HOMÉLIE PRONONCÉES PENDANT LE TEMPS DE l'AVENT ET DE NOËL

2017-2018 (Année B)



LISTE DES HOMÉLIES








HOMÉLIE DU FRÈRE PHILIPPE-MARIE

Dimanche 24 décembre 2017

4ème Dimanche de l'AVENT B




HOMÉLIE DU FRÈRE PHILIPPE-MARIE

Le Lundi 25 décembre 2017

Eucharistie du JOUR DE NOËL

HOMÉLIE DU FRÈRE MARIE-JEAN

Dimanche 7 janvier 2018

ÉPIPHANIE DU SEIGNEUR, Solennité

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HOMÉLIE DU FRÈRE PHILIPPE-MARIE

Dimanche 24 décembre 2017

4ème Dimanche de l'AVENT B


Introduction à la célébration : Nous voilà arrivés au seuil de la fête de Noël; demain, Jésus sera là. Il nous faut apprêter nos cœurs, il faut que nos cœurs soient tout entier ouverts pour l'accueillir, plein de la grâce. C'est pour cela que nous nous sommes confessés avant cette fête de Noël, car la confession des péchés nous ouvre le cœur et nous permet d'avoir le cœur rempli de grâce, d'avoir le cœur plein de grâce comme l'était le cœur de Marie; il l'était bien plus que nous, c'est vrai. Au seuil de cette Eucharistie, nous reconnaissons toutes ces fermetures de notre cœur à la grâce. Demandons au Seigneur sa miséricorde pour qu'Il puisse venir en nous, faire en nous sa demeure et être notre vie.


Homélie : Dans la liturgie de cette messe, en cette veille de Noël, déjà se perçoit la joie de la naissance qui va advenir en cette nuit. Joie qui éclatera dans le ciel, dans la nuit de Bethléem. Joie déjà contenue dans le OUI de Marie et dans le silence adorant qui suivit son OUI.

 Cette joie est celle d'un mystère enfin révélé. C'est la joie de saint Paul, qui, à la fin de sa lettre aux Romains, exulte de louange envers Dieu pour son dessein merveilleux.

 Ce dessein est un mystère qui était resté caché, dans le silence du cœur de Dieu, et qui est maintenant révélé, qui est aujourd'hui manifesté en la personne de Jésus. Ce mystère, c' est celui de notre adoption filiale en Jésus-Christ, adoption qui nous fait partager la vie divine, moyennant l'engagement de notre foi, moyennant « l'obéissance de la foi »,comme le dit Saint Paul. Cette révélation et cet appel ne sont pas réservés à quelques-uns ou au seul peuple Juif. Toutes les Nations sont appelées à mettre leur foi dans le Christ, pour avoir part à sa vie.

 C'est Lui, Jésus, qui est l'objet de notre joie, et qui nous sera donné en cette nuit de Noël.

 Jésus est le dévoilement plénier du mystère caché en Dieu, mais que Dieu a révélé progressivement à travers toutes les promesses faites à Israël. Ainsi, dès les origines, par la Promesse, nous savions que le Messie serait de la race humaine; avec Noë, nous savons qu'Il serait un Sémite; avec Abraham, nous savons qu'Il serait de la descendance d'Abraham; avec Jacob, nous savons qu'Il serait de la tribu de Juda. Et voici que nous apprenons, qu'Il naîtra dans la famille du berger David, de Bethléem. Par le prophète Nathan, le Seigneur lui fait savoir qu'il lui fera lui-même une maison, c'est-à-dire qu'il lui donner une descendance royale.

 Les mots-clés de cette prophétie sont « bâtir, maison, installer, établir », autant de termes qui signifient la solidité de la promesse divine, et la durée de la royauté annoncée.

 L'Evangile que nous venons d'entendre, l'Evangile de l'Annonciation, nous montre ce mystère, caché de toute éternité dans le cœur de Dieu, en train de se déposer dans le silence du cœur de Marie et dans son sein, d'une manière cachée à tout regard humain. Dieu n'aime pas faire dans le clinquant. Dieu n'aime pas le « tape-à-l'œil ». Tout ce qu'Il fait de plus grand, tout ce qu'il fait de plus beau, Il le fait toujours dans la discrétion, de façon cachée. C'est là qu'il faut avoir des yeux pour voir et des oreilles pour entendre, comme le dira plus tard Jésus.

