HOMÉLIE PRONONCÉES PENDANT LE TEMPS DE l'AVENT ET DE NOËL

2018-2019 (Année C)


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HOMÉLIE DE FRÈRE JEAN-FRANÇOIS
Le 2 Décembre 2018
Premier Dimanche de l’Avent C


Introduction : Eh bien, c'est une belle entrée dans l'Avent par ce chant qui nous invite à préparer le chemin du Seigneur, à entrer dans ce chemin. Et le temps de l'Avent, comme le symbolise la couleur des vêtements liturgiques, la couleur violette, c'est le symbole de la profondeur du mystère. C'est aussi le symbole de la nuit de la foi. Et c'est encore une couleur mariale. Nous sommes invités à entrer dans ce chemin de foi de Marie. Notre foi, certes, elle est fragile, et le Seigneur nous demande d'être des "veilleurs".

 Et nous avons la joie, depuis hier, d'accueillir ces jeunes "veilleurs", qui ont été appelés, qui se mettent en route, pour nous accompagner sur ce chemin du Synode. Le chemin du Synode est un chemin où l'on marche ensemble pour accueillir la Parole de Dieu, et que cette Parole de Dieu nous donne d'être des prophètes pour construire avec le Seigneur son Eglise. Merci à vous !

 Et nous avons aussi, ce week-end, une retraite d'approfondissement sur le chemin spirituel avec des personnes du diocèse, des adultes; eux aussi prennent du temps pour approfondir leur relation avec le Seigneur dans cette nuit de la foi, eh bien, qui fait aussi partie de notre chemin d'espérance.

 Et notre chemin ressemble à cette petite lumière qui est allumée auprès de Marie, car c'est Marie qui garde la lampe allumée dans son cœur. Nous sommes invités, comme Marie, à accueillir la Parole de Dieu afin qu'elle prenne chair. Voilà, que nous devenions lumière et parole pour ce monde, pour tous ceux qui attendent une lumière, une lumière d'espérance. Et c'est ainsi que se traduit l'amour de Dieu pour nous.

 Eh bien, entrons dans ce chemin de l'Avent, chemin d'espérance, avec, bien sûr, la joie au cœur, en nous reconnaissant d'abord pauvres, pauvres de notre humanité, pauvres de notre péché, et c'est justement cette pauvreté que le Seigneur demande d'accueillir dans un cœur ouvert.

 Eh bien, entrons dans cette Eucharistie, en nous reconnaissant pécheurs.


Homélie : Chers Frères et Sœurs, comme entrer dans le temps de l'Avent, c'est un véritable coup de théâtre que nous venons d'entendre dans l'évangile. Alors, qu'est-ce donc que l'Avent ? S'agit-il d'une marche dans la nuit de la foi en attendant la révélation de la lumière de Bethléem ? S'agit-il d'une attente passive qui ne polarise que notre attention pour nous préparer à accueillir la naissance de Jésus à Noël ? Je crois qu'il nous faut revisiter le temps de l'Avent tel que nous le vivons, c'est-à-dire trois semaines pour réentendre l'espérance de la venue d'un Sauveur, et la quatrième pour se laisser émouvoir sur l'épreuve de foi de Joseph et de Marie qui s'accomplira dans le dénuement de Bethléem, mais dans la joie de la naissance de Jésus célébrée par le chant des Anges : « Gloire au ciel, et paix aux hommes que Dieu aime », et par la joie des justes. Est-ce seulement cela ?

 Si nous comprenons bien l'invitation du Seigneur dans sa Parole, nous entendons que le Seigneur reviendra effectivement, comme Il l'a promis, mais surtout Il veut que nous marchions vers Lui dans la joie sans ménager notre peine. Il s'agit donc d'une rencontre active qui met en mouvement notre cœur, notre intelligence, notre volonté. L'Avent est donc tout à la fois une promesse, un désir, une veille active, une mise en route, et la joie d'accueillir l'amour qui se révèle. C'est le temps des "veilleurs" !

 Certes, l'Avent est le temps qui prépare la naissance de Jésus. Dans la contemplation de ce mystère, pour nous, ce sera un temps pour éduquer notre cœur à une attente réelle, quotidienne, constante dans la tension vers l'Emmanuel, Celui qui s'est fait homme pour nous donner sa vie. Aujourd'hui, la Parole de Dieu nous fait comprendre que nous n'attendons pas seulement la naissance de Jésus, nous attendons également son retour définitif dans la Gloire. Dans le fond, c'est cela l'Avent qui est important, celui auquel nous devon tous nous préparer.

 C'est pour cette raison que ce 1er Dimanche de l'Avent nous projette vers la 2ème venue du Christ, Notre Sauveur, lorsqu'Il viendra dans sa gloire. Saint Luc nous rapporte les Paroles du Christ avant sa Passion et il évoque les évènements cosmiques et sa venue dans sa gloire. Il s'agit de sa dernière prédication. Le style est apocalyptique : il y aura des signes prémonitoires, des guerres entre les peuples, des persécutions des disciples du Christ, le siège et la destruction de Jérusalem. Après tout, ce que nous vivons, en ces temps, c'est un peu cela. Après les souffrances causées par les hommes, une sainte crainte peut survenir en écoutant ces mots; cette exhortation nous aide et nous dispose à nous préparer à la venue du Christ en étant conscients qu'il s'agit d'une rencontre décisive pour notre existence.

 Jérémie, dans sa prophétie, présente le retour du Christ en tant que juge ayant pour nom : « Germe de justice », celui qui sera notre justice, autrement dit, celui qui nous rend juste devant Dieu. Et c'est vers Celui-ci que le psalmiste dirige notre prière : « Dirige-moi dans ta vérité, enseigne-moi, tu es le Dieu qui me sauve ». Et Saint Paul l'a bien compris, lui qui tendu vers la joie d'être avec le Seigneur, exhorte les fidèles de Thessalonique à recevoir du Seigneur un amour de plus intense et débordant ajusté à son amour afin que lorsque le Seigneur reviendra nous soyons justifié dans son amour.

 Au fond, l'Avent, c'est une question de veille dans l'amour. C'est ainsi que Jésus nous dit de ne pas oublier le cœur, de ne pas l'alourdir de peurs et de désillusions, de fausses joies éphémères du monde qui fascinent et endorment : « Tenez-vous sur vos gardes, de crainte que votre cœur ne s'alourdisse dans les beuveries, l'ivresse et les soucis de la vie. Que ce jour là ne tombe sur vous à l'improviste ». (Luc 21, 34) Donc « restez éveillés et priez tout le temps : ainsi vous aurez la force d'échapper à tout ce qui doit arriver, et de vous tenir debout, -comme des "veilleurs"-, devant le Fils de l'homme ».

 Il n'est donc pas suffisant de parler de l'Avent uniquement comme d'une période d'attente de Noël, parce que ce temps liturgique nous est également proposé afin de comparaître devant le Christ, d'aller à la rencontre du Seigneur. Le chemin chrétien nous est adressé pour savoir nous rapprocher toujours plus de la nouveauté de Dieu, qui est proche de nous, plein d'amour et de miséricorde.

 Il me souvient de cette histoire que raconte Thérèse : lorsque Céline, sa sœur, vient la trouver pour lui dire : « Tu sais, moi, par rapport au Seigneur, je ne peux pas tout Lui donner parce que, ce qu'Il me donne en retour, c'est la croix ». Et Thérèse de lui dire : « Mais non, au contraire, donne-Lui tout, car Il accueille tout dans sa miséricorde, et c'est ta croix qu'Il veut prendre, c'est ton amour qu'Il veut recevoir pour te donner le sien ».

 Le chemin de l'Avent, c'est une transformation de l'amour : accepter d'accueillir l'amour de Dieu pour qu'il grandisse en nous. Remettons-nous, remettons notre amour dans son amour. Dieu est l'Enfant qui nous tend les bras, plein de tendresse, le Pasteur qui recherche la brebis égarée pour la ramener saine et sauve, c'est le Père qui court à la rencontre du fils perdu qui revient, c'est aussi le bon Samaritain qui se penche, prévenant, sur le blessé. C'est Jésus qui meurt sur la croix, choix dramatique pour nous ouvrir le ciel et nous ouvrir au cœur du Père.

 Pour cela, il est nécessaire de savoir vivre, « en attendant », non seulement dans le sens d'attendre Dieu qui vient, mais aussi dans le sens de se tourner vers Dieu qui se tourne déjà Lui-même vers nous en envoyant le Fils qui vient nous visiter. Selon Benoît XVI, l'expression « Avent » comprend aussi le sens de « visitation », qui signifie « visite ». Dans ce cas, il s'agit d'une visite de Dieu qui entre dans notre vie et veut s'adresser à nous. L'Avent-Visite du Seigneur implique une vigilance. Il faut savoir « entrer en vigilance, entrer en éveil », comme le Christ nous y invite aujourd'hui : « Restez éveillés », soyons des "veilleurs"! Le Christ l'a répété à maintes reprises dans les paraboles : Le Seigneur vient comme un voleur de nuit ou comme un maître qui revient pour voir ce que sont devenus ses biens confiés aux serviteurs.

 Si donc l'Avent signifie avant tout « attente », il s'agit de l'attente d'une rencontre personnelle, d'une rencontre de lumière, d'une rencontre qui s'exprime particulièrement par le jour du souvenir de sa venue, mais qui peut illuminer chaque jour, chaque instant de notre vie. L'Avent est donc le temps dans lequel nous devons rénover la décision d'ouvrir la fenêtre de notre cœur et de notre esprit au Sauveur pour qu'il nous illumine et éclaire tout ce que nous sommes.

 Alors, comment devons-nous nous préparer à cette rencontre ?

 Avant tout, en cherchant à enrichir notre goût de Dieu, (qui ne signifie pas seulement la connaissance mais la saveur), saveur du Christ, avec loyauté et humilité. En effet, comment pouvons-nous Le reconnaître lorsqu'Il vient et L'aimer si nous ne le connaissons pas ? Et comment pourrons-nous Le connaître si nous ne Le « savourons » pas ?

 En second lieu, en priant. Priez, demandez que le Saint-Esprit nous illumine et soutienne notre recherche du visage du Seigneur. Ce temps donc, éduque le cœur et l'esprit de chacun de nous à une attente réelle, quotidienne, constante, dans la tension vers la présence de Celui qui s'est fait homme et à sauver notre vie. Toujours, selon Benoît XVI : « Les festivités de l'Eglise rappelle des faits, mais sont aussi présentes, vivantes; ce qui est arrivé une fois dans l'Histoire doit continuellement être un événement dans la vie d'un croyant. Alors le Seigneur est venu pour tous, mais Lui doit revenir à nouveau pour chacun. »

 En cela, la Vierge Marie est un exemple pour nous. Dans cette attente, elle est le modèle à suivre parce que la Sainte Vierge, selon l'expression du Pape François, « est une fille simple venant d'un village et qui porte dans le cœur toute l'espérance de Dieu. » et par son « Oui », son «  Ecce », son « Fiat », l'espérance d'Israël et du monde entier a pris chair. Le temps de l'Avent qui commence aujourd'hui « nous redonne l'horizon d'espérance, une espérance qui ne déçoit pas parce qu'elle est fondée sur la Parole de Dieu… Une espérance qui ne déçoit jamais parce que le Seigneur ne déçoit jamais. Lui, est fidèle!

 Le « Oui » de Marie sans réserve à Dieu, première «  veilleur » dans une vie humble, simple, pauvre, obéissante, fidèle, à travers toutes ses difficultés, ses épreuves, elle rend visible le Christ. Comme dispositions à vivre pendant l'Avent, entendons l'invitation mariale de Saint Bernard : « Il y a, dit-il, deux sortes d'humilité pour se préparer : l'une de connaissance, l'autre d'amour, appelées ici l'humilité du cœur. La première nous enseigne que nous ne sommes rien, et nous sommes instruits par nous-mêmes, par notre propre faiblesse, et pourtant, nous sommes tout aux yeux de Dieu. Avec la seconde, cela nous enseigne que la gloire du monde n'est rien, et nous en sommes instruits par Celui qui s'est anéanti en prenant la condition de serviteur, et s'y est offert Lui-même de son plein gré.

