect.

Jésus, de riche que tu étais, tu t’es fait pauvre jusqu’au dépouillement. Dieu des pauvres, tu écoutes le cri des derniers de la terre.

Esprit Saint, Père des pauvres, tu es leur consolateur.

11ème Station : Jésus est cloué sur la croix

         Le cortège qui accompagne le condamné à mort, Jésus, est arrivé sur la colline des exécutions. Jésus est crucifié au milieu de deux autres condamnés. Pendant que ses mains et ses pieds sont transpercés par des clous, ses lèvres prononcent une prière : « Père, pardonne-leur ! »

« Père, pardonne-leur ! » : la voix faible de la victime-Jésus traverse les siècles et arrive jusqu’à nous.

C’est ce pardon sans limite, concédé jusqu’à soixante dix fois sept fois qu’il avait demandé à Pierre. C’est aussi tendre l’autre joue. Jésus, apprends-nous à vaincre le mal par le bien.

Que le pardon grandisse dans nos cœurs surtout là où la haine et la violence nous ont déchirés. « Celui qui aime son frère demeure dans la lumière »

12ème Station : Jésus meurt sur la croix

         « Près de la croix se tenait la mère de Jésus, avec la sœur de sa mère, Marie, femme de Cléophas, et Marie-Madeleine. Jésus, voyant sa mère et près d’elle le disciple qu’il aimait, dit à sa mère : « Femme, voici ton fils ». Puis il dit au disciple : « Voici ta mère ». Et à partir de cette heure-là, le disciple la prit chez lui ».

         Maintenant est arrivé le moment du détachement suprême. Par sa mort, son Fils l’abandonne. Mais voici que dans le tournant de cette heure, une phrase descend de cette croix et de ce visage torturé. Une phrase qui est beaucoup plus qu’un testament, une révélation qui marquera un tournant dans la vie de Marie. Elle deviendra mère et ses enfants seront tous ceux qui, comme le « disciple aimé », suivront le Christ dans la foi et l’amour.

Marie, à l’exemple de Jean, nous voudrions pour notre part te prendre chez nous, t’accueillir dans notre vie avec un cœur filial, t’aimer et te faire aimer autour de nous comme notre mère à tous.

            Nous nous recueillons en silence devant la Croix du Christ

13ème Station : Jésus est remis à sa Mère

         C’est une obscurité qui s’étend sur l’histoire de l’humanité, sur son mal et sa honte. Jésus atteint l’abîme. A présent, il est vraiment descendu parmi nous en s’incarnant pleinement, en se révélant comme le fils des hommes. Joseph d’Arimathie, Nicodème et Jean descendent le corps de Jésus de la croix. De l’eau et du sang coulent de son cœur transpercé. Ils déposent son corps, si blessé, sur les genoux de Marie. Elle demeure là, silencieuse, brisée, broyée, elle pleure. Les larmes sont de douleur, de confiance.

                   « Heureux les cœurs purs : ils verront Dieu ».

         « On ne voit bien qu’avec les yeux du cœur » : oui, celui qui a les mains innocentes et le cœur pur, après avoir cherché Dieu, le verra. Celui qui a le cœur pur jouit du bonheur de la présence de Dieu, car il voit les évènements, les choses, les personnes avec les yeux mêmes de Dieu : il les voit comme Dieu les voit, en eux il voit Dieu. Celui qui a le cœur pur a l’œil pur, les lèvres pures, les mains pures.

14ème Station : Jésus est mis au tombeau

         Le corps crucifié et martyrisé de Jésus, enveloppé dans un suaire, glisse lentement des mains charitables de Joseph d’Arimathie dans le sépulcre creusé dans la roche. Pendant ces heures de silence et de ténèbres, le Christ a vraiment atteint l’humanité qui a les jours comptés et qui entrevoit les limites de son existence. La pierre scelle le tombeau : tout est fini. Les disciples sont dans le désarroi et la confusion. Marie garde les paroles et les promesses de Jésus dans son cœur. Elle entre dans le grand silence, jour de l’attente, jour de la confiance. Lorsque tout paraît fini, l’espérance dans les promesses de Jésus demeure.

« Le Christ Jésus, ayant la condition de Dieu, ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu. Mais il s’anéantit, prenant la condition de serviteur. Devenu semblable aux hommes, reconnu homme à son aspect, il s’est abaissé, devenant obéissant jusqu’à la mort et la mort de la croix. C’est pourquoi Dieu l’a exalté, il l’a doté du nom qui est au-dessus de tout nom, afin qu’au nom de Jésus tout genou fléchisse au ciel, sur terre et aux enfers et que toute langue proclame : « Jésus-Christ est Seigneur à la gloire de Dieu le Père » (Ph 2/5-11).

Pour le Texte médité ce vendredi-SAINT 3 avril 2026, au Colisée à Rome : https://www.vatican.va/news_services/liturgy/2026/documents/ns_lit_doc_20260403_via-crucis-meditazioni_fr.html

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Texte médité le vendredi 27 mars 2026 :

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CHEMIN DE CROIX DE GUÉRISON ET DE COMPASSION

Introduction

Contempler la passion de Jésus, c’est répondre avec ferveur à son cri d’amour sur la croix : « j’ai soif », (c’est par amour et uniquement par amour pour moi, pour toi, qu’il a vécu de telles souffrances, qu’il a donné sa vie).

Voilà pourquoi la méditation de ce chemin de croix est aussi un chemin de guérison car il nous montre où Jésus nous rejoint dans nos blessures les plus profondes.

Avant chaque station :

V/ Nous t’adorons, ô Christ, et nous te bénissons,

                    R/ car tu as racheté le monde par ta Sainte Croix.

1ère station : Jésus est condamné à mort

C’était le jour de la Préparation de la Pâque et il était environ midi. Pilate dit aux juifs : « voici votre roi ». Mais eux criaient : « À mort ! À mort ! Crucifie-le ! » Pilate leur dit : » C’est votre roi que je dois mettre en croix ? » Et les chefs des prêtres répondirent : « Nous n’avons pas d’autre roi que César ! » Alors Pilate leur livra Jésus pour être crucifié. ( St Jean 19, 14-16)

« Donne-moi chaque occasion où tu as condamné autrui, et celle où tu as été condamné injustement, et tiens-toi ici en ma présence, tranquillement, sans te plaindre.

Je te donnerai en récompense de voir toutes les fois où tu as supporté, en silence et patiemment, condamnation et injustice. Je te donnerai force et aide pour supporter dorénavant injustice et condamnation dans le silence. Ensemble, nous nous tiendrons côte à côte pour racheter cette situation et pour le salut des âmes. Si tu devais tomber dans ta faiblesse, je serai là pour porter ce que tu ne peux pas porter et ma main te relèvera, par la Confession, et nous recommencerons ».

A la fin de chaque station : Notre Père…

2ème station : Notre Seigneur reçoit sa Croix

On emmena Jésus… et lui-même portait sa croix ; il sortit et gagna l’endroit qu’on appelle le Crâne (en Hébreux cela se dit Golgotha). (St Jean 19, 16-17)

Or ce sont nos maladies dont il était chargé, nos plaies qu’il portait. Nous pensions qu’une plaie de Dieu l’avait frappé, humilié, mais c’est pour nos fautes qu’il était transpercé (Isaïe 53, 4-5)

« Donne-moi ton innocence crucifiée, toutes les blessures, les plaies du passé et du présent. Donne-moi ta solitude et ta douleur. Donne-moi ta pureté perdue, tes espoirs rompus et tes rêves brisés.

Donne-moi tes croix et je prendrai avec joie ce fardeau, moi-même. Et moi, je te donnerai en récompense, de voir toutes ces fois où tu as porté la croix avec courage. Oui, malgré ta faiblesse, tu as fait ceci pour les âmes que j’aime. Je te rendrai ton innocence, je guérirai les blessures de ton passé et de ton présent. Je te rendrai ton innocence. et ta pureté. Je mettrai en ton cœur un nouveau rêve d’un âge D’amour, de lumière, de beauté et d’innocence, ressuscitées dans ma résurrection. Voici ton héritage car tu es mon enfant, un enfant de Dieu. Aide-moi, j’ai besoin de ton aide pour m’aider à porter cette croix de l’innocence crucifiée en ceux qui t’entourent, et aussi en toi-même : ensemble, nous remporterons la victoire. Je suis toujours avec toi. »

3ème Station : Notre Seigneur tombe pour la première fois

Ils se rient de ma chute, ils s’attroupent … si je tombe, ils m’encerclent, ils grincent des dents contre moi. (Ps 34,15.)

Comme pour un ami, pour un frère, je compatissais ; comme en deuil d’une mère, Je courbais la tête avec tristesse.

Mais à peine je tombe, ils s’en amusent, les voilà rassemblés tous ensemble contre moi, comme des étrangers, des inconnus.

Ils ne cessent de me déchirer, de vrais hypocrites qui ne cessent de se moquer et de grincer des dents contre moi. (Ps 35, 14-15).

« Donne-moi toutes tes chutes et tes échecs, quand tu t’es détourné de moi et que tu m’as écrasé de tes péchés, que tu as broyé ma vie divine en toi et en d’autres.

Laisse-moi te donner en retour ma gratitude pour chaque fois que tu as réussi à te relever et continuer ton chemin. Permets-moi de te remercier de t’être tourné vers moi humblement en confession ou avec le regret dans ton cœur. Je me réjouis avec toi à chaque nouveau commencement sur ton chemin vers le ciel ! »

4ème station : Notre Seigneur rencontre sa Mère affligée

Syméon les bénit, puis il dit à Marie sa mère : « Vois, ton fils qui est là provoquera la chute et le relèvement de beaucoup en Israël. Il sera un signe de division. Et toi-même, ton cœur sera transpercé par une épée » : ainsi seront dévoilées les pensées qui viennent du cœur d’un grand nombre. » (Luc 2, 34-35)

« Mères et pères, donnez-moi votre peine et votre douleur lorsque vous ne pouvez pas secourir vos enfants souffrants, lorsque le péché et le mal vous les ravissent.

Enfants, donnez-moi votre angoisse quand vous devez suivre des chemins que vos parents ne comprennent pas pleinement, et que vous ne pouvez pas leur expliquer. Placez-vous dans le regard constant d’amour entre ma Mère très pure et Moi-même, et tout s’arrangera.

Je vous donne ma Mère pour être votre Mère !

Ma voie pour être votre voie !

Venez, suivez-Moi sur ce chemin d’amour. »

5ème station : Simon de Cyrène aide Notre Seigneur

Pour porter sa croix, les soldats réquisitionnèrent un homme qui passait par là en revenant des champs : c’était Simon de Cyrène, le père d’Alexandre et de Rufus. (St Marc 15, 21)

Donne-moi tous ces manques à aider un autre lorsqu’il était en ton pouvoir de le faire. Donne-moi toutes ces occasions où tu as rendu le fardeau de quelqu’un d’autre plus lourd au lieu de l’alléger ; quand tu as résisté ou pris la croix à contrecœur. Donne-moi le fardeau de ton échec. Je me souviendrai en échange de toutes les fois où tu as aidé quelqu’un d’autre, où tu as endossé joyeusement le poids de la douleur d’autrui. Je te guiderai et Je t’aiderai à l’avenir à mieux faire et à être plus généreux, car ce que tu fais à autrui, tu Me le fais à moi-même. »

6ème station : Véronique essuie le visage de Notre Seigneur

Mais moi, je ne suis plus un homme rien qu’un ver ; on a honte de moi, le peuple me méprise.

Tous ceux qui me voient se moquent, ils ricanent et hochent la tête et ils disent :

« Il s’en est remis au Seigneur, qu’il le délivre ! Qu’il le sauve, s’il tient à lui » (Ps 21, 7-9.)

« Donne-Moi tout ce respect humain qui t’a empêché de “sortir du rang”, et de témoigner publiquement par un acte de charité, pensant d’abord à ce que d’autres pourraient penser de toi. Donne-moi tes indifférences aux souffrances physiques ou morales d’autrui qui t’ont fait te tenir en arrière, et regarder.

Donne-Moi ton indifférence, ta crainte, ton manque de compassion, et je te donnerai courage, tendresse, gestes d’amour dans la douceur et discrétion. Il y a tant de personnes à consoler. Toi et Moi ensemble, nous consolerons mes chers enfants. »

7ème station : Notre Seigneur tombe pour la deuxième fois

Je suis comme un vase qui perd l’eau, tous mes os se disloquent, mon cœur est comme la cire, qui fond , il se défait dans mes entrailles.( Ps 21,15.)

C’est à cause de nos péchés qu’il était écrasé ; le châtiment qui nous donnait la paix pesait sur lui et par ses blessures, nous vient la guérison. (Isaïe 53,5)

« Mon enfant, donne-moi le poids de tes péchés. Ils t’écrasent tant ! Tu as l’impression que tu n’as pas la force de te lever, et même quand tu y parviens, tu es trop faible pour ne pas retomber immédiatement ; alors, tu y stagnes dans la peine, et la souffrance. Je suis venu te relever, pour prendre ce terrible fardeau qui t’écrase au point de désespérer ; donne-moi simplement tes péchés, peu importe leur horreur. Je viens, non pas te condamner mais pour tout oublier.

Viens à moi dans la confession !

Ne t’inquiète pas si tu l’as délaissée, peut-être depuis des années, ni même si tu ne sais pas par où commencer. Viens au prêtre et explique tes difficultés et demande-lui de t’aider. Viens à moi souvent. »

8ème station : Notre Seigneur console les femmes de Jérusalem

Les femmes se lamentaient et pleuraient sur lui.