 Ainsi, il n'y a pas eu de témoin de l'Incarnation, il n'y a pas eu de témoin de ce OUI de Marie que nous avons entendu tout à l'heure; à part Joseph, il n'y aura pas de témoin de la naissance de Jésus; et il n'y aura pas de témoin de sa résurrection. Il y aura des témoins du Ressuscité mais pas de la résurrection.

 Et donc, lorsque l'Ange Gabriel, un ange du plus haut rang, dont le nom signifie «  Force-de-Dieu », lorsque cet Ange est envoyé à Marie, ce n'est pas dans le Temple de Jérusalem qu'a lieu la rencontre, mais dans l'humble demeure de Nazareth, un village méconnu de Galilée.

 C'est là, dans le silence de cette maison de Nazareth que va être révélé à Marie le grand mystère; c'est par Elle que vont s'accomplir les promesses faites à Israël depuis Adam et Eve, au livre de la Genèse.

 Dans les paroles de l'Ange, Marie n'aura pas de peine à reconnaître les mots de l'annonce faite à David que nous avons entendu dans la 1ère lecture.

 Ce qui pose question à Marie, c'est son propos de virginité : «  comment cela va-t-il se faire, puisque je ne connais pas d'homme?»  A travers cette question, saint Luc ne veut laisser aucun doute sur la virginité de Marie.

 C'est par la puissance de l'Esprit Saint que la Vierge Marie concevra, tout en restant vierge. Ce qui fait que Celui qui naîtra d'Elle pourra être appelé, en toute vérité, Fils de Dieu.

 C'est « pour nous les hommes et pour notre salut,» que le Fils de Dieu est « descendu du ciel», comme nous le chanterons dans le credo.

 Mais c'est pour chacun de nous, en chacun de nous, aujourd'hui, que Jésus veut se faire homme, virginalement, afin que nous puissions dire avec saint Paul : «  ce n'est plus moi, c'est le Christ qui vit en moi. » (Gal 2,20)

 « Comment cela va-t-il se faire ? » me direz vous? Cela se fera comme pour Marie, par notre acte de foi, par notre obéissance de la foi, pour reprendre l'expression de saint Paul. Lorsque, comme Marie, nous accueillons et nous laissons descendre dans notre cœur la Parole de Dieu, alors le Verbe prend chair en nous; alors, nous devenons un peu plus le Corps du Christ.

 D'où, l'importance capitale de nous nourrir chaque jour de la Parole de Dieu. Nous nous plaignons souvent que le monde va mal, et va de plus en plus mal, mais est-ce que nous, chrétiens, catholiques pratiquants, nous nous nourrissons chaque jour de la Parole de Dieu? il est capital de nous nourrir chaque jour de la Parole de Dieu, pour que le Christ prenne chair en nous, pour que le Christ se manifeste ici et maintenant, dans chacune de nos vies! et si le Christ se manifeste dans chacune de nos vies, alors le monde ira un peu mieux, c'est notre responsabilité à nous, les catholiques, cela.

 De même, lorsqu'à la communion, l'âme bien préparée, nous disons : « Amen », nous redisons le « Fiat », le OUI de Marie à l'Annonciation, et nous portons réellement Jésus en nous, comme Elle l'a porté en Elle.

 Alors, avant de communier, suivons les conseils de saint Louis Marie Grignon de Montfort : « Vous supplierez cette bonne mère de vous prêter son cœur, pour y recevoir son Fils dans ses mêmes dispositions. (… ) Son Fils sera par Elle, bien reçu, sans souillure et sans danger d'être outragé. (...) Vous lui demanderez son cœur par de tendres paroles : « Je te reçois en tous mes biens. Donne-moi ton cœur, ô Marie ». (VD 266 )

 En cette veille de Noël, demandons à Marie de nous donner son cœur, pour qu'il soit bien disposé à accueillir Jésus. Amen.


