BAPTÊME DU SEIGNEUR (A) 11 janvier 2026

11 janvier 2026

  • Frère Marie-Jean BONNET Frère Marie-Jean BONNET

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Soyez les bienvenus, vous les jeunes, de la paroisse de Betton, à côté de Rennes. Et, bienvenue au Père Mathieu, qui les accompagne. Il vient de me partager à la sacristie, qu’il a été ordonné, il y a à peine un an, le 2 février, qui est une date qui nous est chère, ici, dans notre famille spirituelle; puisque c’est notre fête patronale, qui est, aussi, la fête de la vie consacrée. Alors, bon anniversaire, Père, nous prions pour votre ministère. Nous prions pour vous, les jeunes, au cœur de cette célébration ; certains d’entre vous, je viens de l’apprendre, se préparent au baptême. Voilà, courage, parfois cela peut vous sembler un peu long, mais, c’est une telle grâce qui vous attend. Nous allons en parler tout à l’heure, justement.

Certains se préparent à la confirmation aussi, et puis, de toute façon, nous tous, nous sommes en chemin, en chemin vers le Seigneur, pour plus d’amour, pour réaliser ce que le Seigneur rêve pour chacun d’entre nous, depuis toujours. Quelque chose de beau : la Sainteté.

Ce n’est rien que de la beauté, rien que de l’amour, et, on est fait pour ça. Alors, soyez les bienvenus aussi, vous, tous les fidèles, bien sûr, et vous, qui venez vivre un week-end spirituel, pour mieux découvrir notre famille.

Et bien, le Seigneur nous attend, nous attendait, nous rassemble, pour nous vivifier, en renouvelant la grâce du baptême que nous avons reçue.

Frères et sœurs bien aimés, demandons au Seigneur de bénir cette eau qu’il a créée, nous allons en être aspergés en mémoire de notre baptême. Que Dieu nous vienne en aide, afin que nous demeurions fidèles à l’Esprit que nous avons reçu.

 

HOMÉLIE

Il y a 15 jours, un petit peu plus, nous célébrions Noël, et voilà, que le petit enfant est déjà devenu un adulte, avec cette célébration du baptême. Mais, ce raccourci de la liturgie ne doit pas nous faire oublier qu’entre la Nativité et puis, ce baptême du Seigneur, qui inaugure sa vie publique, il y a environ 30 années qui se sont écoulées, de vie cachée, de vie ordinaire. Ce qui nous dit l’importance de nos vies, qui nous semblent parfois si banales, si ordinaires. Dieu est avec nous dans cet ordinaire, Dieu a consacré cet ordinaire par sa vie cachée à Nazareth.

À Noël, nous avons chanté, en tout cas, c’est un des cantiques de Noël, ce Dieu qui se fait l’un de nous. Pour un Dieu, quel abaissement ! Dans la Nativité, il nous est manifesté l’humilité de Dieu. Et pourtant, il y a plus grand abaissement que l’incarnation du Seigneur, du fils de Dieu. Jésus ira d’abaissement en abaissement.

Jésus, par son baptême, inaugure sa vie publique, sa mission publique. Il veut la commencer effectivement par une démarche aussi d’humilité, et, on peut même dire, d’humiliation. En effet, le baptême donné par Jean, était un geste exprimant la pénitence pour les péchés commis, et, la volonté de changer de vie. Abaissement tellement inimaginable de la part de Jésus, le Saint, le pur, le parfait ; que Jean le Baptiste, commence par refuser de baptiser Jésus. En posant lui aussi, ce geste d’humiliation, Jésus signifie qu’il se veut solidaire, non du péché, mais des pécheurs.

Comme il le dira plus tard : “Je ne suis pas venu appeler les justes, mais les pécheurs, pour qu’ils se convertissent”. Ce baptême de Jésus inaugure et annonce l’abaissement plus radical encore, celui de la croix, où Jésus est mis au rang des criminels, et, reçoit le baptême de sang qu’il avait annoncé. Démarche donc, d’abaissement inimaginable de Jésus, d’humiliation. Mais, aussitôt après, c’est une Épiphanie, une manifestation de la vraie grandeur de Jésus, de son identité divine. Par la voix du Père, et, la manifestation de l’Esprit.

Nous avons là, écrit par notre fondatrice, Mère Marie de la Croix, le plus grand témoignage sur l’identité de notre Seigneur. Puisqu’il est donné par Dieu le Père, et l’Esprit Saint. Elle a raison : pas de témoignage plus grand que ce témoignage rendu à Jésus lors de son baptême. Révélation de Jésus, comme le Fils bien aimé du Père, mais aussi, celui, en qui le Père trouve sa joie parce qu’il vient accomplir toute justice, apporter la justice de Dieu, justifier l’humanité pécheresse. C’est ça qui fait la joie de Dieu. Quand des pécheurs reviennent à lui, ils sont justifiés, ils sont rendus à la vie. Il est le serviteur du Seigneur annoncé par le prophète Isaïe, comme nous l’avons entendu dans la 1ère lecture.