Jésus se retourna vers elles et leur dit : « Filles de Jérusalem, ne pleurez pas sur moi ! Pleurez plutôt sur vous-mêmes et sur vos enfants, car les jours viennent où l’on dira : “Heureuses les femmes stériles, heureuses celles qui n’ont pas mis au monde et n’ont pas allaité ! » ( St Luc 23, 27-29)

« Donne-moi toutes les fois où tu as négligé les prières à ton intention et à l’intention de tes enfants, ou tu as cessé de prier, te disant : “Personne n’écoute, ni n’entend mes prières, Dieu ne répond pas à mes prières, Dieu ne se soucie ni de moi ni de mes enfants”.

Donne-moi toutes les prières auxquelles je n’ai pas répondu à ta manière, et toutes les prières exaucées auxquelles j’ai répondu de ma manière, mais que tu as rejetées.

Je te donnerai en retour chaque prière exaucée de manière à te mener à la Sainteté ; parfois ce don sera déguisé sous l’aspect de la souffrance, d’une perte ou d’une peine pour que ton âme grandisse en courage, en amour, en abnégation ; parfois elle sera enveloppée de joie, de paix et d’amour. Il n’y a aucune prière de mes enfants qui ne soit exaucée par moi, parce que je vous aime ! Toute la création vous dit, tous les jours : « Je t’aime ! » Souviens-toi de moi car je ne t’oublie jamais, – même un seul instant ».

9ème station : Notre Seigneur tombe une troisième fois

En vérité, en vérité, je vous le dis : si le grain de blé ne tombe pas en terre pour y mourir, il reste seul.  C’est quand il meurt, qu’il porte beaucoup de fruit. (Jean 12, 24)

Il a été offert parce que Lui-même l’a voulu et il n’a pas ouvert sa bouche : comme un agneau il sera conduit à l’abattoir. (Isaïe 53, 6b-7)

« Donne-moi toutes les fois où tu ne peux plus avancer, car je comprends bien ce que tu ressens ! Je gisais ici par amour pour toi. Donne-moi ta détresse et crois au pouvoir de mon Nom. Fais appel à mon Nom : “Jésus”. Je vous aime tant et je connais chacun par son nom.

Je vous donne ma Mère, dont le cœur si tendre me donna le courage de me relever et continuer. »

10ème station : Notre Seigneur est dépouillé de ses vêtements

Quand les soldats mirent Jésus en croix, ils prirent ses vêtements et en firent quatre parts, une pour chaque soldat. Il y avait aussi la tunique ; elle était sans couture, tissée d’une pièce de haut en bas. Ils se dirent donc entre eux : « Ne la déchirons pas, tirons la au sort. » Ainsi devait s’accomplir l’Écriture ; il y est dit en effet : Ils se sont partagé mes vêtements ; ils ont tiré au sort ma tunique. C’est bien ce que firent les soldats. (Jean 19, 23-24).

« Donne-moi tous les biens que je t’ai donnés au départ, mais dont tu as tant de mal à te départir, donne-moi tes biens les plus précieux et je te donnerai la liberté, la lumière, la joie et l’amour. Rends-moi tout ce que je t’ai donné, et en retour, je t’inonderai avec encore plus d’abondance.

Pourquoi as-tu peur, mon enfant ? Je suis ton Dieu et bien capable de prendre soin de toi ! Donne-moi ton manque de générosité et je te donnerai toute ma générosité. »

11ème station : Notre Seigneur est cloué à la Croix

On le mit en croix ainsi que les malfaiteurs, l’un à sa droite, et l’autre à sa gauche. (cf Luc 23, 32)

Dieu a voulu l’écraser par la souffrance, mais s’il offre sa vie en sacrifice de pardon, il verra une descendance, ses jours seront prolongés et le dessein du Seigneur réussira entre ses mains. Après ses épreuves il verra la lumière, il jouira de la pleine connaissance. (Isaïe 53, 10-11)

« Donne-moi toutes les fois où tu ne voulais pas être cloué à la Croix par amour des autres. Donne-Moi ta crainte de la Croix, la crainte pour toi et la crainte pour les autres. Et moi, Je te donnerai le courage de devenir une victime volontaire de réparation et d’amour.

Ne crains rien, je suis avec toi, et regarde : ta Mère céleste nous accompagne ! »

12ème station : Jésus meurt sur la croix

Il était environ midi; mais le soleil disparut et ce fut l’obscurité dans tout le pays jusqu’à trois heures ; au même moment le rideau du Sanctuaire se déchirait par le milieu. Alors, Jésus cria d’une voix forte : « Père, entre tes mains je remets mon esprit. »

Ayant dit cela, il rendit le dernier soupir. (St Luc 23, 44-46)

« Donne-moi ta crainte de souffrance et de mort et je vaincrai la mort et je te libérerai de la souffrance. Tu n’es jamais seul, même un seul instant.

Donne-moi ton cri d’angoisse et je te donnerai le cri de la Victoire ! « Que ta volonté soit faite ». Crois en mon Nom et fais appel à ce « Jésus ». Tu n’as qu’à me demander de me souvenir de toi et la vie en ma compagnie t’appartiendra ! »

13ème station : Jésus repose dans les bras de sa Mère

Arrivés auprès de Jésus, ils virent qu’il était déjà mort et ils ne lui brisèrent pas les jambes. Mais l’un des soldats lui enfonça sa lance dans le côté ; et il en sortit du sang et de l’eau.

Celui qui l’a vu donne ici son témoignage pour que vous croyiez : son témoignage est vrai ; et Lui sait qu’il dit vrai. Ainsi s’accomplissait une parole de l’Ecriture : Pas un de ses os ne sera brisé. Et l’Écriture dit encore : Ils verront celui qu’ils ont transpercé. (Jean 19, 33-37)

« Donne-Moi ton innocence crucifiée. Repose dans les bras de l’Amour Maternel que j’ai pour toi. Fais appel à ta Mère céleste. Ses bras reçoivent vos esprits, vos corps et âmes blessés.

Tu es autant Son enfant que Moi-même. Ses larmes intercèdent pour toi. Aime-la ! Combien Elle t’aime ! »

14ème station : Notre Seigneur est mis au tombeau

Il alla donc trouver Pilate pour lui réclamer le corps de Jésus. Il le descendit de la croix, l’enveloppa dans un drap et le déposa dans une tombe taillée en plein roc, où personne encore n’avait été déposé. (Luc 23, 52-53)

À côté de l’endroit où l’on avait mis Jésus en croix, il y avait un jardin et, dans ce jardin, un tombeau neuf où personne encore n’avait été mis. Comme la fête juive de la Préparation était sur le point de commencer, et que ce tombeau était juste à côté, Jésus y fut déposé. (Jean 19, 41-42)

« Repose ici dans le silence et le calme.

Donne-moi ton chagrin et je te donnerai ma Paix et une résurrection glorieuse. »

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Texte médité le vendredi 20 mars 2026 :

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Chemin de Croix (Anonyme 2)

Nous allons méditer ensemble le chemin de croix suivi par Jésus qui est au cœur de sa Passion Rédemptrice.

Au jardin de Gethsémani, Jésus avait accepté de la main du Père la coupe de sa Passion. Il avait alors redit le « Fiat » qu’en entrant dans le monde il avait prononcé : « Me voici, ô Père, pour faire ta volonté. »  A présent, Jésus laisse cette volonté de Père s’accomplir par les actions des hommes qui vont le juger et le mettre à mort selon ce qui avait été prophétisé par Isaïe au sujet du serviteur souffrant : « Il était méprisé et déconsidéré… par coercition et jugement il a été saisi : qui se préoccupe de sa cause ? »(Is.53)

Or quelqu’un s’en préoccupe : Marie, sa Mère, la nouvelle Eve qui coopère par sa compassion à la Rédemption du monde. Aussi est-ce avec Marie que nous allons méditer le douloureux chemin qui conduira Jésus au Golgotha pour une mort infâme.

Jésus, nouvel Adam qui donne sa vie par obéissance au Père ; Marie, nouvelle Eve, son associée dans l’œuvre de la rédemption : entrons dans ce mystère de mort et de Vie, de Vie éternelle.

Première station : « Jésus est jugé et condamné à mort »

            « Je ne trouve en lui aucun motif de condamnation », déclare la plus haute autorité civile, le procurateur romain, Pilate. « Qui d’entre vous me convaincra de péché ? » avait déjà confessé Jésus dans ses discussions avec les Juifs qui ne voulaient pas reconnaître en Lui le Sauveur leur apportant la Vérité, la Libération de l’esclavage du péché et la Vie éternelle.

            Pilate veut alors détourner la furie des juifs sur un autre prisonnier : Barrabas, un malfaiteur mis en balance avec le Juste. C’est ainsi que la justice capitule devant une pression de foule.

            Aujourd’hui, n’en est-il pas parfois de même ? Les considérations de personnes n’influencent-elles pas souvent sur les verdicts rendus par la justice ? Pire, tous ces innocents qui sont condamnés dans le sein de leurs mères ; tous ces innocents victimes de jugements iniques ; tous nos propres jugements sur tel ou tel…

            Mais précisément, c’est pour cela que Jésus a voulu partager le sort de tant d’innocents, de tant de victimes des injustices des hommes : pour que son Innocence et sa Justice confèrent une valeur et une puissance rédemptrices aux injustices subies et offertes.

            Avec la prière que Jésus nous a apprise et avec Marie, « Miroir de Justice », offrons au Père très juste toutes les souffrances des innocents ; prions pour eux et les « affamés de la justice » ainsi que pour les coupables :      « Notre Père… »

Deuxième station : « Jésus prend sa croix et la porte »

« Crucifierai-je votre Roi ? » demande Pilate.

« Nous n’avons pas d’autre Roi que César ! »

            Alors Pilate livra Jésus pour être crucifié. Les grands prêtres prennent Jésus qui, portant lui-même sa croix, sortit de la ville pour le Golgotha.

            Le péché est un choix de mort. Seigneur, vas-tu laisser périr ta créature ? Vas-tu abandonner l’homme, l’œuvre de tes mains, Toi, le Vivant, le Dieu de la Vie ? Non ! Tu as entendu nos pauvres cris, tu as vu notre misère : alors, déchirant les Cieux, tu es venu sur notre Terre, tu t’es fait l’un de nous. Maintenant ce sont nos péchés que tu portes. Ce péché, cette mort, tu les offres en holocauste pour les consumer au feu ardent de ton Amour.

            Seigneur Jésus, donne-nous de marcher à ta suite avec notre croix. Aide-nous à t’abandonner notre péché, à t’offrir notre mort pour l’unir à la tienne.

Troisième station : « Jésus tombe pour la première fois »

            Durant cette marche douloureuse, la croix déchire tes épaules. La foule a grossi démesurément dans les ruelles de Jérusalem. Les légionnaires peuvent à peine contenir le peuple agité et furieux.

            A sa droite et à sa gauche, le Seigneur voit cette multitude errant comme des brebis sans Pasteur. Il pourrait appeler chacune par son nom. Là se trouvent peut-être ceux qu’il a nourrit lors de la multiplication des pains, ceux qui ont été guéris de leurs infirmités, ceux qui ont entendu son enseignement au bord du lac, sur la montagne ou sous les portiques du temple…

            Soudain le Seigneur s’écroule, exténué, transpercé par une douleur aiguë.

            Ô Marie, aide-nous, à la suite de Jésus, à nous relever de nos chutes si fréquentes, par le sacrement de Réconciliation, le sacrement de son pardon. Donne-nous en le désir. Ainsi nous recevrons la force de suivre Jésus avec joie et amour et de reporter cet amour sur nos frères et sœurs.

Quatrième station : « Jésus rencontre sa Mère »

            « Que me veux-tu, femme ? Mon heure n’est pas encore venue, » dit Jésus à sa Mère qui lui exposait simplement le manque de vin aux noces de Cana.

            « La voici venue l’Heure où le Fils de l’homme doit être glorifié… » répond-il, un jour à André et Philippe qui lui rapportaient le désir des Grecs de le voir. « Si le grain de blé ne tombe en terre et ne meurt, il reste seul ; s’il meurt, il porte beaucoup de fruit »

            A cette étape de son chemin de croix, Jésus rencontre sa Mère. L’Heure est venue. Aucune parole n’est plus nécessaire. Leurs regards se croisent… Qui pourra dire l’intensité de la douleur et de l’amour dans ces regards échangés ? Mais plus profondément encore la seule compassion naturelle de deux humanités absolument parfaites et transparentes l’une à l’autre, quelle communion surnaturelle dans l’obéissance par amour et le consentement au même dessein rédempteur du Père ! Marie ne vacille pas un instant dans sa foi qui grandit comme la flamme d’une lampe au fur et à mesure que l’obscurité de la nuit enveloppe toute chose.

            Apprends-nous, Mère Immaculée, à plonger notre regard, par la foi, dans celui de Jésus pour en être illuminés et réconfortés lorsque dans notre vie la nuit devient plus épaisse.

Cinquième station : « Simon de Cyrène porte la croix derrière Jésus »

            Les soldats réquisitionnent Simon de Cyrène qui revenait des champs. Les bourreaux le chargent de sa croix pour la porter derrière Jésus.

            Seigneur, créateur des astres, de la terre et de tout ce qu’elle contient, voici que tu as besoin d’aide. Pourquoi tant d’abaissement ? Oh ! Oui, tu es venu relever l’homme pour en faire un vivant. Voici que tu invites ta créature à porter la croix derrière toi.

            C’est l’amour, ton amour qui donne ainsi à l’homme de t’aider et de se prononcer pour toi, Seigneur, en acte. Nos misères, nos souffrances ont désormais un sens. Ainsi tu nous donnes, Seigneur de collaborer à l’œuvre de la rédemption, d’être tes associés. Alors un jour, Jésus, tu te déclareras pour nous devant les anges de ton Père. Non, tu ne rougiras pas de nous.

            Seigneur Jésus, tu nous as créés sans nous, mais tu nous associes à ton Œuvre de salut, à notre propre Rédemption, en nous couvrant de tes propres mérites. Donne-nous de voir dans chaque peine une occasion de porter la croix derrière toi et de porter beaucoup de fruits.

