26e DIMANCHE du Temps Ordinaire C 28 septembre 2025
28 septembre 2025
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Frère Philippe-Marie VAGANAY
Vous pouvez retrouver l’intégralité de la Messe sur Youtube
HOMÉLIE
Quel contraste, entre, les deux premières lectures que nous venons d’entendre !
Déjà, dans la première lecture de dimanche dernier, le prophète Amos dénonçait, la course, au profit généralisé ; on aurait bien voulu, abroger, l’obligation du repos du sabbat afin d’ouvrir ses commerces et d’augmenter ses revenus. Aujourd’hui il braque le projecteur sur les grands des deux capitales : Samarie au Nord et Jérusalem au Sud. Les puissants étalent une opulence indécente ; ils sont à la conquête des richesses, du luxe et de tous les plaisirs de ce monde et cela au mépris du peuple et des pauvres. Ils ne se tourmentent, même pas, du désastre qui se prépare.
Dans la deuxième lecture, Saint Paul appelle son disciple Timothée à une tout autre conquête : « Mène le bon combat, celui de la foi, empare-toi de la vie éternelle ! ». Autrement dit, le cœur de l’homme est à la croisée de deux chemins, qui mènent à deux destinations bien différentes et pour lesquelles on engage toutes ses forces.
Le chemin des plaisirs et des jouissances immédiats et égoïstes, ou, le chemin de la vie éternelle, vie dont il faut s’emparer et qui nécessite un combat, le « bon combat ». Comment ne pas faire le parallèle entre, la société d’Israël du 8ème siècle avant Jésus-Christ et notre société occidentale d’aujourd’hui, tout particulièrement, notre société européenne ? Les frais de fonctionnement de nos gouvernements sont toujours plus élevés, nos élites affichent un luxe indécent alors que, la dette publique devient abyssale. Par contre, ce sont des citoyens, ceux qui travaillent, ceux qu’ils appellent « les gueux » qui sont culpabilisés et que l’on taxe, que l’on pressure de plus en plus. Les changements de gouvernement, ne font que changer les personnages d’un même scénario.
Voici, ce que dit le Seigneur à ceux qui vivent dans l’opulence, sur le dos de leurs peuples : « C’est pourquoi, maintenant, ils vont être déportés, ils seront les premiers déportés ; et la bande des vautrés n’existera plus. » C’est ce qui arriva en effet avec les invasions chaldéennes et babyloniennes. Souvenons-nous en !
A travers Timothée, c’est à chacun de nous que Saint Paul adresse ses paroles sur le « bon combat ». Comme il le montre, la lutte est longue mais, finalement glorieuse. L’enjeu est la Vie, la Vie éternelle. Un tel combat, est, le passage obligé de toute vocation chrétienne. On ne peut pas y échapper. Timothée a pris l’engagement public, en pleine assemblée, au jour de son baptême, de vivre de la Foi. Ce jour-là, en présence de nombreux témoins, il a prononcé la belle profession de foi en Jésus-Christ Seigneur et Sauveur. Et Paul, de rattacher cette profession de foi de Timothée au témoignage que Jésus a rendu devant Ponce Pilate, durant son procès. Autrement dit, de même que Jésus a été fidèle à son Père jusqu’à la mort, de même, le baptisé, est appelé à ce même combat de la fidélité à son Seigneur jusqu’à la mort.
Comment ? Saint Paul nous l’a dit au début de la lecture. D’abord, en recherchant la justice, c’est-à-dire, en cherchant à être toujours davantage ajusté à Dieu ; en recherchant la piété, c’est-à-dire en cultivant un lien filial, un amour filial avec le Père ; en recherchant la foi, c’est-à-dire, en mettant toujours davantage notre confiance en Jésus Ressuscité qui est réellement vivant, se tient à nos côtés et nous soutient ; en recherchant la charité, c’est-à-dire, en vivant toujours plus entre nous de l’Amour du Christ, cet Amour qui est un don désintéressé de soi à l’autre ; et enfin en recherchant la persévérance et la douceur, car, ce combat, ne se remporte pas à la première victoire, à la première bataille mais, il se mène chaque jour, et la douceur est la marque des forts.
Et pour pouvoir vivre tout cela, il est nécessaire de se mettre à l’écoute de la Parole de Dieu nous dit Jésus dans l’Évangile : « Ils ont Moïse et les Prophètes : qu’ils les écoutent ! ». Le riche, en proie à la torture au séjour des morts, demande un évènement sensationnel pour pouvoir ouvrir les yeux de ses frères. « Si quelqu’un de chez les morts vient les trouver, ils se convertiront. » Et bien non ! « S’ils n’écoutent pas Moïse ni les Prophètes, quelqu’un pourra bien ressusciter d’entre les morts : ils ne seront pas convaincus ! »
Nous sommes bien pareils. Nous préférons des recettes ou des solutions magiques. Jésus nous dit, lui, que le succès assuré de la victoire, c’est, l’humble et persévérante écoute de la Parole de Dieu. Celui qui se met chaque jour à l’écoute de la Parole de Dieu se fortifie dans la Foi. La Parole le purifie et il a en mains les armes de la victoire. Comme Timothée, nous sommes appelés à re-choisir le but de notre vie et à prendre, avec courage, le chemin qui y mène, appuyé sur le Christ qui nous soutient, dans notre marche et dans nos combats.
La première lecture est une occasion de prier pour notre pays et pour nos dirigeants. D’autant plus qu’en ce jour, se célèbre, à Domrémy, les 600 ans de la première des apparitions de Saint Michel à Sainte Jeanne d’Arc. La situation de la France était alors dramatique. La réponse de foi et le courage de cette jeune fille ont obtenu le salut de la France.
Prions Sainte Jeanne d’Arc, prions Saint Michel et Saint Gabriel, pour notre pays qui a tant besoin d’une nouvelle naissance, qui a tant besoin de retrouver la fidélité aux promesses de son baptême pour être sauvé.
AMEN.