 Alors, entrons résolument, humblement, à la suite de Marie, dans ce temps de préparation à l'accueil du Seigneur, en étant des "veilleurs". Amen.


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HOMÉLIE DE FRÈRE PHILIPPE-MARIE
Le 9 Décembre 2018
2ème Dimanche de l’AVENT C


Introduction : Bienvenue au groupe « Fidei Cantores », qui anime notre célébration, et déjà un grand merci. Bienvenue aux guides. Bienvenue aux personnes en session sur la communication bienveillante, et bienvenue au Père Fabrice, de Saint Hélier de Rennes, qui vient avec un groupe de couples de l'Emmanuel.

 Voilà, depuis 8 jours, nous sommes entrés dans le temps de l'Avent pour nous préparer, et préparer nos cœurs, et c'est ce que nous chantions, à la venue du Seigneur, la venue de Jésus. Ce chemin que nous devons ouvrir, c'est le chemin de nos cœurs. Bien souvent, nos cœurs blessés se referment sur eux-mêmes, ce qui empêche le Seigneur d'y entrer, d'y opérer son œuvre de guérison, de libération, de salut.

 Eh bien, demandons cette grâce d'ouverture du cœur pour que, eh bien, sa miséricorde puisse venir nous visiter.


Homélie : « Jérusalem, quitte ta robe de tristesse et de misère, et revêts la parure de la gloire de Dieu pour toujours ». Quel appel ! Quel enthousiasme ! Quelle promesse !

 Une telle invitation n'est-elle pas indécente, déplacée, en ces temps troublés que nous vivons dans notre pays ? Nous voyons éclater en plein jour la fracture sociale qui touche notre pays. Les manifestations des gilets jaunes et les scènes de violence nous attristent, et elles manifestent bien l'inquiétude de beaucoup qui ont de plus en plus de mal pour vivre!

 Alors, comment entendre cet appel à quitter la tristesse et la misère pour se parer de la gloire de Dieu?

 La prière d'ouverture nous faisait demander au Seigneur « de ne pas laisser les soucis de nos tâches présentes entraver notre marche à la rencontre de son Fils »; « ne pas laisser les soucis de nos tâches présentes entraver notre marche à la rencontre du Fils de Dieu ». Les soucis peuvent prendre tout notre champ de conscience, jusqu'à ne plus nous permettre de percevoir l'essentiel. Et l'essentiel, c'est bien la venue du Fils de Dieu, la venue de Jésus. « Viens, Seigneur Jésus! »

 Nous entendions, les semaines passées, Jésus nous dire : « Quand toutes ces choses arriveront, redressez-vous et levez la tête ». « Viens, Seigneur Jésus! » Venue de Jésus en gloire que prépare chaque fête de Noël, venue de Jésus en gloire que prépare et annonce chaque Eucharistie que nous célébrons.

 Mais pour cela, il faut que nos cœurs soient ouverts à la grâce pour que l'intelligence du cœur soit éveillée, et que la grâce nous prépare à accueillir Jésus et à entrer dans sa propre vie.

 L'appel du prophète Baruc, que nous entendions dans la 1ère lecture, se situe dans la période la plus sombre de l'histoire d'Israël. C'est, alors qu'Israël et Juda sont partis en déportation, c'est, alors que Jérusalem n'est plus qu'un champ de ruines, c'est alors que Baruc ose proclamer : « Quitte ta robe de tristesse et de misère, et revêts la parure de la gloire de Dieu pour toujours! » C'est toujours dans les périodes les plus sombres que Dieu nous appelle à l'espérance.

 « Revêts la parure de gloire de Dieu pour toujours! »

 À nous, chrétiens, cet appel de Dieu a peut-être une résonance évangélique ? Elle nous fait peut-être penser à l'ordre que lance le père de famille : « Vite, apportez la plus belle robe, -littéralement, la 1ère robe, la robe d'avant le péché originel, la robe de gloire,- et l'en revêtez ». Cet appel du prophète Baruc, c'est l'annonce du retour de l'enfant prodigue, c'est l'annonce -et en même temps l'appel- à sa conversion.

 Et c'est bien ce même appel que lance Jean, le Baptiste, dans la région du Jourdain pour préparer la venue du Seigneur, la venue de Jésus. « Il proclamait un baptême de conversion pour le pardon des péchés ». Et si on traduisait littéralement, cela donnerait ceci : « Il criait un plongeon de retournement ». Il criait, Jean-Baptiste criait. Il crie, car il y a urgence. Il y a urgence que la confiance se rétablisse dans notre société. Il y a urgence que les plus faibles soient enfin pris en compte… Mais il y a une urgence plus grande, plus radicale encore, une urgence spirituelle : que le cœur des hommes se retourne vers Dieu. La source de tous nos maux se trouve dans le cœur des hommes. L'appel à la conversion est l'urgence numéro un! D'où ce cri de Jean-Baptiste… cri qui retentit encore à notre oreille aujourd'hui.

 « Il criait un plongeon de retournement ». Pas d'illusion possible : on ne rencontre pas Dieu "comme ça" (claquement de doigt), sans le savoir, ni sans le vouloir. Il faut se "retourner" vers Dieu. Il faut revenir à la maison du Père, comme l'enfant prodigue. La conversion est un retournement, un changement d'orientation de tout l'être… vers Dieu. Si la conversion n'était qu'une modification d'ordre moral ou social, alors, la vie chrétienne ne serait qu'un humanisme parmi d'autres... Mais il s'agit bien de "se retourner vers Dieu" pour vivre dans son intimité. C'est bien tout autre chose! Ce retournement nous engage totalement, corps, âme et esprit, et la conséquence c'est que, dans l'ordre social, il y aura aussi des choses qui vont changer. D'où ce plongeon en Dieu signifié par le baptême dans l'eau qui purifie le corps de toute souillure, et qui permet de mourir au péché, pour vivre à la grâce.

 Le baptême, c'est une noyade volontaire du "vieil homme", pour que renaisse "l'homme nouveau". Voilà l'image du Sacrement de Pénitence, second baptême, que nous allons pouvoir vivre pour célébrer Noël.

 Chaque année, le temps de l'Avent et le temps du Carême nous font entendre l'appel à la conversion. N'attendons pas d'être devenus, comme Jérusalem, un champ de ruines pour entendre cet appel.

 Tout ce que nous venons de méditer se trouve bien résumé par Saint Paul dans 2ème lecture qui nous disait : « Dans ma prière, je demande que votre amour, (et le mot en grec désigne l'amour de charité), je demande que votre amour vous fasse progresser de plus en plus dans la pleine connaissance et en toute clairvoyance pour discerner ce qui est important ». « Eveille en nous cette intelligence du cœur », disait la prière d'ouverture. « Ainsi, serez-vous purs et irréprochables pour le Jour du Christ, comblés du fruit de la justice (c'est-à-dire de la sainteté), qui s'obtient par Jésus-Christ pour la gloire et la louange de Dieu ». Tout est centré sur Dieu.

 Oui, Jésus vient à Bethléem pour nous donner sa Sainteté. Prenons les moyens pour vraiment l'accueillir et nous laisser transformer. Amen


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HOMÉLIE DE FRÈRE MARIE-JEAN
Le 16 Décembre 2018
3ème Dimanche de l’AVENT C  (Gaudete)


Introduction : Nous accueillons aujourd'hui des personnes en session avec Monsieur Bernard Dubois, session sur la guérison intérieure et la libération, c'est toute l'œuvre de Jésus ! Nous accompagnons aussi de notre prière, la famille Peret qui se rassemble aujourd'hui, pour le premier anniversaire du décès de Monsieur Bernard Peret.

 Nous présentons, eh bien, toutes ces intentions au Seigneur, nous rassemblons notre prière, l'union fait la force, et c'est tout spécialement vrai dans l'ordre  spirituel.

 « Préparez les chemins du Seigneur », cet appel de Jean Baptiste, nous l'entendons encore aujourd'hui, car le salut, la guérison, la libération, que le Seigneur veut nous apporter à chaque Noël, et même sans cesse, bien sûr, eh bien, dépend effectivement de notre attente, une attente active. Eh bien, demandons un cœur ouvert, un cœur disponible pour nous laisser toucher par la Parole de Dieu, et pouvoir Lui répondre par notre vie.

 Entrons dans cette rencontre de l'Eucharistie, avec Jésus, déjà présent au milieu de nous, en nous reconnaissant pécheurs.


Homélie : Il y a « attente » et « attente » ! Quand nous sommes aux urgences, à l'hôpital, c'est souvent très long, et, qu'il arrive un enfant, un petit enfant, pendant cette attente, alors, ça change déjà la donne. Il apporte avec lui de la joie, de l'intérêt, et l'attente est moins longue. Ou qu'il arrive une personne que nous connaissons, que nous aimons bien, eh bien, l'attente est moins longue aussi. C'est une attente qui devient active.

 Eh bien, c'est peut-être ça à quoi nous sommes invités en ce dimanche. « Le peuple était en attente », nous dit l'évangile de Saint Luc, en attente de quoi ? Saint Luc ajoute : « Tous se demandaient en eux-mêmes si Jean le Baptiste n'était pas le Messie »? Donc, le peuple est en attente d'un Messie, d'un Messie politique, surtout, comme la suite le montrera. Un messie politique pour être libéré du joug des Romains, ou de la corruption de ceux qui ont l'argent, le pouvoir, comme les publicains, ou Hérode, et tant d'autres.

 Dans ce contexte plutôt sombre s'est levé la voix de Jean Baptiste qui annonce la venue du salut de Dieu. Dieu vient sauver son peuple opprimé, son peuple dans la souffrance, mais il faut préparer cette venue, ce salut, pour être à même de Le reconnaître et de L'accueillir. C'est le message de Jean Baptiste.

 « Alors les foules, nous dit Saint Luc, les foules se mettent en marche », pour rejoindre Jean. Leur attente n'est donc pas passive, mais active. C'est une recherche, comme nous le révèle aussi la question qui vient sur les lèvres de tous : « Que devons nous faire » ? Autrement dit, chacun, dans sa situation propre, et Saint Luc, de nous décrire ces catégories sociales qui viennent demander à Jean : « Que devons nous faire, nous » ? Chacun, dans sa situation propre, est prêt à bouger, à se remettre en question, et comme le dit le Père Verlinde : « Contrairement, à ce que nous aurions pu craindre, l'ascète du désert n'impose pas des exigences inhumaines, mais il invite simplement chacun à revenir à des relations justes et vraies ». A convertir ce qu'il y a en chacun d'égoïsme, de cupidité, de mensonge, de jalousie, de violence.

 Et c'est à ce peuple en attente active, et seulement à lui, et non pas à ceux qui sont, il y en avaient aussi, en attente passive, et c'est à ce peuple en attente active, et en chemin de conversion, que peu de temps après se révélera effectivement le Messie, non comme un messie politique, mais comme celui qui apporte un renouveau radical, bien plus radical, en renouvelant le cœur même de l'homme, en lui offrant, pour reprendre le thème de la session des personnes qui sont ici, pour lui offrir au cœur de l'homme une guérison radicale, une libération de tous ses esclavages intérieurs qui sont les pires, et en le restaurant dans une relation filiale avec le Père du ciel, et dans une relation fraternelle avec ses semblables.