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HOMÉLIE DU FRÈRE PHILIPPE-MARIE

Le lundi 25 décembre 2017
JOUR DE NOËL : NATIVITÉ DE NOTRE SEIGNEUR JÉSUS-CHRIST


Introduction à l'Eucharistie : Noël ! Ce mot est synonyme de joie ! Joie, qui nous gagne spontanément lorsque nous sommes devant un petit enfant, devant un bébé ! Les traits très détendus du bébé détendent nos traits à nous aussi : et nous nous mettons spontanément à sourire, à lui sourire. Eh bien, c'est précisément cela que Jésus veut nous voir vivre par sa venue. Il désire que nous abandonnions tous nos soucis, tous nos fardeaux, que nous Lui abandonnions tous nos soucis, tous nos fardeaux, car, Il vient nous en libérer !

Alors, oui, soyons dans la joie ! Et au seuil, de cette Eucharistie, déposons devant la crèche, déposons dans le cœur de Jésus, tout ce qui nous pèse, et tout spécialement nos péchés.


Homélie : Noël ! Un mot merveilleux, synonyme de joie et d'émerveillement !

Il n'est que de contempler la joie des petits enfants devant la crèche ou lorsqu'ils découvrent leurs cadeaux. Cette joie des petits est aussi Joie pour les grands, qui, pour quelques heures, revivent les joies émerveillées de leur enfance. La Parole de Dieu nous révèle le sens et la cause de cette joie.

 Pour Israël, cette joie est celle d'une libération, d'un salut : Jérusalem est en ruine, rasée par les troupes de Nabuchodonosor. Il ne reste plus dans la ville que quelques rescapés, le reste de la population ayant été emmené en déportation. Ceux qui restent, manquent de tout. Ils n'ont plus rien et se sentent abandonnés.

 Aussi, quelle Joie quand les guetteurs annoncent qu'ils voient s'approcher le libérateur. Et ce libérateur, ce n'est pas n'importe qui : c'est le « Seigneur lui-même qui revient à Sion », Lui qui avait quitté sa Demeure Sainte, le Temple de Jérusalem, tant les péchés de son peuple lui avaient donné de la nausée.

 Autrement dit, la cause de notre Joie c'est Dieu lui-même, et c'est Dieu qui revient vers nous ; c'est Dieu qui vient jusqu'à nous : « Emmanuel »

 Notre situation, la situation de notre monde d'aujourd'hui ne ressemble-t elle pas un peu à celle de Jérusalem en ruine ? Combien de foyers qui croyaient vivre heureux et qui connaissent l'échec, la séparation, l'infidélité. Combien d'enfants qui vivent ces situations le cœur déchiré, ballottés d'un parent à l'autre ? Pas toujours bien accueillis par le beau père ou la belle mère , lorsque les parents ont entamé une nouvelle union.

 Combien de salariés ou de patrons qui vivent les contraintes de la concurrence, des règlementations, les relations sociales, comme autant de source de stress, d'inquiétude, d'insécurité, voire de violence... Par bien des aspects, notre civilisation chrétienne qui a négligé son Dieu et son Sauveur, ressemble à Jérusalem, et goûte le fruit amer de son infidélité.

 Oui, notre société sans Dieu, où l'homme et ses fantasmes se sont faits rois, est devenue un champ de bataille ou une prison. Les rêves d'une civilisation paradisiaque, grâce au progrès, se transforment en cauchemars. Et nous nous réveillons avec la "gueule de bois" !... Alors nous pouvons nous dire avec le psalmiste : « Qui nous fera voir le bonheur? » (psaume 4,7). Et le psalmiste de répondre : « Sur nous, Seigneur, que s'illumine ton visage. Tu mets dans mon cœur plus de joie que toutes leurs vendanges et leurs moissons. » (psaume 4, 7b-8). Autrement dit, tu mets dans mon cœur plus de joie que toutes les productions de nos industries, plus que tous nos biens de consommation.

 C'est en ce petit enfant couché dans la crèche que s'illumine le visage de Dieu; Ce petit enfant est le « rayonnement de la gloire de Dieu », comme le disait l'auteur de la lettre aux Hébreux, et ce petit enfant  nous attire dans sa vulnérabilité.

