4e DIMANCHE de PÂQUES (A) 26 avril 2026
26 avril 2026
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Frère Philippe-Marie VAGANAY
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Nous souhaitons à nouveau, la bienvenue, aux confirmands du Bocage de l’Ornais, je crois, du sud de l’Orne, Flers, la Ferté Macé, et puis leur pasteur, le Père Stéphane.
C’est aujourd’hui le dimanche dit, du Bon Pasteur, là où Jésus se présente comme le berger, le pasteur des brebis, et en ce dimanche, et en cette semaine, l’Église est tout particulièrement invitée à prier, pour les vocations sacerdotales, pour qu’il y ait des prêtres à la suite de Jésus-Prêtre, qui puissent conduire les âmes vers le Père. Il y en a tellement besoin, prenons cette intention dans notre prière.
Frères et sœurs bien-aimés, demandons au Seigneur de bénir cette eau, qu’il a créée. Nous allons en être aspergés en mémoire de notre Baptême. Que Dieu nous vienne en aide, afin que nous demeurions fidèles à l’Esprit que nous avons reçu.
HOMÉLIE
Dans la lumière de Pâques et de la Pentecôte, Saint Pierre revient sur les évènements qui se sont passés, cinquante jours auparavant, lors de la fête de la Pâque. Jésus avait été mis à mort par les autorités juives. Aussi, Pierre déclare-t-il avec force :
- « Dieu l’a fait Seigneur et Christ ce Jésus que vous avez crucifié. »
Affirmation pleine d’audace : « Dieu l’a fait Seigneur ce Jésus que vous avez crucifié ». Cet homme que vous avez humilié, que vous avez condamné injustement, qui n’avait plus figure humaine, dont on détournait son visage, cet homme, Dieu l’a fait Seigneur. En grec, Dieu l’a fait kurios, et ce mot c’est la traduction grecque de Yahvé, Adonaï, le nom propre de Dieu. Autrement dit, cet homme humilié, Dieu Lui a donné sa propre gloire. Dieu vous montre maintenant son identité profonde, qu’Il avait cachée sous le voile de son humanité, cet homme humilié, c’est votre Dieu. Affirmation inouïe pour un Juif. Et puis, Dieu l’a fait Christ, le titre Christ désigne, dans la Bible, le Roi-Messie, le personnage le plus illustre que Dieu puisse envoyer dans l’histoire du Salut, autrement dit, Jésus est le véritable Messie d’Israël. A la Pentecôte, les gens avaient entendu, comme un coup de tonnerre, c’est un autre coup de tonnerre que fait entendre Saint Pierre, par ses affirmations d’une telle force.
Dans notre deuxième lecture, le même Saint Pierre, s’adresse cette fois-ci, aux chrétiens en but à la souffrance et à la persécution. Certes, trois mille personnes se sont fait baptiser en ce jour de la première prédication de Saint Pierre, mais les autres se sont opposés à cette annonce de l’Évangile. A ces chrétiens dans l’épreuve, Saint Pierre désigne, le Christ souffrant, comme modèle de vie pour tous ceux qui endurent des souffrances et des épreuves.
Dans sa Passion et sur la croix, le Christ, alors qu’Il était l’innocent, a souffert. Dans sa grande épreuve, il a fait exactement l’inverse d’Adam. Adam avait abandonné le Père pour un bien fallacieux et funeste. Jésus, Lui, n’abandonne pas le Père, mais il s’abandonne au Père, au cœur même de l’injustice et de la souffrance qu’Il subit. Cet abandon de Jésus est allé jusqu’à Lui faire faire l’expérience de la mort, dans le silence total et l’inaction du Père qui n’a rien fait pour Lui. Ce n’est que dans la mort du Christ, que le Père agira, en Le ressuscitant et en Lui faisant partager sa propre gloire.
Traversant la mort, Jésus nous ouvre alors le chemin vers le Père, le chemin du Royaume, ce qui fait dire à Saint Pierre que, Jésus est le berger, le gardien de nos âmes. C’est donc à Lui, Jésus, que nous devons aller quand, nous sommes blessés, quand notre cœur, quand notre âme est blessée, c’est en Lui que nous trouvons notre sécurité.