Sixième station : « Véronique essuie la face de Jésus »

            « Il n’y avait en lui ni grâce ni beauté pour attirer nos regards, ni apparence attirant notre amour. Il était méprisé et abandonné des hommes, homme de douleur et familier de la souffrance, celui devant qui on se voile la face, méprisé et de qui nous ne faisons aucun cas. » (Isaïe 53, 2-3)

            Et c’est pourtant le Fils de Dieu qui passe, courbé par la souffrance et le poids de la croix. Une femme que la tradition a appelée Véronique, se fraie un chemin à travers la foule jusqu’à Jésus. Elle porte un linge blanc et en essuie avec amour le visage de Jésus. Le Seigneur laisse l’empreinte de sa Sainte Face. Tout acte de charité porte en lui l’empreinte du visage du Christ.

            Le visage bien-aimé de Jésus, ce visage qui avait souri aux enfants et s’était transfiguré sur le Mont Thabor a comme disparu, masqué par la douleur.

            Oh ! Jésus, nous nous souvenons que tu as dit : « Ce que vous avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait » Aide-nous à voir l’empreinte de ton visage en toute personne rencontrée, spécialement dans les personnes qui souffrent et qui n’ont plus ni grâce ni beauté et qui sont le reflet de ton visage de souffrance et le sacrement de ta présence en eux.

            Par ta Passion et ta Résurrection, tu veux transfigurer le visage souffrant des hommes en un visage glorieux. Merci Jésus.

Septième station : « Jésus tombe pour la deuxième fois »

            « Je m’en allais comme en deuil de ma mère, assombri je me courbais. Ils se rient de ma chute, ils s’attroupent, ils s’attroupent contre moi… Ils m’éprouvent, moquerie sur moquerie, grincent des dents contre moi » (Ps 34)

            Après le rencontre de sa Mère, après la consolation de la femme qui lui a essuyé le visage, malgré l’aide du Cyrénéen, Jésus, épuisé physiquement tombe à nouveau. La croix est trop lourde ! Sans doute, ce qui l’accable le plus, ce sont les moqueries haineuses, tant de méchancetés de la part des hommes qu’il vient sauver, pour lesquels il donne sa vie.

« Ô mon Peuple ! Que t’ai-je donc fait ? »

            Pardon seigneur, pour ceux -et nous en sommes parfois- qui ridiculisent leur prochain, les éprouvent et les font tomber dans le découragement.

Pardon pour les grincements de dents rageurs de ceux qui se font complices du démon en calomniant des hommes d’Église, en se repaissant de scandales ou en blasphémant ouvertement contre Toi-même et ta Sainte Mère.

Par le relèvement de ta deuxième chute, communique-nous ta force divine pour que nous ne sombrions pas tout à fait quand la croix de l’ironie dépasse l’entendement.

Huitième station : « Jésus s’adresse aux filles de Jérusalem. »

            Sur le chemin, Jésus dit aux femmes qui se lamentaient à son sujet : « Filles de Jérusalem, ne pleurez pas sur moi, mais pleurez plutôt sur vos enfants, car si l’on traite ainsi le bois vert, qu’adviendra-t-il du bois sec ? »

            Bois sec, cette humanité pécheresse que Toi, Seigneur, Tu viens sauver en la greffant sur le Cep. Ce Cep, ce bois vert, c’est Toi.

            Par cette parole, Tu manifestes la soif qui t’habite : le salut des pécheurs. « Que deviendront les pauvres pécheurs ? » (Saint Dominique)

Tu es le Dieu proche qui se laisse toucher. Aussi, avec les Filles de Jérusalem, tu nous convoques à la prière si puissante pour attirer la Miséricorde sur tout homme.

            Seigneur, avec la Vierge Marie, la Fille de Sion, nous implorons de Toi la conversion du monde. Ne regarde pas notre péché mais le saint, la sainte que chaque personne est appelée à devenir en recevant de Toi les grâces de Miséricorde.

Neuvième station : « Jésus tombe pour la troisième fois. »

            A l’approche du Golgotha, le poids de la croix fait tomber Jésus une troisième fois. Une dernière chute, une souffrance acceptée par amour, par obéissance à son Père. « Non pas ma volonté mais la Tienne, Ô Père ! »

            Jésus s’abaisse jusqu’à tomber lourdement sur le sol afin que l’homme, déchu de son innocence première, puisse, en Lui, se relever. Jésus est seul, écrasé sous le poids de la croix. Combien d’entre nous ou autour de nous sont ainsi écrasé par les épreuves qui les accablent. L’indifférence, le manque d’amour, comme pour Jésus, en sont les causes principales.

            Marie, voyant Jésus épuisé, revit douloureusement dans son cœur, son Ecce et son Fiat de l’Annonciation. Elle communie profondément aux souffrances de son Fils en s’unissant à son oblation pour la Rédemption du monde.

            Ô Marie, nous voulons te confier spécialement les Prêtres qui s’épuisent dans leur ministère à cause, notamment, de leur petit nombre et de leur vieillissement. Accorde-leur force et courage et daigne susciter dans nos églises d’Occident des vocations religieuses et sacerdotales pour le dynamisme de la nouvelle évangélisation.

Dixième station : « Jésus est dépouillé de ses vêtements »

            « Lui, de condition divine, ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu, mais Il se dépouilla lui-même, prenant la condition d’esclave… Il s’humilia plus encore, obéissant jusqu’à la mort et la mort sur la croix. » (Philippiens 2, 6-8)

            « Voici l’homme ! » s’était exclamé Pilate devant la foule en présentant Jésus revêtu d’une chlamyde écarlate, portant une couronne d’épines et tenant dans sa main droite un roseau en guise de sceptre. Auparavant, les soldats avaient injurié et salué Jésus avec une ironie mordante : « Salut, Roi des Juifs ! » Ils lui avaient craché au visage et frappé sa tête avec le roseau. Après cette scène de dérision, ils avaient remis ses vêtements à Jésus. Le vêtement signifie la dignité de la personne humaine.

            Le Fils de Dieu avait voilé sa divinité, et voici qu’à présent, en le dépouillant de ses vêtements, c’est toute sa dignité humaine qu’on enlève à Jésus. C’est la suprême déchéance. Nu, « comme un ver et non pas comme un homme », selon la prophétie du psalmiste (Ps 22). Mais Jésus n’avait-il pas déclaré : « Ma vie, nul ne la prend, c’est moi qui la donne ? » Oui, en réalité c’est Lui qui se dépouille lui-même de tout. Il se donne complètement car Il est le Rédempteur de l’homme, celui qui rend sa dignité de fils de Dieu à la personne humaine.

            Seigneur Jésus, nous te prions pour ceux à qui on ne reconnaît pas la dignité de personne humaine, pour ceux qui sont humiliés par la dureté de la vie ou la méchanceté des hommes, pour les chômeurs et tous ceux qui ressentent leur pauvreté comme une déchéance, une dignité perdue.

            Nous te prions aussi pour ceux qui vivent leur maladie physique ou psychique comme une honte.

            Nous te prions enfin, pour les religieux et tous ceux qui ont embrassé volontairement une vie de dépouillement pour mieux te ressembler : Qu’ils soient témoins rayonnants de la béatitude de la pauvreté : « Heureux les pauvres, le Royaume des Cieux est à eux ! »

Onzième station : « Jésus est cloué sur le bois de la croix »

            Lorsque Jésus arrive enfin au Golgotha, les soldats crucifient Jésus ainsi que deux malfaiteurs, l’un à droite, l’autre à gauche. Jésus dit « Père, Pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font. »

            Seigneur, te voici compté avec les pécheurs, alors que ce sont nos péchés qui t’ont conduit là, sur la croix. Voici que tu implores le pardon pour tes bourreaux. Dans ta charité, tu trouves une excuse : « Ils ne savent pas ce qu’ils font. » Tes bourreaux, ce sont tous les pécheurs, tous les hommes… Alors ce pardon, comment ne bouleverserait-il pas les cœurs les plus endurcis ?

            Ces clous qui te retiennent sur la croix, Seigneur Jésus, ne sont-ils pas la marque de ton amour pour nous ? Oui, tu as gravé notre nom dans la paume de tes mains. Nous avons du prix à tes yeux. Tu nous aimes. Maintenant se joue la condamnation du monde ; C’est maintenant que le Prince de ce monde est confondu en fait de péché. Ecoutons l’exhortation du Saint Père Jean-Paul II aux jeunes à Paris, en 1980 : « Levez plus souvent les yeux vers Jésus-Christ, contemplez l’Homme-Dieu, l’Homme au cœur transpercé. N’ayez pas peur… Il est le libérateur de l’homme et de la femme, de ce qui les tient captifs dans leur corps, leur esprit et leur cœur. Laissez-Le saisir votre vie toute entière… »

            Seigneur, nous sommes dans l’incapacité de pardonner. Donne-nous cette force de pardon pour nos frères. Donne-nous la force des gestes de paix, de réconciliation. Aide-nous à accepter ton pardon, celui de nos frères, à accueillir les gestes de paix, « cette paix qui, comme nous le dit encore le Saint Père, ne surviendra que si chacun pose chaque jour tous les gestes de paix qui sont à sa portée. »

Douzième station : « La mort de Jésus »

            Près de la croix de Jésus se tient Marie, sa Mère, ainsi que d’autres femmes. Jésus regarde sa Mère et désigne le disciple qu’il aime : « Femme, voici ton fils ! » Puis il dit au disciple : « Voici ta Mère ! » « A partir de cette heure-là, le disciple la prit chez lui. »

            Sachant que tout était achevé désormais, Jésus dit : « J’ai soif ! » Une éponge imbibée de vinaigre fut fixée à une branche d’hysope et on l’approcha de sa bouche. Quand Jésus eu pris le vinaigre, il dit : « Tout est achevé ! » Il baissa la tête et remit son esprit à son Père.

            En soirée, les soldats vinrent briser les jambes des malfaiteurs crucifiés avec Jésus. Arrivés à Jésus, ils le trouvèrent déjà mort. Un des soldats, de sa lance, lui perça le côté et aussitôt il en jaillit du sang et de l’eau. Voici mon corps livré pour vous, voici mon sang versé pour vous.

            Jésus sur la croix immole à son Père pour la Rédemption du monde son corps, sa vie, son cœur, son sang. En son Humanité sainte, le Christ accomplit ce qu’il fait de toute éternité en tant que Verbe éternel : le don absolu de Lui-même à son Père.

            L’Eglise naît à la croix du cœur de Jésus, percé par la lance. Elle naît aussi, en un certain sens, du cœur transpercé de Marie, l’Associée à l’immolation de la victime sainte et sans tâche. Chaque membre de l’Eglise est appelé à entrer dans ce mystère d’immolation.

            Ecoutons Saint Paul : « Je vous exhorte, mes frères, à offrir votre personne et votre vie en sacrifice saint, capable de plaire à Dieu. C’est là l’adoration véritable. » (Romains 12,1)

            Ô Marie, Mère de l’Église, apprends-nous à vivre avec toi l’Eucharistie, source et sommet de la vie de l’église, en nous offrant dans l’offrande de ton fils. Apprends-nous à faire de toute notre vie une vie eucharistique et spécialement à l’heure suprême de la mort. Prie pour nous maintenant et à l’heure de notre mort.

Treizième station : «  Jésus est descendu de la croix »

            « Joseph d’Arimathie, qui était disciple de Jésus, mais en secret par crainte des Juifs, demanda à Pilate l’autorisation d’enlever le corps de Jésus. Nicodème, qui précédemment était allé de nuit trouver Jésus, vint également… Ils prirent le corps de Jésus et l’entourèrent de bandelettes. »

            La Mère de Jésus était au pied de la croix quand son Fils expira. Bien que les évangélistes ne le mentionnent pas, comment douter qu’elle ait voulu être présente lorsque Joseph descend Jésus de la croix pour l’ensevelissement ? Les nombreuses représentations de Piéta sculptées au long des siècles sont là, sous nos yeux, pour l’attester.

            Peut-être Marie se souvient-elle avec douleur du jour très présent à son cœur maternel et contemplatif où, non loin de là, en la petite bourgade de Bethléem, « Elle mit au monde son fils premier-né, l’enveloppa de langes et le coucha dans une crèche ? » Son cœur était alors tout à la joie, mais maintenant…

            Maintenant, Marie « garde fidèlement l’union avec son Fils » (Vatican II). S’Il a fini de souffrir, Elle continue « son pèlerinage de foi » (ib.) sans faillir à sa mission maternelle. Après le Christ-Tête, c’est son Corps, l’Église, qu’Elle a mission d’engendrer à la Vie. « Le nœud dû à la désobéissance d’Eve, s’est dénoué par l’obéissance de Marie ; Ce que Eve avait noué par son incrédulité, la Vierge Marie l’a dénoué par sa foi… Par Eve la mort, par Marie la Vie. » (Vatican II)

            Ô Marie, éduque-nous à la foi, au consentement à la Parole de Dieu, à la volonté divine de salut. Aide-nous à nous livrer intégralement, comme Toi, la Servante du Seigneur, à la personne et à l’œuvre de son Fils et le tien, pour servir, dans sa dépendance et avec Lui, par la grâce du Dieu tout-puissant, au mystère de la Rédemption. Mets en nous tes propres dispositions, spécialement aux heures douloureuses de notre existence, pour que nous complétions « en notre chair ce qui manque à la Passion du Christ pour son corps, l’Église » (Colossiens I, 24)

Quatorzième station : « Jésus est mis au tombeau »

            Joseph d’Arimathie et Nicodème prirent le corps de Jésus, l’ensevelirent dans un linceul neuf, l’embaumèrent avec des aromates, puis disposèrent le corps dans un tombeau neuf et en roulèrent la grande pierre de l’entrée. Marie de Magdala et d’autres femmes regardèrent le tombeau et comment avait été disposé le corps de Jésus, puis elles s’en retournèrent et préparèrent aromates et parfums en attendant la fin du Sabbat…

            Jésus, Maître de la vie, vient de remettre son esprit entre les mains de son Père mais son corps reste là, entre les mains des hommes, affreusement supplicié mais vénéré par ses fidèles. Devant ce mystère de l’amour, nous ne pouvons, dans le silence, que contempler la Vérité : le Père éternel ne nous a pas refusé son Fils, Il nous le donne pour qu’en nous jaillisse l’eau vive, l’Esprit de Dieu qui fait de nous des adorateurs en esprit et en vérité.

