5e DIMANCHE du Temps Ordinaire (A) 8 février 2026

8 février 2026

  • Frère Marie-Jean BONNET Frère Marie-Jean BONNET

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Nous sommes heureux d’accueillir parmi nous les familles en session « Marie-Espérance » qui sont là, depuis hier, et nous sommes rassemblés par l’Esprit parce qu’Il nous appelle à vivre, aujourd’hui, de la vie de Dieu. C’est pour cela, que le Seigneur nous a convoqués, nous rassemble, pour nous donner sa vie en abondance, par sa Parole qui est lumière, et par son corps vivant, qui est le sel, qui va donner du sel à notre vie.

Préparons-nous à entrer, à accueillir les dons de Dieu, sa Lumière et son sel, son corps vivant qui nous vivifie, préparons-nous en reconnaissant combien nous avons besoin nous, qui sommes pécheurs, malades. C’est aujourd’hui le dimanche de la santé, voulue par la « Pastorale de la Santé » dans l’Église de France, en lien avec la fête de Notre Dame de Lourdes si proche. Oui, reconnaissons que nous sommes malades, que nous avons besoin d’être guéris par Dieu.

 

HOMÉLIE

Très chers auditeurs, vous êtes le sel, vous êtes la lumière. Jésus n’a pas dit à ses disciples vous êtes des lumières, et de fait quelques temps après, durant la Passion, ses plus proches disciples, les apôtres ne se montreront pas très brillants, et ceux qui dans notre histoire, dans notre histoire de France, en particulier, se prendront pour des lumières, et je pense, évidemment, spécialement aux philosophes du XVIIIème siècle, on voit bien, aujourd’hui, à quelles ténèbres sociales, sociétales ils nous ont conduits ces prétendues lumières.

Saint Paul, lui qui est plein de sagesse, le grand Saint Paul, la vraie grandeur vient de Dieu, le grand Saint Paul, lui, est plein d’humilité, et la vraie grandeur, les vrais grands de ce monde sont toujours très humbles. Saint Paul, lui, est plein d’humilité, il confesse que lorsqu’il est arrivé chez les Thessaloniciens ou les Corinthiens, je ne sais plus pardonnez-moi, il est arrivé tout craintif, tout tremblant, plein de faiblesse. Certains disaient qu’il était nul, nul en paroles, en tous cas ses écrits à lui nous sont parvenus, ils nous font vivre aujourd’hui, nous donnent la vie. Voilà la vraie grandeur, la vraie sagesse, la vraie lumière.

Vous êtes la lumière, parole qui s’éclaire bien sûr par celle qui a précédé l’Évangile :

  • « Je suis la Lumière du monde, celui qui me suit aura la lumière de la vie. »

Parole de Jésus qui confirme, ce qu’avait annoncé le vieillard Siméon en recevant le petit enfant dans ses bras. Il s’était exclamé :

  • « Mes yeux ont vu le salut, Lumière pour éclairer les nations. »

La Lumière absolue, sans la moindre ombre, il n’y en a qu’une bien sûr, c’est Dieu.

  • « Dieu est Lumière, nous a dit Saint Jean, en Lui point de ténèbres. »

Mais ce Dieu de Lumière s’est fait l’un de nous, nous l’avons fêté à Noël, il s’est fait l’un de nous en Jésus, justement, pour dissiper les ténèbres de l’erreur et du péché qui ont enveloppé notre humanité comme depuis ses origines, quand elle s’est détournée de Dieu. Le Verbe était la vraie Lumière qui éclaire tout homme en venant dans le monde, d’où la Parole de Jésus :

  • « Celui qui me suit aura la Lumière de la vie. »

Celui qui me suit, c’est-à-dire celui qui m’écoute, celui qui met en pratique ma Parole. C’est, fondamentalement, par la grâce du Baptême que nous avons reçu cette Lumière du Christ, nous le savons bien, et c’est ce que le célébrant a déclaré à nos parents, ou, si nous avons été baptisés adultes, à nous-mêmes :

  • « Recevez la Lumière du Christ, c’est à vous, parents, parrains et marraines que cette Lumière est confiée. Veillez à l’entretenir pour que vos enfants, illuminés par le Christ avancent dans la vie en enfant de Lumière, et persévère dans la foi. »
  • « Oui, vous êtes la Lumière du monde », dit Jésus.

