3e DIMANCHE du Temps Ordinaire (A) 25 janvier 2026
25 janvier 2026
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Frère Jean François CROIZÉ
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Chers frères et sœurs, notre assemblée est bien étoffée, le volume de notre chant doit correspondre à notre assemblée, et nous avons la joie d’avoir, parmi nous, un week-end des familles. Le week-end des famille, ils sont là pour partager ensemble cette Parole de Dieu, bien sûr, à travers le témoignage de Carlo Acutis, et peut-être, je ne sais pas si vous le voyez, mais au pied de l’autel il y a deux représentations de Carlo Acutis, l’une, avec plein de petits cœurs qui représentent le nom de chaque enfant, et au centre Carlo Acutis qui les offre au Seigneur à travers l’Eucharistie, et l’autre, sous forme de vitrail, c’est Carlo Acutis avec l’Eucharistie.
Nous avons aussi la joie, d’avoir parmi nous des guides qui courageusement ont passé la nuit sous tente. Elles sont bien éveillées et ont vécu ce matin deux promesses.
Nous sommes dans le dimanche de la Parole, la Parole de Dieu. C’est cette Parole qui nous rassemble et, qui nous donne d’entrer dans ce mystère du Christ et nous achemine à la Communion, à l’Eucharistie, à son Corps et à son Sang.
HOMÉLIE
Chers frères et sœurs, nous sommes le dimanche de la Parole, bien entendu pas n’importe quelle parole, pas celle des médias, celle de la sagesse humaine, non, de la Parole de Dieu. Comment nous situons-nous par rapport à cette Parole de Dieu, la Parole de Jésus ? Or nous savons que nous avons cinq sens, cinq sens naturels, l’ouïe pour entendre, la vue pour voir, l’odorat, le toucher et le goût. Ce sont cinq sens d’accueil, cinq portes d’entrée pour appréhender le réel, nourrir une pensée dont la parole humaine ne sera que la résultante et Dieu sait si, nos paroles sont très abondantes. Or, nous ne disons pas que la parole est un sixième sens. Il n’y a qu’un qui soit Parole avec un grand « P » c’est le Christ, le Verbe fait chair, la Parole éternelle du Père, Lumière né de la Lumière, venu en ce monde pour éclairer tout homme.
- « Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière. Sur ceux qui habitaient le pays de l’ombre la lumière a resplendi », nous dit Isaïe.
Un philosophe, Michel Serre, affirme qu’avant la venue du Christ nous étions dans la civilisation de la nuit, car les peuples étaient dans l’angoisse de l’après-mort. Nous avons un exemple criant c’est en Égypte, les pyramides. Qu’est-ce qu’une pyramide ? C’est un superbe monument qui abrite une crypte, les restes de pharaons car, pensaient-ils, tant qu’il restait quelque chose, de leur corps ou, de leur effigie, ils continuaient d’exister dans le temps. Et, avec la venue du Christ dit-il, Michel Serre, nous sommes dans la civilisation du jour, car le Christ est le soleil levant, la résurrection et la vie. Nous savons ce vers quoi nous marchons et ce à quoi nous irons, à la rencontre de Dieu.
Or, cette présence de Dieu s’est manifestée de deux façons, d’une part, au peuple élu par les dix commandements, ces dix paroles gravées sur des tables de pierre, conservées dans l’Arche de l’Alliance, c’est l’Alliance de Dieu avec un peuple, et d’autre part, la nuée lumineuse. Ce peuple, lors de la traversée du désert était précédé d’une nuée lumineuse, Parole et Lumière, symboles de la présence de Dieu au milieu de son peuple.
Ainsi le psalmiste chante :
- « Le Seigneur est ma lumière et mon salut, de qui aurais-je crainte ? Le Seigneur est le rempart de ma vie, devant qui tremblerais-je ? »
Et cette lumière nous est révélée dans la Parole, dans l’Évangile :
- « Le peuple qui habitait dans les ténèbres a vu une grande Lumière. Sur ceux qui habitaient dans le pays de l’ombre de la mort une Lumière s’est levée. »
Cette Lumière née de la Lumière, vrai Dieu né du vrai Dieu, c’est Jésus qui proclame :
- « Convertissez-vous car le Royaume des Cieux est tout proche. »
Et la Parole de Jésus, qui est la Lumière et qui chasse les ténèbres est un appel à sortir des ténèbres par la conversion, car le Royaume des Cieux c’est-à-dire Jésus Lui-même se fait jour. « Convertissez-vous », ajoute Jésus. Convertissez-vous au sens propre du mot, metanoïa, c’est un changement dans la manière de penser, un changement d’esprit, la transformation du cœur, de l’âme. La conversion est le renouvellement de l’homme intérieur.