            A la suite de Jésus, nous vivrons notre Pâque où la mort même est déjà vaincue : « Nous avons été ensevelis avec Lui par le baptême dans la mort, afin que, comme le Christ est ressuscité… nous vivions nous aussi d’une vie nouvelle. » (Romains 6, 4)

            Seigneur Jésus, désormais Tu attires à Toi tous les hommes dans la puissance de ta Vie divine. Fais que nous ouvrions nos cœurs à ta grâce. Nous te prions pour les catéchumènes, spécialement ceux de notre diocèse, qui vont renaître à Pâques, dans l’eau du baptême.

Prière de conclusion :

            Père éternel, ton Fils, après avoir offert pour les péchés un unique sacrifice, est entré dans le ciel où il intercède en notre faveur. Regarde avec Bonté ton Église en prière avec Marie, la Mère du Rédempteur et la Mère de l’Église. Que l’intercession de ton Fils Bien-Aimé et les mérites de sa Passion rejaillissent sur ton Église et sur le monde en grâces et bénédictions. Par Jésus-Christ, Notre Seigneur.

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Variante :

Quatorzième station : « Jésus est mis au tombeau »

            Joseph d’Arimathie et nicodème prirent le corps de Jésus, l’ensevelirent dans un linceul neuf, l’embaumèrent avec des aromates puis disposèrent le corps dans un tombeau neuf après avoir roulé la grande pierre de l’entrée. Marie de Magdala et d’autres femmes regardent le tombeau.

            Chant : « Silence du tombeau ! Le monde se tait après la mort du germe de la moisson ; comme une semence dans le sillon, dessous la pierre on dépose le corps : voici l’heure du repos, le temps de l’espérance. »

            Les femmes regardaient comment avait été disposé le corps de Jésus puis elles s’en retournèrent et préparèrent aromates et parfums en attendant la fin du Sabbat…

            Chant : « Mystère du tombeau ! La femme se tient auprès du lieu où passe le Premier-né ; L’Enfant que le Père lui a confié vient d’achever son retour vers les cieux : voici l’heure du repos, le temps de notre gloire. »

            Jésus, Maître de la vie, vient de remettre son esprit entre les mains de son Père mais son corps reste là, entre les mains des hommes, affreusement supplicié mais vénéré par ses fidèles. Devant ce mystère de l’amour, nous ne pouvons, dans le silence, que contempler la Vérité : le Père éternel l’eau vive, l’Esprit de Dieu qui fait de nous des adorateurs en esprit et en vérité.

            Chant : Détresse du tombeau ! La terre a saisi son Créateur, la mort a pris le vivant ; pour nous Il s’abaisse jusqu’au néant, avant le don de l’Esprit défenseur : Voici l’heure du repos, le temps de la promesse. »

            A la suite de Jésus, nous vivrons notre Pâque où la mort même est déjà vaincue : « Nous avons été ensevelis avec Lui par le baptême dans la mort, afin que, comme le Christ est ressuscité… nous vivions nous aussi d’une vie nouvelle. »(RM VI, 4)

            Chant : « Victoire du tombeau ! La garde s’endort et vient la nuit, l’amour descend aux enfers : « venu dans l’histoire j’ai tout offert. Laisse la mort, Adam, car aujourd’hui voici l’heure du repos, le temps de notre gloire. »

                                                Seigneur Jésus, désormais Tu attires à Toi tous les hommes dans la puissance de ta Vie divine. Fais que nous ouvrions nos cœurs à ta grâce. Nous te prions pour les catéchumènes, spécialement ceux de notre diocèse, qui vont renaître à Pâques, dans l’eau du baptême.

Prière de conclusion :

            Père éternel, ton fils, après avoir offert pour les péchés un unique sacrifice, est entré dans le ciel où il intercède en notre faveur. Regarde avec Bonté ton Église en prière avec Marie, la Mère du Rédempteur et la Mère de l’Église. Que l’intercession de ton fils Bien-aimé et les mérites de sa Passion rejaillissent sur ton Église et sur le monde en grâces et bénédictions ; Par Jésus-Christ, Notre Seigneur.

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Texte médité le vendredi 13 mars 2026 :

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CHEMIN DE CROIX

d’après Romano Guardini

 Introduction : Seigneur, vous avez dit : « Celui qui veut être mon disciple, qu’il prenne sa croix de chaque jour et me suive. » Je m’en vais maintenant marcher sur vos traces et vous suivre en esprit sur le chemin de la croix.

Que mon âme, je vous en prie, saisisse combien vous avez souffert pour moi ; que je voie, que je sente profondément la grandeur de votre amour pour moi. Aidez-moi aussi à porter ma croix avec vous. Faites-moi comprendre le langage de la croix, éclairez, fortifiez mon âme pour que je profite de cette méditation et en vive.

Chant :

1ère STATION : JÉSUS EST CONDAMNÉ À MORT

       « Pilate relâcha Barabbas ; quant à Jésus, après l’avoir fait flageller, il le livra pour être crucifié » Mt 27, 26

Jésus se tient devant le tribunal. Il est reconnu coupable. Le châtiment en est aussi honteux qu’effroyable. Pourtant Jésus sait quelle fut la pureté de ses intentions. Et pourtant il se tait, Il accepte l’arrêt librement car il y voit la sainte volonté du Père et la rançon de notre salut.  

SEIGNEUR, si l’on me commande ou me reprend d’un ton dur, montrez-moi ce qui le mérite et enseignez-moi à oublier ce qui est injuste. Si le devoir me semble un jour insupportable, j’y reconnaîtrai la volonté du Père pour obéir. Si me viennent des peines que j’estime ne pas mériter, apprenez à mon âme à accepter et à se taire.

2ème STATION : JÉSUS PREND LA CROIX SUR SES ÉPAULES

« Si quelqu’un veut venir à ma suite, qu’il se renie lui-même, qu’il se charge de sa croix, et qu’il me suive. Qui veut en effet sauver sa vie la perdra, mais celui qui perd sa vie à cause de moi et de l’Evangile la sauvera. » Mc 8, 31-35

C’est la mission du Père que Jésus voit dans la croix, notre salut. Il la veut de toutes les forces de son cœur. Ainsi son âme va dans la lumière, prête. Il marche au devant de la croix et la saisit, résolu.

SEIGNEUR, autre chose est de dire aux heures faciles : « Je suis prêt à tous les vouloirs de Dieu » ; autre chose d’être vraiment prêt quand la croix vient. Rendez-moi fort et courageux : que je ne me lamente ni ne me raidisse devant l’inévitable ! Que je le regarde courageusement en face, y reconnaissant l’appel du Père. Donnez-moi la ferme confiance que cette souffrance est pour mon bien, et la ferme confiance pour l’accueillir résolument.

3ème STATION : JÉSUS TOMBE POUR LA PREMIÈRE FOIS SOUS LA CROIX

« Le Christ, aux jours de sa chair,(…) tout Fils qu’il était, apprit de ce qu’il souffrit, l’obéissance. » He 5, 7-8

La croix est trop lourde pour lui. Le fardeau dépasse ses forces. Il s’abat sous son poids. Dès qu’il le peut, Jésus se relève, soulève péniblement la croix sur ses épaules meurtries et poursuit sa route.

SEIGNEUR, faites-moi comprendre qu’un moment ou l’autre toute vraie souffrance doit sembler aux épaules, trop lourde, car c’est pour jouir non pour souffrir que nous sommes créés. A un moment, toute croix semble passer les forces. Il arrive toujours une heure où sort ce mot, lourd d’angoisse et de lassitude : « Je n’en puis plus ! » Seigneur, par la vertu de votre patience et de votre amour, aidez-moi en ces heures à ne pas me décourager. Renouvelez-moi dans la  patience, versez votre force dans mon âme : qu’elle se relève, prenne son fardeau et marche de l’avant toujours.

4ème STATION : JÉSUS RENCONTRE SA MÈRE

« Vois Marie : cet enfant doit amener la chute et le relèvement d’un grand nombre en Israël ; il doit être un signe en butte à la contradiction ; et toi-même, un glaive te transpercera l’âme. » Lc 2, 34-35

Elle attendait sans doute à un carrefour. Elle approche maintenant du cortège. Pas un mot. Quel amour et quelles souffrances agitent leurs deux âmes ? Que se passe-t-il de regard à regard ? Dieu seul le sait. La souffrance a pénétré Marie jusqu’au profond de l’âme. Le regard du Seigneur de dire : « Mère, il le faut, le Père le veut. »  « Oui, mon enfant, le Père le veut, et toi aussi : Fiat ! »

SEIGNEUR, c’est moi l’auteur de ce déchirement ! c’est pour moi que vous avez quitté votre mère !… Seigneur, ce sacrifice ne doit pas être perdu pour moi. Faites m’en souvenir quand Dieu me demandera un acte de générosité et que je sentirai mon cœur lié par les créatures. Apprenez-moi à surmonter le respect humain qui voudrait m’empêcher de vous confesser.

5ème STATION : SIMON DE CYRÈNE EST CONTRAINT D’AIDER JÉSUS

« Alors les soldats requièrent, pour porter sa croix, Simon de Cyrène, le père d’Alexandre et de Rufus, qui revenait des champs. » Mc 15, 21

Comme les soldats de l’escorte voient les forces lui manquer, ils arrêtent un passant nommé Simon qui s’en revenait des champs chez lui. Il doit aider à porter la croix, mais il n’accepte pas. Il se défend, ils doivent le forcer.

SEIGNEUR, vous en avez tant aidé, et maintenant tous vous abandonnent. Et vous irez quand même jusqu’au bout, pour moi, afin d’être ma voie et ma force. Je penserai à Simon de Cyrène s’il m’arrive un jour d’être seul à souffrir. Seigneur, en ces instants, soyez auprès de moi. Aidez-moi à prendre mon parti de cette solitude sans me décourager. Oui, je ne puis indifféremment recourir au prochain : il me faut apprendre à tenir bon, et volontiers, seul avec vous seul. Faites-moi comprendre que vous êtes fidèle, que vous ne m’abandonnez pas.

6ème STATION : VÉRONIQUE ESSUIE LE VISAGE DE JÉSUS

 « En vérité, je vous le dis, ce que vous avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait ». Mt 25, 40

Le Seigneur est tout a fait abandonné. Autour de lui, partout haine, grossièreté, apathie. Il est épuisé de soif et de douleur. La croix pèse terriblement. Véronique s’avance et lui tend un linge. Son âme reste si tendre et si éveillée qu’elle est capable de sentir l’humble office de cette femme, capable de l’apprécier et de l’en récompenser divinement. Il essuie son visage, et le linge qu’il lui rend porte ses traits sacrés.

SEIGNEUR, que votre cœur est fort et tendre. Aidez-moi à ne pas toujours penser à moi. Je ne dois pas devenir exigeant. Je ne dois pas tomber sur les autres ni empoisonner leur joie sous prétexte que je suis dans une passe difficile. Apprenez-moi à voir les menues attentions de la charité, à penser aux autres. Montrez-moi la manière de gagner leur confiance, la façon de leur dire une bonne parole, de les consoler, de les réconforter, de les aider.

7ème STATION JÉSUS TOMBE UNE SECONDE FOIS SOUS LA CROIX

 « Portez les fardeaux les uns des autres, et accomplissez ainsi la loi du Christ. » Ga 6, 2

Personne à l’aider en sa détresse. L’ingratitude ambiante presse son âme. Avec l’amour le plus désintéressé, il a prêché à ces gens le royaume de Dieu. Et, à cette heure, les voilà qui clament contre lui. Mais, une grande lumière brille en son âme : par les souffrances mêmes qu’ils lui imposent, Jésus veut les sauver. Et pour la deuxième fois, péniblement, il se relève et marche.

SEIGNEUR, puissé-je comprendre la grandeur de souffrir pour les autres ! Toutes vos douleurs ont une secrète douceur, car, vous le savez, elles font couler sur nous à flots grâces et bénédictions. Ne puis-je agir ainsi ? Au lieu de m’irriter, j’aurais dans mes peines la joie de coopérer avec Dieu au grand œuvre de la charité et de la rédemption. Faites-moi une âme large et généreuse capable de comprendre cela, et de se mettre à l’œuvre.

8ème STATION : JÉSUS PARLE AUX FEMMES EN LARMES

« Ce qui est folie de Dieu est plus sage que les hommes, et ce qui est faiblesse de Dieu est plus fort que les hommes. » 1 Co 18, 25

Encore une scène qui révèle la liberté du Cœur Divin. Jésus parle aux femmes avec calme et Il continue son ministère : il redresse, il enseigne.

Pour tout homme, SEIGNEUR, vient une heure où la souffrance accable lourdement, et où tout en lui se cabre sous sa violence. Si je me trouve jamais dans un tel état, aidez-moi, Seigneur, à rester calme. Par la vertu de votre patience, je rassemblerai mes forces et j’accueillerai les autres avec bonté.

9ème STATION : JÉSUS TOMBE UNE TROISIÈME FOIS SOUS LA CROIX

« Le Christ Jésus, (…) semblable aux hommes et reconnu comme tel, s’est abaissé lui-même en devenant obéissant jusqu’à mourir, et à mourir sur une croix. » Ph 2, 8

Peu après la seconde chute, Jésus s’affaisse une troisième fois. Il est au bout de ses forces. Malgré tout, il se redresse encore une fois, il porte sa croix jusqu’au terme : là-haut ne l’attend aucun soulagement, mais une mort affreuse.