C’est donc déjà une réalité, une grâce déjà reçue, mais Jésus ajoute :

  • « Que votre Lumière brille devant les hommes. »

Cette grâce, est donc aussi une tâche, une mission, une responsabilité. Cela me fait penser à ce chant que nous prenons qui est une parole de Saint Augustin, comme vous le savez sans doute :

  • « Devenez ce que vous recevez. »

Nous le sommes déjà, le corps du Christ, mais devenez-le davantage, c’est ça la vie chrétienne, nous sommes habités par ce grand mystère, cette présence de Dieu, par la sainteté de Dieu, mais, elle doit se développer. Devenez ce que vous recevez et que votre lumière brille toujours davantage. Que cette lumière soit entretenue et manifeste pour éclairer autour de nous, le Seigneur compte sur nous.

Paul Claudel, parait-il, reprochait aux chrétiens de « mettre le soleil dans leur poche ». C’est curieux cette expression, mais justement, ça rejoint pleinement cet Évangile, la Lumière du Christ, c’est le soleil pour le monde. Autrement dit, il leur reprochait d’être trop timorés dans le témoignage de leur foi. Il nous arrive au contraire de dire d’une personne qu’elle est lumineuse, que c’est un rayon de soleil. Je pense à une petite jeune fille que mes frères connaissent bien, parce qu’elle venait régulièrement au Prieuré, une petite Jacinthe de 24 ans, décédée à la mi-novembre, qui était un rayon de soleil, et pourtant, elle était polyhandicapée, mais, toujours pleine de sourires et de joie. Elle rayonnait Jésus qu’elle portait.

Cette Lumière du Christ qui est en nous, elle brille devant les hommes par le bien que nous faisons dit Jésus. Et si nous étions en panne d’idées du bien que le Seigneur attend de nous, le prophète Isaïe et le psaume nous donnent des pistes, nous rappelle ce bien qui peut rayonner.

  • « Partage ton pain », dit le prophète Isaïe.

Ce qui peut se traduire aussi, par partage ta table, partage ton temps, partage ton savoir-faire, ton expérience, tes souvenirs, tes joies, tes peines avec ceux qui sont isolés, oubliés, malades. C’est aujourd’hui, comme l’a voulu la conférence des Evêques de France, le dimanche de la santé. Rappelons-nous cette Parole du Seigneur :

  • « J’étais malade et vous m’avez visité. »

Et Isaïe ajoute :

  • « Si tu fais disparaître de chez toi le geste accusateur, la parole malfaisante, ta lumière se lèvera dans les ténèbres. »

Alors, dans ce domaine, en tous cas, nous avons sans doute aussi pas mal de pain sur la planche pour convertir nos paroles et nos gestes, et c’est là, où, l’image du sel rejoint celle de la Lumière. Qu’est-ce qui donne du sel à la vie ? sinon l’amour, là où il n’y a plus d’amour, la vie est ennuyeuse et lourde. Qu’est-ce qui rend une vie lumineuse et contagieuse sinon encore l’amour ? L’amour c’est le sel de la vie, c’est la lumière de la vie. C’est ça qui rayonne. Et c’est pourquoi nous avons tant besoin de venir puiser cet amour, le soigner et le fortifier dans l’Eucharistie, sacrement de l’Amour du Christ, c’est ce qu’avait si bien compris le saint Carlo Acutis que les familles, en session ici, ont redécouvert, sans doute, davantage au cours de ce week-end.

Et je termine par une de ses paroles lumineuses justement :

  • « Dieu-Jésus est Amour et plus on se nourrit de Lui, plus on augmente notre capacité à aimer ».

AMEN.