 Notre monde d'aujourd'hui, et chacun de nous, ne sont-ils pas eux aussi en attente ? Certains peut-être attendent un messianisme politique ? Je n'en suis pas ! L'histoire d'Israël et l'histoire du monde nous a montré ce qu'il en est de tous les messianismes politiques de tout bord qu'il soit. Mais ce qui est certain, c'est que nous sommes tous en attente de paix, de sécurité, de justice, de bonheur, de paix entre les peuples, de paix sociale, de paix dans les familles, de paix dans les cœurs. Dans cette attente qui est la nôtre, sommes-nous dans une attente passive, ou une attente active ? Une attente qui elle aussi se demande : que dois-je faire à la place qui est la mienne ? Que dois-je faire pour être artisan de dialogue, de réconciliation, de justice, dans ma famille, dans mon travail ? Que dois-je faire pour les oubliés, les isolés, les malades, les souffrants ?

 Si je me mets en route, ainsi, comme ces foules auprès de Jean Baptiste, alors peut-être vais-je pouvoir reconnaître déjà la présence cachée mais réelle en nous, en nous, et dans les autres, dans le prochain, de Celui qui est justement, de Celui qui est, comme l'a dit l'apôtre Jean, Amour. « Dieu est Amour ». Là où il y a de l'Amour authentique, Dieu est là. Si je me mets en route, sur cette route de l'Amour, pour faire un pas de plus, pour faire des pas de plus, je crois que je découvrirai en moi et dans les autres la présence au milieu de nous de Celui qui est caché, mais vraiment déjà présent, de Celui qui est pour nous source de toute paix, et de la paix du cœur d'abord, pourquoi ? Mais parce qu'Il est Celui qui, comme le dit notre Pape, si souvent ne se lasse pas de pardonner, ne se lasse pas de sauver. Nous avons tous du prix à ses yeux quelque soient nos parcours chaotiques, Dieu nous aime, Dieu nous offre son pardon à n'importe quelle étape de la vie. Quelle source de paix pour les cœurs que de découvrir cela, de découvrir le vrai visage de Dieu.

 Il est source aussi non seulement de paix mais de toute joie parce que, comme nous le disait le prophète Sophonie, Il met en nous sa joie, nous avons du prix à ses yeux. Il nous l'a prouvé, Il a été jusqu'à donner sa vie  pour nous crier son amour pardonnant. Oui, Il met en nous sa joie, Il nous renouvelle par son amour, c'est-à-dire qu'Il nous rend peu à peu, peu à peu, peu à peu, capables d'aimer de plus en plus, d'élargir les frontières, les murs de notre cœur. C'est Lui qui peut faire ça, il faut Lui ouvrir.

 En ce temps de l'Avent, l'Eglise nous invite spécialement à regarder Marie, Mère de Jésus, dans son attente de la venue du Sauveur. La Vierge de l'attente est aussi la Vierge de la Visitation. C'est pendant cette attente, ô combien active, ô combien aimante de Marie, de la venue de son Fils, c'est dans ce temps de l'attente qu'elle est partie en hâte, en hâte, nous dit l'évangile, en hâte, auprès de sa cousine Elisabeth pour se mettre à son service, cette cousine qui était enceinte elle aussi. Ce faisant, Marie a apporté une effusion de joie spirituelle à ses proches, eh bien justement, par cette présence cachée en elle de Jésus. Et l'évangile de Luc nous décrit cette explosion de joie.

 Demandons-lui, à Marie, cette grâce de nous mettre en route, nous aussi, pour rejoindre et servir ceux qui nous entourent, et ainsi être à notre tour porteurs de paix et de joie, parce que porteurs d'amour. Amen.


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HOMÉLIE DU PÈRE PAUL PAGEAUD, sma
Le 23 Décembre 2018
4ème Dimanche de l’AVENT C


Introduction : L'église célèbre le 4ème Dimanche de l'Avent qui nous rappelle l'attente de tout le peuple de l'Ancien Testament, qui nous rappelle l'attente profonde du Messie par la Vierge Marie, et qui aujourd'hui vient le porter à Elisabeth et au petit Jean-Baptiste, qui nous rappelle toutes les générations qui les ont précédés, et qui ont chanté avec foi et amour : « Venez, Divin Messie, nous rendre espoir et nous sauver ». Que ce chant résonne dans nos cœurs tout ce jour, et commençons par nous reconnaître pécheurs.


Homélie : Dans l'évangile de ce jour, la Vierge Marie est porteuse de Dieu, Notre Sauveur. Dieu a créé Adam et Eve par amour et les a établis dans un état de bonheur avec une grande amitié envers Lui. Ils ne connaissaient pas le mal, et ils ne devaient ni souffrir, ni mourir, à condition d'obéir à Dieu, afin d'être protégé de Satan sur ce chemin de bonheur.

 Le démon, ange pervers, a fait une fausse annonciation à Eve. Il lui fit croire que Dieu, c'est un tyran, et si tu désobéis à Dieu, tu deviendras toi-même comme Dieu, par toi-même décidant par toi ce qui est bien, ce qui est mal. Alléchée par cette toute puissance, Eve accepte la proposition maudite et désobéit à Dieu entraînant Adam dans sa chute. Ce fut une catastrophe, leurs yeux s'ouvrirent. Adam et Eve se sont découvert nus, c'est-à-dire faibles. Ils ont perdu l'amitié de Dieu, eurent peur de Lui, et commencèrent à s'accuser l'un l'autre. Ils connurent la souffrance, puis un jour ce sera la mort. Depuis ce jour, des ténèbres se sont transmises à leur descendance.

 Le plus consterné dans cette chute, ce fut Dieu Lui-même. Dans son amour pour l'homme, alors, Il a décidé de réparer Lui-même cette faute, de se faire Notre Sauveur.

C'est pourquoi, Il a envoyé l'Ange Gabriel à la Vierge Marie, l'Immaculée, dans une nouvelle annonciation, la vraie ! et lui dire qu'elle va concevoir et enfanter un fils auquel elle donnera le nom de Jésus. Cet enfant sera conçu de l'Esprit-Saint, Il sera grand et son règne n'aura pas de fin. Il sera le Fils du Très-Haut. La Vierge Marie a cru à la parole de l'Ange et a répondu : « Que tout s'accomplisse pour moi selon ta parole. »

Marie, c'est l'opposé d'Eve. Par son obéissance et son humilité, elle répare la désobéissance et l'orgueil d'Eve, ce qui lui permit d'accueillir en elle le Verbe incarné, Jésus, le Messie, Notre-Sauveur. Elle devient donc porteuse de Dieu incarné.

 Sachant que sa vieille cousine Elisabeth est enceinte et en est à son sixième mois, Marie s'empresse alors de lui rendre visite. Porteuse de Dieu incarné, Dieu va agir par elle. A peine, sa salutation a-t-elle touché l'oreille de sa cousine, que le Saint-Esprit est descendu sur elle, purifiant du péché originel le petit Jean-Baptiste dans le sein de sa mère. Cet enfant en a tressailli de joie ! Et Elisabeth est pleine de l'Esprit-Saint.

 Ce sont de grandes leçons que nous donne l'Evangile de ce jour :

Premièrement : Nous pouvons vraiment croire à l'amour que Dieu nous porte puisque le Verbe de Dieu a pris chair en la Vierge Marie pour prendre sur Lui tous nos péchés, et pardonner, et nous remplir de l'Esprit-Saint.

Deuxièmement : Nous voyons Marie qui s'est empressée de venir au secours de sa vieille cousine, Elisabeth, enceinte. C'est une leçon de charité.

Troisièmement : En Marie, dès le moment de sa conception, le petit-Enfant Jésus, qui n'est encore que zygote, puis embryon, et plus tard sera fœtus, c'est déjà quelqu'un, c'est une personne vivante.

Quatrièmement : Dès le sein d'une maman, un tout petit enfant peut recevoir des grâces, comme il peut recevoir des blessures. L'enfant est une éponge absorbante des sentiments de sa mère. Heureux l'enfant qui a une mère en état de grâce, qui prie, qui chante des cantiques. Heureux l'enfant que la maman a consacré à Dieu, dès son sein.

Cinquièmement, autre leçon : Notre Dieu est un Dieu humble, qui s'est fait tout petit, qui a pris une nature humaine dans le sein d'une femme. Désormais, tout sein d'une femme est devenu un lieu sacré.

Sixièmement, encore une autre leçon : Dieu s'est fait tout petit-Enfant et l'un de nous. Dieu aime les petits enfants d'une façon particulière, c'est pourquoi Jésus nous dit : « Si vous ne devenez pas comme de petits enfants, vous n'entrerez pas dans le Royaume des cieux ». Et pour devenir un petit enfant, nous avons besoin d'une maman. C'est pourquoi, sur la croix, Jésus nous a donné sa Mère. Dieu s'est fait petit en Marie, afin d'agir par elle. Marie le chante dans son Magnificat : « Mon âme exalte le Seigneur, exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur. Il s'est penché sur son humble servante. Désormais, toutes les générations me diront Bienheureuse. Le Seigneur, a fait pour moi de grandes choses, Saint est son Nom. Il élève les humbles, et renvoie les riches les mains vides ».

 Dieu aime habiter le cœur mais aussi le corps de l'homme et de la femme, bien sûr, qui lui sont fidèles, pour agir par eux. Car notre Dieu est un Dieu incarné en Jésus. Il n'est pas le dominateur, mais le serviteur. Depuis notre baptême, nous avons été plongés en Dieu, et Dieu habite en nous tant que nous ne contristons pas l'Esprit-Saint par un péché grave. Il n'y a que le péché qui peut briser cette harmonie. Jésus se plaît à souligner cette présence de Dieu en l'homme, pour que nous soyons, comme Marie, porteurs de Dieu pour nos frères. Et voici des faits qui le montre.

 « Un jour, la veille de sa Passion, Il prit du pain : prenez et mangez-en tous, ceci est mon Corps livré pour vous. Il prit la coupe, la donna à ses disciples en disant : «  Prenez et buvez-en tous car ceci est la coupe de mon sang, le sang de l'Alliance nouvelle et éternelle, qui sera versé pour vous, et pour la multitude ».

 Une autre fois, Il a dit :« Si vous ne mangez pas la chair du Fils de l'homme, et si vous ne buvez pas son sang, vous n'aurez pas la vie en vous. Qui mange ma chair et boit mon sang, à la vie éternelle ».

 Encore une autre fois : « Si quelqu'un m'aime, il gardera ma Parole, et mon Père l'aimera, et nous viendrons à lui, et nous ferons chez lui notre demeure ».

 « Qui demeure en moi, et moi en lui, porte beaucoup de fruits ».

 « Si vous demeurez en moi et que mes paroles demeurent en vous, demandez ce que vous voudrez, et vous l'aurez ».

Tout cela, c'est l'œuvre du Dieu incarné qui nous récompensera au ciel de ce que Lui-même a fait par nous.

 C'est Dieu qui s'est incarné en Marie, c'est notre Sauveur; alors, avec l'audace que nous donne l'Eglise, appelons-Le de tout notre cœur en chantant ! « Venez Divin Messie nous rendre espoir, et nous sauver. Vous êtes notre vie, venez, venez, venez ».


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HOMÉLIE DE FRÈRE JEAN-FRANÇOIS
Le 24 Décembre 2018 (soir)
NUIT de la NATIVITÉ DE NOTRE SEIGNEUR JÉSUS-CHRIST


Introduction : Sainte joie de Noël! Chacun de nous peut se reconnaître en ce petit berger attiré à la grotte pour venir rencontrer, vénérer l'Enfant Jésus. Il lui a été demandé d'offrir sa flûte. Chacun de nous a quelque chose à déposer dans le cœur du Seigneur, car nous savons qu'Il nous le rendra au centuple. Mais qu'est-ce-que le Seigneur nous rend lorsque nous venons l'adorer cette nuit en nous prosternant devant l'enfant de Bethléem entouré de Marie et de Joseph ? Je crois qu'Il nous rend, ou Il nous redonne trois choses :

 La première c'est que nous sommes des êtres de chair et Dieu lui-même est un Esprit. Et ce soir, Il prend chair. Il vient prendre, le Verbe se fait chair, et Il nous rejoint dans notre chair. Il vient nous restituer dans notre être profond.

