2e DIMANCHE de CARÊME (A) 1er mars 2026

1 mars 2026

  • Frère Jean François	CROIZÉ Frère Jean François CROIZÉ

Intégralité de la Messe sur Youtube

Texte : INTRODUCTION : PÈRE JEAN-FRANCOIS
Nous voici donc dans le deuxième dimanche de Carême, ce dimanche de la Transfiguration de Jésus, devant ses disciples et nous-mêmes. Nous nous présentons devant le Seigneur dans cette lumière de Dieu, et nous avons la joie de vivre ce dimanche, ce week-end, avec des familles, familles « Marie-Espérance », qui viennent aussi, en même temps, se ressourcer à la lumière aussi de Carlo Acutis. Carlo Acutis est représenté ici, dans deux gravures au cœur de l’Eucharistie. L’Eucharistie c’était la lumière de sa vie, l’autoroute qui mène au Ciel.
Hé bien, ensemble dans la lumière de l’Esprit-Saint dans le Christ, entrons dans la célébration du mystère de l’Eucharistie en reconnaissant que nous avons péché.

HOMÉLIE : PÈRE JEAN-FRANCOIS

Chers frères et sœurs, quel contraste entre la Parole de Dieu de dimanche dernier, ce premier dimanche de Carême, et la Parole de Dieu de ce deuxième dimanche ! Si vous vous en souvenez, dimanche dernier, le diable appelé  serpent, satan, tentateur, a voulu jouer le premier rôle en dirigeant notre regard de haut en bas. Dans la Genèse, Adam et Eve y avaient succombé. Mais le tentateur a été humilié par Jésus, ce n’était qu’une montagne de tentations. A la troisième tentation, le diable avait revendiqué que Jésus l’adore, qu’Il se prosterne devant lui. Vous savez, le diable c’est un lâche, c’est le roi de la peau de banane. Quand il vous balance une peau de banane, si vous glissez dessus il voit où est la faiblesse. Il s’attaque toujours à ceux qui sont déjà affaiblis. Oui, mais le Christ Lui, il l’a vaincu. Jésus lui avait répondu :

  • « C’est devant le Seigneur ton Dieu que tu te prosterneras, et c’est Lui seul que tu dois adorer »

Les armes utilisées par le diable avaient été sa parole mellifère, mortifère, sa lumière artificielle du monde, flatterie de l’ouïe, de la vue. Aujourd’hui, Dieu n’utilise pas l’artifice, Il donne, Il donne sa Parole et sa lumière.

Ainsi, nous étions invités à la conversion, alors laissons donc tomber le diable et ses mirages et venons-en à cette marche, à cette ascension des ténèbres à la lumière. Aujourd’hui, Dieu seul prend l’initiative, et à l’inverse, Il nous élève, Il relève notre regard de la terre vers la montagne de la Transfiguration, et de la Transfiguration vers, la Glorification. Moïse et Elie sont là pour en témoigner, Moïse, car il a reçu la révélation du Nom de Dieu sur la montagne que ne connaissait pas Abraham, et Elie la sanctification du Nom de Dieu, et c’est Jésus nimbé de gloire qui relève, du geste et de la parole, Pierre, Jacques et Jean pour qu’ils se tiennent debout devant sa face.

Aujourd’hui, c’est donc la seconde étape de notre Carême, notre exode pénitentiel. La Parole de Dieu nous introduit dans une nouvelle dimension de notre participation au mystère du Christ, nous invitant, à revivre la Transfiguration du Christ qui se manifeste dans sa gloire, c’est-à-dire, dans sa beauté divine. Pendant la Passion, à l’instigation du diable, Pilate dira :

  • « Voici l’homme », montrant le Christ défiguré, ensanglanté, flagellé.

