15e DIMANCHE du Temps Ordinaire C 13 juillet 2025
13 juillet 2025
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Frère Marie-Jean BONNET
Intégralité de la messe sur youtube
INTRODUCTION : PÈRE MARIE-JEAN
Nous sommes heureux de célébrer encore ce dimanche avec les jeunes du patronage de Notre Dame du Lys de PARIS, accompagnés du Père François SCHEFFER. Ils sont là encore quelques jours avec nous pour se dépenser. Bienvenue aussi au Père Amaury de la MOTTE-ROUGE du diocèse du MANS qui vient nous visiter et se ressourcer quelques jours.
- « Ecoute la voix du Seigneur ».
Hé bien, si nous sommes là, je pense, c’est que nous sommes dans cette disposition d’écoute, nous venons nous mettre à l’écoute de la Parole de Dieu, Parole de lumière, Parole de vie, et il est vrai que l’expérience nous montre que notre cœur peut vagabonder, aussi hélas, même pendant justement ce moment si grand de la messe. Alors demandons cette grâce les uns pour les autres de prêter notre oreille, l’oreille de notre cœur à ces paroles de vie vivifiantes, que le Seigneur veut nous offrir avant de nous donner son corps livré pour nous.
Préparons-nous frères et sœurs à célébrer ce mystère de l’Eucharistie en reconnaissant que nous avons péché.
HOMÉLIE : PÈRE MARIE-JEAN
Dans ce dialogue entre Jésus et le Docteur de la Loi, Jésus renvoie son interlocuteur d’abord, à la Parole de Dieu, comme souvent :
- « Dans la loi, qu’y-a-t-il d’écrit ? »
Autrement dit, c’est la première chose à faire, mais, Il le renvoie aussi à son cœur, c’est-à-dire, à son être profond, comme nous a expliqué le Pape François dans sa dernière encyclique que je vous invite, vraiment, à lire et à méditer tant elle est riche et profonde. Il nous aide à retrouver ce sens du cœur. Qu’est-ce que le cœur au sens biblique ? C’est l’être profond :
- « Comment lis-tu ? », dit Jésus à cet homme.
Autrement dit, comment reçois-tu ce qui est écrit dans la Loi ? Et de fait l’homme va manifester par sa réponse, qu’il a saisi avec son cœur, ce qui est l’essentiel de la Loi : « Aimer Dieu et son prochain ». Voilà où est la vie, la vie éternelle, et Jésus de le confirmer en disant :
- « Tu as répondu correctement, fais ainsi et tu vivras »
Au Livre du Deutéronome que nous venons d’entendre dans la première lecture, le Seigneur disait déjà à son peuple que sa Loi, ses volontés, ne sont pas hors d’atteinte, bien au contraire :
- « Elle est tout près de toi, dit-Il, cette Parole elle est dans ta bouche, et dans ton cœur, afin que tu la mettes en pratique »
Que la Parole de Dieu soit quelque part dans notre cœur déjà, cela veut dire, qu’elle est inscrite dans notre nature profonde. Ce que nous demande le Seigneur correspond toujours profondément à notre nature profonde, à ce pour quoi nous sommes faits et qui va nous rendre heureux si nous sommes faits pour cela. C’est-ce que nous dit Jésus à travers tout cela.
De même, le Seigneur déclare au prophète Jérémy, au sujet de son peuple, qui a la nuque raide, pour reprendre cette expression qu’on retrouve souvent dans la Bible, c’est-à-dire qu’il fait la sourde oreille. Le Seigneur déclare à Jérémy, hé bien :
- « Je mettrai ma Loi au plus profond d’eux-mêmes, je l’inscrirai dans leur cœur »
Quand l’Eglise emploie la notion de Loi naturelle, c’est cela, aussi, qu’elle vise, cette nature profonde que notre cœur, s’il sait écouter, comme nous l’avons chanté tout à l’heure, prête l’oreille, parce que Dieu est discret. Prête l’oreille et tu découvriras au fond de ton être, dans ton être le plus profond, dans ton cœur profond, tu découvriras où est la route à suivre.