 La deuxième chose : Il vient abattre le mur de la haine qui est le péché. Et Il le fait par sa croix. Et c'est par sa croix qu'Il nous sauve.

 Et la troisième : Il vient justement nous délivrer de la mort. Et Il le fait par sa Résurrection.

Le Verbe se fait chair, Il prend sa croix, Il meurt sur la croix pour nous donner la vie, et nous offrir sa résurrection.

 C'est profondément, ce mystère, ce soir, que nous célébrons et nous communierons à ce mystère en communiant à son Eucharistie.

Alors ce soir, ouvrons notre cœur, et déposons notre cœur dans le sien en Lui offrant tout ce que nous avons de beau, nos joies, nos peines et surtout notre péché.


Homélie : Chers Frères et Sœurs, Joyeux et Saint Noël à vous tous. En cette nuit, Dieu s'offre en nous donnant son Fils par Marie! Joie de Dieu, joie de Marie et notre joie, car Jésus est l'enfant de Marie et nous-mêmes nous sommes les enfants de Marie. Par Marie notre Mère, Jésus s'est fait notre frère. C'est toujours une joie de se réjouir autour d'un nouveau-né et cette joie a commencé neuf mois avant sa naissance pour la maman et le papa. Et pour Dieu, cette joie, elle a commencé depuis fort longtemps car ça fait longtemps qu'Il attendait de nous donner son Fils. C'est la gloire de Dieu qui se révèle dans la nuit par une grande lumière, une grande joie, une paix profonde, signes de l'Amour infini du Seigneur.

 Et pourtant pour aboutir à cette Nuit Sainte, quelles épreuves Joseph et Marie n'ont-ils pas traversé ! Dans les pas de Joseph et Marie, se cachent de nombreux pas. A leur suite, nous voyons les traces de familles entières qui, aujourd'hui, se voient obligées de partir. Nous voyons les traces de millions de personnes qui ne choisissent pas de s'en aller mais qui sont obligées de se séparer de leurs proches, qui sont expulsées de leur terre. Dans beaucoup de cas, ce départ est chargé d'espérance, chargé d'avenir; dans beaucoup d'autres, ce départ a un seul nom : la survie. Survie aux Hérode de l'heure qui, pour imposer leur pouvoir et accroître leurs richesses, n'ont aucun problème à verser du sang innocent », dénonce le Pape François.

 Oui, en cette nuit de Noël, l'obscurité enveloppe dans son silence toute la terre, le mystère s'accomplit, l'Ange du Seigneur s'approche des bergers en état de veille, d'écoute, d'attente de l'aurore, et soudain la Gloire du Seigneur les enveloppe de sa lumière, la voix de l'ange se fait entendre : « Je vous annonce une grande joie, un Sauveur vous est né! »

 En un éclair, l'obscurité de la nuit se déchire, s'efface, c'est la révélation de la gloire dans la lumière, c'est la révélation de la naissance d'un enfant, l'Enfant-Dieu né de Marie, naissance de Dieu en Jésus. Tous les anges du ciel se mobilisent, chantent la Gloire de Dieu, annoncent la Paix aux hommes de bonne volonté. Tous les anges du ciel sont en joie, les pauvres et les petits veillent mais le monde inconscient, insouciant, dort, s'amuse ou se révolte.

 Noël, Nuit Sainte, Nuit bénie, Nuit merveilleuse, Douce Nuit, Nuit de Lumière, chante-t-on, Nuit de Noël! « Un Enfant est né, un Fils est donné…, on proclame son nom : "Merveilleux conseiller, Dieu fort, Père à jamais, Prince de la paix" … Voici ce que fait l'amour invincible du Seigneur. » Allons donc à la grotte de Bethléem, et contemplons ce miracle impensable et qui, pour beaucoup, est encore incroyable : « Dieu, qui mesure le ciel à l'empan, gît dans une mangeoire d'un empan; lui, qui contient la mer dans le creux de sa main, connut sa propre naissance dans une grotte. Le ciel est plein de sa gloire et la mangeoire est pleine de sa splendeur », nous dit saint Ephrem (le Syrien, Hymne pour la naissance du Christ).

 Et pourtant, ce que nous contemplons et adorons dans la simplicité de cette crèche en compagnie des bergers, ce n'est pas un conte, c'est l'extrême pauvreté d'un humble et pauvre couple, Joseph et Marie, deux pauvres qui ont erré en quête de logis dont l'enfant nouveau-né, Jésus, est le créateur du ciel et de la terre, ignoré et inconnu de César Auguste, dans son palais impérial, de celui que Saint Luc nous présente comme empereur souverain des rois de la terre, ignoré de notre monde, révélé au cœur des pauvres.

 En cette nuit, Dieu n'a pas seulement habité les bergers, mais Il les a attirés dans la grotte, là où le Fils, Jésus est né. Ces pauvres gens se déplacèrent, ils vinrent et ils virent quelque chose de merveilleux : le corps d'un enfant qui rayonnait l'Éternelle Vérité et Beauté : «  La vérité quand elle s'exprime devient amour, et l'amour quand il fleurit devient beauté », nous dit un auteur (P. Pavel Florenskij).

 Le faire-part de la naissance a pourtant été publié depuis la Genèse, sans cesse renouvelé par les prophètes, et finalement révélé par les anges eux-mêmes. Et ce sont, et c'est, oui, les pauvres qui ont répondu à l'appel. Pour venir à Jésus et le reconnaître, il faut ce cœur de pauvre. C'est la 1ère béatitude : « Bienheureux les pauvres de cœur, le Royaume des Cieux est à eux ». Un cœur de pauvre dépouillé du goût de la richesse, dépouillé du goût de soi-même, aussi. Impossible de contempler l'Enfant-Jésus dans la crèche sans devenir un enfant devant cet Enfant.

 Réalisons bien que l'Ange annonce une grande joie dans l'annonce de cet enfant, et que cette grande joie est définie par son nom : « un Sauveur » : « Aujourd'hui, vous est né un Sauveur ». Et Saint Paul nous précise sa mission : « La grâce de Dieu s'est manifestée pour le salut de tous les hommes ».

 Dans la manifestation du Sauveur, Saint Paul distingue deux périodes :

L'une est déjà présente par sa naissance, son Incarnation, ce que nous célébrons cette nuit; l'autre est à venir. - Dans la première manifestation, la grâce de Dieu apporte le salut à tous les hommes : Jésus-Christ s'est livré pour nous, cette venue salutaire du Christ ne désigne pas la Nativité du Sauveur sans la croix à laquelle aboutit la mission rédemptrice du Sauveur. Le Christ Jésus est venu dans le monde pour sauver les pécheurs, dont nous sommes tous. - La seconde manifestation qualifiée de glorieuse est l'objet de notre attente. La grâce de Noël nous fait désirer ce face à face avec le Christ ressuscité.

 Dieu Notre Sauveur veut faire de nous son peuple. Nous sommes tous purifiés, sanctifiés, sauvés par la croix, et chacun personnellement par le baptême qui nous introduit dans l'Eglise afin de nous offrir avec Jésus et en Lui à Dieu son Père.

 Eh bien, tous ensemble, cette nuit, avec Marie et Joseph, avec les Anges du ciel, les Saints et toute l'Eglise, nous exprimons à Dieu notre adoration, notre gratitude, pour le don ineffable qu'Il nous fait dans son Fils Jésus notre Sauveur. Nous allons nous agenouiller devant Lui et renouveler notre fervent désir du retour glorieux du Christ. Déposons dans le cœur de l'Enfant-Jésus, toutes les misères du monde, toutes les détresses, les attentes. Accueillons Notre Sauveur Seigneur Jésus dans l'Eucharistie car Il vient pour se donner en nourriture. Amen.


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HOMÉLIE DE FRÈRE YVES
Le 25 Décembre 2018 (JOUR)
JOUR de la NATIVITÉ DE NOTRE SEIGNEUR JÉSUS-CHRIST


Introduction : Le génie de la liturgie c'est d'actualiser les mystères que nous célébrons. Autrement dit, ce matin, nous sommes les nouveaux bergers de Bethléem. Il y a 2000 ans, ils n'étaient pas très nombreux autour de l'Enfant-Jésus. Aujourd'hui, nous sommes des millions sur la planète à nous approcher de l'Enfant-Jésus dans la liturgie de l'Eglise. Le Seigneur fait son travail en silence, et le monde entre progressivement dans le mystère de l'Incarnation du Fils de Dieu.

Eh bien, que cette célébration soit pour nous une occasion de rendre grâce pour ce travail silencieux mais combien pénétrant de Dieu dans notre monde et, humblement, reconnaissons que nous sommes des pécheurs.


Homélie : Essayons à partir de la Parole de Dieu que nous venons d'entendre de pénétrer un peu ce grand mystère de l'Incarnation de Jésus-Christ.

 Il est question dans la première lecture d'un messager de paix. Qui est ce messager de Paix ? Nous sommes à la fin du livre d'Isaïe qui annonce une sortie imminente du peuple d'Israël de sa captivité. Alors, il y a un messager qui court à travers les montagnes de Babylone jusqu'à Jérusalem pour annoncer la Bonne Nouvelle : ils vont revenir. Alors, déjà pour nous, Noël, c'est important. Nous sommes en captivité et le messager ce peut être l'Enfant, ce peut être les bergers, ce peut être nous ce matin qui sommes dans cette église. Nous sommes des messagers en ce sens que de par notre présence à cette célébration nous disons quelque chose de la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ, puisque, dans ce monde, à travers toute cette planète, il y a des Chrétiens qui se réunissent pour célébrer la naissance de Jésus. Eh bien, ils sont signes, nous sommes signes, nous sommes messagers de cette paix qui vient à notre rencontre. Donc, retenons peut-être de cette première lecture déjà une idée de délivrance. Cet enfant vient nous délivrer soit de choses personnelles soit de choses familiales, soit pour notre pays soit pour notre Eglise.

 Et alors justement, le deuxième personnage de ce premier texte c'est un guetteur, quelqu'un qui guette. Celui-là, il est à Jérusalem et il voit arriver le messager. Alors, il est dans la joie, car Jérusalem est en ruine, le Temple a été détruit par les Babyloniens, les remparts aussi, il ne reste plus grand chose de la ville, il faudra tout reconstruire. Et voilà, on est heureux, le peuple va rentrer au pays. Eh bien, dans notre monde d'aujourd'hui, il y en a beaucoup des guetteurs, des gens qui guettent un monde meilleur, un monde nouveau. Eh bien, nous sommes peut-être de ceux là ? Nous aussi nous guettons, que peut-il y avoir de neuf, pour nous, aujourd'hui ?

 Le psaume qui suit, est un psaume de victoire. « Chante le Seigneur, par son bras très saint, Il s'est assuré la victoire ». L'enfant, fragile, dans sa crèche, est victorieux, ne serait-ce que par sa présence parmi nous, car, dans l'enfant, il y a Dieu. Donc, Dieu est parmi nous, Dieu vient vivre avec nous. Dieu vient partager notre quotidien, et c'est là notre victoire. « Si Dieu est avec nous, dit Saint Paul, qui sera contre nous » ? C'est une très Bonne Nouvelle ! Et pour tous les révolutionnaires de tous les temps, retenons au passage, qu'ici, ce chant de victoire, de cet enfant, révèle quelque chose de divin. C'est-à-dire, la plus grande réforme qu'il y aura sur cette terre, c'est celle de l'Incarnation, où tout est renouvelé en cet enfant. Eh bien, quand Dieu fait une réforme, quand Dieu fait une révolution parmi les hommes, il n'y a pas une goutte de sang qui coule, sauf le sien. Mais Lui ne touche à personne, Il ne casse rien. Il ne fait violence à personne, et pourtant, Il va renouveler le monde entier. Voilà comment Dieu fait les réformes : Il prend sur Lui, pas sur les autres.