 Il n'est que de regarder les crèches de nos églises, que se passe-t-il ? Dès que la messe est finie, les petits enfants se précipitent vers la crèche, attirés par le rayonnement de l'Enfant-Jésus. Et que voit-on encore ? On voit les parents suivre derrière eux. Finalement, tous se serrent autour de la crèche !

 C'est Jésus enfant qui réunit petits et grands, et tous ne font plus qu'un dans la contemplation commune de cet Enfant. L'unité se fait ou se refait autour de cet enfant et elle commence par les tout-petits.

 L'homme n'est heureux que lorsqu'il est en communion, c'est à dire lorsqu'il  vit dans un partage d'amour, dans une circulation d'amour entre tous. Et il vit ce partage d'amour, lorsqu'il se rapproche de Jésus. Et cela, les petits-enfants le comprennent d'instinct.

 Puissions-nous comprendre, nous aussi, que Jésus est le grand cadeau que Dieu nous fait, pour notre bonheur. Puissions-nous comprendre que, plus nous nous rapprocherons de Jésus et plus nous serons heureux, pas tout seuls, avec ceux qui se rapprocheront aussi de Lui. Et nous formerons, alors, une grande famille réunie autour de Lui : la famille des enfants de Dieu. « A tous ceux qui l'ont reçu, Il a donné de pouvoir devenir enfants de Dieu, eux, qui croient en son Nom » Et croire en son Nom, c'est se rapprocher de Lui, c'est, s'appuyer sur Lui !

 Oui, puissions-nous comprendre que Celui qui nous fera voir le bonheur, c'est Jésus. Puissions-nous comprendre que, plus nous serons proches de Lui, plus nous serons ensemble proches de Lui, plus nous serons heureux ! Plus ce sera Noël, car cette grande famille réunie autour de Jésus, se sera alors le Corps du Christ.

 Joyeux et Saint Noël ! Amen.


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HOMÉLIE DU FRÈRE MARIE-JEAN

Dimanche 7  janvier 2018
ÉPIPHANIE DU SEIGNEUR, Solennité

(Matthieu 2,1-12)


Introduction à la célébration : Epiphanie, une manifestation de Jésus pour tous, destinée à tous les hommes ; la fête de l'appel de tous les peuples à reconnaître et à adorer en Jésus leur Dieu et leur Roi. Dans ces Mages, nous avons les prémices du rassemblement qui se fera un jour, de tous les peuples autour de Jésus. Enfin, une humanité réconciliée, unifiée; quel bonheur ! Vivons dans cette foi, dans cette espérance qui nous est proclamée dans bien des passages de la Parole de Dieu, notamment dans les psaumes, qui nous promettent que cela arrivera, c'est le plan de Dieu. Eh bien, nous qui avons le bonheur de vivre, déjà, avec nos faiblesses dans la mouvance de ce Roi d'Amour, demandons peut-être pardon de ne pas vouloir assez partager, offrir, annoncer, répandre, ce règne de Vie et d'Amour. Demandons pardon pour nos inerties.


Homélie : L'Epiphanie, une Fête pleine d'Espérance puisque ces premiers païens conduits jusqu'au Dieu fait homme sont des mages, c'est-à-dire des astrologues et des devins, probablement de la Mésopotamie, où cet art était assez développé comme aujourd'hui encore, dans notre pays très scientifique, dit-on ; autrement dit, une catégorie d'hommes que les prophètes d'Israël ont vilipendée fortement. Dans le Livre d'Isaïe, Dieu s'en prend à son peuple qui se confie à ceux qui « compartimentent » le ciel. Eh bien oui, la découverte de Jésus par les mages est le signe que Dieu offre sa lumière à tous les hommes de bonne volonté, « pour qu'ils Le cherchent et puissent Le trouver » selon cette belle parole de la Prière Eucharistique n°4.

