LE CHRIST, ROI DE L’UNIVERS (34e DIMANCHE) C 23 novembre 2025
23 novembre 2025
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Frère Philippe-Marie VAGANAY
Vous pouvez retrouver l’intégralité de la Messe sur Youtube
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Nous célébrons aujourd’hui la solennité du Christ Roi, en ce dernier dimanche du temps ordinaire. Voilà tout ce cheminement que nous avons fait tout au long de l’année abouti à cette royauté du Christ, à cette victoire du Christ qui sur la terre est paradoxale puisque c’est sur la croix que Jésus remporte sa victoire. Nous prions aujourd’hui pour tous ceux qui porte le prénom de Christian, sous le patronage du Christ Roi et nous prions tout spécialement pour notre frère Christian. Frères et sœurs, préparons-nous à célébrer le mystère de l’eucharistie en reconnaissant que nous avons péché.
HOMÉLIE
Bienvenue aux différents membres du scoutisme présents parmi nous aujourd’hui.
Nous fêtons aujourd’hui donc la solennité du Christ Roi.
En fait, nous avons déjà célébré le Christ Roi au jour de l’Ascension. C’est en ce jour que Jésus a été glorifié par son Père et qu’il règne à sa droite. L’Ascension est donc, on pourrait dire, l’aspect divin de la royauté du Christ.
Et cet aspect divin, nous est merveilleusement exposé par Saint Paul dans sa lettre aux Colossiens que nous avons entendu Paul, présente le Christ comme étant l’image du Dieu invisible. Nous, nous sommes créés à l’image de Dieu. Le Christ, lui, est l’image, c’est-à-dire la parfaite ressemblance du Père. « Qui me voit, voit le Père », a dit Jésus.
De plus, Saint Paul, nous présente le Christ comme créateur de tout ce qui existe dans le ciel et sur la terre, des êtres visibles, cette création que nous pouvons connaître et observer, et des êtres invisibles, c’est-à-dire les anges. Tout est créé par lui et pour lui, ajoute Saint Paul.
Autrement dit, la création est le cadeau que le Père fait à son Fils. Tout est créé pour lui, pour sa joie.
Et enfin, Saint Paul présente le Christ comme le réconciliateur de tout par le sang de sa Croix, ce qui fait de lui la tête de l’Église qui est son corps.
Et, comme tête de son corps, eh bien, il règne sur tous les membres que nous sommes. Voilà, il y a cet aspect divin de la royauté du Christ, mais il y a aussi un aspect humain de sa royauté.
À l’Ascension, les disciples avaient posé cette question à Jésus : « Est-ce maintenant que tu vas rétablir la royauté sur Israël ? ».
Car, si Jésus est roi au ciel, il faut qu’il soit aussi roi sur la terre.
Certes, la manière de voir des disciples avait à être purifiée. Ce n’est pas un pouvoir politique que Jésus est venu établir en Israël, ni même sur la terre entière.
Et pourtant, par sa royauté, Jésus, vient bien établir son pouvoir sur la terre.
Mais alors, de quel pouvoir s’agit-il ? Jésus est venu, et il ne cesse de venir, pour établir son pouvoir sur les cœurs.
Ce pouvoir du Christ sur les cœurs s’est manifesté tout d’abord, dans les martyrs qui n’ont pas hésité à perdre leur vie pour son amour.
Son pouvoir s’est ensuite étendu par toute l’œuvre d’évangélisation sur tous les continents, et des États sont devenus chrétiens.
Puis, à partir du XVIIe siècle, ce pouvoir du Christ a commencé à être contesté, puis, violemment combattu. C’est toute la montée de l’athéisme du XVIIIe siècle à nos jours. Conscient de cette lutte contre le pouvoir du Christ, le pape Saint Pie X avait choisi comme devise : « Instaurare omnia in Christo », « Tout établir dans le Christ ».
C’est encore une citation de Saint Paul aux Éphésiens.