Julien Green, je ne sais pas si vous connaissez ce personnage, c’est un grand écrivain académicien, il est décédé mais c’est un romancier, il a écrit dans ses mémoires sa conversion. Il dit :
- « Toute la première partie de ma vie je me suis détourné de Dieu, la Lumière. En me détournant j’ai marché et, l’ombre que le soleil projetait sur mon dos s’est étendue devant moi, et j’ai continué à marcher, et à un moment donné je me suis trouvé dans la nuit. C’est alors, que la Parole de Dieu a frappé mon cœur et je me suis retourné comme une conversion vers la lumière et l’ombre était loin derrière moi, et j’ai marché vers la Lumière, vers le Christ. Au moment où je me suis trouvé dans cette Lumière du Christ l’ombre était sous mes pieds. »
La première conversion consiste à ouvrir son cœur, à croire. Dans la mesure où la foi est liée à la conversion, elle est l’opposé de l’idolâtrie. Croire, signifie donc, s’en remettre à un amour miséricordieux qui accueille toujours et pardonne, soutien et oriente l’existence. La foi consiste dans la disponibilité à se laisser transformer, toujours de nouveau, par l’appel de la Parole de Dieu, et lorsque la Lumière du Christ, la Parole de Dieu est délaissée, se font jour les divisions qui déchirent l’Église comme à Corinthe, Saint Paul les dénonce, querelles de personnes, ce qui réduit à rien la croix du Christ. Et la Parole de Dieu a vraiment nourri la foi de générations entières, elle en a fait des saints, et le Concile Vatican II dans la constitution « Dei Verbum » dit ceci :
- « Il est nécessaire que tous conservent un contact continuel avec la Sainte Écriture à travers une méditation attentive et qu’ils se rappellent que la lecture doit être accompagnée par l’oraison, ce cœur à cœur avec Dieu. L’Esprit-Saint a voulu que cette forme d’écoute et de prière sur la Bible ne soit pas perdue à travers les siècles. »
Est-ce bien sérieux d’aller au Seigneur, dans la prière seulement quand, il y a un trou dans les engagements, comme si le Seigneur était un bouche-trou ? Nous connaissons ce refrain : « Je n’ai pas le temps, j’ai beaucoup de choses à faire », et pourtant, le temps de la journée devrait être à notre service, alors que nous sommes menés par le temps. Que les paroles et les images virtuelles n’étouffent pas la parole. Si les paroles et les images quotidiennes sont si abondantes, quel prima peut avoir concrètement la Parole de Dieu sur elles. Les médias, par leur ampleur, leur omniprésence peuvent étouffer la voix divine et, ne pas permettre que la Parole de Dieu croisse et donne son fruit.
Le dimanche de la Parole de Dieu, qui commence avec cette annonce du Christ, nous demande de ne pas être un dilettante ou un esclave du temps en face de ce qui devrait être un vrai chemin de conversion et de communion.
Chaque jour, dans sa Parole, le Seigneur nous crie : « Oh si vous écoutiez ma voix ! N’endurcissez pas votre cœur ». Le cœur dur rend hermétique à la Parole de Dieu. Demandons au Seigneur pour toute personne dont le cœur est le symbole, un cœur large, un cœur qui écoute, comme Salomon l’a demandé dans sa prière. Et donc, la Parole de Jésus est un appel, une communion et une mission.
Ce n’est pas l’homme qui s’autoproclame disciple mais, la Parole de Jésus qui convertit et appelle à devenir son disciple, et le disciple n’est pas d’abord appelé à apprendre une doctrine, mais à vivre avec une présence, une communion, « comunus », ensemble, et cette communion, cette adhésion conduit à un choix de vie tels, les exemples qui nous sont donnés dans l’Évangile, Jacques et Jean, Pierre et André qui quittent leurs filets, leurs barques et leurs pères.
Le métier garantit sécurité et estime sociale, et le père représente ses propres racines. Les deux verbes, quitter et suivre, indiquent un déplacement du centre de la vie de la personne appelée. L’appel de Jésus, ne vise pas un aménagement social, ne place pas dans un état, mais, met en marche pour une mission, et les deux caractéristiques du disciple, communion avec le Christ, « venez à moi », et envoyé « Je vous ferai pêcheurs d’hommes », la seconde mission naît de la première.
C’est le Saint-Esprit qui enseigne toutes choses par la Parole de Dieu, ainsi la Parole, est aussi, merveille. Marie en accueillant la Parole en Elle, en la méditant, Elle chante :
- « Le Seigneur a fait pour moi des merveilles, saint est son Nom »
Son cœur est le lieu liturgique, toute sa personne est temple de la Parole.
A l’écoute de l’Esprit-Saint, selon la volonté du Seigneur, soyons des disciples fidèles à la Parole de Dieu. C’est ce que nous nous souhaitons.
AMEN.