Dans notre Évangile, Jésus se désigne Lui-même comme le Berger. Il compare la vie chrétienne à une bergerie, à un enclos, mais cet enclos, ce n’est pas un lieu de repos idyllique. Il y est question de porte, de portier, de murs, mais aussi de voleurs et de bandits. N’oublions pas, que ce discours de Jésus, fait suite à l’affrontement dramatique, où un aveugle de naissance a été expulsé de la synagogue par les Pharisiens, car Jésus l’avait guéri un jour de Sabbat. Il faut s’imaginer ces collines de Palestine où les bergers poussaient leurs troupeaux. La nuit ils parquaient leurs troupeaux dans des enclos, faits de murets en pierres sèches, pour que les brebis y soient en sécurité, mais un voleur pouvait toujours survenir et passer pardessus le muret.
L’enclos dont parle Jésus, est gardé par un portier. Ce portier qui est-ce ? sinon, le Père, Celui qui a envoyé Jésus, Celui qui a tout remis en sa main, Celui qui Lui a donné ses brebis. Déjà l’Ancien Testament disait :
- « Non, Il ne dort pas, ne sommeille pas le gardien d’Israël. »
Et puis, cet enclos a une porte. Qui passe par cette porte ? C’est le Berger, et ce sont les brebis. Et Jésus nous dit :
- « Moi, Je suis la porte. Si quelqu’un entre en passant par Moi, il sera sauvé. »
Autrement dit, pour obtenir le Salut, pour obtenir la vie divine, il faut passer par Jésus. C’est Jésus qui nous permet d’entrer dans la vie divine. Et Jésus se désigne encore comme le berger à qui le portier ouvre l’enclos. En effet, c’est Jésus qui est entré le premier au Ciel, Lui à qui, le Père a ouvert la porte pour qu’Il y fasse entrer, toutes ses brebis, et qu’elles y soient en sécurité. Jésus nous dit encore que les brebis écoutent la voix du Berger, qu’elles Le suivent, car elles connaissent sa voix, et que jamais elles ne suivront un étranger. Ces brebis, instinctivement, se savent personnellement aimées par le Berger. Alors, elles Le suivent, elles L’écoutent. Le croyant véritable, c’est celui qui écoute la voix de Jésus et qui suit Jésus. Le verbe « écouter » est répété 58 fois dans cet Évangile de Saint Jean. C’est dire l’importance de cette écoute !
Alors, est-ce que j’écoute vraiment Jésus ? Est-ce que je connais sa voix ? Est-ce que je Le suis, ou est-ce que je me laisse plutôt entraîner par un étranger ? Nous prions aujourd’hui, pour les vocations sacerdotales, pour que de jeunes hommes se lèvent et prennent le relais de Jésus, pour conduire les brebis du Seigneur vers la bergerie, et nous savons que nous avons un besoin urgent de vocations sacerdotales, mais des vocations ne tomberont pas du Ciel, comme par enchantement. Il y a des conditions pour que naissent des vocations, et une des conditions, nous est donnée ici par Jésus : « écouter sa voix ». Est-ce que nos familles sont des lieux où l’on apprend à écouter la voix de Jésus. Est-ce que sa voix se fait entendre à la maison ? Est-ce que l’on apprend aux enfants à reconnaître cette voix de Jésus, à faire de l’Évangile la nourriture de la famille et la condition sine qua non pour l’éclosion de vocations ?
Jésus est le Seigneur, il est Celui qui a souffert et qui est capable de soutenir tous ceux qui connaissent la souffrance. Il est le Pasteur et le Berger de nos âmes. Aimons à écouter sa voix, aimons à Le suivre, à vivre dans sa compagnie, laissons-nous conduire par Lui, vers le Père. Ouvrons les oreilles de nos cœurs à son appel, et demandons au Père des vocations sacerdotales pour que la présence du Bon Pasteur, se fasse voir et sentir, dans nos communautés chrétiennes, et que les prêtres soient ainsi des signes d’espérance dans notre monde.
AMEN.