Puis, avec la montée du marxisme et du nazisme, son successeur Pie XI a institué cette fête du Christ Roi en ce dernier dimanche de la Pentecôte, il y a tout juste 100 ans aujourd’hui, pour que, à travers les célébrations liturgiques et la proclamation de notre foi au Christ Roi, et bien, le Christ étende à nouveau son règne sur l’humanité, en commençant par l’Église catholique. Cet aspect humain de la royauté du Christ, le fait que le Christ doit régner sur les cœurs, sur les lois, sur les institutions, sur les États, cela dépend de nous. Cela dépend de notre liberté, des dispositions de nos cœurs. Car, les cœurs ne restent pas indifférents face au cœur de Jésus.
Et nous le voyons très clairement, dans notre Évangile. C’est sur la Croix, que Jésus montre les dispositions de son cœur.
C’est aussi, à la Croix, que se révèlent les dispositions de nos cœurs.
La Croix, va être pour Jésus le moment et le lieu de sa grande tentation. Rappelons-nous, lorsque Jésus avait déjoué, la triple tentation de Satan dans le désert. Saint Luc nous a dit : « Ayant ainsi épuisé toutes les formes de tentation, le diable s’éloigna jusqu’au moment fixé. » Et le moment fixé, le voici : c’est la Croix. Et à la Croix, nous voyons le peuple qui restait là, à observer, complètement médusé, tétanisé.
Le peuple, qui ne comprend plus rien. Celui, qui touchait les cœurs, qui faisait tant de guérisons, pend devant eux à une croix comme, le pire des criminels. Puis, viennent trois groupes de tentateurs, comme au désert, leur violence allant crescendo : les chefs du peuple d’abord. Ils tournent Jésus en dérision : « Qu’il se sauve lui-même s’il est le Messie, l’Élu ! ».
C’est exactement la même tentation qu’au désert : que Jésus agisse par lui-même, alors que Jésus ne fait rien sans son Père.
Le péché, c’est précisément cela : agir par soi-même, en se coupant de notre relation au Père. Puis, c’est le tour des soldats, qui se moquent de lui et, qui se servent de l’inscription placée au sommet de la Croix : « Celui-ci est le roi des Juifs ».
« Si tu es le roi des Juifs, sauve-toi toi-même ! ». Tentation de l’orgueil. Et, enfin, c’est l’un de ses co-crucifiés qui l’injurie. On passe de la moquerie à l’injure, au blasphème : « Sauve-toi toi-même, et nous aussi ! ». Mais Jésus, doux et humble de cœur, reste silencieux, totalement, remis à la volonté de son Père.
Et, cette disposition du cœur de Jésus va toucher l’autre condamné, qui va, à ce moment-là, comprendre l’iniquité de ce que subit Jésus et qui, confessant la justice de sa propre condamnation, se tourne vers le cœur de Jésus et confesse sa royauté : « Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras dans ton Royaume. »
Et ce condamné, devient aussitôt, un sauvé : « Amen, je te le dis : aujourd’hui, avec moi, tu seras dans le Paradis. » Et bien, nous sommes, nous aussi, aujourd’hui encore, au pied de la Croix.
Aujourd’hui, encore, nous avons à nous prononcer au sujet de Jésus.
Voulons-nous qu’il règne sur nous, sur nos personnes, sur nos vies, sur nos familles, dans notre travail, sur nos relations, sur notre pays ? La sortie du documentaire Sacré-Cœur est révélatrice en cela.
Notre laïcité, ne veut pas, que le Sacré-Cœur règne, et la publicité a été empêchée. Et en même temps, des centaines de milliers de personnes ont rempli les cinémas, signe d’une attente de bien des cœurs, et pas seulement des catholiques d’ailleurs. Quant à nous, demandons à Jésus de régner sur notre cœur, de régner sur nous.
Demandons-lui, d’étendre largement son règne. Il ne régnera sur nous que, si nous le désirons intensément.
À la fin des vêpres, cet après-midi, la communauté se consacrera au Sacré-Cœur. C’est aujourd’hui, et tout spécialement, en ce centième anniversaire de la fête du Christ Roi, une occasion pour le faire. Alors, Sacré-Cœur de Jésus, triomphe et étends ton règne.
AMEN.