1er DIMANCHE de CARÊME (A) 22 février 2026
22 février 2026
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Frère Philippe-Marie VAGANAY
Vous pouvez retrouver l’intégralité de la Messe sur Youtube
Texte : INTRODUCTION : PÈRE PHILIPPE-MARIE
Nous souhaitons la bienvenue au groupe « Gaudete » qui anime notre prière, déjà un grand merci. Bienvenue aussi, aux amis du Père Arnaud de GUIBERT qui viennent passer ce week-end au Prieuré, et puis, aux personnes qui viennent aussi pour les danses des lettres d’Israël. Voilà, bienvenue aussi, à vous tous et à vous toutes.
Nous chantions : « Vous tous qui peinez sous le fardeau, approchez-vous du Christ »
Voilà bien le chemin du Carême, le Christ qui vient, précisément, pour nous libérer de nos fardeaux, nous décharger de nos fardeaux afin que, nous puissions courir sur ce chemin de la vie éternelle qu’Il nous donne déjà, par la grâce de Pâques. Si nous marchons, c’est, précisément vers Pâques.
Hé bien, confions-nous à cette miséricorde du cœur du Christ, Lui, qui vient, justement, prendre sur Lui, sur ses épaules, notre fardeau pour que nous en soyons libérés, reconnaissons humblement que nous avons péché.
HOMÉLIE : PÈRE PHILIPPE-MARIE
Nous sommes au début de notre chemin de Carême. Avant de prendre la route il est bon de s’orienter et de faire le point : D’où est-ce que je viens ? Où suis-je ? Où est-ce que je vais ?
∆ – D’où est-ce que je viens ?
C’est notre première lecture qui nous le dit. Nous sortons des mains et surtout du cœur de Dieu, Dieu, qui a tout disposé pour le bonheur de l’homme et de la femme, Dieu, qui a insufflé, en l’être humain, le souffle de vie, c’est-à-dire, le souffle de sa vie divine et bienheureuse, et l’homme trouvait son bonheur à être habité par ce souffle de Dieu.
Parmi tous les arbres aux fruits savoureux il y en avait deux spéciaux, l’arbre de vie planté au beau milieu du jardin, et un autre arbre, l’arbre de la connaissance du bien et du mal. L’arbre de vie, placé bien en évidence, était celui qui permettait de partager pour toujours la vie de Dieu si, on en mangeait le fruit. Par contre, l’arbre de la connaissance, on pourrait dire l’arbre de l’expérience du bien et du mal, cet arbre était dangereux. C’est l’arbre de la limite, on ne peut pas tout faire, on ne peut pas tout expérimenter, au risque de se blesser, de s’abimer. L’être humain ne connaissait que le bien, que le bonheur. Le tentateur va l’amener à désirer goûter un peu le mal pour voir ce que ça fait. L’homme et la femme se sont laissé séduire, tenter et ils ont goûté au mal, ce mal qui nous sépare de la vie, qui nous rend inaccessible, l’arbre de vie, ce mal qui nous conduit à la mort. Donc voilà d’où nous venons.
∆ – Où est-ce que je suis ?
Descendant d’Adam et Eve, je suis maintenant dans cet esclavage du péché et de la mort car, nous dit St Paul dans notre deuxième lecture :
- « Par un seul homme le péché est entré dans le monde et par le péché est venue la mort, et ainsi la mort est passée en tous les hommes »
Le péché d’Adam et Eve a infecté l’humanité entière. Cet état de fait pourrait conduire au découragement et au désespoir. Nous sommes soumis à un fatum, à un destin que nous n’avons pas choisi et que nous ne pouvons pas changer, mais St Paul poursuit :
- « Adam préfigure Celui qui devait venir, c’est-à-dire le Christ »
Mais, il n’en va pas du don gratuit comme de la faute. En effet, si la mort a frappé la multitude par la faute d’un seul, combien plus la grâce de Dieu s’est-elle répandue en abondance sur la multitude, cette grâce qui est donnée en un seul homme, Jésus Christ. Le don de la grâce est bien plus abondant, le don de la vie est bien plus abondant que toutes les conséquences du péché. Voilà qui nous ouvre à une espérance et qui nous permet de répondre à la troisième question :
∆ – Où est-ce que je vais ?
Hé bien, si la grâce de Dieu s’est répandue en abondance sur la multitude, grâce qui nous est donnée en un seul homme Jésus Christ, grâce qui nous permettra de régner dans la vie, mais, c’est vers Jésus Christ que je vais me diriger pour trouver en Lui la vie, et le chemin du Carême c’est cela. Ce n’est pas d’abord un chemin pénible, fastidieux, austère, non, c’est le chemin que je prends pour accourir vers le Christ afin de recevoir de Lui, la grâce de la vie en abondance, et, si je désire vraiment la vie, hé bien, je vais faire en sorte de me débarrasser du péché et de la mort qui collent à ma peau. Plus je m’approcherai du Christ, plus le péché et la mort seront obligés de battre en retraite, comme ce qu’il s’est passé pour Jésus dans le désert. Le Christ, l’Adam qui devait venir a été, Lui aussi, soumis à la tentation, comme le premier Adam. Le tentateur a dû même s’y reprendre à trois reprises, en rendant ses tentations de plus en plus insidieuses. Rien ne séparera Jésus de son Père. Il est descendu du Ciel pour s’abaisser. Le démon cherche à le faire s’exalter :
- « Si Tu es Fils de Dieu »
Et puisque Jésus a voulu s’abaisser et que les tentations n’arrivent pas à avoir prise sur Lui, satan, l’adversaire hé bien, va le prendre au mot, il va L’abaisser plus encore, il va Lui faire mordre la poussière, il va l’écraser sur la croix en Lui resservant cette même tentation sur la croix :
- « Si tu es Fils de Dieu sauve-Toi Toi-même et sauve-nous avec Toi »
C’est Lui, Jésus crucifié, le fruit de l’arbre de vie que l’on cueille sur l’arbre de la croix. C’est Lui, qui nous donne pour toujours accès à la vie divine. Alors, prenons résolument ce chemin du Carême pour Le trouver Lui, et trouver en Lui la vie. Faisons nôtre son combat en refusant toutes compromissions avec le mal, demandons la grâce de la détestation du péché, demandons la grâce d’être libérés de toute connivence avec le péché, alors, nous avancerons avec entrain sur le chemin du Carême, car, peu à peu, en avançant, hé bien, nous entrerons progressivement, dans le rayonnement de Pâques. Amen.