Ce serviteur qui est venu, non pour être servi, mais, pour servir, comme le dira Jésus de lui-même. Se mettre au service de l’humanité à sauver, en devenant finalement le serviteur souffrant, annoncé également par Isaïe. Cette démarche, cette révélation, de la mission de Jésus annonce la grâce du baptême nouveau, du baptême dans l’Esprit Saint, que Jésus vient offrir aux hommes pour les sauver. Démarche du baptême, par lequel nous reconnaissons que nous sommes en manque de Dieu. Et oui, un petit enfant, aussi mignon soit-il, il lui manque quelque chose d’essentiel. On a envie de lui faire pleins de bisous, parce qu’il est charmant, et, pourtant, il est handicapé. Handicapé de cette vie de Dieu, pour laquelle il a été créé, et, qui lui manque encore, tant qu’il n’est pas baptisé. Quel mystère !

Oui, Jésus vient offrir aux hommes cette grâce du baptême. Par le baptême, nous reconnaissons, oui, que nous sommes en manque de Dieu. Du reste, les adultes, et, certains peut être, sont là parmi nous, qui ont vécu, un avant le baptême, et, un après le baptême ; ont fait cette expérience dans leur chair. Oui, il y a un avant, et, un après. Ça change tout de se savoir enfant de Dieu. De découvrir un amour inconditionnel de Dieu qui est sur eux, qui les attendait d’ailleurs, depuis toujours. Nous reconnaissons que nous sommes en manque de Dieu, par la démarche du baptême, qui est, une démarche d’humilité aussi.

“J’ai besoin de toi, Seigneur, je suis perdu sans toi.” C’est ça le baptême. Nous sommes fragiles, nous reconnaissons que nous sommes fragiles et pécheurs sans Dieu. Même après le baptême, c’est vrai, nous restons pécheurs, nous en faisons douloureusement l’expérience, mais, enfin, le baptême, nous donne cette puissance de sanctification progressive. Nous sommes fragiles et pécheurs sans Dieu, et, le baptême qu’il nous offre en retour, est un don immense et gratuit de la vie divine en nous, et, cette assurance d’être nous aussi, des enfants bien aimés du Père. Voilà, cette certitude, que, quelque soient nos misères, qui nous collent à la peau, aussi parfois bien longtemps, nous pouvons croire, et nous croyons, nous essayons de croire, ce qui n’est pas toujours facile d’ailleurs, mais nous essayons de croire à l’amour inconditionnel de Dieu pour ses enfants, pécheurs soient-ils.

Mais, ce don immense et gratuit est, pour nous, aussi, à la suite de Jésus, une mission. Si Jésus a eu cette manifestation de la présence du repos de l’Esprit sur lui, et qu’il a été aussi manifesté aux personnes qui étaient là, la foule qui venait se faire baptiser, c’est pour justement le soutenir dans cette mission qui l’attendait. Manifester la présence de l’Esprit, Esprit de force, Esprit de lumière. Ce don immense, devient pour nous aussi, le baptême, à la suite de Jésus, une mission, celle de faire la joie de Dieu. C’est beau, cette parole du Père : “En toi, je trouve ma joie”. Nous aussi, c’est notre mission fondamentale, de faire la joie de Dieu, et, lorsque nous aurons atteint enfin notre plénitude, la plénitude de sainteté, c’est à dire la perfection d’amour que le Seigneur rêve pour chacun de nous, et bien, nous ferons la joie plénière de Dieu à notre sujet.

Oui, faire la joie de Dieu en imitant Jésus serviteur, c’est bien, la recommandation que Jésus nous a laissée le soir du jeudi Saint. Après avoir lavé les pieds de ses disciples : “ je suis au milieu de vous comme celui qui sert, je vous ai donné l’exemple pour que vous fassiez comme j’ai fait pour vous”. Par notre baptême et notre confirmation qui vient affermir, confirmer, cette grâce immense du baptême, l’Esprit Saint repose aussi sur nous, et nous soutient pour suivre Jésus dans son humilité, son abaissement de serviteur. Être au service les uns des autres et être alors élevé avec lui, et par lui, à la vraie grandeur, la seule grandeur, celle de l’amour. Qui s’abaisse sera élevé, nous promet Jésus.

AMEN.