MESSE DE LA CÈNE Jeudi-SAINT 2 avril 2026

2 avril 2026

  • Frère Omer COULIBALY Frère Omer COULIBALY

Vous pouvez retrouver l’intégralité de la MESSE sur Youtube

ACCUEIL

Frères et sœurs, nous sommes plongés au cœur de ce dernier repas que le Seigneur prend avec ses disciples, avant d’être arrêté, jugé et condamné.

En entrant dans cette célébration, c’est pour nous une manière de communier de manière plus intime à ce que Notre Seigneur s’apprête à vivre. Préparons-nous à célébrer le mystère de l’Eucharistie en reconnaissant que nous avons péché.

 

HOMÉLIE

Frères et sœurs, sûrement qu’au début du Carême, vous avez vu passer, sur vos écrans, une invitation à cheminer avec la Communauté, pendant ce temps de Carême qui a été initié par le diocèse de Laval.

Chaque jour, vous avez eu peut-être l’occasion de voir ou d’entendre l’un ou l’autre frère de la Communauté décliner la règle de Saint Augustin. Le dimanche matin, vers 7 h, vous recevez aussi, sur vos écrans, une petite vidéo de 23 minutes qui présente la vie de la Communauté. Lorsque cette vidéo nous a été envoyée pour validation, je me suis dit : « Les frères, ils sont dans l’organisation. Ils organisent les prières. Ils organisent les repas. Ils organisent l’apostolat. » Dans l’organisation.

Et en lisant les textes qui nous sont proposés, pour ce jour très important de notre vie chrétienne, où nous célébrons la Cène du Seigneur, ce petit disque tournait dans ma tête : organisation, organisation, organisation. Et je me suis dit, peut-être qu’en regardant de près, nous pouvons méditer sur trois dispositions, trois réalités, à travers les textes qui nous sont proposés. Bien sûr, la préparation et l’organisation, tant pour la Pâque juive, que le Seigneur avec ses disciples, la rencontre et la communion.

Toute notre vie, tous les jours, lorsque nous nous levons, nous sommes pris dans l’organisation : organiser son quotidien, de telle sorte que nous ayons une journée bien remplie, pour notre intérêt, intérêt familial, personnel, communautaire, je dirais, national et international, avec des intérêts bien sûr particuliers.

Notre monde aujourd’hui, chaque pays, chaque état s’organise, soit pour défendre ses intérêts, voire même au prix de la paix. Mais, le Seigneur, en demandant à ses disciples ou en disant au peuple d’Israël de s’organiser, c’est pour une libération, une vie de plus en plus remplie de la présence de Dieu. Cela peut nous interroger. Quelle est la place du Seigneur, de notre vie spirituelle dans toutes nos organisations ?

Dans ces organisations, nous avons aussi la grâce de la rencontre. En allant préparer la Pâque du Seigneur, bien sûr Saint Jean ne nous dit pas cela, mais nous le trouvons dans les autres Évangiles, où le Seigneur dit : « Allez dans la ville, dans telle ruelle, vous allez rencontrer un homme. Dites-lui que le Seigneur nous envoie préparer sa Pâque, sa rencontre. »

Quelle la place de la rencontre dans notre quotidien ? Je dirais rencontre avec nous-mêmes, rencontre avec les autres et rencontre avec le Seigneur. Dans cette rencontre, quelle est la disposition dans laquelle nous sommes ? Est-ce que nous sommes pris dans l’organisation purement matérielle ? Ou est-ce que, bien sûr l’organisation est importante, mais l’être présent est important ?

La rencontre, c’est la thématique qui nous est proposée depuis le début de la Genèse, jusqu’à l’Apocalypse. Le Seigneur fait la rencontre avec l’homme. Il descend vers l’homme, pour le rencontrer. Si la rencontre est importante, il nous faut faire un pas beaucoup plus loin, celui de la communion.

Dieu a tout organisé, pour entrer en relation avec nous dans une rencontre, pour que nous puissions vivre la communion avec Lui. Et c’est le sens profond, me semble-t-il, tant de la Pâque juive que de la Cène que le Seigneur vit avec ses disciples, et la Pâque chrétienne. Dieu désire communier avec nous. Le fondement de cette communion, comme nous l’avons entendu dans cet Évangile, c’est l’amour : l’amour de soi, l’amour de Dieu, l’amour du prochain.

La communion lorsqu’elle n’est pas en place, il existe en nous une forme de dualité, une forme, je dirais, une forme d’écartèlement, de désunion en nous qui provoque un manque de paix et qui conduit vers la guerre. Le Seigneur, en acceptant de vivre cette communion avec ses disciples, à la fois, il assume totalement notre humanité et il ouvre un chemin de communion de vie éternelle, pour chacun de ses disciples.

Au cours de ces Jours Saints, organisons notre quotidien avec le Seigneur, à travers, bien sûr, ce que l’Église nous propose de la vie liturgique, de la Passion de Notre Seigneur, de sa Résurrection. Entrons en relation, relation avec le Seigneur de manière particulière, pour qu’à Pâques, nous puissions être pleinement dans la Communion que le Seigneur nous propose.

AMEN.