2e DIMANCHE du Temps Ordinaire (A) 18 janvier 2026
18 janvier 2026
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Frère Philippe-Marie VAGANAY
Vous pouvez retrouver l’intégralité de la Messe sur Youtube
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Nous avons bien des intentions de prières à porter, et on continue à les confier à Notre Dame de Pontmain. D’abord les jeunes hommes du Cycle Jean-Paul II qui viennent pour ce week-end réfléchir à leur vocation, aidés par les prêtres qui les accompagnent. C’est aujourd’hui, que commence la semaine de prières pour l’unité des chrétiens, voilà une intention forte à porter, « afin que le monde croie », dit Jésus.
Aujourd’hui, aussi, a lieu la marche pour la vie, et nous savons qu’il y a un projet de loi sur la fin de vie, voilà, en cette fin de mois, tellement importante, alors le respect de la vie, de la création, et puis, ces agriculteurs qui sont euthanasiés petit à petit. Mais d’où vient tout ce mal, sinon que l’homme a refusé Dieu ? L’homme a refusé de plier les genoux devant Dieu. Lorsque nous plions les genoux devant Dieu, Dieu élève l’homme, Dieu nous humanise. Au contraire, lorsque nous refusons Dieu, hé bien, l’homme met son prochain à genoux, et c’est ce que nous voyons en ce moment, sous nos yeux. Hé bien, pour tout cela, demandons le pardon du Seigneur.
HOMÉLIE
J’ai parlé tout à l’heure des prêtres qui accompagnaient les jeunes hommes et j’ai oublié de parler des diacres, les diacres sont toujours les grands oubliés.
Après avoir vécu le temps de l’Avent et le temps de Noël voici que nous entrons dans le temps ordinaire, un temps qui, finalement, n’a rien d’ordinaire, car c’est le temps de tout le déploiement du mystère du Christ, ce mystère, justement, que nous avons commencé à célébrer à Noël. Il faut bien tout ce temps là pour, prendre conscience et découvrir, peu à peu, le mystère du Christ, et à travers le mystère du Christ, prendre le temps de découvrir notre propre mystère et celui de la sublimité de notre vocation, comme le dit le Concile.
Nous sommes des chrétiens. Par le Baptême nous avons été plongés dans le Christ, greffés sur Lui, mais, le connaissons-nous vraiment ? Nous courons le risque et, peut-être, la tentation d’en rester à une connaissance anecdotique du Christ, aidés parfois, par telle révélation privée.
Saint Jean, avec son regard d’aigle nous invite à descendre dans la profondeur du mystère de Jésus, afin que, nous vivions de ce mystère, et que nous nous laissions transformer, changer par Lui, en Lui. Saint Jean a rédigé le prologue de son Évangile comme, une sorte de copié-collé du commencement de la Bible. La Bible au Livre de la Genèse commence ainsi :
- « Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre. »
Et Saint Jean, commence son Évangile par ces mots :
- « Au commencement était le Verbe. »
Dès le début de son Évangile, Jean, montre, que dans le mystère du Verbe qui se fait chair se joue, une nouvelle création :
- « Et le Verbe s’est fait chair et Il a habité parmi nous. »
Avec l’incarnation du Christ, s’est une nouvelle création, c’est un nouveau commencement qui advient pour, l’humanité et pour la création toute entière. De même, qu’au Livre de la Genèse, l’œuvre de la création se réalise au long d’une semaine, Dieu se reposant, de toute l’œuvre qu’Il avait faite, le septième jour, de même, Saint Jean, qui pense à cette nouvelle œuvre de création, fait commencer le ministère de Jésus par, une semaine inaugurale au long de laquelle, bien des titres de Jésus se trouvent concentrés.
L’Évangile que nous venons d’entendre se situe, au deuxième jour de cette semaine inaugurale. Jean-Baptiste désigne Jésus qu’il voit venir à lui :
- « Voici l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde. »
Voici. « Voici » n’est pas un petit mot banal, simplement indicatif. « Voici », « hine » en hébreu, est une expression biblique qui indique, une révélation qui s’impose. Par exemple, « voici la Vierge concevra », dans le Livre d’Isaïe. « Voici l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde. » L’Agneau, le péché, deux mots qui n’entrent guère dans nos catégories mentales d’aujourd’hui mais, qui sont des mots puissants dans la culture sémitique. Pour les auditeurs de Jésus, l’allusion à l’agneau, mise en relation avec le péché, est claire. Au temple de Jérusalem, chaque jour, on immole un agneau pour la purification des péchés du peuple. C’est aussi, l’agneau de la Pâque, l’agneau de la nuit de la grande libération dont, on avait marqué les portes des maisons du sang protecteur. L’agneau qui enlève le péché du monde, ce singulier est significatif, ce n’est pas une petite affaire.
Jean-Baptiste, désigne Jésus comme celui qui va porter sur Lui, la totalité du mal du monde, dans un grand combat sanglant où, il versera tout son sang de victime. Jean-Baptiste, désigne donc Jésus comme étant notre sauveur, Celui, qui à la fois porte et enlève le péché du monde. Le terme grec employé par Saint Jean peut dire à la fois porter, prendre sur soi, se charger de, et aussi emporter, enlever, faire disparaître. Jésus, à la fois, porte le péché du monde et Il l’enlève.
C’est, devant cet Agneau de Dieu, que nous sommes mis en présence à chaque Eucharistie. Le salut qu’Il nous apporte est universel, il s’étend à tous les lieux et à tous les temps, réalisant ainsi la prophétie d’Isaïe que nous avons entendue dans la première lecture :
- « Je fais de Toi la lumière des nations pour que mon salut parvienne jusqu’aux extrémités de la terre. »
Si, Jésus peut nous sauver radicalement c’est qu’Il est plus qu’un homme. Voilà, pourquoi, Jean-Baptiste déclare :
- « L’Homme qui vient derrière moi est passé devant moi car avant moi Il était. »
Eternellement né du Père, Jésus, reprend l’acte créateur pour le mener à son achèvement. L’univers pourri par le péché, meurtri par la violence, empoisonné par le non-amour, va être recréé de fond en comble. C’est la première semaine, de ce renouveau, que nous décrit Saint Jean.
Saint Augustin nous dit que :
- « Si la première création s’est faite sans nous, la nouvelle création ne se fera pas sans nous. »
Autrement dit, notre liberté est sollicitée : « Veux-tu, veux-tu être sauvé ? Acceptes-tu de te laisser faire pour que, comme le potier, je puisse reformer, imprimer ma ressemblance en toi ? ». Comment pouvons-nous remettre notre existence entre les mains du Christ ? ». En nous remettant à écouter chaque jour sa Parole.
Dimanche prochain ce sera le dimanche de la Parole, pour dire l’importance de la Parole de Dieu dans cette œuvre de création. Si, nous entendons simplement la Parole en la laissant passer, rien ne se fera. Si, nous la laissons pénétrer dans notre cœur, alors, le Seigneur fera son œuvre en nous, en nous laissant guérir par le sacrement de Réconciliation, en laissant la vie divine du Christ nous envahir et nous irradier, en nous nourrissant de son Eucharistie et en prenant du temps auprès du Tabernacle.
Jean-Baptiste déclarait à la fin de notre Évangile :
- « Moi j’ai vu et je rends témoignage, c’est Lui le Fils de Dieu. »
Puisse les gens dire de nous, dans la mesure où, nous nous serons laissés recréer, reformer par le Christ : « Oui j’ai vu et je rends témoignage, ce sont des fils de Dieu ».
AMEN.