 Ensuite, eh bien, nous avons l'épître aux Hébreux qui nous dit toute la grandeur de cette nuit et de ce jour de Noël. « Par le passé, dit le début de l'épître aux Hébreux, Dieu parlait d'une manière fragmentaire et variée ». Cela, c'était dans le passé. Mais aujourd'hui, tout change, on change de monde, c'est le Fils de Dieu Lui-même, la Parole du Père, qui vient nous rejoindre. Et, ici, quelque chose d'important est dit, des trois dimensions du Christ, de cet Enfant : il est Prophète, c'est-à-dire il est la Parole même du Père. Il est la lumière parmi nous, c'est le Prophète. Qui voit cet enfant dans cette lumière entre dans la finalité profonde de sa vie. Il est aussi le Grand Prêtre. Il vient de nous être dit que cet enfant nous purifie de nos péchés ; voilà la captivité et nous en sommes libérés par cet Enfant, le Grand Prêtre. Pourquoi ? Parce que Lui, Il est dans la communion à son Père, continuellement. Alors, qu'est-ce qu'Il va faire en tant qu'enfant, et quand Il va grandir ? Que va-t-Il faire ? Il va nous entraîner derrière Lui, dans une vraie communion à son Père. Il va nous purifier de tous les faux chemins dans lesquels nous pouvons nous égarer. Il va nous remettre sur le chemin du Père, il va nous purifier. C'est cela le prêtre. Le prêtre c'est celui qui renouvelle la communication, entre Dieu et l'humanité. Et en même temps, il est roi. Le texte des Hébreux nous dit aujourd'hui «  qu'il est assis à la droite de la majesté divine ». Cet enfant, ce tout petit, il est dans la gloire éternelle et il est aussi au-dessus des anges, au-dessus de tous les anges, il est le maître de l'univers.

 Alors, cela nous concerne, parce que, quand nous irons communier tout à l'heure, nous irons communier au Prophète, nous irons communier au Prêtre, nous irons communier au Roi, c'est-à-dire que l'identité du Christ, c'est la nôtre, et cela change tout ! A partir du moment où nous nous approchons du Christ, à partir du moment où nous nous approchons de cet enfant, eh bien, notre vie change ! Alors, effectivement, cela demande une chose de notre part, une coopération, celle de la foi, celle de la foi. Parce que la manière d'agir du Seigneur, n'est pas celle de nos manières humaines. Alors, il faut effectivement être vigilant pour se laisser pénétrer par une autre manière de faire et qui n'est pas forcément évidente au début. C'est petit à petit qu'on rentre dans les mœurs de Dieu et dans sa manière à Lui, de mener le monde.

 « Au commencement, dit le Prologue de saint Jean, aujourd'hui, au commencement ». Saint Jean fait exprès de commencer son évangile par ces mots : « Au commencement ». C'est-à-dire que cet enfant, qui est là, reprend tout depuis le début, toute la création, en prenant chair, Il renouvelle tout le cosmos. Au commencement, eh bien avec l'an zéro, avec le Christ, tout reprend forme, tout est remis en ordre, dans cet enfant. Au commencement... C'est important pour nous de revenir toujours à cette origine. Le Christ vient du Père, Il est la source. Si nous allons à la source, nous allons nous aussi nous renouveler. La création est aussi le fruit d'un grand amour, car il est dit aussi, au début du Prologue : « Au commencement était le Verbe, et le Verbe était tourné vers le Père ». Il est tourné, Il est en vis-à-vis avec son Père, Il est dans un dialogue avec son Père, et c'est dans ce dialogue là que naissent nos vies. C'est dans ce dialogue que nous naissons. Eh bien, en venant sur terre, le Christ vient renouveler le dialogue au nom de toute l'humanité avec le Père. Tout est repris. A nous de nous laisser conduire par cet enfant.

 Oui, cet enfant, prend la tête de l' humanité pour que nous puissions nous renouveler. Alors, si Jésus a pris chair aujourd'hui, ne cherchons pas Dieu en dehors de ce monde. C'est dans notre vie de tous les jours que Dieu se cache, prend chair aussi pour nous, dans notre quotidien.

Eh bien, réjouissons-nous, soyons dans la joie aujourd'hui, Dieu marche avec nous, à nous d'avoir les yeux et les oreilles, pour voir où Il se cache. Amen.


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HOMÉLIE DE Monseigneur YVES LE SAUX, évêque du Mans
Le 30 Décembre 2018
La SAINTE FAMILLE DE JÉSUS,  MARIE ET JOSEPH


Introduction : Alors, nous sommes ce dimanche après Noël. après la Fête de Noël, vous le savez bien, l'Eglise célèbre aujourd'hui la Fête de la Sainte Famille. Nous sommes invités à porter notre regard sur la Famille que constituent, Marie, Joseph et Jésus, et au fond nous mettre à l'école de cette Famille, à apprendre peut-être devenir vraiment humain à l'école de la Famille de Nazareth.

 Alors, présentons au Seigneur, en ce dimanche, toutes nos Familles dans ce qu'elles sont, pour qu'en célébrant cette Fête, nous soyons comme guéris dans nos relations familiales. Alors préparons-nous encore en reconnaissant combien nous sommes pécheurs.


Homélie : Chers Frères et Sœurs, chers Amis, donc en ce dimanche après la Fête de Noël, nous célébrons la Sainte Famille. Nous sommes invités à porter notre regard sur la Famille unique, dans l'histoire, que constituent, Marie, Joseph et Jésus. Et puis j'ai pensé aussi, qu'on pouvait y associer Anne et Joachim, les grands-parents et tous les autres. Même si l'Écriture n'en dit rien, je vous l'accorde.

 Donc, Dieu, venant dans le monde, a voulu être enfant et donc se remettre dans les mains ou entre les mains d'une famille. Don, Il va assumer la vie familiale pendant la large majorité de sa vie. Il le fait pour nous, comme pour nous dire l'enjeu de la vie familiale. Peut-être aussi pour guérir les blessures de nos Familles. Vous savez, la Famille est le premier lieu de la formation de notre humanité. On apprend, c'est là qu'on apprend à nous aimer les uns les autres, à accepter d'être enseigné, façonné, par nos parents. C'est là que Jésus, c'est étonnant d'ailleurs, a appris à être un homme. Il y a quelque chose de bouleversant dans la Famille de Nazareth, qui est bien sûr unique et, de ce point de vue, aucune de nos familles n'est comparable à cela. Marie va enfanter son Créateur, magnifique cela : elle, une créature, va enfanter Celui qui l'a créée, et Dieu Lui confie, se confie à elle.

 Je pense aussi à Joseph, à qui est confié Jésus et qui va être, auprès de Jésus, la figure du Père même. Pour Lui, le Fils unique de Dieu, Joseph est placé là, pour, d'une certaine manière, lui enseigner qui est le Père, c'est incroyable !

 Le Concile Vatican II dit : « que le Fils de Dieu a travaillé avec des mains d'homme, a réfléchi avec une intelligence d'homme, a aimé avec un cœur d'homme ». Et j'ai pensé que c'était auprès de Marie et de Joseph qu'Il a appris tout cela, que, d'une certaine manière, Il a façonné son humanité. Quel mystère ! Alors la Famille de Jésus, de Marie et de Joseph, vous le savez, a été confrontée, et il est bon d'en prendre conscience, à l'épreuve, à la précarité. Dès la naissance, vous vous souvenez, il n'y a pas de place pour eux, dans la salle commune, il faut trouver une autre solution. La Famille de Nazareth va être confronté à la méchanceté du pouvoir des hommes, à la violence. Nous avons fêté il y a quelques jours, le massacre des Saints Innocents, quelle douleur ! La Famille de Nazareth, va devoir fuir en Egypte, je suis désolé, mais Jésus est né dans une famille de migrants. Comme pour répondre, ou rejoindre plus exactement, le drame que vivent tant de Familles dans notre monde. Eh bien, c'est aussi auprès de joseph que Jésus va apprendre à travailler, la valeur du travail.

 Alors, première invitation, simplement, mettons-nous à l'école de la Famille de Nazareth, peut-être pour apprendre la relation aux autres, pour apprendre la durée du temps, pour apprendre la vie ordinaire, pour apprendre à aimer, peut-être, tout simplement.

 Alors, au cœur, je voudrais m'arrêter avec vous, simplement, sur ce passage de l'évangile, qui a été lu aujourd'hui, en cette Fête. Jésus à 12 ans, échappe à Marie et Joseph, et il est retrouvé au Temple de Jérusalem, enseignant, au milieu des Docteurs de la Loi. Cet événement est important dans la vie de Jésus, mais aussi, dans la vie de Marie et de Joseph. C'est le seul événement rapporté, sur la vie de Jésus, entre sa Présentation au Temple et le début de sa vie publique, avec le baptême par Jean.

 Il est toujours bon et nécessaire de se rappeler que Jésus, d'abord, a eu 30 ans de vie cachée, pour seulement 3 ans de vie publique. La vie cachée, la vie dans sa dimension quotidienne, sans originalité, est plus importante, dans sa durée, que la vie visible. Et au cœur de cette vie, il est dit «  qu'Il grandissait, qu'Il se fortifiait, rempli de sagesse, et que la grâce de Dieu était avec Lui ». Donc Jésus a, en premier lieu, assumé une vie normale, faite de fidélité quotidienne, et c'est là que son humanité s'est forgée. Et déjà, à ce moment là, Il sauvait le monde.

 Il en va aussi de même pour nous. L'essentiel… ; alors écoutez bien, l'essentiel d'une vie se joue, se construit dans l'humble quotidien invisible au monde. Et dans nos vies, ce qui est ordinaire et caché, est le plus important. Et la vie cachée de Jésus peut venir comme nous guérir de notre rapport à la vie ordinaire, qui est notre vie à tous. Je ne sais pas comment vous vivez, vous ? Même un évêque se lève le matin, se lave les dents, prend son café, assume des relations, les contraintes de chaque jour, et la sainteté se joue là ! Peut-être que la mission se joue là ?

 Et au cœur de cette vie cachée de Jésus, il y a cet événement, dans le Temple, qui est en réalité, déjà, comme tout le résumé du ministère de Jésus. Jésus échappe, de sa propre initiative, à Marie et Joseph. Après trois jours de recherche, ils le retrouvent dans le Temple, « au milieu des Docteurs de la Loi, enseignant avec autorité ». Trois jours d'angoisse, pour Marie et Joseph. Bien sûr, ces trois jours annoncent déjà le Mystère pascal. Déjà, Marie et Joseph sont conviés à entrer dans ce Mystère, jusqu'au 3ème jour, jour de la Résurrection.

 L'initiative vient de Jésus : « Ma vie, nul ne la prend, c'est moi qui la donne », dira-t-Il plus tard. Permettez-moi un commentaire sur ce propos : c'est Jésus qui prend l'initiative ; Marie et Joseph, ne sont que les gardiens d'un Mystère qui leur échappe. Ils ne sont que les dépositaires d'une grâce et, dans leur cas précis, dépositaires du don même de Dieu à l'humanité qu'est Jésus. Il en va de même pour nous tous, nous sommes les dépositaires du don de Dieu, qui ne nous appartient pas. Il nous a été fait la grâce, à un moment ou un autre, d'une mission, d'une manière ou d'une autre, d'être conviés au service, à une action, que ce soit père de famille ou mère de famille, que ce soit prêtre, consacré(e), peu importe, d'être conviés à une action, mais qui n'est pas la nôtre.