O JÉSUS, qui êtes si fort, vous demeurez en moi et moi en vous. Que dans l’affliction, je ne me décourage pas, que je ne déserte pas mon devoir ! Et si je tombe, si mes forces diminuent, aidez-moi à me relever !  Se relever sans fin avec des forces neuves, recommencer sans fin avec des énergies fraîches, c’est ici-bas toute notre vie : faites-le moi comprendre…

10ème STATION : JÉSUS DEPOUILLÉ DE SES VÊTEMENTS

« Tous les intimes m’ont en horreur, mes préférés se sont retournés contre moi. » Job 19, 19

Ils lui ont tout pris : sa liberté, ses amis, son activité. Maintenant, ils lui prennent encore l’honneur de sa chair. Dépouillé et nu, le voici livré à la honte. Forte est l’âme de Jésus ; mais noble et pure jusque dans son fond, sensible à l’honneur et combien délicate ! Mais, il adhère aux vouloirs divins jusqu’au bout.

SEIGNEUR, rappelez-moi cette heure amère si quelque jour mon honneur est en jeu, si quelqu’un méconnaît mes intentions et me prête de faux motifs, si l’on me calomnie et joue avec ma réputation. Cette honte indicible, c’est pour moi que vous l’avez soufferte. Puisse votre sacrifice me fortifier en des heures pareilles. ! Je dois m’en remettre à Dieu comme vous, sans riposter.

11ème STATION : JÉSUS EST CLOUÉ À LA CROIX

« Les soldats crucifièrent Jésus et se partagèrent ses vêtements en tirant au sort ce qui reviendrait à chacun ». ; « Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font. » Mc 15, 24 et Lc 23, 34

Maintenant, tout est fini. Maintenant, il ne peut plus rien, sinon demeurer suspendu et souffrir en silence.

SEIGNEUR, pardonnez-moi, je suis coupable de vos détresses. Pour chacun l’heure viendra où il ne pourra plus rien faire… Une seule chose lui restera : rassembler son cœur et sa volonté en Dieu : s’attacher fermement, très fermement à la volonté du Père et persévérer jusqu’au bout en silence. Seigneur, vous serez près de moi, l’heure venue, je le sais. Et je participerai alors à la force de votre croix qui me fortifiera…

12ème STATION : JÉSUS MEURT EN CROIX

«  Quand Jésus eut pris le vinaigre, il dit : ‘Tout est achevé’ Il baissa la tête et remit son esprit. » Jn 19, 30

Près de la croix se tiennent sa mère et son ami le plus cher. « Voici votre fils », lui dit-il. Et à Jean : « Voici ta mère » Comme s’il se détachait de l’amour de ces deux êtres qui l’entoure… Il veut être seul. Il a pris nos fautes : seul il veut traiter avec l’éternelle Justice. Personne ne doit l’assister. « Mon Dieu, mon Dieu, s’écrie-t-il alors, pourquoi m’avoir abandonné ? » Sa constante fidélité à la mission du Père et son inconcevable amour pour nous, voilà tout ce qui le soutient. Et il s’épuise dans cet amour jusqu’à ce que tout soit consommé. Consummatum est !

SEIGNEUR, je vous dois le Salut : merci, du plus profond de mon cœur ! Vous m’avez montré comment porter la souffrance et l’unique façon d’en venir à bout : par l’amour. Je puis la porter à la seule condition de l’accepter comme vous de la main du Père, à la condition de m’abandonner et de m’accrocher à Lui, à la seule condition d’en faire comme vous une bénédiction pour autrui. Alors, ma souffrance participera à la toute puissance de la vôtre ; elle appellera la grâce divine et portera secours là même où il n’y a plus rien à faire.

13ème STATION : JÉSUS EST DESCENDU DE LA CROIX

« Amen, amen, je vous le dis ; si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s’il meurt, il donne beaucoup de fruit. » Jn 12, 24

Le Seigneur a cessé de souffrir ; il est mort. L’œuvre admirable de Dieu est touchée à la racine. Humainement parlant, il avait encore la vie devant lui. Maintenant tout est écrasé. Mais, c’est « la folie de la croix ». « Le grain de blé doit mourir » pour qu’une vie plus haute en sorte ; et ceux qui le foulèrent aux pieds, furent sans le savoir les semeurs du salut.

Voilà donc SEIGNEUR, la réponse à l’amère question : pourquoi souffrir ? pourquoi pâtir ? La sagesse humaine reste confondue. La croix seule apporte la réponse : « le grain de blé reste stérile tant qu’il ne meurt pas en terre » Nos souffrances, nos sacrifices, notre mort, tout est semence céleste. Si nous sommes un avec la volonté de Dieu, la vie en sortira pour nous et pour les autres. Oui, je crois, j’ai confiance.

14ème STATION : JÉSUS EST MIS AU TOMBEAU

« Arrêté, puis jugé, il a été supprimé. Qui donc s’est soucié de son destin ? Il a été retranché de la terre des vivants, frappé à cause des péchés de son peuple. On l’a enterré avec les mécréants, son tombeau est avec ceux des enrichis. » Is 53, 8-9

Maintenant tout est silence. Celui qui sommeille là, a terminé avec une fidélité divine toute l’œuvre que lui avait confiée le Père. A cette heure, il se repose de son labeur. Pour nous, ce soin silencieux s’illumine déjà des splendeurs de Pâques toutes proches. Mais les disciples sentent bien autrement. Pour eux, la Passion et la mort du vendredi saint sont la fin de tout. Mais bientôt le Christ leur apparaîtra rayonnant de force et de lumière. Et ils comprendront « comment le Messie devait souffrir ainsi pour entrer dans sa gloire. » comment sa mort fut la rançon de notre vie.

SEIGNEUR, quel joyeux message vous apportez à chacun : tout vendredi saint est suivi de Pâques ; toute souffrance est une source de bénédiction, et la mort même, la semence d’une vie nouvelle pour ceux qui s’attachent à vous.

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Texte médité le vendredi 6 mars 2026 :

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Chemin de Croix et d’Espérance des Pères Ribes et Gil Florini

1ère Station : Jésus est trahi, arrêté et condamné à mort

V/ Nous t’adorons, ô Christ, et nous te bénissons,

R/ car tu as racheté le monde par ta sainte Croix.

« Celui que j’embrasserai, c’est lui ; Saisissez-1e ». Et aussitôt, s’approchant de Jésus, il dit : « Je te salue Maître », et il l’embrassa. »   Jean 9, 4-6

Pilate leur dit : « Voici l’homme ». Dès qu’ils le voient, les grands Prêtres, les gardes et toute la foule crient : « crucifie-le, crucifie-le ! »   Mathieu 26,48-49

Le prêtre :

Pour avoir été trop souvent le Judas, le juge, le pilate de ceux qui nous entourent, pour notre attitude indifférente devant les injustices quotidiennes que nous rencontrons…, car chaque fois c’est toi que nous condamnons…,

Seigneur accorde-nous ton pardon.

2ème Station : Jésus est chargé de sa croix

V/ Nous t’adorons, ô Christ, et nous te bénissons,

R/ car tu as racheté le monde par ta sainte Croix.

« Les soldats prennent Jésus, qui, portant lui-même sa croix, sort de la ville pour aller au lieu dit « crâne », en hébreu Golgotha »   Jean 19, 27

La torture et les supplices existent encore aujourd’hui. Et seul un amour à toute épreuve peut vivre et offrir de telles souffrances.

À nous aussi, parfois, il nous arrive de penser que rien ne nous est épargné…

Marcher à la suite de Jésus, c’est savoir passer par là où Lui est passé.

Le prêtre :

Seigneur aide-nous à Te suivre

3e Station : Jésus tombe pour la première fois

V/ Nous t’adorons, ô Christ, et nous te bénissons,

R/ car tu as racheté le monde par ta sainte Croix.

« … c’est un lourd fardeau qui pèse sur moi. Je vais tomber, écrasé par les péchés, tandis que mes ennemis sont riches et puissants. Ils me rendent le mal pour le bien. Ils me détestent parce que je veux la justice. Ne m’abandonne pas Seigneur, Sauve-moi. »    Psaume 37

Jésus tombe sous le poids des péchés des hommes… Nous tombons aussi sous le poids de notre péché, sous le poids de nos croix… Nous démissionnons devant l’indifférence, devant les ennuis de la vie…

Le prêtre :

Seigneur aide-nous à nous relever.

Donne-nous plus de force pour supporter le poids de notre vie.

4e Station : Jésus rencontre sa Mère

V/ Nous t’adorons, ô Christ, et nous te bénissons,

R/ car tu as racheté le monde par ta sainte Croix.

« À sa vue ils furent saisis d’émotion et sa mère lui dit : « mon enfant, pourquoi nous as-tu fait cela ? Vois, ton père et moi te cherchions, angoissés ». Il leur répondit : « Pourquoi me cherchiez-vous ? Ne saviez-vous pas que je me dois aux affaires de mon Père ? » Mais eux ne comprirent pas la Parole qu’Il venait de leur dire. Luc 2, 48-49

Combien de fois ne comprenons-nous pas la vie de tel ou tel de nos proches. Combien de fois nous sentons-nous impuissants à comprendre. Combien de fois sommes-nous meurtris par la souffrance, le départ ou l’absence d’un être cher… ?

Le prêtre :

Seigneur ouvre nos yeux pour que nous sachions découvrir Ta présence à nos côtés.

5e Station : Simon de Cyrène aide Jésus à porter sa croix

V/ Nous t’adorons, ô Christ, et nous te bénissons,

R/ car tu as racheté le monde par ta sainte Croix.

« Si quelqu’un veut venir à ma suite, qu’il se renie lui-même, qu’il se charge de sa croix et qu’il me suive. En effet, qui veut sauver sa vie la perdra, mais celui qui perd sa vie à cause de moi la trouvera »   Mathieu 16,24-25

A l’image de Simon de Cyrène, des hommes et des femmes essaient, chaque jour, d’aider ceux qui en ont besoin, ceux qui peinent sur la route de la vie. Simon de Cyrène nous rappelle que bien souvent ceux qui nous entourent ont besoin « d’un vrai coup de main »…

Le prêtre :

Seigneur donne-nous le courage de sortir de la foule pour aller aider le Christ souffrant dans ceux qui nous entourent…

6e Station : Véronique essuie le visage de Jésus

V/ Nous t’adorons, ô Christ, et nous te bénissons,

R/ car tu as racheté le monde par ta sainte Croix.

« … Je n’ai pas résisté, je ne me suis pas dérobé, j’ai tendu le dos à ceux qui me frappaient et la joue à ceux qui m’arrachaient la barbe, je n’ai pas soustrait ma face aux outrages et aux crachats »   Isaïe 50, 5-6

Le visage de Dieu est bien souvent défiguré,

le visage de l’homme est si souvent défiguré,

cette femme, par un geste simple et spontané,

apporte un peu de fraicheur d ce visage défait.

Le prêtre :

Seigneur, aide-nous à accepter modestement cette leçon ; que nous sachions écouter les spontanéités de notre cœur pour apaiser toute humanité défigurée.

7e Station : Jésus tombe une seconde fois

V/ Nous t’adorons, ô Christ, et nous te bénissons,

R/ car tu as racheté le monde par ta sainte Croix.

« Dès que je faiblis, on rit, on s’attroupe contre moi. Ils blasphèment, ils m’accablent, leurs dents grincent contre moi. »     Psaume 35

La route est toujours dure et longue sous le poids de la croix. Les genoux ne sont plus qu’une plaie. Elle est lourde la croix. Il est grand l’épuisement de Jésus. Nos croix nous paraissent souvent disproportionnées à nos pauvres épaules.

Le prêtre :

Seigneur, aide-nous à toujours nous relever car le mal et le péché ne doivent pas avoir le dernier mot…

8e Station : Jésus rencontre les femmes de Jérusalem

V/ Nous t’adorons, ô Christ, et nous te bénissons,

R/ car tu as racheté le monde par ta sainte Croix.

« Alors qu’il était en route avec ses disciples, Jésus entra dans un village. Une femme appelée Marthe le reçut dans sa maison. Elle avait une sœur nommée Marie qui, se tenant assise aux pieds du Seigneur, écoutait sa Parole. Marthe était accaparée par les multiples tâches du service. Elle intervint et dit : « Seigneur cela ne te fait rien ? Ma sœur me laisse seule à faire le service. Dis-lui donc de m’aider. » Le Seigneur lui répondit : « Marthe, Marthe, tu t’inquiètes et tu t’agites pour bien des choses. Une seule est nécessaire. Marie a choisi la meilleure part : elle ne lui sera pas enlevée. »

   Luc 10,38-42

Par la présence des femmes, Jésus veut nous faire comprendre la fidélité, la compassion, I’affection. Même dans la douleur et l’adversité, même dans la difficulté et le danger nous pouvons avoir « la meilleure part ».

Le prêtre :

Aide-nous, Seigneur, à savoir écouter ta parole pour rester fidèles à l’essentiel.

9e Station : Jésus tombe pour la troisième fois

V/ Nous t’adorons, ô Christ, et nous te bénissons,

R/ car tu as racheté le monde par ta sainte Croix.

« Vous êtes mes amis, si vous faites ce que je vous commande. Je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur ignore ce que veut faire son maître ; maintenant je vous appelle mes amis, car tout ce que j’ai appris de mon Père, je vous l’ai fait connaitre. Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, c’est moi qui vous ai établis afin que vous partiez, que vous donniez du fruit, et que votre fruit demeure. Alors, tout ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous l’accordera. Ce que je vous commande, c’est de vous aimer les uns les autres. »   Jean 15, 14-17

En tombant pour la troisième fois, Jésus nous redit : « comme moi je vous ai aimé…, aimez-vous… » Il nous redit le don suprême de la vie.