 Les Mages sont un modèle, en effet, de la quête de la vérité. Attentifs aux signes qu'ils pensent être des signes divins, ils se mettent en route dans une aventure onéreuse ; ils se dérangent et, malgré leur science, -et c'est sans doute le plus beau de leur démarche, car ils étaient quand même l'élite de leur peuple, ils faisaient partie de la haute classe dans cette culture,- ils acceptent aussi la lumière et l'aide des autres, de ce « petit peuple Israël » qui, par rapport aux grandes civilisations qui l'entouraient, était souvent méprisé par ces païens, eh bien, ces païens, eux, non seulement acceptent l'aide et la lumière de ce « petit peuple », mais viennent se prosterner devant ce Grand Homme qui vient de naître, selon leur science qui leur disait que : « quand un Grand Homme naissait, il y avait un astre nouveau qui apparaissait ». Oui, ils manifestent ainsi une attitude d'humilité, d'ouverture, de persévérance et de courage. De courage d'abord, pour se mettre en route et de persévérance dans ce courage. Ils cherchent la lumière par tous les moyens à leur disposition. Chercheurs de vérité.

 A l'empressement et à l'attention des Mages s'opposent le scepticisme et l'inertie des grands prêtres et des scribes. Ils ont beaucoup de science eux aussi, et quelle science, la science des Ecritures ; c'est la plus haute, mais pourtant qu'en font-ils de cette science des Ecritures ? Ils leur manquent l'humilité. Ils sont trop imbus d'eux mêmes, de cette science sacrée, merveilleuse en effet, mais qui a pour but de donner la vie. Ils sont trop imbus de leur science, d'eux-mêmes, pour pouvoir reconnaître dans la venue de ces païens qui sont venus de loin et qui ont été cause de bouleversement par leur venue, par leur arrivée à grand fracas, dans cette petite Jérusalem (à l'époque), ils ont été trop imbus d'eux-mêmes pour pouvoir reconnaître Le Signe que Dieu leur donnait, leur faisait à ce moment là, car si les Mages ont vu l'étoile, les chefs religieux et politiques d'Israël ont eu le signe de la venue des Mages. Mais leur orgueil les enfermait sur eux-mêmes. Ce n'est certainement pas, pensent-ils, par ces païens,  ces « chiens de païens » comme on disait fréquemment, ces impurs, que le Seigneur va manifester l'avènement du Messie d'Israël; donc ils sont restés dans leur fauteuil !

 L'attitude d'Hérode est encore plus négative évidemment ; il est d'origine païenne, lui pourtant, Iduméen, il ne doit son pouvoir qu'à l'occupant romain et il a tellement peur de le perdre, ce pouvoir qu'il a acquis à force d'arrivisme, qu'il voit, jusque dans ses proches, -c'est bien connu- de potentiels rivaux qu'il va éliminer. Il aura la réputation fondée du sanguinaire Hérode, et on sait comment s'est terminée cette histoire, avec le massacre des Innocents.

 Trois attitudes bien différentes donc, face à la venue de Dieu parmi nous. Trois attitudes qui restent actuelles parce que Dieu ne cesse de venir, de s'offrir, de s'inviter dans nos cœurs, dans nos familles, dans nos communautés humaines, dans nos sociétés.

 La manifestation privilégiée de la présence de Dieu et de son action parmi les hommes, c'est l'Eglise, oui, Corps du Christ, sur laquelle doit briller le visage du Christ puisqu'elle est son Corps. L'Eglise, son enseignement, son engagement dans la société, ce n'est pas simplement une doctrine, c'est une Vie, l'Eglise ! Eh bien, à cause de son enseignement et de son engagement dans la société pour défendre la valeur sacrée de tout être humain, ou pour défendre la justice sociale face au règne totalitaire de l'argent, certains perçoivent cette Église comme une menace et cherchent à la faire taire, à la ridiculiser, à éliminer son rayonnement, nous en sommes témoins, nous le savons bien.

 Mais, ce rejet, ce combat n'est pas seulement autour de nous, il traverse nos cœurs, nous le savons bien aussi. Lorsque nous nous laissons mener par notre orgueil, nos rivalités, les rivalités familiales en particulier, quel malheur, quel malheur ! C'est quand même incroyable que des chrétiens puissent être « à couteaux tirés » dans une même famille alors qu'on va tous à la messe. Quel malheur, quand des chrétiens vont traîner les autres devant des tribunaux civils, c'est un scandale, ce n'est pas moi qui le dit, c'est Saint Paul, c'est un scandale. Notre mondanité, notre sensualité, tout cela vient chasser Jésus de notre cœur. Il nous arrive aussi sans doute, de nous installer insidieusement dans une attitude d'indifférence et d'inertie comme celle des grands prêtres et des scribes de Jérusalem.