 Le Pape Benoît XVI dit admirablement : « Le premier mot, l'initiative première, l'initiative véritable, l'activité véritable vient de Dieu. Et c'est seulement, en s'insérant dans l'initiative Divine, c'est seulement en implorant cette initiative Divine, que nous pouvons devenir, nous aussi, en Lui, avec Lui, des missionnaires », pour employer ce mot. Marie et Joseph sont entrés dans l'initiative de Dieu. Marie, le jour de l'Annonciation, quand elle dira : « que tout se passe pour moi selon ta Parole ». Ou Joseph, qui suite au songe où l'Ange l'invite « à ne pas avoir peur de prendre Marie chez lui », a fait ce que l'Ange lui a dit. Il a fait ce qu'un Autre lui a dit.

 Donc, aujourd'hui pour Marie, pour Joseph, ou pour Marie et Joseph, l'initiative de Jésus est déconcertante, plus même : «  Ils sont frappés d'étonnement », dit le texte. Et le mot utilisé peut être traduit par : « Ils reçurent un choc ». C'est quasi physique ; vous savez, ils reçoivent un coup. Il semble d'ailleurs que ce qu'ils reprochent, c'est de ne pas avoir été prévenus par Jésus. Ils ne comprennent pas, ils ne comprennent pas plus la réponse que Jésus va leur donner. Alors, il est dit : « Ils ne comprirent pas ce qu'Il leur disait ». Marie et Joseph sont traversés par une douleur profonde : « Vois, comment ton père et moi, nous avons souffert en te cherchant ». Commence là, me semble-t-il, le transpercement du cœur qui a été annoncé à Marie par le vieillard Siméon, douze ans plus tôt, et qui atteindra son point culminant vingt-et-un ans plus tard, au pied de la croix. Et aujourd'hui, elle ne comprend pas.

 De la même manière que les disciples ne comprenaient pas quand Jésus leur expliquait « combien il fallait que le Fils de l'homme devait souffrir, et mourir pour ressusciter. » Toute vocation est un jour confrontée à l'initiative de Dieu qui nous dépasse et que nous ne comprenons pas, pour être conduits comme  au-delà de nous-mêmes, pour entrer dans une véritable fécondité. Et il me semble que cette terrible souffrance, quand même, qui atteint Joseph et Marie, est comme un arrachement nécessaire. Ils doivent se désapproprier de leur vocation. Ils ont répondu avec une générosité et une liberté totale à leur vocation unique dans l'histoire de l'humanité, ils se sont livrés entièrement, et ils en sont comme dépossédés, pour entrer dans une fécondité plus grande encore, pour aller jusqu'au bout.

 Marie entre dans un chemin qui la fait passer, si je puis me permettre, de Mère de Jésus à Mère de l'Eglise, et même dans une désappropriation, pour être rendue participante aux souffrances de son Fils, pour être associée à Lui sur la croix, en parfaite disciple. Et Marie, elle-même, ne peut entrer dans ce Mystère, que progressivement, Elle a besoin de temps. Jésus, son Fils, l'a conduite par étapes au point culminant d'être associée à Lui, dans le don d'amour  jusqu'à un extrême, par amour et pour le salut du monde sur la croix. Je trouve cela  rassurant qu'il ait fallu du temps à la Vierge Marie, parce qu'il en est de même pour nous.

 Nous sommes invités à suivre Jésus pour nous laisser déchirer le cœur, comme Lui, avec Jésus, par amour pour Lui et par amour pour nos Frères. Et la réponse de Jésus : « Comment se fait-il que vous me cherchiez, ne savez-vous pas qu'il me fallait être chez mon Père ?» Jésus est le Fils du Père, Il ne fait qu'un avec Lui, Il ne cherche que la volonté du Père, et la volonté du Père, c'est … Quelle est la volonté de Dieu ? Beaucoup de gens s'interrogent, qu'est-ce que Dieu veut ? Eh bien, moi, je sais ce que Dieu veut : Il veut le salut pour l'humanité et qu'aucun ne se perde. Il veut comme, excusez-moi de vous dire cela, mettre nos vies dans cette perspective : le Salut de l'humanité.

 Enfin, le récit rapporte que « sa mère gardait tout cela dans son cœur, gardait dans son cœur, tous ces événements » ; alors c'est peut-être le point essentiel de ce récit, j'aurais peut-être dû commencer par cela. Le secret de la vie de Marie : ces évènements sont accueillis dans son cœur, elle va les façonner. Tout se joue dans le secret de nos cœurs, à l'intérieur. Pour les plus jeunes, ici, les scouts qui se forment, si vous comprenez cela, que l'essentiel se joue à l'intérieur, alors que le monde nous pousse toujours à l'extérieur des choses… Vous savez, un être humain se construit de l'intérieur vers l'extérieur, et pas le contraire. Et Marie peut peut-être nous apprendre à accueillir les choses, au fin fond de l'intimité de notre être, pour que nous soyons façonnés par les événements que Dieu fait dans nos vies, par la Parole que Dieu nous donne. Je vous en prie : n'ayez pas peur du temps, n'ayez pas peur du temps ! Dieu nous conduit à la fécondité, en son temps.

 Donc, tout se joue dans le secret de nos cœurs, à l'intérieur. A propos de Jésus Lui-même, il est dit : « Il est doux et humble de cœur ». Il me semble que c'est l'enjeu majeur de nos vies. Tout se joue dans l'intimité de notre être ; ce qui se passe dans le secret, c'est là que Dieu nous parle. C'est notre cœur que Dieu veut transformer. Quel est l'état de notre cœur ? Et quel est l'état de notre cœur à cœur avec le Seigneur ? Alors qu'en nous confiant au cœur de Marie, nos cœurs soient guéris, consolés et rendus brûlants de charité !

 Demandons à Marie et Joseph que tous les évènements douloureux, joyeux, surprenants parfois, du passé, du présent et de l'avenir nous conduisent à entrer dans l'initiative de Dieu et dans la véritable fécondité missionnaire de nos vies.


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HOMÉLIE DE FRÈRE OMER
Le 1er janvier 2019
SAINTE MARIE, MÈRE DE DIEU, Solennité


Mot du Père Prieur : Chers Frères et Sœurs, bonjour. Au nom de toute la Communauté, je voulais vous souhaiter nos vœux, et participer à cet émerveillement d'une jeune femme, Marie, devant un nouveau-né qui commence une vie sur terre. Et il est heureux pour nous de commencer cette année dans l'émerveillement, dans la contemplation de cette jeune femme, devant son enfant nouveau-né, particulièrement dans l'adoration. Et cette jeune femme est invoquée sous le titre de Sainte Marie, Mère de Dieu.

 Le Dieu qui l'a engendrée, c'est le Rédempteur, donc c'est Sainte Marie, Mère du Rédempteur et  c'est aussi la fête de notre Famille spirituelle, notre Famille spirituelle. Et je suis très heureux de saluer ici notre Famille spirituelle, particulièrement, Soeur Geneviève Médévielle, qui est la commissaire pontificale qui témoigne de la sollicitude du Saint-Père et du Saint-Siège pour notre Famille spirituelle. Donc, nous sommes en communion les uns avec les autres et, dans la joie de vivre cette nouvelle année, déjà dans l'action de grâce et la louange. Nous l'avons bien commencée hier soir et il n'y a pas de raison que ça s'arrête : alors, belle et bonne et sainte année.


Introduction : Le Père éternel, à chaque fois, Il nous envoie des messagers, et à ces messagers, du haut du ciel, qu'Il envoie sur notre terre, Il nous présente ses vœux. Il leur a dit; «  Quand vous descendrez sur terre, dites à mes créatures bien-aimées, comme vœux : la paix soit avec vous ». Et si vous le souhaitez, Il dit : « Paix aux hommes de bonne volonté ». Donc, c'est les vœux de Dieu, qu'on vous présente, aussi ce matin. Préparons-nous à la célébration de cette Eucharistie en nous mettant sous sa constante miséricorde et en implorant son pardon.


Homélie : Frères et Sœurs, l'Eglise nous donne de fêter Marie, Mère de Dieu. Il est intéressant de connaître un peu l'histoire, tout au moins l'origine de cette Fête et de cette appellation. Marie, Mère de Dieu, est une vérité qui a été proclamée au concile d'Ephèse en 431, en réaction, si vous voulez, en réponse au Patriarche d'Antioche qui, lui, refusait que Dieu, le Verbe éternel, se fasse l'un d'entre nous. Il opérait une distinction entre Jésus et le Verbe éternel. La question n'était pas Marie, le statut de Marie, mais la question visait un mystère bien plus grand, qui nous concerne tous et qui manifeste tout l'amour de Dieu pour nous : le mystère de l'Incarnation. Pour comprendre ce mystère, nous pouvons percevoir (quelque chose à partir de) la deuxième lecture que nous venons d'entendre : « Dieu a envoyé son Fils, qui est né d'une femme ». En quelque sorte, Dieu nous apporte deux dimensions, dans le mystère de l'Incarnation. Il vient nous sauver, nous racheter, nous qui étions sous le coup de la loi, première dimension. Deuxième dimension : Dieu qui est tout amour (comme s'Il ne pouvait pas se contenir en Lui-même, parce que le propre de L'amour, c'est de se donner), vient à nous, pour s'unir à nous, ses créatures. Quel beau mystère !

 Et pour accomplir cette Incarnation, c'est comme l'éternité qui entre dans le temps. Pour nous, passer d'une année à une autre année, on ne s'en aperçoit pas ou peu, sinon que nous prenons de l'âge et que nous avançons vers l'éternité, ça c'est sûr, ça c'est sûr. Mais pour Dieu, ce passage se fait en la personne de Marie, une créature bien-aimée. Marie devient le lieu ou Dieu passe, pour entrer dans notre temps, pour s'unir à nous et pour nous sauver. Marie devient pour nous la source de la tradition de cette foi en l'Incarnation. Si vous le voulez, Marie devient la source de la tradition de notre foi chrétienne.

 Qui veut entrer dans la volonté de Dieu, doit passer par Marie, elle qui connaît le secret du cœur, puisque son cœur a été profondément uni au cœur de Dieu, et Dieu y a pris chair dans son sein. Marie devient pour nous une éducatrice à la prière. Souvenez-vous, l'Ange qui vient vers Marie : « Je te salue Marie, comblée de grâce, n'aie aucune crainte, la puissance du Très-Haut te couvrira, et l'enfant qui va naître sera saint ». Quelle belle prière ! Et lorsque Marie rencontre sa parente, Elisabeth, celle-ci de s'écrier : « Comment se fait-il, que la mère de mon Sauveur, vienne jusqu'à moi, toutes les générations te diront Bienheureuse ». Marie, éducatrice de la prière, dans la foi.

 Marie, aussi, est le modèle de l'espérance. Souvenez-vous, le peuple d'Israël était dans l'attente du sauveur : « Une Vierge mettra au monde un Fils, elle l'appellera Emmanuel, Dieu parmi nous. Il sera appelé conseiller merveilleux, Prince de la paix ». Cette espérance de Dieu, nous pouvons la comprendre, et nous pouvons y entrer, avec Marie, à condition que nous ouvrions notre cœur.

 Marie aussi est pour nous comme le modèle de la charité. « Après que l'Ange eut quitté Marie, elle se mit en route en hâte, pour rejoindre sa parente, Elisabeth ». L'amour, qu'elle a reçu de Dieu dans son cœur, qui ne peut pas se contenir dans le cœur de Marie, la pousse à se mettre en mouvement et à aller vers les autres. L'évangile de ce jour nous dit : « Les bergers se mirent en hâte vers Bethléem, ils racontèrent tout ce qui leur avait été dit et ils annonçaient les merveilles de Dieu, en le louant ». Marie peut nous aider à entrer dans cette charité parfaite.

