CÈNE DU SEIGNEUR jeudi-saint 17 avril 2025
17 avril 2025
-
Frère Omer COULIBALY
ACCUEIL
Frère et sœurs, nous entrons dans un moment grave de notre foi où, nous allons suivre Notre Seigneur Jésus Christ pas à pas, heure par heure, minute par minute, ses derniers instants avant sa résurrection. Ce Jeudi Saint, nous allons le suivre, avec ses disciples, au dernier repas qu’Il va partager, avec eux avec, l’héritage fondamental que nous avons à conserver dans notre Église, celle du Christ, où Il nous invite à avoir un goût particulier pour la célébration de l’Eucharistie, un amour profond de prier pour des ministres ordonnés, et une charité fraternelle qu’on ne connaît, dans d’autres lieux ni, d’autres moments qu’en Église.
HOMÉLIE
Frères et sœurs, les lectures que nous venons d’entendre, nous invitent à considérer trois réalités importantes pour notre vie de chrétien :
- La première réalité c’est que nous sommes un peuple de la mémoire.
- La deuxième, nous sommes un peuple consacré au Seigneur.
- Et la troisième, nous sommes un peuple établi dans la charité, l’amour de Dieu.
Est-ce que ça va ? Bon, pour ceux qui n’ont pas pu faire la sieste peuvent la faire parce que, vous avez le plan, donc, c’est bon. Et pour ceux qui ont encore un peu d’énergie on va continuer.
Le peuple de la mémoire, dans la première lecture que nous avons entendue, le Seigneur inscrit au cœur du peuple d’Israël qu’Il s’apprête à sauver, une date, un évènement fondateur qui sera l’évènement de la libération, mais, qui sera aussi, certainement, cet évènement qui fait que, ce peuple est mis à part pour le Seigneur. Le peuple doit se souvenir que Dieu l’a libéré. Jésus, dans l’Évangile, que nous venons d’entendre d’ailleurs, et St Paul nous le dit dans la première lecture :
- « Faites ceci en mémoire de moi. »
Il nous invite à entrer dans une culture de la mémoire. Faire mémoire ce n’est pas se souvenir. Je peux me souvenir d’un évènement important, quand je suis allé à la plage ou, quand j’ai passé la première fête de mon premier mariage, mon ordination, ça ce sont des souvenirs, mais, la mémoire, va actualiser en nous les dons que nous avons reçus à notre Baptême. La mémoire, telle que nous la considérons dans notre foi, nous ouvre aux grâces et aux bénédictions de Dieu. Lorsque nous participons à l’Eucharistie, bien sûr c’est un temps de prière, bien sûr, nous recevons le corps du Christ mais, est-ce que réellement, nous disposons notre intérieur à recevoir les grâces que le Seigneur veut nous donner, dans l’Eucharistie. Pour se disposer, le moyen le plus simple qui nous est donné, c’est de se mettre dans la disposition de la mémoire. Mémoire, c’est faire appel non seulement, à nos sens mais, c’est aussi, faire appel aussi à toute notre vie intérieure, ouverts, disposés, disponibles à accueillir la grâce que Dieu veut nous donner, à l’instant « T » où nous faisons mémoire.
Nous sommes un peuple consacré au Seigneur, cette consécration va passer, j’ai beaucoup aimé cette image, on dit : « Vous mangerez la Pâque la ceinture attachée aux reins, le bâton à la main et sandales aux pieds ». La ceinture attachée aux reins, le bâton à la main nous donnent les signes à la fois, du sacerdoce commun, c’est-à-dire des hommes et des femmes, capables de se tenir debout devant le Seigneur et implorer sa bonté et sa miséricorde, et cela, nous l’avons acquis dès notre Baptême. Cette autorité qui nous est donnée, c’est cette autorité qui nous plonge dans le service du prochain. L’Évangile, nous fait bien comprendre quelle autorité nous devons exercer. Jésus prend un tablier, il s’abaisse, il va laver les pieds de ses disciples. L’autorité est une autorité de service. Dieu qui est, je dirais, qui trône dans sa gloire, descend au niveau de l’homme, ne s’arrête pas à l’homme mais descend plus bas que l’homme pour laver les pieds. Cela, traduit aussi que Dieu vient sauver, Il vient nous libérer. Lui, de condition divine, prend la position d’esclave puisque, nous le savons, dans la tradition juive ce sont les esclaves qui lavent les pieds des hôtes du maître, et Dieu prend la place de l’esclave pour que l’homme puisse retrouver sa dignité d’enfant de Dieu. C’est merveilleux ! Mais il faudrait que nous en prenions conscience et que nous en vivions, que nous ne sommes pas n’importe quoi dans la création, mais, nous avons une place importante dans la création c’est-à-dire, faire manifester toute l’autorité de Dieu dans le service.
Le troisième volet, c’est celui de nous établir dans la charité. « Vous ferez mémoire de la Pâque. Il ne dit pas « tu feras mémoire », c’est-à-dire Il s’adresse à une communauté sainte qu’Il vient de libérer. Jésus, en lavant les pieds de ses disciples crée une communauté, une communion. A chaque célébration des sacrements, nous ne vivons pas tous seuls, nous le vivons en communion. Et qu’est-ce que va cimenter cette communion ? C’est l’amour de Dieu et l’amour du prochain. Nous ne pouvons pas prétendre aimer Dieu, que nous ne voyons pas, sans aimer notre prochain. Nous ne pouvons pas, profondément, aimer le prochain sans atteindre l’essentiel en notre prochain qui est Dieu Lui-même.
Telles sont les trois réalités en cette fête où, Jésus institue l’Eucharistie qu’il nous est donnée de contempler pour notre vie de chaque jour. Un peuple de mémoire, un peuple qui fait mémoire, un peuple établi dans la mémoire de Dieu, un peuple qui est consacré à Dieu, et pour le monde, et un peuple qui est en communion, qui est cimenté par cet amour de Dieu et du prochain.
AMEN.