Le prêtre :

Seigneur, aide-nous à aimer malgré les chutes ; aide-nous à transformer le monde par ton amour.

10e Station : Jésus est dépouillé de ses vêtements

V/ Nous t’adorons, ô Christ, et nous te bénissons,

R/ car tu as racheté le monde par ta sainte Croix.

« Ces gens me voient, ils me regardent, ils partagent entre eux mes habits et tirent au sort mon vêtement. »   Psaume 22, 18-19

Il est nu devant la foule, nu devant le monde, de la nudité première. Et pourtant, ce n’est pas simple d’être vu, d’être ainsi présenté à la curiosité des autres !

Le prêtre :

Seigneur, aide-nous à contempler la nudité du Christ en croix pour y trouver la nudité de l’enfant qui nait. Celui qui est venu nous délivrer de nos poids inutiles.

11e Station : Jésus est cloué sur la croix

V/ Nous t’adorons, ô Christ, et nous te bénissons,

R/ car tu as racheté le monde par ta sainte Croix.

« Nous proclamons, nous, un Messie crucifié, scandale pour les Juifs et folie pour les païens. Mais pour ceux qui sont appelés, c’est le Christ, puissance de Dieu et sagesse de Dieu. Car ce qui est folie de Dieu est plus sage que les hommes, et ce qui est faiblesse de Dieu est plus fort que les hommes. »    1 Corinthiens 1, 23-25

Avec Jésus qui accepte la condamnation la plus cruelle et la plus honteuse, ce sont toutes les tortures de l’histoire qui sont hissées sur le bois de sa croix.

Le prêtre :

Seigneur apprends-nous le courage !

12e Station : Jésus meurt sur la croix

V/ Nous t’adorons, ô Christ, et nous te bénissons,

R/ car tu as racheté le monde par ta sainte Croix.

« Jésus, de condition divine, ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu. Mais il s’anéantit lui-même, prenant condition d’esclave et devenant semblable aux hommes. S’étant comporté comme un homme, il s’humilie plus encore, obéissant jusqu’à la mort et la mort sur une croix… »

    Philippiens 2,6-8

Se donner. Se donner totalement. Mourir d’amour car l’amour c’est la mort. Car l’amour c’est la Vie. Mourir en se donnant pour que d’autres aient la vie.

Le prêtre :

Seigneur transforme notre cœur pour que nous soyons signes de ton amour pour tous les hommes.

13e Station : Jésus est détaché de la croix

V/ Nous t’adorons, ô Christ, et nous te bénissons,

R/ car tu as racheté le monde par ta sainte Croix.

« Joseph d’Arimathie intervint. C’était un homme influent, membre du Conseil, et il attendait lui aussi le Royaume de Dieu. Il eut le courage d’aller chez Pilate pour demander le corps de Jésus. Pilate s’étonnant qu’il soit déjà mort, fit appeler le centurion, pour savoir depuis combien de temps Jésus était mort. Sur le rapport du centurion, il permit à Joseph de prendre le corps. Joseph acheta donc un linceul, il descendit Jésus de la croix, l’enveloppa dans le linceul et le déposa dans un sépulcre qui était creusé dans le roc. Puis il roula une pierre contre l’entrée du tombeau. »

    Marc 15, 43-46

Jésus s’était remis confiant entre les mains de Dieu. Jésus est remis confiant entre les mains de ses frères, entre les mains de Marie, entre les mains de l’Église…

Le prêtre :

Seigneur, aide-nous à être capables de traverser 1’épreuve et la douleur en gardant confiance. Aide-nous à comprendre que tu es entre nos mains.

14e Station : Jésus est mis au tombeau

V/ Nous t’adorons, ô Christ, et nous te bénissons,

R/ car tu as racheté le monde par ta sainte Croix.

« Ignorez-vous que, baptisés dans le Christ, c’est dans sa mort que vous avez été baptisés ? Nous avons donc été ensevelis avec lui par le baptême dans la mort, afin que comme le Christ est ressuscité des morts pour la Gloire du Père, nous vivions, nous aussi une vie nouvelle. »   Romains 6,3-11

Nous pensons bien souvent que le tombeau est un terme ! Mais si c’était vrai ! Si c’était vrai que tout n’est pas fini ? Si c’était vrai que le tombeau est un berceau ?

Le prêtre :

Seigneur aide-nous à mourir pour porter du fruit, un fruit qui demeure.

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Texte médité le vendredi 27 février 2026 :

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Chemin de croix avec saint Claude La Colombière

Première station : Jésus, Tu te laisses condamner à mort par la foule

Pilate reprit : « Que ferai-je donc de Jésus, celui qu’on appelle le Messie ? » Ils répondirent tous : « Qu’on le crucifie ! » Il poursuivit : « Quel mal a-t-il donc fait ? » Ils criaient encore plus fort : « Qu’on le crucifie ! » (…) Pilate se lave les mains et leur dit : « je ne suis pas responsable de la mort de cet homme ». (Matthieu 27, 22-24)

Paroles de saint Claude : Quand aujourd’hui je serais un apôtre, je puis être demain un Judas. Si je ne tombe pas dans les plus grands désordres toute la gloire vous en est due. Je n’ai que trop d’expérience et j’ai assez vu par ce que j’ai fait et ce que je suis capable de faire. Si vous m’abandonniez un seul moment, je ferais encore pis que les autres.

Prière : Seigneur Jésus, Tu nous dis de ne pas nous juger. Pardonne nos paroles qui ne sont pas charitables mais destructrices. Aide-nous à voir au-delà des apparences ; à avoir les pensées de ton Cœur doux et humble.

Deuxième station : Jésus, tu es chargé du bois de la croix

Et, crachant sur lui, ils prirent le roseau, et ils le frappaient à la tête. Quand ils se furent bien moqués de lui, ils lui enlevèrent le manteau, lui remirent ses vêtements, et l’emmenèrent pour le crucifier. (Matthieu 27, 30-31)

Paroles de saint Claude : Jésus comme un véritable pénitent, chargé des péchés de tout le monde pleurant pour tous ces péchés. C’est un homme percé et accablé de douleur. Mais la cause ? Ce sont les péchés des hommes. Il n’y eut jamais de douleur pareille à cause du nombre des péchés, à cause de ce qu’Il connaissait l’énormité, l’ingratitude, l’insolence, l’injustice, parce que Jésus aimait infiniment son Père et les hommes.

Pour la théologie si c’était à refaire, je voudrais toujours méditer deux fois plus que je ne lirais. Il faut lire peu de livres et étudier beaucoup Jésus-Christ crucifié.

Prière : Seigneur Jésus, donne-nous la grâce de saisir et d’être saisi par ta Passion. Ouvre les yeux de notre cœur pour nous laisser transformer et compatir à tes souffrances rédemptrices.

Troisième station : Jésus, tu tombes sous le poids de la croix

Pourtant, c’étaient nos souffrances qu’il portait, nos douleurs dont il était chargé. Et nous, nous pensions qu’il était châtié, frappé par Dieu, humilié (…) le Seigneur a fait retomber sur lui nos fautes à nous tous. (Isaïe 53,4-6)

Paroles de saint Claude : Par sa passion Jésus nous apprend à nous « détacher de l’esprit du monde ». Il me semble que l’usage de la Présence de Dieu est bien efficace. C’est une étrange et bien malheureuse servitude que celle d’un homme qui cherche à plaire aux autres hommes. Quand est-ce que je pourrai dire comme saint Paul : « le monde est crucifié pour moi et moi pour le monde ? » (Galates 6, 14)

Prière : Seigneur Jésus, apprends-nous à nous détacher des « faux » plaisirs que nous propose notre société de consommation. Apprends-nous à partager avec ceux qui sont tombés dans la pauvreté matérielle et spirituelle. Que nous éprouvions la joie de donner « de notre surplus » … et pourquoi pas, au moins une fois dans notre vie – comme la veuve de l’Évangile – de ce qui nous est nécessaire.

Quatrième station : Marie, tu accompagnes ton Fils sur son chemin de croix

Syméon les bénit, puis il dit à Marie, sa mère : « Vois, ton fils qui est là provoquera la chute et le relèvement de beaucoup en Israël. Il sera un signe de division. – Et toi-même, ton cœur sera transpercé par une épée. – Ainsi seront dévoilées les pensées secrètes d’un grand nombre. Sa mère gardait dans son cœur tous ces événements ». (Luc 2, 34-35.51)

Paroles de saint Claude : C’est en vain que votre ennemi et le mien me tend tous les jours de nouveaux pièges. Il me fera tout perdre plutôt que l’espérance que j’ai en votre Miséricorde. Quand je serais retombé cent fois et que mes crimes seraient cent fois plus horribles qu’ils ne sont, j’espèrerais encore en vous. On blesse et on offense le Cœur de Jésus beaucoup plus par nos manques de confiance en son inépuisable Miséricorde que par nos péchés. « Tout le mal que vous avez fait n’est rien en comparaison de celui que vous faîtes en manquant de confiance ; espérez donc jusqu’au bout. »

Prière : Marie, ton Fils Jésus avait eu la délicatesse de préparer ton cœur à sa douloureuse Passion. Tu as eu la force de l’accompagner jusqu’au don suprême de lui-même. Toi aussi, Vierge Marie, tu te donnes avec Lui, et en Lui, au Père pour la sanctification de tes enfants. Merci de prier pour nous, pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de l’offrande lors de notre mort. Amen.

Prendre un court moment de silence puis dire le « Je vous salue Marie ».

Cinquième station : Jésus, tu veux être aidé à porter ta croix par Simon le Cyrénéen

En sortant, ils trouvèrent un nommé Simon, originaire de Cyrène, et ils le réquisitionnèrent pour porter la croix. Alors Jésus dit à ses disciples : « Si quelqu’un veut marcher derrière moi, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive ». (Matthieu 27, 32 ; 16, 24)

Méditation de saint Claude : L’amour de l’humilité, de l’abjection et d’une vie cachée et obscure est un grand remède à tous les maux. On se compare insensiblement et fort ridiculement, aux plus grands saints (…) on veut faire en un jour en soi et dans les autres ce qui leur a coûté bien des années.

Il n’y a point de véritable vertu sans la simplicité et l’humilité : la simplicité nous fait oublier nos propres lumières et l’humilité nous persuade que tout le monde en a plus que nous. Une personne humble ne voit que ses défauts et ne s’aperçoit point de ceux d’autrui.

Prière : Seigneur Jésus, dans ta mystérieuse providence, Tu as voulu associer au portement de ta croix un homme qui était déjà bien fatigué par une journée de travail dans les champs. Nous te confions tous ceux qui peinent dans leur travail et qui ne trouvent pas leur épanouissement. Nous te prions pour ceux qui cherchent un emploi et pour ceux qui sont exploités. Que le pain et le vin, « fruit de la terre et du travail des hommes », que nous t’offrons dans chaque Eucharistie, puissent devenir une offrande qui te soit agréable.

Sixième station : Jésus, Véronique essuie ton visage

Mon cœur m’a redit ta parole : « Cherchez mon Visage ». C’est ton Visage, Seigneur, que je cherche : ne me cache pas ton Visage. N’écarte pas ton serviteur avec colère, tu restes mon secours. Ne me laisse pas, ne m’abandonne pas, Dieu, mon salut ! (Psaume 27, 8-9)

Paroles de saint Claude : La charité ordinaire nous porte à avoir compassion des misérables et à les soulager. J’ai souvent dit que si les grands voyaient ce que souffrent les petits, il y aurait peu de malheureux dans le monde, parce qu’ils seraient touchés et il leur serait aisé de les tirer de la misère.

Prière : Seigneur, nous te remercions pour toutes les personnes qui font du bien aux malades et aux personnes seules, de manière cachée. Nous te prions pour les médecins, les infirmières et tout le personnel soignant. Aide chacun de nous à être des consolateurs après avoir été consolés par Toi lors de ta Passion.

Septième station : Jésus, tu tombes pour la deuxième fois

Je suis l’homme qui a connu la misère, sous les coups de bâton de sa fureur. C’est moi qu’il a conduit et fait marcher dans les ténèbres et sans lumière. Il a barré mes chemins avec des pierres de taille, obstrué mes sentiers. Il a brisé mes dents avec du gravier, il m’a nourri de cendre. (Lamentations 3, 1-2.9.16)

Paroles de saint Claude : Non seulement Jésus a souffert ce qu’il ne devait pas souffrir, mais Il a souffert plus qu’Il ne devait souffrir. C’en était plus qu’il ne fallait pour nos besoins, pour la justice de son Père, pour la haine de ses ennemis. S’il verse son sang, c’est jusqu’à la dernière goutte ; à la flagellation, Il reçoit des coups plus que la loi n’ordonne, plus qu’il n’en peut supporter sans miracle ; Il n’a plus de force, Il veut encore porter la croix.

Prière

Seigneur Jésus, comme toi, ton « fidèle serviteur et parfait ami » a été condamné injustement à Londres. Il a été mis en prison pendant trois semaines et ensuite mis en exil. Nous te prions pour toutes les victimes innocentes, et pour les magistrats et avocats afin qu’ils exercent la justice dans la Vérité.

Huitième station : Jésus, tu avertis les femmes de Jérusalem

Il se retourna et leur dit : « Femmes de Jérusalem, ne pleurez pas sur moi ! Pleurez sur vous-mêmes et sur vos enfants ! (…) Car si l’on traite ainsi l’arbre vert, que deviendra l’arbre sec ? » (Luc 23, 28.31)

Paroles de saint Claude : J’ai eu encore des sentiments d’une grande confusion sur ma vie passée ; une persuasion très forte et très claire du peu, du rien que nous contribuons à la conversion des âmes, une vue très distincte de mon néant.