 Nous savons bien que Jésus est le Seigneur, le Sauveur, mais cela reste un savoir théorique qui n'a pas de prise sur notre vie ordinaire, quotidienne. Est-ce que Jésus fait partie de mon quotidien? Est-ce qu'Il est constamment dans ma vie? Il y a les pratiques religieuses d'un côté et la vie concrète de l'autre, nous le savons bien que cela nous guette, comme une schizophrénie spirituelle. Il y a pas mal de décennies, un chanteur célèbre disait : « je n'ai fait de mal à personne, mais je n'ai pas fait de bien non plus », et on entend ça dans les confessions parfois : « je ne sais pas quoi vous dire, mon Père, je n'ai fait de mal à personne », oui ! « mais est-ce que vous avez fait le bien que vous deviez faire? » Péché d'omission, péché d'omission que commettent ces scribes et ces Grands Prêtres, péché d'omission, à cause de leur orgueil.

 Les Mages, eux, n'avaient qu'une connaissance très obscure de la divinité. Mais, « parce qu'ils ont cherché, ils ont trouvé ! Parce qu'ils ont demandé, ils ont reçus, parce qu'ils ont frappé, il leur a été ouvert, pour reprendre les mots de Jésus, les Promesses de Jésus. Ils préfigurent tous les chercheurs de vérité, c'est-à-dire les chercheurs de Dieu, qu'ils le sachent ou non, puisque Jésus est la Vérité.

 Que cherchez-vous? Que cherches-tu? Qui cherches-tu? Voilà les questions que Jésus pose à ceux qui se sont mis en route, justement, pour Le trouver. Et Il se laissera trouver jusqu'à la fin du monde par ceux qui Le cherchent, qui cherchent à Le rencontrer, à Le trouver, confusément, explicitement ou implicitement ; Dieu est Lumière.

 Si nous voulons que notre vie, en cette année nouvelle, prenne un chemin de nouveauté, comme les Mages qui ont été transformés par cette rencontre, qui sont partis par un autre chemin, et qui ont certainement témoigné aussi… auprès de leurs épouses, comme je le lisais dans un commentaire, oui d'abord sans doute, mais qui ont certainement témoigné plus largement encore de cette rencontre bouleversante avec un Roi pas comme les autres.

 Oui, si nous voulons que notre vie, en cette année nouvelle, prenne un nouveau chemin, il nous faut choisir de nous désinstaller, de nous déranger, de nous éloigner de notre ronronnement, notre ronronnement spirituel, religieux, re-choisir de chercher vraiment le Seigneur, dans sa Parole, dans l'Eucharistie célébrée et adorée ; Il est là ! Est-ce que nous vivons de l'Adoration ? Dans la semaine ? Déjà le dimanche ? Parce que vivre l'action de grâce après la messe, ça ne fait pas de mal, c'est même très recommandé. Bien sûr, il y a ce temps d'action de grâce, après la communion, Dieu Merci ; c'est pourquoi, nous le faisons long ici, parce que nous savons bien que c'est difficile de rester après, mais ce n'est pas interdit de rester après aussi, et voilà pourquoi, je le dis en passant, l'action de grâce est longue après la communion ici, parce que c'est important de s'imprégner de ce cadeau immense, le cadeau de Dieu Lui-même ; c'est trop beau, c'est trop grand pour que l'on prenne cela machinalement!

 Oui, est-ce que nous cherchons, est-ce que nous choisissons de chercher le Seigneur dans sa Parole, dans l'Eucharistie célébrée et adorée, dans l'accueil et le service du prochain aussi, bien sûr. Puissions-nous nous laisser guider justement par Jésus qui est «l'Etoile radieuse du matin », pour reprendre les mots de l'Apocalypse. Il est cette étoile, Jésus, il n'y en a pas d'autres, la seule qui peut nous conduire vraiment à une rencontre vitale, une rencontre de Vie, et offrons dès aujourd'hui à l'Enfant-Roi, notre pauvre amour, notre prière et notre volonté de persévérer, malgré notre faiblesse, de persévérer à sa suite sur le chemin de la Vie. Amen.


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