 Marie est aussi pour nous, le modèle de l'union parfaite en Dieu, depuis l'Annonciation, en passant par  la Présentation de Notre Seigneur Jésus au Temple, où Syméon lui a dit : « Un glaive te transpercera ». Et nous, nous comprenons que son cœur, transpercé par un glaive, cela s'est accompli au pied de la croix, où le côté de Notre Seigneur Jésus a été ouvert. En ce moment précis, Marie a été unie, d'une manière parfaite, par son Fiat. Nous ne pouvons pas désirer être uni à Dieu sans entrer petitement avec Marie dans ce mystère de l'union, qui passe, par moment, par la croix. Marie est modèle d'union à Dieu.

 De nos jours, comment nous pourrons vivre cette union ? C'est Jean-Paul II qui disait ceci de l'Eucharistie : « Comme une porte ouverte vers le ciel ». Je vais peut-être m'avancer sur ce chemin, en disant : Marie est comme le linteau de cette porte, le seuil de cette porte, par laquelle nous devons passer pour entrer au ciel. Souvenons-nous, lorsque le peuple d'Israël, était en esclavage en Egypte et que Dieu décide de libérer ce peuple, que l'ange de la mort passe, il dit : « Mettez le sang de l'agneau sur les linteaux des portes, pour être préservé de la mort ». Qui prend Marie chez lui, comme Jésus l'a confiée à son disciple bien-aimé Jean au pied de la croix, est préservé de la mort éternelle.

 Marie est aussi pour nous comme ce buisson ardent qui ne se consommait pas devant le feu, devant la présence de Dieu. Bien au contraire, par cet acte, elle nous révèle, du moins ce mystère nous révèle, que notre nature a été surélevée à la dimension de la divinité, pour accueillir Dieu en nous. Toutefois, en célébrant l'Eucharistie, où nous entendons la Parole de Dieu, où nous communions au Corps et au Sang du Christ, notre nature humaine, petit à petit se divinise en la présence de Dieu, et ne se sent pas consumée.

 Demandons à Marie, qui est cette Mère de la consolation, cette Mère de toutes grâces, cette Mère qui a accueilli en son sein le Verbe éternel, de nous y conduire à chaque fois que nous participons à L'Eucharistie ou à chaque fois que nos lèvres redisent ces paroles douces : « Je vous salue, Marie, pleine de grâce, le Seigneur est avec vous, vous êtes bénie entre toutes les femmes, et Jésus, le fruit de vos entrailles est béni ». Amen.


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HOMÉLIE DE FRÈRE PHILIPPE-MARIE
Le Dimanche 6 janvier 2019
ÉPIPHANIE DU SEIGNEUR, Solennité


Introduction : En ce jour de l'Epiphanie, nous avons plusieurs motifs de joie et d'action de grâce.

 Nous avons d'abord à nous associer à cette joie des Mages, qui ont reconnu dans ce petit-Enfant, le Roi d'Israël, leur Sauveur, et qui l'ont adoré, leur Dieu.

 Et puis, nous sommes invités en ce jour à nous associer à la joie d'un Serviteur de l'Évangile qui annonçait justement la Bonne Nouvelle aux Nations, et qui a été ordonné, en ce jour, en ce 6 janvier, il y a 59 ans. C'est le Père Paul Pageaud. Donc, nous nous unissons à sa joie, à son action de grâce, pour toutes les grâces qu'il a reçues du Seigneur pour son ministère. Et puis nous le confions encore à la grâce du Seigneur, pour que ça dure encore longtemps.

 Au seuil de cette Eucharistie, demandons au Seigneur le Pardon pour tous nos péchés.


Homélie : A la différence de Saint Luc qui nous a raconté les circonstances de la naissance de Jésus, Saint Matthieu ne nous en dit rien. Il se contente de noter, nous l'avons entendu, que Jésus était né à Bethléem, en Judée. C'est peu. Par contre, il nous livre la signification de cette naissance, dans le récit de la venue des Mages. Et cette signification nous est livrée à travers la question que pose les Mages : « Où est le Roi des Juifs qui vient de naître » ?

 Et en rapprochant les deux termes, le Roi Hérode et le Roi des Juifs, comme deux éléments explosifs, Saint Matthieu nous appelle à un discernement : qui est véritablement le Roi des Juifs ? Hérode ou Jésus ? Il y a une couronne royale qui est en litige.

 Mais la signification que Saint Matthieu donne à ce titre de « Roi des Juifs » est bien plus profonde encore : le « Royaume des cieux », sera un des thèmes favoris de Saint Matthieu. Et dès le départ, il annonce le Roi de ce Royaume.

 Et ce n'est qu'à la fin de son évangile, que Matthieu, redonnera à Jésus, le titre de Roi des Juifs. Ce sera pendant la Passion de Jésus. « Salut, Roi des Juifs », lui diront les soldats, en se moquant. Et l'écriteau au-dessus de la croix le proclamera : « Celui-ci est le Roi des Juifs ».

 La proclamation de cette royauté suscite deux cortèges :

- Le cortège des Mages. Ces hommes qui viennent de loin. Ils ont opéré tout un déplacement dans leur vie, et pas seulement géographique, pour trouver Jésus. Et quand sa lumière leur apparaît, ils en éprouvent une très grande joie; « tombant à genoux, ils se prosternèrent devant Lui ». Ces gens qui viennent de loin entrent en adoration.

- Et puis, il y a un autre cortège, le cortège d'Hérode, des prêtres, des scribes et de tout Jérusalem. Tous sont pris d'inquiétude à l'annonce de la naissance du Roi des Juifs. Leur cœur s'éloigne de leur Messie. La connaissance de la lettre des Écritures leur suffit. Ils refusent de marcher vers la lumière. N'est-ce pas cela que veut insinuer la remarque que l'étoile ne brille plus ? Elle ne brille pas sur Jérusalem.

 À nous qui, comme le peuple Juif, avons reçu l'adoption filiale, la gloire, la nouvelle alliance, le culte, les sacrements… (cf Rm 9,5) nous sommes invités, chacun, chacune, personnellement, à un discernement : qui est mon Roi ? A qui est-ce que je donne pouvoir sur ma vie ? A Jésus ? A mon moi ? A mon ego ? A une idéologie ? Quelle est l'attitude de mon cœur devant Jésus ? Est-ce que mon cœur s'ouvre pour abandonner tous ces trésors devant Lui ? Ou est-ce que mon cœur se crispe sur ce qu'il possède et ne veut surtout pas donner ?

 « Lumière des cœurs droits, il s'est levé dans les ténèbres; homme de justice, de tendresse et de pitié », dit le psaume 111.

 Ces Mages, qui étaient des païens et dont les pratiques n'étaient pas toujours orthodoxes, avaient, en fait, des cœurs droits, et ils se sont laissés attirés par la lumière. La lumière de ces cœurs droits, s'est levée dans leurs ténèbres.

 Les gens de Jérusalem qui vivaient sous la lumière de la Parole de Dieu, avaient, eux, un cœur fermé et tordu. La Parole ne leur a pas permis d'accueillir le Roi qui leur était pourtant destiné. Au contraire, ils ont cherché à le faire mourir, à le supprimer… et ils y arriveront, un jour!...

 Aujourd'hui, le Pape François nous demande de nous ouvrir aux périphéries de l'Eglise. Tous ces gens, loin de la foi, dont la vie est souvent cabossée, tortueuse, sont les mages d'aujourd'hui. Beaucoup sont en attente de salut, et peut-être même, sans le savoir; ils ont seulement besoin d'une étoile qui les guide vers le Sauveur. Et nous sommes, nous, appelés à être cette étoile qui guide ces nouveaux mages, vers l'Enfant. Malheur à nous si nous devenons des étoiles éteintes; si, comme à Jérusalem, l'étoile ne brille plus dans notre ciel.

 Saint Paul nous fait part du mystère qu'il a reçu par révélation : ce mystère, c'est que les païens sont associés au même héritage qu'Israël, au même corps, au partage de la même promesse, dans le Christ Jésus, par l'annonce de l'Evangile, par l'annonce de l'Evangile.

 Est-ce que nous voulons que Jésus règne sur les mages, sur les païens d'aujourd'hui ? Pour cela, il faut que l'Evangile soit annoncé; et donc il faut que nous soyons «  en sortie », comme le dit le Pape François. Pour notre diocèse de Laval, les équipes synodales sont un très bon moyen pour faire briller l'étoile du Christ sur nos voisins, nos connaissances, sur nos collègues de travail.

 Et notre joie sera grande lorsque nous verrons tout ce monde venir à Jésus et se prosterner devant Lui.

 Alors, formons un troisième cortège : le cortège des témoins, des messagers de la Bonne Nouvelle. Formons ce cortège des annonciateurs de Jésus, Notre Sauveur. Amen.


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HOMÉLIE DE FRÈRE JEAN-FRANÇOIS
Le Dimanche 13 janvier 2019
BAPTÊME DU SEIGNEUR, Fête


Introduction : Nous célébrons la Fête du Baptême du Seigneur. C'est le ciel qui s'ouvre, et nous entendons la joie du Père qui se manifeste dans une parole. Et si vous vous souvenez, le Pape François, régulièrement, nous rappelle de nous souvenir de la date anniversaire de notre baptême. Et s'il y a un anniversaire à fêter, c'est bien celui-là. Et pour nous chrétiens, c'est si important, aujourd'hui, dans notre monde, de faire mémoire de ce jour qui nous a consacrés enfants de Dieu, nous qui étions déjà dans la pensée de Dieu, dans l'amour de Dieu. Eh bien, souvenons-nous de ce jour merveilleux où le Père, par son Esprit, et dans son Fils nous redit son amour et sa joie. Et c'est dans cet amour et cette joie, que nous allons renouveler cette bénédiction, renouveler ensemble ces promesses du baptême, nous reconnaître enfants de Dieu.


Homélie : Chers Frères et Sœurs, nous avons la joie d'avoir parmi nous les jeunes du cycle Saint Jean-Paul II du diocèse de Luçon, avec les Pères Jean-Marie et Louis-Marie. Et puis, des personnes qui suivent cette session avec Marie Maquaire sur : « Améliorer les relations entre personnes ».

 Et tous ensemble, eh bien, nous fêtons le Baptême du Seigneur. Et il y a une chose extraordinaire dans l'évangile, c'est que nous entendons la voix du Père. C'est extrêmement rare d'entendre trois fois dans la vie publique de Jésus, enfin Jésus est la voix du Père. Mais le Père lui-même ! Et lorsqu'il prend la parole, et d'une manière extrêmement rare, eh bien, je pense qu'il est important de comprendre quelque chose du cœur du Père. Que dit-il ? Il parle de son Fils bien-aimé, c'est-à-dire que dans le cœur du Père, il y a un amour extraordinaire. Il dit aussi : « En Lui, je trouve toute ma joie ». Dans le cœur du Père, il y a une immense joie, un grand amour, et de cela, je ne suis pas sûr, que nous en prenions toute la dimension. On parle d'un Dieu lointain, etc....mais on ne voit pas toujours que le cœur du Père est éminemment, j'allais dire, embrasé de cet amour et de cette joie, et pour chacun de nous à travers Jésus, et en Jésus.

 Et aujourd'hui, nous fêtons le Baptême du Seigneur, mais qu'est-ce que le Baptême du Seigneur évoque pour nous ? Est-ce que c'est la fin des Fêtes de Noël ? Demain, le démontage des crèches ? La nostalgie des souvenirs d'enfant qui s'évanouit ? L'entrée, à nouveau, dans l'ordinaire du Temps liturgique ? Oh, il y a sans doute, un peu de tout cela !

