OFFICE DE LA PASSION VENDREDI-SAINT 3 avril 2026
3 avril 2026
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Frère Omer COULIBALY
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HOMÉLIE
Frères et sœurs, lorsque nous ouvrons l’Évangile de Saint Jean, dans le tout début de cet Évangile, il nous raconte le premier miracle que Jésus accomplit. Au cours de ce miracle, la Maman de Jésus lui demande d’accomplir le miracle, et Jésus répond : « Mon heure n’est pas encore arrivée. »
Cette heure, elle arrive en ce moment précis de la vie de Notre Seigneur. Cette heure, elle est là pour signifier, comme Saint Jean nous le rappelle : l’éternel entre dans le temps, l’infini entre dans l’espace. A la fois, pour permettre que toute la création soit restaurée, soit remise entre les mains du Père. Et à la fois, pour que l’identité réelle et profonde de Notre Seigneur soit révélée, à travers les deux chefs d’accusation qu’on porte contre lui : « Il s’est fait appeler Fils de Dieu. », « Celui-là se fait appeler Roi des Juifs. » La divinité et la royauté de Notre Seigneur sont ses motifs de condamnation. Et l’imagination humaine se met en route avec les stratagèmes à la fois de mensonge et de violence.
Les ténèbres s’emparent de cette heure ou tentent de s’emparer de cette heure qui est l’heure du Seigneur, où la mort semble être vainqueur sur la vie, où le mensonge tente de prendre le pas sur la vérité, où le Roi des Rois, le Seigneur des Seigneurs est réduit à l’esclavage, au rang des bandits, où la divinité est devenue un objet de moquerie, de raillerie et va subir la mort.
Si nous nous arrêtons à ce passage, à la fois douloureux pour le Seigneur et où toute la vie de l’humanité se joue, nous pouvons être plongés dans un désespoir, une désespérance. Lui, l’auteur de la vie, ne fait pas semblant de mourir mais il assume ce qui, en nous, doit être sauvé. Il assume les réalités qui, en nous, ont perdu de leur valeur, pour leur redonner la valeur qui leur est propre, celle de créatures bien-aimées du Père.
Tout ce procès que nous venons d’entendre, nous sommes à la fois dans ce combat du bien contre le mal, mais aussi, nous sommes dans cette dynamique où notre vie est révélée comme ayant du prix, un prix inestimable dans le cœur de Dieu.
Jésus nous montre le chemin, à la fois chemin d’abaissement et chemin d’obéissance, pour que l’amour soit vainqueur du mal. L’amour est suspendu au bois de la Croix. L’amour souffre d’atroces souffrances, pour que, nous, pécheurs qui nous sommes éloignés de cet amour, puissions le retrouver dans toute sa grandeur, sa splendeur à Pâques.
Nous pouvons nous poser ces questions que Jésus posait à ceux qui l’interrogeaient : « Dis-tu ça de toi-même ou quelqu’un d’autre te l’a dit ? »
A chaque fois que le Seigneur nous pose une question, il nous ramène à des réalités beaucoup plus profondes en nous, sur qui nous sommes. D’ailleurs, à la réponse-question que Jésus pose à Pilate, l’Écriture nous dit : « Dès ce moment, il a cherché à innocenter Jésus. » Puisqu’il s’est découvert tel qu’il est en face de la vie et de la vérité.
Nous ne pouvons que nous souhaiter qu’en face de la Croix du Christ dressée sur le monde, dressée devant nos yeux, nous puissions retrouver notre véritable identité.
AMEN.