Prière : Seigneur, saint Claude a dû prêcher aux grands de son époque : à la cour du Roi Louis XIV, et à celle de la Duchesse d’York en Angleterre. Nous te prions pour les responsables politiques d’aujourd’hui. Qu’ils ne se laissent pas influencer par l’amour de l’argent et la « pression populaire ». Qu’ils puissent gouverner en laissant leur conscience être éclairée par l’Esprit Saint.

Neuvième station : Jésus, tu tombes pour la troisième fois

Il n’était ni beau ni brillant pour attirer nos regards, son extérieur n’avait rien pour nous plaire. Il était méprisé, abandonné de tous, homme de douleurs, familier de la souffrance, semblable aux lépreux dont on se détourne ; et nous l’avons méprisé, compté pour rien. (Isaïe 53, 2-3)

Paroles de saint Claude : « Par amour pour nous, non seulement Jésus-Christ a souffert ce qu’Il ne devait pas souffrir, mais Il a souffert plus qu’Il ne devait souffrir. Une larme pouvait laver toutes nos fautes, une goutte de sang pouvait nous mériter tous les secours ; pourquoi donc tant de sang ? Faut-il demander des raisons à un Dieu qui aime ? Il n’en peut donner d’autre que son amour.

On croit toujours, quand on aime, que, quoi qu’on fasse, que, quoi qu’on donne, ce ne sera jamais assez. Que manquait-il aux souffrances du Fils de Dieu ? »

Prière de saint Claude : Dieu, Notre Père, Tu nous as tellement aimés que Tu nous as donné ton propre Fils. Si nous le méritions par nos actes, cela serait déjà une folie d’Amour ! Alors combien plus nous qui sommes pécheurs, nous ne « méritons » pas un tel amour ! Pourquoi nous donner ton Fils ? Pourquoi ton Fils se laisse-t-il transpercer par nos péchés ! » Comme l’écrit le pape François : parce que « Le péché du monde est immense, mais il n’est pas infini. En revanche ton Amour rédempteur et miséricordieux est infini. »

Dixième station : Jésus, tu te laisses dépouiller de tes vêtements

Que chacun de vous ne soit pas préoccupé de ses propres intérêts ; pensez aussi à ceux des autres. Ayez en vous les dispositions qui sont dans le Christ Jésus : Le Christ Jésus, ayant la condition de Dieu, ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu. Mais il s’est anéanti, prenant la condition d’esclave, devenant semblable aux hommes.  Reconnu homme à son aspect, Il s’est abaissé, devenant obéissant jusqu’à la mort, et la mort de la croix. (Philippiens 2, 4-8)

Paroles de saint Claude : Je me trouve misérable en un point que je ne puis dire : mon imagination est folle et extravagante. Toutes les passions ballottent mon cœur et il ne se passe guère de jour que les unes après les autres elles n’y excitent tous leurs mouvements déréglés.

Prière : Dieu Notre Père, Toi qui as créé l’homme et la femme à ton image, Tu nous as façonné un corps, « Temple de l’Esprit Saint ». Pardon pour tous les péchés dits « d’impureté » qui ne respectent pas la beauté et le sens de la sexualité. Viens guérir toutes les personnes victimes d’abus sexuels et de pouvoir. Viens guérir aussi les personnes malades qui commettent de tels actes. Donne-nous la haine du péché et l’amour de la pureté.

Onzième station : Jésus, tu es crucifié sur le bois de la croix.

Au-dessus de sa tête on inscrivit le motif de sa condamnation : « Celui-ci est Jésus, le roi des Juifs. » En même temps, on crucifie avec lui deux bandits, l’un à droite et l’autre à gauche. Les passants l’injuriaient en hochant la tête : « Toi qui détruis le Temple et le rebâtis en trois jours, sauve-toi toi-même, si tu es le Fils de Dieu, et descends de la croix ! » (Matthieu 27, 37-40)

Paroles de saint Claude : À la flagellation, il reçoit des coups plus que la loi ne l’ordonne, plus qu’il ne peut supporter sans miracle. Il n’a plus de force, il veut encore porter la croix. Mais n’est-ce pas trop mon adorable sauveur ? Oui, vous répondra-t-il, c’est trop pour apaiser mon Père, trop pour éteindre la haine, trop pour effacer tous les péchés de la terre (…) mais ce n’est pas assez pour toucher ton cœur, pour t’inspirer le moindre sentiment de reconnaissance ! Ô dureté ! Ô insensibilité ! En effet tous ces excès n’ont pu vaincre notre lenteur et notre tiédeur.

Prière : Jésus, sur la Croix tu nous as appris le pardon : « Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font ». Que les chrétiens persécutés puissent redire par Toi et en Toi ces paroles puissantes et divines. Que nous puissions prier comme Toi pour nos ennemis et vivre avec Toi et avec Marie le pardon pour nos persécuteurs.

Douzième station : Jésus, Tu meurs sur le bois de la croix

Quand il eut pris le vinaigre, Jésus dit : « Tout est accompli. » Puis, inclinant la tête, il remit l’esprit (…) Quand ils arrivèrent à Jésus, voyant qu’il était déjà mort, ils ne lui brisèrent pas les jambes, mais un des soldats avec sa lance lui perça le côté ; et aussitôt, il en sortit du sang et de l’eau. Celui qui a vu rend témoignage, et son témoignage est véridique ; et celui-là sait qu’il dit vrai afin que vous aussi, vous croyiez. Cela, en effet, arriva pour que s’accomplisse l’Écriture : Aucun de ses os ne sera brisé. Un autre passage de l’Écriture dit encore : Ils lèveront les yeux vers celui qu’ils ont transpercé. (Jean 19, 30.33-37)

Prière de saint Claude (évoquant la dureté de son cœur) : Que ferez-vous donc, Seigneur, pour vaincre une si grande dureté ; Vous vous êtes épuisé dans ce Mystère d’Amour… Je ne vois qu’une seule ressource dans un si grand mal ; il faut ô mon Dieu, il faut que Vous nous donniez un autre cœur, un cœur tendre, un cœur sensible, un cœur qui ne soit ni de marbre, ni de bronze ; il nous faut donner un cœur tout semblable au Vôtre, il nous faut donner votre Cœur même.

Venez aimable Cœur de Jésus, venez Vous placer au milieu de ma poitrine, et allumez-y un Amour qui réponde, s’il est possible, aux obligations que j’ai d’aimer Dieu. (Père), aimez Jésus en moi autant que Vous m’avez aimé en Lui, faites que je ne vive qu’en Lui, et que je ne vive que pour Lui, afin qu’éternellement je puisse vivre avec Lui dans le Ciel. »

Treizième station : Marie, tu reçois ton fils mort sur tes genoux

Bien-aimés, aimons-nous les uns les autres, puisque l’amour vient de Dieu. Celui qui aime est né de Dieu et connaît Dieu. Celui qui n’aime pas n’a pas connu Dieu, car Dieu est amour. Voici comment l’amour de Dieu s’est manifesté parmi nous : Dieu a envoyé son Fils unique dans le monde pour que nous vivions par lui. Voici en quoi consiste l’amour : ce n’est pas nous qui avons aimé Dieu, mais c’est lui qui nous a aimés, et il a envoyé son Fils en sacrifice de pardon pour nos péchés. (1 Jean 4, 7-10)

Prière de saint Claude : Vous m’avez tiré du néant, Vous m’avez tiré de l’enfer, si je vis, ce n’est que par votre Grâce, que par votre pure Miséricorde ; n’est-il pas bien juste que Vous usiez de moi selon votre bon plaisir ?

Frappez-moi donc, ô mon Dieu ; autant qu’il vous plaira, et aussi rudement qu’il vous plaira ; il faudra que je souffre beaucoup avant que mes douleurs égalent les vôtres, avant qu’elles égalent celles de votre Sainte Mère, avant qu’elles égalent le nombre de mes péchés. J’aurai du moins cette consolation en mes maux, que je marcherai par un chemin que Vous avez tracé avec votre Sang précieux, par un chemin que Marie a arrosé de ses larmes, par un chemin que tous vos amis ont tenu, et par où ils sont tous arrivés à l’immortalité glorieuse ».

Quatorzième station : Jésus, tu es mis dans un tombeau neuf

Bien-aimés, puisque Dieu nous a tellement aimés, nous devons, nous aussi, nous aimer les uns les autres. Dieu, personne ne l’a jamais vu. Mais si nous nous aimons les uns les autres, Dieu demeure en nous, et, en nous, son amour atteint la perfection. (1 Jean 4, 11-12)

Prière de saint Claude : Sacré Cœur de Jésus, apprenez-moi le parfait oubli de moi-même, puisque c’est la seule voie par où l’on peut entrer en Vous. Enseignez-moi ce que je dois faire pour parvenir à la pureté de votre amour, duquel Vous m’avez inspiré le désir. Je sens en moi une grande volonté de Vous plaire, et une grande impuissance d’en venir à bout sans une lumière et un secours très particulier que je ne puis attendre que de Vous… Faites en moi votre volonté, Seigneur ! Je m’y oppose, je le sens bien, mais je voudrais bien, ce me semble, ne pas m’y opposer. C’est à Vous à tout faire, divin Cœur de Jésus-Christ ; Vous seul aurez toute la gloire de ma sanctification, si je me fais saint : cela me paraît plus clair que le jour ; mais ce sera pour Vous une grande gloire et c’est pour cela seulement que je veux désirer la perfection. Amen. »

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Texte médité le vendredi 20 février 2026 :

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Chemin de Croix avec le Pape François (de 2020)

Introduction :

Père saint et miséricordieux,

Tu nous as montré le chemin de la Croix comme chemin unique pour te comprendre.

Nous voulons marcher aujourd’hui avec foi et espérance.

Nous voulons prier en union avec tous ceux qui souffrent et nous laisser envelopper par ce mystère.

Aide-nous à marcher en te contemplant

Apprenant de Jésus qui se livre

A porter notre croix de chaque jour,

Sans nous laisser abattre,

Confiants en ton amour miséricordieux.

Accorde-nous de participer à la passion du Christ,

Pour que nous puissions parvenir un jour avec lui

A la gloire de la Résurrection

Par Jésus-Christ Notre Seigneur.  Amen

Première station : Jésus est condamné à mort

« Et comme Pilate reprenait :

Que voulez-vous donc que je fasse de celui que vous appelez le roi des Juifs ?,

de nouveau ils crièrent :

Crucifie-le !

Pilate, voulant contenter la foule, relâcha Barabbas et, après avoir fait flageller Jésus, il le livra pour qu’il soit crucifié » Mc 15, 12.13.15

Prière

Jésus condamné,

Roi blessé et injurié,

Nous te supplions de nous accorder

Miséricorde et pardon

Pour notre faiblesse et notre erreur.

Tu es le seul qui soit Amour.

Donne-nous Seigneur

Un cœur droit

Qui ne juge ni ne condamne

Qui accueille et qui comprenne,

Un cœur comme le tien

Qui ne connaisse pas la condamnation.

Au jour où le jugement viendra,

Puisse ton pardon effacer la peine de chacun de nous

Et nous envelopper de ta tendresse.

A toi, Jésus,

Juste et miséricordieux,

Louange et honneur,

Avec le Père et l’Esprit,

Maintenant et pour les siècles des siècles. Amen.

Deuxième station : Jésus est chargé de sa Croix.

 « Alors les soldats du gouverneur emmenèrent Jésus dans la salle du Prétoire et rassemblèrent autour de lui toute la garde ; ils lui enlevèrent ses vêtements et le couvrirent d’un manteau rouge. Puis avec des épines, ils tressèrent une couronne et la posèrent sur sa tête ; ils lui mirent un roseau dans la main droite et, pour se moquer de lui, ils s’agenouillaient devant lui en disant : « Salut, roi des Juifs ! » Et, après avoir craché sur lui, ils prirent le roseau, et ils le frappaient à la tête. Quand ils se furent bien moqués de lui, ils lui enlevèrent le manteau, lui remirent ses vêtements, et l’emmenèrent pour le crucifier »  Mt 27, 27-31.

« Et Jésus, portant lui-même sa croix, sortit en direction du lieu-dit Le crâne (ou Calvaire), qui se dit en hébreu Golgotha. »  Jn 19, 7.

Prière

Toi, Jésus raillé,

Jésus exclu et humilié,

Nous te supplions : aide-nous à te découvrir

Dans ceux qui portent leur croix.

Puissions-nous être blessés et souffrir

De la souffrance même de nos frères,

De la douleur de ceux qui portent

Des croix pesantes qui les dépassent.

Accorde-nous, Seigneur

D’accueillir notre croix sans la fuir,

Sachant que tu es avec nous toujours,

Offrant ton Espérance

A ceux qui n’espèrent qu’en toi.

A toi, Jésus, qui nous invites à nous mettre au travail,

Louange et honneur,

Avec le Père et l’Esprit,

Maintenant et pour les siècles des siècles. Amen

Troisième station : Jésus tombe pour la première fois

« En fait, c’étaient nos souffrances qu’il portait, nos douleurs dont il était chargé. Et nous, nous pensions qu’il était frappé, meurtri par Dieu, humilié. Or, c’est à cause de nos révoltes qu’il a été transpercé, à cause de nos fautes qu’il a été broyé. Le châtiment qui nous donne la paix a pesé sur lui : par ses blessures, nous sommes guéris. Nous étions tous errants comme des brebis, chacun suivait son propre chemin. Mais le Seigneur a fait retomber sur lui nos fautes à nous tous. »  Is 53, 4-6.

Prière

Seigneur Jésus, tu tombes sous le poids de la Croix,

Chargé du péché du monde.

Marche avec nous pour qu’au moment de la chute,

Ecrasés par les difficultés,

Nous sachions nous relever

Et continuions de regarder vers l’avant.