 Nous venons de vivre, c'est vrai, de grands moments, peut-être avec une émotion profonde, cela aussi fait du bien. C'est pas un rêve, alors gardons la mémoire de ce qui nous touche et nous émerveille, car cela touche Dieu. Dans la nuit de Bethléem, c'est vrai, visités et entraînés par la voix des Anges, les bergers sont venus contempler dans la crèche le nouveau-né avec sa Mère à ses côtés. Les Mages sont venus d'Orient, guidés par une étoile, déposer aux pieds de l'enfant, l'enfant mystérieux, leurs présents.

 Mais aujourd'hui, il y a quelque chose d'étonnant, le temps est comme suspendu, et le peuple, lui, ne sait pas encore, « il est en attente sur le bord du Jourdain », nous dit Saint Luc. Et qu'attend-il en venant se faire baptiser par Jean ? A ce moment précis, le peuple des pauvres et des petits incarne toute l'attente de l'histoire du peuple d'Israël, l'attente du Messie, d'un Sauveur. Depuis la Genèse jusqu'à l'Annonciation à Marie, Dieu prend tout son temps. Mais quelle attente ! Et quelle patience !

 Et que faisait ce peuple pendant cette interminable attente de l'histoire d'Israël ? Et c'est Jésus, sur le bord du Jourdain, qui nous le révèle. Car, à ce moment précis, Il incarne aussi toute l'attente. Il priait. Il priait. Il parlait à son Père. Humblement, Il se présente parmi les pécheurs, les pauvres, et comme eux, Il reçoit le baptême en signe de pénitence. Le peuple dans l'attente et le désir de la venue du Messie se préparait dans la prière et la pénitence.

 Quelle était donc la prière de Jésus ? C'est une prière exaucée. Alors ce n'est plus l'apparition d'une étoile, ni celle des Anges, mais c'est le ciel qui s'ouvre à sa prière et la gloire du Seigneur apparaît : l'Esprit-Saint descend sous forme d'une colombe et la voix du Père retentit. C'est le temps de la consolation annoncée par Isaïe qui s'accomplit : « Alors se révèlera la gloire du Seigneur, et tout être de chair verra que la bouche du Seigneur a parlé ». Syméon lui aussi attendait la consolation d'Israël, il a vu la lumière des Nations au Temple dans l'Enfant-Jésus.

 Aujourd'hui, dans le baptême que Jean-Baptiste confère à Jésus, nous ne sommes plus devant le mystère d'un enfant, mais devant celui de l'adulte qu'Il est devenu. Mystérieusement et publiquement est manifesté l'identité de Jésus. « Tu es mon Fils, mon Bien-Aimé ». Au moment du baptême de Jésus, c'est le ciel lui-même qui s'ouvre, et la voix de Dieu qui s'exprime. L'Esprit-Saint apparaît sous une apparence corporelle, descend sur Jésus et une voix venant du ciel déclare : « Toi, tu es mon fils bien-aimé, en toi je trouve ma joie ». La joie du Père a retenti, l'amour du Père s'est exprimée. C'est l'identité de Jésus révélé Fils de Dieu. Il n'est donc pas seulement le Messie, le Sauveur que le monde attend. Il n'est pas seulement le Roi d'Israël auquel les Mages ont voulu rendre un hommage, il est le Fils de Dieu, et Il l'est pour le monde, pour le salut du monde, pour notre salut.

 Dans la nuit de Bethléem, c'est vrai, il n'y avait que quelques bergers avec Marie et Joseph; la vénération des Mages se déroule dans la même discrétion et dans l'ignorance de tous, sauf d'Hérode et des sages d'Israël. Aujourd'hui, la déclaration concernant l'identité de Jésus, Fils de Dieu, est un acte public, destiné non pas tant à Jésus qu'à ceux et à celles qui sont témoins de son baptême. Cet homme qui est baptisé, qui a pris rang parmi les pécheurs pour recevoir le baptême de conversion, cet homme là, c'est le Fils de Dieu.

 Tout ce qui va suivre, c'est-à-dire l'enseignement de Jésus, les signes qu'Il va accomplir, les miracles qu'Il va opérer, le don qu'Il va faire de sa vie sur la croix, sa résurrection, tout cela ne peut être compris qu'à la lumière de cette identité, de cette vérité : c'est le Fils de Dieu, c'est-à-dire Dieu Lui-même. C'est Dieu Lui-même qui intervient pour le salut des hommes. Ce que nous allons voir et entendre, jour après jour, semaine après semaine, sera le déploiement de cette révélation divine portée sur Jésus. Saint Paul déclare : « Lorsque Dieu, Notre Sauveur, a manifesté sa bonté et son amour pour les hommes, Il nous a sauvés, non pas à cause de la justice de nos propres actes, mais par sa miséricorde ».

 La manifestation de la voix du Père et le sens de sa déclaration nous surprennent, et nous entendons les objections, aujourd'hui encore, et peut-être plus que ... : qu'est-ce que cette voix venue du ciel adressée à Jésus Lui-même ? Je crois que cette façon de s'exprimer du Père, lui tenait particulièrement à cœur puisqu'Il s'exprimera ainsi encore deux fois, à des moments-clés de la vie de Jésus. Acceptons-nous de comprendre que le Père est un Père qui a un cœur d'amour et dont la joie est de nous voir dans cet amour ? Cependant y avait-il quelque chose que Jésus ne savait pas et que la voix du Père lui a révélé comme une consécration ? Ou bien, ce dialogue entre le Père et le Fils, sous l'ombre de l'Esprit-Saint, était-il une révélation destinée aux témoins ?

 Mais il reste une question pour nous qui participons du baptême du Christ par notre propre baptême : qu'est-ce que cela change pour nous puisque nous entendons dire : mais alors si nous devenons enfants de Dieu après le baptême, mais avant le baptême de qui sommes-nous les enfants ?

 Saint Luc, évangéliste de la prière et de l'Esprit-Saint, depuis le début de son évangile, s'est employé à nous faire comprendre que le Fils qui naîtrait de Marie serait conçu de Dieu, qu'Il serait Fils de Dieu, Fils du Très-Haut. Fils de Dieu, Il l'était, de tout temps, depuis les origines, et même depuis toute éternité, Fils de Dieu, Il l'était avant sa naissance. Pouvons-nous comprendre l'utilité et le sens de cet évènement pour nous ?

 Ceux qui se présentent au baptême, qu'ils soient adultes ou enfants, sont enfants de Dieu. Ils ne deviennent pas enfants de Dieu parce qu'ils sont baptisés. Ils sont enfants de Dieu non seulement depuis leur naissance mais même avant leur naissance. Par Marie enceinte, Dieu a visité son prophète Jean-Baptiste dès le ventre de sa mère. Le baptême ne va donc pas créer de toute pièce ce qui n'existerait pas mais il apporte une manifestation publique, comme nous le célébrons dans l'église, c'est-à-dire un signe visible et sacramentel d'une réalité qui jusque là n'apparaissait pas.

 Jésus était Fils de Dieu, mais personne ne le savait. D'ailleurs, dans la suite des évangiles, il arrivera à plusieurs reprises que l'on accuse Jésus de se considérer comme Fils de Dieu, Lui qui n'est qu'un homme. Il apparaît en tout point comme un homme et Il est Fils de Dieu.

 Chacun et chacune d'entre nous, nous apparaissons comme tout le monde, et pourtant nous sommes dépositaires et bénéficiaires d'une identité qui n'est pas de nous, mais qui vient de Dieu. Nous devenons fils de Dieu dans le Fils. Ce que Jésus était par nature et par naissance, nous le devenons par adoption.

 La vie sacramentelle de l'Eglise donne sa dimension universelle et sociale à un événement personnel qui transforme une personnalité, notre personnalité. Nous ne sommes pas seulement devenus fils de Dieu, nous sommes devenus fils de Dieu dans l'Église, membre du corps ecclésial. Le sacrement que nous recevons en entrant dans l'église, en devenant membre du corps ecclésial, manifeste visiblement ce qui est vrai depuis toute éternité.

 Nous entendons dire aussi que le baptême suffit pour être de bons chrétiens et qu'une nouvelle consécration n'est pas nécessaire. A ce sujet, le Pape François précise : « Nous sommes tous consacrés à Jésus par le baptême. Nous sommes tous appelés à nous offrir au Père avec Jésus et comme Jésus, en faisant un don généreux de notre vie, en famille, au travail, au service de l'Église, par les œuvres de miséricorde ». Et Saint Paul affirme : « Par le bain du baptême, Il nous a fait renaître et nous a renouvelés dans l'Esprit-Saint. Cet Esprit, Dieu l'a répandu sur nous en abondance, par Jésus-Christ Notre Sauveur, afin que, rendus justes par sa grâce, nous devenions en espérance héritiers de la vie éternelle ».

 C'est pourquoi, notre participation à la vie sacramentelle n'est pas simplement un itinéraire particulier et personnel, c'est un acte constitutif de l'Église à travers notre baptême, à travers notre confirmation, à travers l'Eucharistie que nous recevons. C'est le corps du Christ qui se constitue et auquel nous sommes publiquement et visiblement associés. Nous ne pouvons pas être chrétiens dans le secret. Nous ne pouvons pas être fils de Dieu dans le secret. Nous ne pouvons pas cacher qui nous sommes. Nous ne pouvons pas renier appartenir au Christ. Nous sommes chrétiens, nous sommes un Christ.

 Alors, Frères et Soeurs, en cette Fête du Baptême du Christ, nous rendons grâce de ce qu'Il nous a associés à sa propre identité de Fils de Dieu, de ce qu'Il nous a entraînés dans la manifestation de cette identité à la foule qui l'entoure et de ce qu'Il nous appelle aujourd'hui à montrer que, nous aussi, insiste Saint Paul, « nous avons été appelés à vivre dans le temps présent de manière raisonnable avec justice et piété » en montrant que la Parole de Dieu, pour nous, par Jésus, a ouvert dans le temps et dans le monde un chemin de vie et de résurrection.

 Que la Vierge Marie, Mère de Dieu qui a reçu en plénitude l'Esprit-Saint, nous accompagne sur le chemin de la sainteté afin de vivre en plénitude notre vocation baptismale. Amen.


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LISTE DES HOMÉLIES


HOMÉLIE DE FRÈRE JEAN-FRANÇOIS

Le 2 Décembre 2018

Premier Dimanche de l’Avent C

HOMÉLIE DE FRÈRE YVES

Le 25 Décembre 2018 (JOUR)

JOUR DE LA NATIVITÉ (de Noël)

HOMÉLIE DE FRÈRE PHILIPPE-MARIE
Le 9 Décembre 2018
2ème Dimanche de l’AVENT C

HOMÉLIE DE Mgr YVES LE SAUX, du Mans

Le 30 Décembre 2018

LA SAINTE FAMILLE Jésus Marie Joseph

HOMÉLIE DE FRÈRE MARIE-JEAN
Le 16 Décembre 2018
3ème Dimanche de l’AVENT C (Gaudete)


HOMÉLIE DU PÈRE PAUL PAGEAUD, sma
Le 23 Décembre 2018
4ème Dimanche de l’AVENT C

HOMÉLIE DE FRÈRE OMER

Le 1er janvier 2019

SAINTE MARIE,  MÈRE DE DIEU, Solennité

HOMÉLIE DE FRÈRE JEAN-FRANÇOIS

Le 24 Décembre 2018 (soir)

NUIT DE LA NATIVITÉ (de Noël)

HOMÉLIE DE FRÈRE PHILIPPE-MARIE
Le Dimanche 6 janvier 2019
ÉPIPHANIE DU SEIGNEUR, Solennité


HOMÉLIE DE FRÈRE JEAN-FRANÇOIS
Le Dimanche 13 janvier 2019
BAPTÊME DU SEIGNEUR, Fête