Que dois-je faire pour avoir la vie éternelle ? C’est cette même question que pose à Jésus le jeune homme riche d’ailleurs. C’est la question qui est également souvent la nôtre, plus ou moins : Que dois-je faire Seigneur pour faire ta volonté, pour rester sur le bon chemin ? Et le Seigneur de nous renvoyer aussi, et à sa Parole que nous ne fréquentons peut-être pas assez, et à sa Parole où il y a tant de lumière à recevoir, et à sa Parole et à notre cœur profond, et c’est ce qu’a compris notre père St Augustin lorsqu’il s’écrit :
- « Reviens à ton cœur, toi qui es devenu étranger à toi-même, à force de vagabonder dehors. Tu ne te connais pas toi-même, et cherches dans ton cœur Celui qui t’a créé, rentres dans le cœur, dans l’intériorité de l’homme habite le Christ, la Parole, le Verbe, la Parole de vie »
- « Fais ainsi, dit Jésus, aimes Dieu et ton prochain et tu vivras. Tu auras la vie »
- « Et qui est mon prochain ? », renchérit le Docteur de la Loi qui veut justifier sa requête, puisque son intention n’était pas tout à fait très pure.
Et le cœur de la parabole sera de déplacer là encore la question du légiste qui croyait coincer Jésus ou Le mettre en difficulté, mais, c’est lui qui va finalement être supplanté par l’habileté de Jésus. Oui, le cœur de la parabole sera de déplacer la question du légiste et de le mettre devant sa responsabilité :
- « Va et toi aussi fais de même »
Sois le prochain de tout homme, très spécialement de tout homme en détresse quel qu’il soit. Mais, il y a dans la parabole de Jésus un autre message à l’intention de son interlocuteur. Fort habilement, Jésus va l’amener à reconnaitre, presque malgré lui, la bonté, la qualité de cœur de ce Samaritain, mis en scène, ce Samaritain qui a su dépasser le mépris mutuel ancestral entre Juifs et Samaritains pour écouter, justement, son cœur profond, son cœur d’homme qui reconnaissait un homme, et un homme en souffrance, bien sûr, devant lui. Lui aussi et c’est aussi le message de cet Evangile à l’adresse de ce Juif, lui aussi est un prochain à aimer. Et nous, n’avons-nous pas nous aussi une conversion du regard à vivre, à rechoisir sans cesse je pense pour dépasser les apparences qui nous bloquent si souvent, et nos préjugés. D’ailleurs, au cas où nous n’aurions pas compris le message que porte cet Evangile, Jésus mettra les points sur les « I » par ces paroles que nous connaissons bien :
- « Je vous le dis à vous qui m’écoutez, aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent, souhaitez du bien à ceux qui vous maudissent, priez pour ceux qui vous calomnient »
Il y a peut-être aussi, un prochain que nous oublions parfois, ce sont tous ceux qui, sur notre route de vie se sont faits proches de nous, nous ont éduqués, enseignés, formés, accompagnés, soignés, soutenus, notamment dans les moments plus difficiles, nous sommes débiteurs tellement. Au Ciel, ce sera une des grandes joies, j’en suis sûr, de découvrir tout ce que nous devons à la bonté de Dieu qui s’est donné à nous à travers les autres, tout ce que nous devons aux autres, à une foultitude, pardonnez-moi, de gens, de personnes qui se sont faits notre prochain.
Aimer ce prochain, ces prochains c’est leur manifester de la gratitude, à commencer par nos parents et nos grands parents, même s’ils sont imparfaits, comme nous d’ailleurs, même s’ils sont imparfaits et malgré leurs erreurs parfois, leur manifester de la gratitude. Est-ce que nous le faisons assez ?
Il y a aussi ce prochain que nous oublions peut-être trop tant il est discret, et vous avez deviné bien sûr, hé bien, le Seigneur Lui-même. C’est bien notre Prochain le plus proche, à qui nous devons tout.
- « En Lui nous avons la vie, le mouvement et l’être », nous dit St Paul.
Non seulement cela mais, Il nous a donné sa propre vie. Il nous la donne sans cesse, et spécialement à chaque Eucharistie. Il vient la fortifier pour réactiver en nous, hé bien, justement, notre vocation à la charité, à la charité qui se fait notamment compassion. « Prends soin de lui », elle est belle cette recommandation. « Prends soin de lui ». C’est la recommandation du Samaritain à l’aubergiste. Mais nous savons bien que l’Eglise a su lire, en particulier, aussi dans ce Samaritain, Jésus Lui-Même, cet étranger quelque part, ce Très-Haut, tout différent de nous, pauvres petites créatures, mais, Celui qui s’est fait tout proche de nous, pour nous sauver. Oui, c’est la recommandation de Jésus à son Eglise, à chacun de nous : « Prends soin de lui, prends soin de ton prochain quel qu’il soit, et prends soin de Dieu dans ton cœur et dans celui de ton prochain ». AMEN