Aujourd’hui Dieu le Père dit :

  • « Celui-ci est mon Fils, Celui que J’ai choisi »

Alors le vrai visage de Jésus resplendit de lumière et gloire, et la Transfiguration nous concerne, nous aussi, qui sommes appelés, non seulement, à assister à la gloire du Fils de Dieu, mais à en vivre. En effet, puisque nous sommes avec le Christ, sa gloire nous investit nous aussi, transformant notre corps et notre âme, et ainsi nous vivons dans son amour qui, depuis notre Baptême est lumière, qui nous éclaire, nous transforme. Son amour et sa lumière transforment nos relations humaines et notre regard.

Dans notre Carême de quarante jours vers Pâques, la Transfiguration de Jésus est une étape particulièrement importante, parce que, nous est dévoilée la gloire et la croix, et que cela ne nous sera accessible que dans le Christ. La Transfiguration, se passe sur une montagne, lieu souvent utilisé par Dieu pour se manifester. A ce lieu physique, Jésus, nous fait découvrir un lieu spirituel, une rencontre, qui doit être considérée comme le véritable lieu de la Transfiguration qui n’est autre que, l’évènement de la prière, cette prière, c’est une relation. Ce qui se produit dans le dialogue de Jésus, avec son Père, devient visible, l’intime compénétration de son être avec Dieu qui devient pure lumière, en étant un avec le Père ,Jésus, Lui-même, est lumière né de la lumière, et cet évènement se passe six jours après la confession de foi de Pierre à Césarée de Philippe, où Pierre avait déclaré à Jésus :

  • « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant »

Aujourd’hui, avec Pierre, Jacques et Jean, nous montons nous aussi aujourd’hui, mais, cette fois-ci, sur le mont de la Transfiguration, et nous restons en contemplation de voir le visage de Jésus, pour en recueillir le message et le traduire dans notre vie, parce que, nous aussi nous pouvons être transfigurés par l’amour, et confesser la divinité de Jésus. En réalité, l’amour est capable de tout transfigurer. En plus, d’être pour les apôtres, une anticipation de la Pâques qui arrivera à travers la Passion et la mort du Christ en croix, la Transfiguration fut pour eux un don, parce qu’ils ont commencé à vivre l’expérience de la communion dans la présence de Dieu avec Jésus. La Transfiguration du Christ, splendeur de vérité, d’amour, est, pour nous, source d’espérance, et invitation à toujours l’accueillir dans notre cœur, même, dans la nuit la plus obscure, et St Augustin dit ceci :

  • « Jésus Christ, la lumière qui ne s’éteint jamais parce ce qui, pour les yeux du corps est le soleil que nous voyons, le Christ L’est pour les yeux du cœur. Sans sa lumière qui illumine et transfigure les cœurs, la croix serait un scandale et une folie »

En bref, la Transfiguration du Christ s’est produite dans le silence de la montagne. Elle a eu pour objectif principal celui, de dévoiler que Jésus est le Fils de Dieu, l’élu et le bienaimé qui va offrir sa vie par fidélité à son père, pour que le monde croit que Dieu n’est qu’amour et pour qu’il accueille cet amour.

Ainsi, notre vie chrétienne est le renouvellement de cette histoire lointaine comme, Abraham, appelé à quitter sa terre pour un exode, la lettre aux Hébreux, montre l’Eglise chrétienne comme peuple de Dieu, le nouvel Israël en pèlerinage vers la patrie céleste.

Pour conclure, nous-mêmes, à quoi cela nous fait réfléchir, nous qui, depuis le Baptême nous portons le nom du Christ, je pense, notamment, à nos propres comportements, nos attitudes devant la sainteté du nom de Dieu, nous vivons, en ce moment, une transfiguration, la transfiguration eucharistique du Christ-Seigneur consiste pour Lui, non, à manifester sa gloire mais à la voiler sous les espèces sacramentelles. Dans la liturgie, nous entendons la voix du Père à son Fils bienaimé, nous reconnaissons sa présence cachée sous l’Hostie, et nous le confessons. Amen.