Marche avec nous pour que nous ne tombions pas

Et que nous ne soyons pas tentés par le pessimisme si souvent contagieux.

Jésus, Dieu qui chemine toujours avec nous,

Sois notre compagnon de voyage et soutiens nos pas à jamais.

A toi, Jésus, notre flambeau

Avec le Père et l’Esprit,

Maintenant et pour les siècles des siècles. Amen

Quatrième station : Jésus rencontre sa mère

« Siméon les bénit, puis il dit à Marie sa mère : « Voici que cet enfant provoquera la chute et le relèvement de beaucoup en Israël. Il sera un signe de contradiction – et toi, ton âme sera traversée d’un glaive – : ainsi seront dévoilées les pensées qui viennent du cœur d’un grand nombre. » Sa mère gardait dans son cœur tous ces événements. »  Lc 2, 34.35.51.

Prière

Ta souffrance, Seigneur, nous blesse

Comme tu es blessé de la nôtre ;

La même qu’au moment où elle a croisé ton regard.

Qu’il en soit de même entre nous,

Lorsque nous nous regardons dans ton amour ;

Que resplendisse la tendresse

Sans manière ni pudeur.

Accorde-nous ton regard, Seigneur,

Ce regard tendre qui a appris d’Elle à regarder.

C’est ce regard qui garde

Notre sainte Mère l’Eglise,

Regard qui s’y connaît en baisers,

Qui s’y connaît en caresses,

Qui s’y connaît en consolation,

Qui s’y connaît pour aider,

Qui s’y connaît en Incarnation.

A toi, Jésus, qui nous regardes sans cesse avec tendresse,

Avec le Père et l’Esprit,

Maintenant et pour les siècles des siècles. Amen

Cinquième station : Simon de Cyrène aide Jésus à porter sa Croix

« Comme ils l’emmenaient, ils prirent un certain Simon de Cyrène qui revenait des champs, et ils le chargèrent de la Croix pour qu’il la porte derrière Jésus »  Lc 23,26.

Prière

C’est à toi Seigneur,

Le vrai Cyrénéen que nous rendons grâces,

Parce que tu nous apprends à protéger la fragilité de celui qui est faible ;

Parce que dans le visage du frère tu nous permets

De nous retrouver nous-mêmes

Et de guérir nos blessures.

Apprends-nous, bon Maître,

A nous approcher avec amour de toute vie,

A nous mettre à l’ouvrage sous le poids du jour.

A toi, Jésus, qui nous appelles

A prendre soin de la fragilité,

Notre louange reconnaissante,

Avec le Père et l’Esprit,

Maintenant et pour les siècles des siècles. Amen

Sixième station : Véronique essuie le visage de Jésus

« Il était sans apparence ni beauté qui attire nos regard, son aspect n’avait rien pour nous plaire. Méprisé, abandonné des hommes, homme de douleurs, familier de la souffrance, il était pareil à celui devant qui on se voile la face. »   Is 53, 2-3.

« Mon cœur m’a redit ta parole : « Cherchez ma face. » C’est ta face, Seigneur, que je cherche : ne me cache pas ta face. N’écarte pas ton serviteur avec colère : tu restes mon secours. Ne me laisse pas, ne m’abandonne pas, Dieu, mon salut ! »   Ps 26, 8-9.

Prière

Seigneur Jésus, notre image, idéal de tout homme qui cherche la vraie vie ;

Laisse-nous te chercher tandis que tu nous trouves.

Accorde-nous, Seigneur, de te voir dans ces visages qui attendent,

Dans l’enfant, dans l’ancien, dans celui qui ne rêve même pas de toi.

Ne cache jamais ton visage à tous ces frères qui te cherchent à leur manière ;

Donne-nous, Seigneur, cet Esprit qui apaisera de sa consolation

Les visages douloureux de tous ceux qui portent en eux le sceau de ta Gloire.

A toi, Jésus, vraie icône de Dieu, honneur et gloire

Avec le Père et l’Esprit,

Maintenant et pour les siècles des siècles. Amen

Septième station : Jésus tombe pour la deuxième fois

« Tous ceux qui me voient me bafouent, ils ricanent et hochent la tête. Ne sois pas loin : l’angoisse est proche, je n’ai personne pour m’aider. »   Ps 21, 8.12.

Prière

Seigneur Jésus, force et courage de ceux qui espèrent,

Reste avec nous tant que nous sommes en chemin.

Donne-nous, Seigneur, ta force pour que jamais

Nous ne nous détachions de toi.

Quand tu nous vois défaillir, viens nous relever ;

Ne nous laisse pas seuls, reste à nos côtés.

Nous avons toujours besoin de toi,

Même si cela ne soit pas ;

Et si notre orgueil nous aveugle,

Délivre-nous toi-même de toute torpeur.

A toi Jésus, notre force dans la faiblesse,

Toute louange et gratitude,

Avec le Père et l’Esprit,

Maintenant et pour les siècles des siècles. Amen

Huitième station : Jésus rencontre les femmes de Jérusalem

« Le peuple, en grande foule, le suivait, ainsi que des femmes qui se frappaient la poitrine et se lamentaient sur Jésus. Il se retourna et leur dit : « Filles de Jérusalem, ne pleurez pas sur moi ! Pleurez plutôt sur vous-mêmes et sur vos enfants ! Voici venir des jours où l’on dira : Heureuses les femmes stériles, celles qui n’ont pas enfantés, celles qui n’ont pas allaités ! Car si l’on traite ainsi l’arbre vert, que deviendra l’arbre sec ? »   Lc 23, 27-31.

Prière

Seigneur Jésus, ami qui jamais ne nous fait défaut,

Entends la prière confiante qui espère ta réponse.

Elle est comme le cri de l’ami qui appelle en pleine nuit.

Pardonne notre insistance, si nous te pressons le cœur,

Mais nombreux sont nos frères qui attendent une solution.

Permets que nous te priions pour eux

Et que nous intercédions en leur faveur, sans jamais oublier

Que c’est ensemble que nous cherchons Dieu.

A toi, Jésus, qui pleures avec nous, toute louange et toute gloire,

Avec le Père et l’Esprit,

Maintenant et pour les siècles des siècles. Amen

Neuvième station : Jésus tombe pour la troisième fois sous le poids de la Croix

« Il est bon pour l’homme de porter le joug dès sa jeunesse. Qu’il reste assis, solitaire, en silence, tant que le Seigneur le lui impose ; qu’il tienne sa bouche contre terre : peut-être y a-t-il un espoir ! Qu’il tende la joue à qui le frappe, qu’il se laisse saturer d’insultes. Car le Seigneur ne rejette pas pour toujours ; s’il s’afflige, il fera miséricorde selon l’abondance de sa grâce. »   Lm 3, 27.32.

« Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos. Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos pour votre âme. Oui, mon joug est facile à porter, et mon fardeau, léger. »   Mt 11, 28-30.

Prière

Vers toi, Seigneur Jésus, compagnon de route,

Nous arrivons avec notre vie chargée de fatigues, d’épuisements.

Allège notre poids, soutiens-nous dans nos chutes ;

Et même si le chemin s’élargit et que les forces semblent nous manquer,

Tu sais bien que toi tu ne nous manqueras jamais

Et tu nous donnes la force de poursuivre.

Merci pour ton conseil, fruit de ton amitié,

Qui fait que la Croix est plus légère et plus doux le chemin.

A toi, Jésus ami, sur ton cœur nous reposons,

Toute louange et toute gloire à jamais,

Avec le Père et l’Esprit,

Maintenant et pour les siècles des siècles. Amen

Dixième station : Jésus est dépouillé de ses vêtements

« Ils partagent entre eux mes habits et tirent au sort mon vêtement. »   Ps 21, 19.

« Quand les soldats eurent crucifié Jésus, ils prirent ses habits ; ils en firent quatre parts, une pour chaque soldat. Ils prirent aussi la tunique ; c’était une tunique sans couture, tissée tout d’une pièce de haut en bas. Alors ils se dirent entre eux : « Ne la déchirons pas, désignons par le sort celui qui l’aura. »   Jn 19, 23-24.

Prière

Seigneur Jésus, modèle de toute vie,

Apprends-nous la grandeur de demeurer tout petits.

Donne-nous Seigneur, l’art de nous dépouiller de l’intérieur,

Nous libérant ainsi de tout ce qui nous rattache à notre ego.

Tu es notre maître à l’école du dépouillement.

Que notre vêtement ne trompe pas et n’oublie jamais de témoigner que toi seul es important.

A toi, Jésus, revêtu d’obéissance,

Toute louange et toute gloire à jamais,

Avec le Père et l’Esprit,

Maintenant et pour les siècles des siècles. Amen

Onzième station : Jésus est cloué à la Croix

« Alors, il leur livra Jésus pour qu’il soir crucifié. Pilate avait rédigé un écriteau qu’il fit placer sur la Croix ; il était écrit : « Jésus le Nazaréen, roi des Juifs. »   Jn 19, 16-19.

« Alors on crucifia avec lui deux bandits, l’un à droite et l’autre à gauche. Les passants l’injuriaient en hochant la tête ; ils disaient : « toi qui détruit le Sanctuaire et le rebâtis en trois jours, sauve toi toi-même, si tu es le Fils de Dieu, et descends de la Croix ! » De même les grands prêtres se moquaient de lui avec les scribes et les anciens. »   Mt 27, 38-41.

Prière

A toi, bien-aimé Seigneur, cloué sur la Croix,

Ce ne sont pas tes clous qui nous font mal

Mais surtout que nous restions orphelins.

Face au monde bouleversé,

Tu n’es qu’un parmi d’autres pour les gens ;

Cependant, devant nous tu es Dieu en vérité.

La gloire ne réside pas dans le triomphe,

Mais dans le fait d’accomplir sa divine Volonté.

Eloigne de nous, Seigneur, cette grave tentation,

De nous croire vaincus devant celui qui rejette l’amour.

Et même s’il nous en coûte de croire,

Ne permets jamais, Seigneur,

Qu’on arrive à nous persuader que l’amour ne sert à rien

A toi, Jésus, l’homme aux clous,

Toute louange dans l’action de grâces,

Avec le Père et l’Esprit,

Maintenant et pour les siècles des siècles. Amen

Douzième station : Jésus meurt sur la Croix

« A partir de la sixième heure (c’est-à-dire : midi), l’obscurité se fit sur toute la terre jusqu’à la neuvième heure. Vers la neuvième heure, Jésus cria d’une voix forte : « Eli, Eli, lema sabactani ? », ce qui veut dire : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonnée ? » Mais Jésus, poussant de nouveau un grand cri, rendit l’esprit. »   Mt 27, 45-46.50.

Prière

A toi, Jésus, qui meurs dans une parfaite solitude,

Nous te demandons de nous assister à la croix et lors de l’agonie

Qui ne manqueront sans doute pas d’arriver dans notre vie.

Nous savons d’expérience que la foi ne peut nous épargner

Ni la Croix, ni la souffrance, ni les coups de griffes du hasard.

Rends-nous forts dans les épreuves, confiants et sûrs,

Que ta main nous soutienne même si nous ne le voyons pas.

Ta Croix nous trouble et nous brouille la vue.

Accorde-nous, Seigneur, la confiance de nous savoir toujours en Dieu.

A toi, Jésus bien-aimé, Tout honneur et toute gloire, Avec le Père et l’Esprit, Maintenant et pour les siècles des siècles. Amen

Treizième station : Jésus est descendu de la Croix et remis à sa Mère

« Il y avait là de nombreuses femmes qui observaient de loin. Elles avaient suivi Jésus depuis la Galilée pour le servir. Comme il se faisait tard, arriva un home riche, originaire d’Arimathie, qui s’appelait Joseph, et qui était devenu lui aussi, disciple de Jésus. Il alla trouver Pilate pour demander le corps de Jésus. Alors Pilate ordonna qu’on le lui remette. »   Mt 27, 55.57-58.

Prière

Toi, Seigneur Jésus qui, à ta mort, t’es trouvé dans ses bras,

Nous voulons aujourd’hui te rendre grâce de nous avoir fait ce cadeau.

C’est Marie, la tendresse imprimée dans son doux regard,

Qui nous accompagne dans la vie et prends soin de nous.

Eloigne de nous la peur et donne-nous toujours le courage

De regarder avec tendresse ceux qui méritent la compassion.

A toi, Jésus bien-aimé, et à Marie en sa Piété,

Tout honneur et toute gloire, Avec le Père et l’Esprit,

Maintenant et pour les siècles des siècles. Amen

Quatorzième station : Jésus est mis au tombeau

« Nicodème – celui qui, au début, était venu trouver Jésus pendant la nuit – vint lui aussi ; il apportai un mélange de myrrhe et d’aloès pesant environ cent livres. Ils prirent donc le corps de Jésus, qu’ils lièrent de linges, en employant les aromates selon la coutume juive d’ensevelir les morts. »  Jn 19, 39-40.

« Prenant le corps, Joseph l’enveloppa dans un linceul immaculé, et le déposa dans le tombeau neuf qu’il s’était fait creuser dans le roc. Puis il roula une grande pierre à l’entrée du tombeau et s’en alla. Or, Marie-Madeleine et l’autre Marie étaient là, assises en face du sépulcre. »  Mt 27, 59-61.

Prière

Jésus enseveli, nous te demandons avec insistance :

Fais de nous toujours des « hommes et femmes de mémoire »,

Eclaire-nous. Toi qui ne dors jamais, ravives en nous la promesse ;

Celle qui, depuis la tombe, découvre ce dont le cœur rêve déjà :

Tu seras toujours avec nous jusqu’à la fin du monde.

Ce souvenir nous réjouit et fait palpiter notre cœur :

Malgré la tombe, il n’y a pas de mort, il n’y a que la Résurrection.

A toi qui es la Vie, à toi toute gloire et tout honneur,

Avec le Père et l’Esprit,

Maintenant et pour les siècles des siècles. Amen.